Mot d’excuse : c’est l’été

Posté par BernartZé le 23 août 2016

Botte de poireau

La botte de l’hiver

(au cœur de l’été)

  

            N’oubliez pas de vous désaltérer afin de parer à une possible défaillance !

 

     Entre deux ou trois apéritifs Cocktails pour l'été, il faut bien boire…autre chose.

De l’eau, beaucoup d’eau, ça coule de source évidemment, comme du robinet.

Mais passées les eaux plates ou gazeuses qui vous font aller fort, sans oublier -surtout pas- l’eau minérale naturellement gazeuse débordant de magnésium comme n’arrête pas de nous le seriner son PDG (plus soûlant qu’un mojito) un peu secoué Pierre Papillaud (PDG de R.) (vive les effets pervers des publicités !), certains palais en manque de saveurs se plaignent.

Ils ont soif d’autres cocktails sans alcool.

Outre les classiques jus à base de tomate Jus de tomates et de légumes Fresh vegetable smoothie (photos non contractuelles) bizarrement plus rares dans les cafés, que reste-t-il à avaler à part les gazpachos ?

Mais si l’on ne digère pas l’huile d’olive…

 

     Et donc votre planche de salut pourrait être une soupe en plein été.

Nulle hérésie dans cette suggestion car nombre de bonnes soupes hivernales peuvent se déguster froide ; une fois testées cela semble frappé au coin du bon sens.

Suivant l’équipement dont vous disposez en cuisine vos choix seront plus ou moins grands.

Si un blender Blender ou autre mixeur aussi bruyant (et encombrant) fait partie de votre paysage, vous avez la possibilité de faire tous les mélanges imaginables à votre goût ; et vive les vitamines !

Dans le cas contraire il vous faudra vous contenter de ce que vos moyens vous permettront de vous offrir.

Soit des soupes veloutées en brick ou en sachet Velouté de poireaux pommes de terre (aucune velléité publicitaire).

Des soupes à base de champignons, cresson, poireaux (avec le plus souvent un taux de pommes de terre plus élevé, question de prix de revient !), potiron ou potimarron (très à la mode depuis ces dernières années), légumes plus ou moins verts (dont la liste laisse pantois), poissons (…), tomates, asperges et autres produits exotiques.

Et du sel, beaucoup de sel, énormément de sel sous prétexte de relever le goût…quitte à donner plus encore soif.

La loi du marché.

Si vous utilisez une soupe déshydratée pour vous fabriquer votre boisson estivale n’oubliez pas de vous équiper d’un chinois Un chinois ou à défaut d’une élégante passoire à thé Une passoire à thé afin de retenir tous les grumeaux et autres résidus qui s’avèreraient malvenus à l’heure de vous délecter.

Remarque : la dose d’eau est totalement aléatoire ; fonction de vos élans elle devra être plus grande si vous n’aimez pas la sensation salée…quitte à en faire un breuvage sans saveur.

Il faut savoir choisir et faire des sacrifices si vous voulez que des couleurs illuminent votre été Couleurs estivales !

 

            Si après toutes ces propositions vous n’avez pas trouvé le moyen de ne plus souffrir de la soif, rabattez-vous sur une armée de bouteilles d’eau Group plastic bottles of water isolated on white.

Ne buvez plus rien d’autre et surtout renoncez à vos doses (bi-)quotidiennes de pastis.

 

 

Pastis

(© 2016/droits réservés)

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Monsieur Bovary

Posté par BernartZé le 20 août 2016

Joyeux anniversaire

Trêve de plaisanterie

  

            Il venait d’avoir dix-huit ans

 

     Ce jour serait forcément mémorable ; c’est ce qu’il s’était aussitôt dit en se levant ce matin-là.

Il avait mis son réveil pour être sûr de ne pas laisser passer l’heure du changement, celui de la nouvelle ère.

Et à 10h14 précisément il avait presque couru à la salle de bain pour se planter devant le miroir et scruter son image.

Sa moustache avait-elle poussé durant la nuit ?

Son visage s’était-il transformé ?

Le regard Regard inquisiteur planté au fond des yeux il avait essayé de se donner une contenance dans l’espoir de se découvrir autre, un nouvel homme débarrassé des oripeaux de l’adolescence.

Il fut un peu déçu de retrouver des traits qu’il ne connaissait que trop bien, malheureusement.

La journée se passa, ordinaire.

Ses parents partis en vacances sans lui -il avait choisi de rester- l’avaient appelé rapidement le midi avant d’attaquer une randonnée forestière le cœur vaillant (et l’âme fière).

Ses camarades de lycée, bac en poche, s’étaient tous évaporés dans la nature ; le mois d’août était plus que jamais déserté.

Il était allé se promener le long de la plage ; en contrebas les mouettes et les brisants d’un jour un peu maussade Mouettes et brisants en manque de soleil.

Ni gâteau ni bougies à souffler au dessert de cette journée effectivement mémorable…

 

     D’une façon étonnante implacable et régulière tous les « jours J » des mois d’août suivants se déroulèrent à peu près de la même façon ; la mer lui manqua par la suite, ses parents disparus à l’issue d’un crash aérien de haute volée First class avion aussi.

Une seule exception, un seul été extraordinaire, celui où il avait connu Fräulein R. Schmitt Fräulein S..

Entre deux Saint Valentin, au beau milieu d’un mois d’août, elle passa dans sa vie ; pas de chance (un grand souvenir) !

 

            Hier, le jour de ses quatre-vingt-huit ans, il s’était souvenu -histoire de se distraire- de Rosanna.

Un groupe en fit même plus tard une chanson pour la célébrer.

Rosanna - Toto (1982)  

 

     Après soixante-dix années d’attentes il avait fini par comprendre qu’il avait toujours beaucoup trop espéré et trop attendu de sa simple vie ; en vain.

La source de bien des désillusions…

 

  

Happy B.  Ras le bol des bougies !

(© 2016/droits réservés)

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Hors du temps

Posté par BernartZé le 17 août 2016

Les lumières de la ville - Charlie Chaplin, 1936

Comme s’il était encore temps

(!)

  

            Les lumières de la vie s’étaient éteintes les unes après les autres.

 

     Tel un pavé de saumon (cru) Pavé de saumon (cru) incapable de remonter seul le courant il restait assis là inerte, les yeux rivés sur son assiette.

Plus la moindre envie de manger ni même d’ouvrir la bouche ; interloqué abasourdi muet.

Ne comprenant pas ce qu’il faisait encore ici-bas ses yeux ne cessaient de s’écarquiller en songeant au vide de son existence.

Il avait manqué tant d’occasions de s’échapper et d’en finir que, fort de ses expériences souvent ratées par inadvertance, il aurait pu écrire tout seul le contrepoint du fameux livre Suicide, mode d'emploi (de Claude Guillon et Yves le Bonniec, 1982) qui fit autrefois polémique jusqu’à être interdit en France (mais vendu aujourd’hui d’occasion à prix d’or sur des sites bien connus ; cherchez l’erreur) sur la base de la loi réprimant la provocation au suicide (kézaco ??).

Ses échecs successifs avaient fait moins de bruit.

Et quarante-douze mille ans plus tard il en était toujours au même stade ; Glory times Glory times - Portishead (1995) !

 

     Loin de se considérer comme un rescapé il n’avait pas le moindre respect pour lui-même, achevant de se haïr faute d’avoir pu découvrir une bonne raison de s’estimer.

Les jeux de miroirs avaient eu raison de lui.

A présent qu’il se retrouvait seul, l’ayant bien cherché, il pouvait contempler l’étendue des dégâts et de son royaume dont le sol ne cessait de se dérober à chaque pas.

Tomber se relever, tomber se relever, tomber se relever…basta !

Étant tombé bas (bien) plus de sept fois et n’étant pas Japonais, il s’était légitimement demandé si ce petit jeu de dupes -dont il était l’unique participant- allait durer encore longtemps ; la question ne se posait plus à présent.

Il savait que le cycle ne prendrait jamais fin et qu’il ne trouverait pas de répit.

A cent-cinquante-douze ans il serait encore assis sur cette même chaise Chaise musicale non musicale en attendant qu’elle ne cède par lassitude, le trouvant définitivement insupportable.

Avec un peu de chance son squelette, faute de peau restant sur les os, se romprait brutalement, s’éparpillant en mille morceaux.

Fin de cycle Fin (de non recevoir) !

Oublié le vieux refrain Comme j'ai mal ! et les sempiternelles jérémiades !

 

            Un nouveau jour s’était levé ; nouveau ?!!

 

 

Yeux écarquillés  Pris dans les phares…

(© 2016/droits réservés)

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(Presque) Imaginaires

Posté par BernartZé le 14 août 2016

De l'intérieur

Un égarement de plus

  

            L’autre nuit je me suis laissé aller à me laisser porter par mon envie de dériver.

 

     Inconfortablement assis sur mon coccyx (on fait ce qu’on peut !), je m’imaginais jouant aux Jeu d'osselets tout en me remémorant des jours meilleurs.

J’ai repensé à Madrid Madrid Madrid (2) et aux churros Churros dont tu ne pouvais te passer de crainte de « défaillir » ainsi que tu ne cessais de le répéter.

Quel âge avions-nous ? Huit ou neuf ans peut-être.

Au bout de cinq jours nous avions tous vite émigré sur la côte est, à moins de cinquante kilomètres au sud de Valence je crois, je ne me souviens plus du nom de la commune.

Le lieu était paisible et la plage apparemment tranquille Plage C..

Madrid Madrid nous aurions dû y rester…

 

     Nous profitions pleinement des charmes de l’été Les charmes de l'été - 1975 ; oh pardon, tu ne peux pas te souvenir de cette image floue et à peine moins lointaine pour moi seul.

Temps superbe, mer à une température idéale, tout nous parut sublime durant ce mois de juillet.

Le souvenir du sable fin me revient soudain à l’esprit ainsi que le plaisir d’y plonger les mains goulûment ; un vrai bonheur, un moment apaisant.

A la plage nous passions notre temps à lire (un peu) et à filer droit vers la mer pour déborder d’éclats.

Jusqu’au jour où la mer nous déborda.

 

     Le temps mauvais était annoncé, le Drapeau rouge était hissé.

Et pourtant ce jour-là nos parents, toujours prudents, nous avaient laissé aller nous baigner à condition de porter nos Flotteurs.

Nous avions protesté, on nous prenait pour des bébés !

Un peu humiliés, nous avions tout de même couru nous jeter dans les vagues tête la première.

Concours d’immersions contrariées par les bouées, rodomontades jusqu’au moment où tu ne remontas pas.

Une vague Grosse vague qui me parut énorme nous avait engloutis.

J’avais failli étouffer sous l’eau alors que j’étais capable de flotter sans même avoir besoin de faire la planche ; mais là !

Notre père, qui gardait toujours un œil sur nous depuis la plage, était venu à la rescousse pour nous sauver de ce trop plein d’eau.

Mais tu avais définitivement sombré ; ton corps fut repêché trois jours plus tard.

 

     Essayer de te dire le cataclysme qui s’ensuivit serait peine perdue.

Aucun de nous trois ne réussit jamais à admettre l’inacceptable.

La vie dut continuer sans toi, omniprésent.

Nous avons tous grandi et vieilli ; nos parents sont morts.

Je reste seul.

Je reste seul et je me souviens.

Je me « souviens » que nous étions nés à quelques minutes d’intervalle, tous deux l’aîné de l’autre en dépit des légendes.

Ce débat sans intérêt n’a -malheureusement- plus lieu d’être.

 

            Partir à la dérive puisqu’il me faut partir ?…

 

 

Two in the pocket  

(© 2016/droits réservés)

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La bonne conscience…

Posté par BernartZé le 11 août 2016

Sur la Route des Vacances

La voie de son maître

(la déroute des vacances)

  

            Et c’est reparti pour la grande transhumance !

 

     C’est chaque année la même histoire au moment de quitter son sweet home pour quelques semaines de plaisance bien méritées.

Après en avoir rêvé durant onze mois, toute la petite famille s’excite et s’affole la semaine précédant la belle échappée.

Chacun prépare ses affaires en s’efforçant de ne rien oublier d’essentiel et surtout pas d’indispensable Les incontournables.

Certains font des listes élastiques, d’autres font des tas dans un coin de leur chambre ; le but du jeu étant de ne rien oublier il n’y a pas de règles ni de mode d’emploi.

C’est une question d’expérience et -le plus souvent- d’héritage familial.

 

     Arrive le (petit) matin du jour J.

Les parents angoissés ont peu dormi, les enfants excités se sont réveillés toutes les heures impatients.

Tous sur le pont dès potron-minet tentent de s’organiser efficacement en essayant de ne pas croiser un autre voyageur afin d’éviter un accident frontal prématuré.

Chacun s’active ; souvent la mère de famille, toujours attentionnée, se dévoue pour penser à tout, préparer les sandwiches et les boissons sans oublier de vérifier que le réfrigérateur est vidé-nettoyé-débranché (dans le meilleur des cas).

Dans le même temps les valises et les sacs se remplissent à vue de nez, débordant dangereusement Valise débordante.

Il faut faire des sacrifices, impossible de tout emporter !

Au bout de trois heures (parfois plus) de suractivité et de stress il est grand temps de charger la mule En voiture !.

Avant de monter en voiture on remonte faire une dernière vérification pour être certain de n’avoir rien oublié.

Flûte le chat !

 

     Il s’était caché apeuré dans un trou de souris tant il sentait le vent tourner.

Mauvais choix d’une valise Chat valise qui ne partait pas.

Que diable peut-on faire de cette bête-là ?!

Impossible de l’emmener en voyage ni de le faire garder.

Trop tard pour le mettre en pension, plus le temps de le conduire à la SPA.

Il y serait de toute façon trop malheureux et perdu En cage.

Partons, on le déposera en cours de route près d’une maison tranquille Chat ''en dépôt''.

Oui, c’est ce qu’il y a de mieux à faire.

Les enfants ont un peu pleuré en chemin.

 

            Ce « pamphlet » (pas davantage l’ampleur que le talent ou l’ambition) n’est pas une leçon de morale mais une question de sentiments et d’amour porté à un animal que l’on dit abusivement « de compagnie ».

Or le chat…est.

Sans nul besoin de justifier son existence ; sans maître.

Il n’est donc le serviteur ni l’esclave de personne.

Certains se plaisent à parler d’amitié ou de compagnonnage ; pourquoi pas ?

 

     Tout cela pour aller déguster des tapas Moules à l'escabèche au fin fond de l’Andalousie !…

 

  

Carte d'Andalousie  (Sha la la la la oh oh oh !)

(© 2016/droits réservés)

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Guère de religion

Posté par BernartZé le 8 août 2016

Lune de sang

Lune de miel

  

            200.

Il m’avait dit deux-cents et j’ai compris deux sangs quand il parlait de sang.

 

     De celui qui ne manquerait pas d’entacher notre « amour impossible ».

Cette formule toute faite qu’il aimait tant répéter inlassablement était sujet de débat.

 

     – Pourquoi impossible ?

     – Parce-que notre amour est hors-norme, parce-que nous ne sommes pas autorisés à nous aimer, encore moins à nous unir.

     – De quelle autorisation as-tu besoin ?

     – Tu sais bien que nos religions ne sont pas compatibles.

     – Tu sais bien que toi seul t’invente cet interdit.

 

Et c’était reparti pour un autre tour de piste, pour une autre discussion vaine.

Et de m’entendre rappeler que sa famille n’accepterait jamais une « goy » ; il y avait eu un précédent mais la future mariée s’était hâtée de se convertir avant d’entrer dans la synagogue ; des mois d’enseignement fastidieux que je n’étais pas prête à subir, pas même par amour.

Pas plus croyante que pratiquante dans ma propre religion de naissance je ne voyais pas pourquoi je devais me mettre à fréquenter un nouvel édifice religieux alors que je n’étais jamais allée à la messe, ni à confesse !

Avec son sens de l’humour et de la provocation il m’avait offert un jour un tee-shirt ''Goy'' que je n’ai évidemment jamais porté.

 

     J’avais toujours respecté sa foi, m’en tenant simplement éloignée ; quelle ne fut pas ma stupéfaction quand, un soir où nous avions certes un peu trop bu et fumé, il m’avait dit « Banco ! On se marie ».

Lui qui en était encore à acheter des bougies blanches toutes moches (généralement éméchées) Bougie casher sous prétexte qu’elles étaient « casher » (saignées différemment ?!) venait soudain de faire un grand pas.

Incrédule je n’ai pu m’empêcher de lui demander si son offre sous-entendait un mariage uniquement civil.

A sa réponse affirmative il apporta une précision : « Je nous donne exactement deux-cents jours avant notre apocalypse Apocalypse, soit à peu de choses près six mois et dix-sept jours ».

Je suis restée muette.

 

     Deux jours passèrent avant qu’il n’aborde à nouveau ce projet de mariage.

Il me parla d’éclipse totale de la lune qui suite à un alignement avec la Terre et le Soleil réapparaîtrait Sanglante en passant dans la pénombre de notre bonne vieille planète.

Je n’y ai strictement rien compris et -surtout- pas le rapport avec nous.

Je n’ai pas été souvent demandée en mariage, mais j’imagine sans peine que d’autres l’ont été de façon plus classique.

En dépit du bon sens j’ai répondu « Publions les bans », trop curieuse de savoir où cela nous mènerait ; amoureuse aussi.

Les préparatifs furent écourtés du fait d’un nombre d’invités restreint : de sa famille ne répondirent présents que sa mère une tante et deux cousins ; les miens, pour la plupart non croyants, furent un peu plus nombreux.

A mon grand étonnement il choisit un costume de marié civilement orthodoxe Costume classique  dans lequel il n’était pas vraiment à son aise.

Je ne fis guère mieux que lui avec cette robe Tenue mariée ; non je plaisante, j’étais beaucoup moins crémée que le gâteau, moins froufrouteuse aussi.

La cérémonie dura à peine dix minutes, le temps de nous dire « oui » et des signatures.

Le repas de noces, dix-huit à table, fut distrayant.

 

     Aucune malédiction ne pesa sur nous ; notre union dura officiellement cent-cinquante jours (presque cinq mois) et nous fûmes heureux.

Nos « deux sangs » prétendument incompatibles firent bon ménage avant que mon mari ne se laisse influencer par des oracles familiaux plein de savoir La Pythie, l'oracle de Delphes.

Et notre lune vit rouge virant au fiel.

Notre petit pot de miel Glass jar of honey with wooden drizzler isolated on white background envahi de bourdons perdit de sa douceur.

Il fallut nous séparer, nous dissoudre, alors que nous nous aimions.

 

            Les paris stupides s’avèrent souvent perdants…

 

 

Les paris stupides - Jacques Prévert  (Carton…d’invitation à réfléchir)

(© 2016/droits réservés)

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Une histoire de village

Posté par BernartZé le 5 août 2016

Topaze (tête de gendarme !)

Le gendarme et le petit mitron

  

            L’un n’était pas plus militaire que l’autre apprenti boulanger.

 

     Leurs comportements respectifs prêtant à confusion il y avait de quoi s’interroger sur leurs identités.

Voisins, ils se donnaient des airs comme pour mieux se défier du regard alors qu’ils ne s’adressaient jamais la parole.

L’aîné -de toute évidence le plus âgé- arborait une mine sévère et se baladait le dimanche à travers le village avec un splendide képi de colonel Képi colonel de gendarmerie dont il était particulièrement fier ; personne n’osait plus le verbaliser pour ce port abusif d’un élément d’uniforme.

Son voisin, pour le toiser peut-être, avait essayé de trouver une toque digne de sa lubie Toque de boulanger ; faute de commerce de boulange encore en activité dans le village, il avait dû…monter sur un toit pour en redescendre autrement coiffé Mitron - sortie de cheminée (après nettoyage).

Sa tête penchait un peu sous le poids mais il était ravi.

 

     Le village Village de T., bien plus de pierres que d’habitants, s’amusait de ce concours de frappadingues.

Durant la semaine les paris étaient ouverts : au lieu de perdre leur argent aux courses, les quarante-six autres administrés se réunissaient à la mairie pour miser sur le bon cheval, à savoir celui qui aurait l’air le plus stupide au sortir de la messe ; nul ne pénétrait couvert dans l’église.

Les critères étant aussi nombreux que subjectifs ils ne tombaient jamais d’accord.

Le but du jeu était de faire partie de la majorité (relative) pour espérer partager les gains : dix francs (nouveaux) misés par personne sauf pour les cinq ou six qui venaient là au spectacle dans l’unique but de se distraire.

Les semaines fastes les gagnants pouvaient rêver remporter cinq francs en plus du remboursement de leur mise.

Pas de quoi déménager (nul n’en avait envie) ; ces deux-là le faisaient tellement bien pour eux tous !

 

     Personne ne se souvenait quand et comment ce jeu de barjots avait commencé entre eux deux.

Sûrement plusieurs décennies mais moins d’un demi-siècle vu l’âge du cadet.

Quelle idée aussi de venir habiter tout à côté…dans la maison mitoyenne qui plus est !

Des rumeurs avaient couru ; on avait dit qu’il était revenu de Chine avec des images de guerre plein la tête bien éloignées de ses rêves calmes et tranquilles originels Chine, 2014.

Sa mère était paraît-il morte en son absence d’une mystérieuse et foudroyante maladie ; il n’en fallait pas davantage pour inventer une légende au cœur du village.

A peu près à la même époque son futur voisin avait commencé à jouer les gendarmes n’hésitant pas à user du Sifflet pour asseoir son autorité afin de faire régner l’ordre dans la bourgade qui lui semblait aller à vau-l’eau.

Il avait rapidement choisi son couvre-chef dans le but d’être pris au sérieux.

Peine perdue, tous riaient sous cape sans s’inquiéter de sa folie légèrement galopante.

Quand le Chinois avait emménagé, son sifflet s’était fait entendre de manière plus stridente et répétée, devenant ainsi son seul mode d’expression.

Il avait toujours l’air furax, comme un coucou hystérique voulant constamment s’échapper de l’horloge Coucou !.

Et lorsqu’il croisait son voisin sa colère semblait redoubler.

 

     Le jour où celui-ci fit une chute mortelle d’un toit après avoir voulu changer de chapeau il n’émit plus un son se renfrogna et ne sortit plus de chez lui.

 

            C’est après l’enterrement que l’on sut qu’il venait de perdre son fils.

 

 

Chat noir, chat blanc

(© 2016/droits réservés)

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Ben pourquoi donc ?

Posté par BernartZé le 2 août 2016

This is art

Ou bien

  

            A quoi sert-il d’avoir un corps ?

 

     Notre âme déjà lourde ne pourrait-elle pas se passer de ce genre d’encombrant ?

On la dit légère comme une Plume d'âme prête à s’envoler à l’instant de la dernière pesée 21 grammes - La pesée des âmes (2013) ; cette théorie un brin fumeuse remontant au début du siècle dernier et basée sur des expériences approximatives a fait son chemin jusqu’à devenir pour beaucoup vérité absolue.

 Ainsi, sur ce point précis, nous serions tous égaux ; une première dans toute l’histoire de l’humanité !

21 grammes, le poids de l'âme Ɂ Question naïve s’il en est ; aussi bien en regard de la considération qui lui est ainsi accordée par rapport à la masse corporelle que pour des motifs plus spirituels.

En résumé : l’esprit ne fait pas le poids !!

 

     Quitte à enfoncer des portes ouvertes (depuis longtemps béantes) reconnaissons qu’au premier regard Regard (pourquoi toujours bleu ?!) peu de gens voient l’âme de la personne qu’ils rencontrent.

Ils préfèrent s’attacher à des critères esthétiques, à l’aspect extérieur, aux apparences plutôt qu’aux transparences dont certains -de surcroît- se fichent complètement.

Faut-il les en blâmer ?

OUI / NON…biffez la mention qui vous semble inutile.

L’être humain est un animal, c’est-à-dire un « être vivant doué de sensibilité et de mouvement ».

Quelques agités du bocal s’excluent d’eux-mêmes de cette assemblée par leur comportement déplacé pour ne pas dire primaire ; peu leur importe l’activité du cerveau si le corps rencontré présente des courbes qui siéent à leur vision du genre humain.

Pour eux la question en préambule « A quoi sert-il d’avoir un corps ? » ne peut avoir qu’une seule réponse pleine entière et omnipotente.

 

     D’autres dans le même temps sont plus mesurés : ils s’intéressent au corps à l’âme à l’esprit à la matière à la métaphysique et à la transfiguration résultant d’une harmonie Harmonie (pouët !).

Le monde est f(l)ou, quelle découverte ! ; incertain hasardeux dangereux formidable étonnant généreux et plus encore…

Mettez le tout dans un Shaker et secouez fortement pour obtenir la vie…ou bien son apparence.

 

            Si nous n’étions qu’esprits serions-nous plus légers, plus insouciants ou plus heureux ?

Débarrassées de nos corps nos âmes exulteraient-elles autrement D.H. Lawrence ?

 

     Un 2 août à 0h47 et demie (!) une âme s’est envolée comme un petit Colibri Montre Colibri.

  

 

Colibri

(© 2016/droits réservés)

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Que sera sera…

Posté par BernartZé le 30 juillet 2016

Paris (by Julie Bell)

Paris, l’été

            

            Paris sera-t-elle toujours la même désormais au mois d’août ?

 

     Hier encore quand revenaient les heures aoutiennes des étincelles de joie s’allumaient dans les têtes de ceux qui ne partaient pas.

Loin de chercher une consolation à cette privation de villégiature, ils se réjouissaient à l’avance.

Enfin la ville serait à eux…et à des milliers de touristes !

La capitale, soudain vidée de ses habitants, semblait s’époumoner plus largement De l'air ! De l'air !.

Les avenues étaient agrandies débarrassées de leurs flots de voitures hystériques, les rues pouvaient être traversées le nez au vent sans risque d’accident ; même le métro souterrain prenait des allures aériennes sans ses habituels encombrements.

La nature reprenant ses droits l’air devenait respirable et le ciel bleu était certains jours véritablement Un ciel tout bleu sans le moindre nuage ; si si !

Dans certains quartiers la ville était en sommeil comme à l’heure de la sieste et des persiennes mi-closes d’un sud lointain Persiennes en sommeil écrasé de lumière.

Les enfilades de commerces fermés donnaient une impression de grand désert plein de liberté.

La vastitude citadine se révélait.

 

     Bien sûr les grandes artères haussmanniennes et les quartiers supposés plus intellos Réputation où nul n’est censé mettre le pied sans des pompes bien cirées  Ça brille !(une légende urbaine de plus) restaient fréquentés durant l’été.

Mais quelque chose de différent – dans l’air peut-être – s’avérait perceptible.

Des langages et des accents multiples se laissaient entendre pour le plus grand ravissement des oreilles.

Ras-le-bol du français parisien ! Vive les sonorités chantantes fleurant bon l’exotisme estival.

Quel bonheur d’entendre une conversation à une terrasse de café sans rien y comprendre ; quel plaisir de croiser des visages différents aussi lumineux et curieux de tout.

Tous les sens en éveil…

 

     Et puis les rencontres de hasard et les aventures que l’on sait devoir finir.

Quelques jours ou semaines vécus intensément ; le plein d’insouciance avant l’heure des adieux ; pas de promesses inutiles ; des images gravées à jamais…

Paris au mois d'août - Charles Aznavour (1966)   

Viendra l’automne Leaf.

 

            Si seuls au mois d’août, apparemment si libres.

C’était encore hier.

 

     Que sera après-demain ?

A présent qu’une multitude de séismes ne cesse de bouleverser le quotidien de nos vies il nous faut dire adieu au calme et à la tranquillité.

C’était un luxe, nous ne le savions pas.

Paris ne sera sans doute plus tout-à-fait la même et malgré tout…

 

 

By night  By night…

(© 2016/droits réservés)

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Pas cap !

Posté par BernartZé le 27 juillet 2016

Visage émacié

Ô temps ! Ne suspends pas ton viol

 

             Décharne érode émacie nos visages et nos corps jusqu’à ne plus en faire que nos squelettes à venir.

 

     Continue de tailler dans la chair à vif Tomate pelée nos traits futurs au gré de tes caprices et de nos émotions.

Nos cœurs s’affaiblissant seront tendres à souhait et nous n’aurons plus la force de lutter.

Parachevant ton œuvre tu auras le loisir de nous réduire à néant ; suivront nos cendres.

 

     Il suffit parfois de tomber par hasard sur une vieille photo d’identité pour constater, non pas les injures du temps, mais celles que nous nous sommes infligées avec un effroyable manque d’égards.

Qu’avons-nous fait de nous pour en arriver là ?

Certes beaucoup ont dû endurer les heurts extrêmes d’une vie difficile, plus occupés à sauver leur peau qu’à en prendre soin.  

N’ayez pas l’indécence de leur parler de toxine botulique et de comblements Injections cutanées alors que la vie ne les a pas gâtés !

La douceur leur a même peut-être été de tous temps étrangère.

Ceux dont la vie a été plus « rectiligne » se retrouvent malgré tout un jour face au miroir à essayer de reconnaître des traits familiers.

S’étant perdus de vue depuis longtemps, ils discernent avec difficulté des contours modifiés ; les courbes du visage changent parfois plus que celles du corps.

Le regard autrefois plein d’éclat semble s’être assombri, dissimulant mal le souvenir des épreuves traversées.

Nos yeux porteraient-ils en eux le deuil annoncé ?

S’ils ne sont pas encore éteints ils hurlent parfois muettement une détresse devenue impossible à cacher dans un visage durci.

Heureusement que…la chirurgie esthétique fait des miracles en s’avérant capable de les remonter jusqu’aux tempes tout en rehaussant les lèvres jusqu’aux pommettes Sourire Joker.

Maman j’ai peur !!

 

     Inutile de différer l’inéluctable quand on ne peut presque plus s’identifier d’une photo à une autre prises au détour de trois ou quatre décennies.

Nulle question d’apparence ou d’esthétisme mais plutôt d’une personnalité égarée saoulée de coups.

Ne plus se reconnaître n’est-il pas pire que d’être arrêté par la police pour suspicion de trafic de faux passeports ?

Et pourtant de nos jours…

 

            Anticipons les heures prochaines pour que cesse cette course inutile ; vivement l’Cendres !

Mais s’il plait à certains de continuer leur vain combat…

  

 

Cours toujours !  Rien ne servait de courir (on vous l’avait bien dit)

(© 2016/droits réservés)

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