Coup bas

Posté par BernartZé le 17 janvier 2017

Poignard

359 fois l’an

  

            Alors d’un geste ample et généreux…

 

     Elle était là, fidèle, chaque jour au rendez-vous depuis des années.

Envahissante omniprésente dévorante effarante.

 

Elle était là, toujours, interdisant l’oubli.

Pliant le corps en deux, cassant le dos fouraillant le bas ventre.

 

Elle était là, perfide, vicieuse dans sa façon de se tapir avant de surprendre et bondir.

Lancinante pernicieuse amorale.

 

Elle était là, encore, quand moins de six jours par an elle faisait mine de se faire oublier.

Cynique et provocante d’un esprit belliqueux.

 

Elle était là le jour où le bras s’est abattu, où la dague est entrée profondément dans le corps, faisant fi de la peau de la chair et des muscles ; pour la calmer, si possible la faire taire.

 

Le cri s’est à peine entendu.

 

            Demeure une douleur…

 

 

Messerschmidt (figure grimaçante)  

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un moment d'égarement | Pas de Commentaire »

Quel scoop !

Posté par BernartZé le 17 janvier 2017

Truffe chocolat

Brrr !

  

            J’ai la truffe froide ; constamment, même chez moi.

 

     Noël est pourtant déjà loin.

Mais les rigueurs de l’hiver font de nous des glaçons qui ne fondent pas

Étoile des neiges 1 Étoile des neiges 2 Étoile des neiges 3                           

 

 

Truffe chat  

(© 2017/droits réservés)

Publié dans De circonstance... | Pas de Commentaire »

Tous azimuts

Posté par BernartZé le 14 janvier 2017

Aimer ne suffit pas

Aimer ne suffit pas

 

            Il faut savoir partir.

            Il faut savoir rester.

            Il faut savoir le dire.

            Il faut savoir aimer.

 

     Amour amour que de bêtises n’ont-elles pas été dites et écrites en ton nom !

Comme si quelqu’un pouvait savoir, comme s’il pouvait comprendre et percer le mystère des sentiments les plus cachés souvent enfouis.

 

« Amour ! amour ! quand tu nous tiens… » a écrit le poète censé tout mieux connaître que tout le monde.

Lui et confrères assimilés ont écrit tout et n’importe quoi sur ce sujet fondamental, une chose et son contraire, sans craindre de se contredire.

Pourquoi s’empêcher d’improviser quelques phrases définitives sonnant comme des vérités ?

 

Quand les mots sont lâchés dans l’arène, les idées fusent et jaillissent en bouquets roses sans souci d’ineptie.

Pas de ridicule possible pour ceux qui osent faire des déclarations à l’emporte-pièce en se basant sur leur seule expérience qu’ils pensent représentative pour le plus grand nombre d’individus.

Bon Dieu ! Mais c’est…bien sûr ! Tout le monde est pareil -tous construits sur le même moule, pourvus de la même gamme de sentiments- et chacun se retrouvera dans ces aphorismes batifolant en pleine nature.

 

     Dans un concours d’expressions convenues la plus répandue est sans doute « l’homme (ou la femme) de ma vie ».

Affirmation faite le plus souvent avec une inébranlable assurance sans même penser aux conséquences d’une telle sentence.

Si l’on songe un instant que la personne implicitement désignée puisse croire l’auteur d’une déclaration aussi importante, elle n’a que deux solutions : lui sauter dans les bras L'enjeu du cirque ou fuir à toutes jambes.

Beaucoup aiment à s’illusionner pour tenter l’aventure.

Quel courage…ou bien quelle inconscience ?!

 

     Pourtant, même en supposant de multiples formes d’amour, quel…courage (si si) quelle abnégation, quel don de soi fait à l’autre s’il est aussi entier que sincère !

Pourquoi ne pas y croire, pourquoi ne pas rêver possible l’impossible ?

Pourquoi toujours douter et envisager le pire ?

Pourquoi AUSSI encombrer nos existences de phrases irrévocables qui voudraient nous guider dans la conduite de nos sentiments ?

Un grand auteur de grandes pensées (et autres réflexions…) nous a légué l’expression de son sentiment absolu : « Aimer, c’est bien, savoir aimer, c’est tout. »

C’est…aussi discutable : « tout » est-ce assez en l’occurrence ? ; existe-t-il des mesures dans les sentiments ?

Fausse lapalissade : qui sait ne pas savoir en sait déjà beaucoup.

 

            Question subsidiaire : qui saurait expliquer les raisons de ses inclinations ?…

 

 

S.G.  Mauvais joueur !

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Aphorismes, citations, fulgurances et délires verbaux en tous genres (!) | 3 Commentaires »

Chronophagie

Posté par BernartZé le 11 janvier 2017

L’œil horloge

L’attente

  

            Le temps de courir à sa perte…

 

     Certes toutes les heures blessent et si la dernière tue elle met fin du même coup à l’angoisse qui nous ronge tout au long de la vie.

 

Qui n’a pas attendu, pupille plus ou moins dilatée, un train un coup de téléphone ou de sonnette à la porte, l’aimé(e) ou…le facteur parfois !

Pour un simple colis Livraison par drone qui n’en finit pas de ne pas arriver l’inquiétude peut grandir au point d’envahir l’espace mental empêchant toute réflexion et toute action.

Chacun des sens en éveil, l’oreille est à l’écoute du moindre bruit, du plus petit indice.

Telle Tatiana Samoïlova Tatiana Samoïlova (Quand passent  les cigognes, 1957) plus soucieuse de savoir quand passeront les cigognes (contre-sens assumé !) que de connaître l’heure de venue du facteur ; mais c’est un cas atypique.

L’anxiété qui a gagné son visage révèle l’intensité et les enjeux de son attente ; si elle savait la pauvre !

 

     Sommes-nous condamnés à patienter et espérer sans fin en nous tordant les mains et les jambes tels des gamins autrefois habitués à ce que leurs caprices soient immédiatement satisfaits ?

La délivrance vient-elle avec la mort ?

Si une attente pouvait se dérouler en connaissant son heure et sa date précise d’échéance le système nerveux s’en porterait bien mieux.

Mais non bien sûr, la vie coulerait trop facilement et nous n’aurions pas autant conscience de la précarité de nos existences.

L’incertitude est une menace permanente qui nous rend excessivement vulnérables et nous sommes impuissants à nous en défaire.

Pas étonnant si à force de se prendre des coups Uppercut nos âmes finissent défigurées au point de nous faire porter sur le visage les traces de nos heurts Visage tuméfié suivant le principe inverse de celui du fameux Portrait de Dorian Gray !

Ah ! les agressions du temps !

 

            N’ayant pas d’autre choix que d’attendre, attendons sans relâche, même si cela fait mal de devoir vivre avec une dangereuse Épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Bienheureux ceux qui ne s’en doutent pas…

 

 

LE portrait de Dorian Gray (inv.)

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Que de questions existentielles ! | Pas de Commentaire »

Le temps venu

Posté par BernartZé le 8 janvier 2017

The crying room

Chambre close

  

            Larmes ravalées elle avait refermé la porte à clé.

 

     Larmes bues après ses paroles et la relecture de ses lettres.

L’émotion du souvenir du dernier jour l’avait longtemps empêchée de reprendre son souffle et le cours de sa vie.

Plus rien d’autre n’avait compté durant de longs mois, des années.

Elle avait beau savoir qu’il valait mieux le laisser aller, elle ne parvenait pas à cesser de le retenir.

N’écoutant personne elle avait renoncé à toute vie sociale, préférant même rompre des liens familiaux.

Entretenir la flamme et les souvenirs était son seul souci tant sa survie en dépendait.

 

     De longs mois, des années, son existence était restée en pointillés.

Perdue et pâle T.T. (Missing) elle était retournée sur des lieux familiers, avait dérangé des photos, hanté le passé pour raviver la flamme.

Tout lui manquait : lui, eux, elle dans ses yeux.

 

     Le poids de l’absence avait été monstrueux, phénoménal au point qu’elle avait d’abord pensé ne jamais réussir à se relever.

Rester à terre n’étant pas une option sensée, elle avait fait de leur chambre un lieu fermé, une pièce de secours, un ultime recours.

Installée ailleurs pour tenter de dormir, il lui avait été impossible de ne pas y revenir régulièrement ; trop souvent.

Et de refaire chaque jour chaque nuit le trajet jusqu’à la chambre mortuaire où il était sans n’être plus.

Durant des heures elle voyait repasser des images, relisant des poèmes qu’ils avaient épousés et pleurait un peu tout en se contenant.

Durant des années ce cérémonial avait eu lieu.

 

     N’oubliant rien elle avait réussi à accepter de laisser sa place au vide dans cette pièce condamnée au passé.

Et elle l’avait une dernière fois refermée ; sans larmes.

 

            Plus tard, dans quelques temps, sans doute déménagera-t-elle…

  

 

La chambre verte (François Truffaut, 1978)

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Temps révolu | Pas de Commentaire »

Peu de choses en somme

Posté par BernartZé le 5 janvier 2017

Couteau (de cuisine) Harakiri

Qui pleure kiri ?

  

            Hara 丹田 vidé…

 

     Passer tout à côté de tout.

 

Lune sans sommeil appelle astre moribond ; l’écho se perd entre leurs nuits.

Au fil des jours s’est réduit l’espace où les rires mènent aux larmes jusqu’à ne plus former qu’un minuscule territoire sur lequel tout se perd en se jouant de soi ; à force de tenter le diable nul ne peut demeurer le plus malin.

A force de coups de poings le Nombril s’est vidé de son sens ; il est devenu creux et avare d’une énergie dont il est désormais dépourvu.

Démission sans omission ; la vie s’en est tranquillement allée par tous les pores.

 

     Il fallait du talent pour réussir à manquer une à une toutes les marches.

De dérapages en glissades le parcours s’est révélé exemplaire : à en baver de joie !

Le bonheur embarrasse plus que la tristesse lorsque son exigence condamne en excluant l’échec.

Il est si facile de vivre heureux quand on naît bien disposé ; mais à force de remonter le courant le fameux Canoë rose (pris dans la vase) finit parfois par s’embourber définitivement.

 

     Plus rien n’est grave si rien ne compte plus ; pas davantage les jours qu’une vie perdue.

Passer tout à côté de tout n’est rien d’autre qu’une inaptitude à vivre l’instant présent.

Une croix définitive, claire et limpide, faite sur le http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-image-carpe-diem-inscription-illustration-pen-writing-white-background-image30424006 d’Horace.

Un renoncement, un deuil de plus.

 

            Juste une existence sans célébrations ni fêtes.

Comprends-le…

 

 

...Ou tu porteras mon deuil (1968) 

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Question de point de vue | 2 Commentaires »

Le ridicule ne tue pas (?)

Posté par BernartZé le 2 janvier 2017

Froid polaire (inv.)

Jusqu’à l’âmos

  

            « Percé jusques au fond du cœur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle »

 

     Plus je tire sur mes manches, plus elles se rétractent d’effroi tandis que je m’étrangle avec mon écharpe de peur d’attraper froid.

Certes nous sommes en hiver et il serait malvenu de se plaindre ou de se lamenter sur son sort lorsque l’on dispose d’un toit au-dessus de la tête.

Nonobstant (!) je tropeste avec le peu d’énergie qui me reste : ça ne peut plus durer…je ne peux plus endurer ça !

Arrête de te plaindre, entends-je déjà, et rentre dans le rang !!

Oui…ben non !

Même si c’est vain, même si -à juste titre- tout le monde s’en moque éperdument, je veux apporter l’humble témoignage d’un être percé de part en part .Transpercé

Mon corps est figé dans la glace, mon cerveau est gelé, incapable de réfléchir correctement ; la preuve…j’en viens à écrire n’importe quoi.

Au secours ! On m’assassine !

 

    En ces heures difficiles il est indispensable d’appeler à la rescousse l’arrière-garde qui veillait dans l’ombre ; et de raviver des lumières à mes pieds Radiateur - Copie Chauffage infrarouge - Copie.

Des sources de chaleur qui viennent à point…affoler la prochaine facture d’électricité.

Inutile de tenter de rendre responsables les canards de ces premières morsures hivernales Morsures ; ils souffrent autant que les humains des caprices météorologiques.

Si j’ignore à quoi ils pensent depuis quelques jours, je sais que je suis de plus en plus incapable d’aligner deux idées cohérentes.

Comme si la connexion ne pouvait plus se faire entre mon esprit mon cerveau et mon (éventuelle) aptitude à raisonner.

Un vrai tambour qui sonne creux !

 

     Quand le froid perçant passe la barrière de la peau et des muscles pour atteindre le squelette que reste-t-il à faire pour ne pas se sentir mourir ?

Implorer les Dieux ? Se soucient-ils encore des Humains ?

Se coucher et tenter de dormir…dans un lit verglacé ?

Continuer à serrer vaillamment les poings et les dents jusqu’à ce qu’elles tombent une à une ?

Ou bien se laisser mordre et brûler par l’extrême froidure en attendant la fonte des glaces Ainsi le glaçon fond ! ?

 

            « A cœur vaillant rien d’impossible »…paraît-il.

 

 

Un cœur fondu  Sacré Jacques C. !

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Coup de tête | Pas de Commentaire »

Un grand dadais repenti

Posté par BernartZé le 30 décembre 2016

Bouquet Flocon

Des pommes et des épines

  

            Il avait l’air fin avec son bouquet qu’il ne savait comment porter.

 

     Vingt ans et des brouettes, visite à grand-maman au 4ème étage de son vieil immeuble de quartier Angle de rue.

Depuis combien d’années n’était-il pas venu jusque là ? ; depuis quand ne l’avait-il pas vue ?, négligent, oublieux, petit-fils indigne.

Parce qu’elle était gravement malade il s’était soudain souvenu du chemin d’autrefois, des lignes de métro empruntées et de l’attente en fin de boucle.

 

     Quand il était enfant cela l’impatientait, tant il était pressé d’arriver avec mère et sœur retrouver les cousins qui venaient eux aussi ce jour-là visiter grand-maman.

Effusions embrassades et petits cadeaux ; déjeuner patiemment préparé avec ses salades de crudités découpées en minuscules morceaux et son plat -toujours le même- mijoté : morceaux de poulet petits pois et carottes Poulet, petit pois.

Après le café -lait chicorée ou chocolat pour les enfants- c’était l’heure des jeux de cartes, simples comme La bataille, et surtout des dominos Jeu de dominos ressortis d’une vieille boîte en bois d’une odeur rassurante.

L’après-midi passait vite, beaucoup trop, et le soir qui tombait annonçait immanquablement la tristesse du retour.

Il faisait toujours froid.

 

     Grand-maman est malade, grand-maman va mourir.

Avec son bouquet de roses blanches de lisianthus (blancs) et de Pomme de pin il se sentait tout gauche, redevenu petit.

En son cœur des épines, celles des roses bien sûr mais aussi celles de l’enfance incomprise, des sentiments mal exprimés, des gestes retenus et des non dits pesants.

Tous les enfants -ou presque- se croient mal aimés ; certains ne se trompent pas.

Sans doute est-ce pour cela qu’ils traînent toute leur vie un besoin de douceur d’égards et de tendresse qui ne sera pas rassasié.

 

Grand-maman est malade, son cœur fait de drôles de bonds en fin de vie.

Elle a résisté à deux guerres, à la perte de trois de ses cinq enfants, à celle de son mari emporté par l’amer et impossible retour à la vie.

Aujourd’hui elle sourit toujours, et son visage lisse à la peau blanche et douce paraît enfantin.

Aujourd’hui elle est fatiguée mais heureuse de revoir son petit-fils préféré qui lui avait tant manqué depuis l’âge où elle pinçait gentiment les deux joues d’une bouille qui la faisait systématiquement rire.

Lui est embarrassé, réalisant son égoïsme tant il lui apparaît soudain évident que leurs retrouvailles viennent un peu tard.

Il ne savait pas que faire plaisir pouvait être si simple.

 

            Grand-maman est morte deux jours plus tard d’une overdose de bonheur dans le cœur.

  

 

Ma mie  Ma mie

(© 2016/droits réservés)

Publié dans Hommage... | 2 Commentaires »

Deux en une

Posté par BernartZé le 27 décembre 2016

36 fillette

36 fillette

  

            J’ai ressorti hier mes plus beaux souliers vernis.

 

     J’ai aussi retrouvé ma locomotive électrique Locomotive électrique et mon pull jacquard de jeune homme Pull jacquard.

Toute mon enfance était là ; une guerre des sexes à moi tout seul, toute une vie.

 

     Une sorte de vertige me prit à 9 ans ½ : j’ai découvert entre deux âges que j’avais deux identités deux sexes deux caractères non opposés mais complémentaires.

A tort ou à raison mes parents à ma naissance n’avaient pas voulu faire un choix irréversible à ma place.

Ayant grandi petite fille et ne m’étant jamais comparée à personne je ne me sentais pas différente de mes camarades en jupette.

Innocente, ignorante de ma vérité, je ne pouvais deviner à l’âge rose que ma vie allait un temps virer aux bleus.

Une simple sortie scolaire à la piscine suffit à me plonger dans des méandres sans fin et des abysses sans fond.

Meurtrie je ressortis intact de la préadolescence.

Certes blessé, je pus conserver mon intégrité physique par la magie des androgènes qui s’étaient réveillés ; un vrai mystère.

Un réel miracle aussi dans la mesure où il me permit de ne pas faire d’autre choix que celui de l’évidence : j’étais un garçon !

 

     Dire que la suite fut facile serait un mensonge.

Il me fallut changer d’état civil d’école de coiffure de vêtements (Gilet garçon…tenue classique d’une autre époque) et d’habitudes bien sûr, sans jamais me renier.

 

Il me fallut aussi apprendre à faire des choix sans regretter les options délaissées.

C’est un défi que je suis rarement parvenu à relever tant -encore à mon âge- j’ai du mal à les abandonner le cœur léger.

Trop souvent indécis, j’ai beaucoup hésité semblant danser d’un pied sur l’autre.

Je continue…m’appuyant à présent sur ma canne Petit vieux.

Cela a-t-il un rapport avec celui que je suis devenu et celle que je ne suis plus ? ; drôle de question !

On ne se refait pas complètement en une vie !

 

            Je ne regrette pas mes souliers vernis, je n’ai plus l’âge de faire des claquettes.

 

 

Le choix dans la balance

(© 2016/droits réservés)

Publié dans C'est (aussi) la vie ! | Pas de Commentaire »

Des comptes de Noël

Posté par BernartZé le 24 décembre 2016

Merry Christmas (Pencil Shavings Cards by Ruth Jackson)

Jusqu’aux cimes enneigées

  

            Ils avaient bien failli ne pas se retrouver.

 

     Un an (moins une semaine) plus tôt papa maman et leur grand fils s’étaient quittés fâchés à l’issue du réveillon du nouvel an.

La soirée avait portant bien commencé.

Le feu crépitait dans la cheminée et la chaleur les avait rapidement gagnés ; ils s’étaient embrassés pour la première fois depuis près de trente ans.

Jusqu’à littéralement se prendre dans les bras les uns les autres après de nombreuses brouilles et autant de conflits qui avaient longtemps empêché tout contact physique.

Des maux malheureux, des mots mal compris ; des pensées mal exprimées et mal entendues.

Les interprétations libres finissent parfois par enchaîner.

 

     Voulant bien faire ils n’avaient pu se retenir de revenir sur le passé.

Afin de s’expliquer leurs désaccords et leurs divergences et mettre le doigt sur ce qui les avait durablement tenus éloignés ils avaient reparlé de leurs blessures involontaires.

Le doigt effleura vite les cicatrices et les raviva.

Le ton monta, les bulles de champagne éclatèrent en surface Éclatements en surface une flûte se brisa.

Ensuite personne n’avait plus rien compris des raisons qui les avaient conduits à mettre un terme au réveillon bien avant l’heure de la bûche.

Le froid glaçant qui s’ensuivit perdura.

 

     Le destin, par goût de l’ironie, se chargea violemment quelques mois plus tard de les rapprocher.

Papa fut hospitalisé suite à une chute à skis en plein slalom ; géant !

Ses cinq jours de coma mirent à mal le cœur de Maman taquiné par des poussées de tachycardie ; la crise cardiaque fut évitée de peu mais quatre autres jours d’observation à l’hôpital grevèrent un peu plus le compte de la Sécurité Sociale toujours mal-en-point.

Le grand fils comprit qu’il était temps de faire preuve d’un peu de générosité.

Malheureusement pour lui au moment de prendre le train qui devait le rapprocher d’eux, il glissa par mégarde Oups sur le quai du métro de la ligne censée directement le conduire à la gare ; trois semaines de plâtre !

Les parents n’en surent rien.

Plus d’une saison passa, la rentrée des classes des petits-enfants aussi.

 

     Au début du mois de décembre, Maman -n’écoutant que son cœur à peine rétabli- fit un geste de mère envers son fils.

Elle lui écrivit Lettre prioritaire ; pas un courriel puisqu’elle dédaignait ce genre d’échanges faussement épistolaires, mais douze pages sur papier non glacé.

Il lut et comprit mieux ce qui pesait tant sur son cœur malade.

 

            Chacun aujourd’hui se prépare pour ce soir.

La maison est un peu déguisée, pas de sapin mais quelques décorations Boules de Noël en guise de chemin de table.

Dès la tombée de la nuit Maman s’installera en cuisine pour confectionner ses fameux canapés Canapés cocktail  Canapés cocktail bis qui firent les grandes heures de tous les réveillons d’autrefois ; comme une poussée de nostalgie.

Et quand le grand fils arrivera ils dresseront ensemble la table, se souvenant l’un comme l’autre sans le dire d’un temps lointain.

Papa sortira de son antre juste à temps pour d’autres retrouvailles.

 

     Joyeux Noël…(?)

  

   

Le compte est bon  Un vrai cliché !

(© 2016/droits réservés)

Publié dans De circonstance... | Pas de Commentaire »

12345...83
 

60 millions de cons somment... |
riri1524 |
Le Plateau Télé de KeNnY |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Soft Liberty News
| t0rt0ise
| Bienvenue au Thomaland