Essai très brouillon
Quand, pourtant, tant et plus, le temps vire à l’orage, est-il encore de mise de miser sur un avenir sans plomb, sans cervelle et sans espoir ?…
Quand le cerveau las
semble se désagréger tranche
après tranche, que peut-on encore espérer ?!
Quelle cochonnaille !
Je t’aiiiiimeu, je t’aiiiiimeu, comme un fou, comme un sol, comme un da, comme une star de ci delà.
D’un ciné mat, plutôt !
Et manquant de lumière, je t’allais tout de même voir en catimini, en dépit du bon sens.
Tu vois…je t’aiiiiime comme ça.
Pauvre pomme, va !
C’est pas… ; c’est à peine exprimable ; et pourtant…
Tu ne sauras jamais combien je t’ai aimé, en secret, en cachette, sans honte et sans le moindre espoir.
J’étais une condamnée d’autant plus sincère que tu ne le savais pas ; tu n’as jamais rien su d’ailleurs.
Trop occupé à séduire à tout va, avec tous tes atouts, mais sans ton cœur que tu te gardais bien d’offrir à quiconque.
Picorant, butinant, tu semblais folâtrer sans jamais songer à t’attacher.
A quoi bon t’enchaîner quand tu pouvais demeurer libre de nager en eaux claires ?
Champion
du 110 mètres sans haies en bassin de 50, tu étais jeune et fort du temps de ta splendeur.
Elle n’est plus ; désolée…
Combien de temps et d’heures de ma (so) triste vie ai-je perdu à rêvasser, cherchant dans ma mémoire des signes encourageants, des raisons d’espérer ne pas me consumer en vain ?
Mais non ; que nenni !
Seule mon imagination avait dû me berner tandis que tu poursuivais ta route parallèle.
Transition, transposition…transaminases, transe explosion !
Mes reins se meurent et mes muscles se carapatent…
C’est bien pour ça que je ne serai jamais championne olympique du 110 mètres nage libre !
Au fond de ma coulisse, je n’étais qu’une sirène
recherchant son triton et ayant cru le trouver, j’ai voulu me noyer dans l’oubli.
Un peu d’alcool, quelques cachets plus loin -rien de bien méchant-, j’ai touché le fond de ma piscine (sans p’tit pull) et j’ai cru ne jamais réussir à remonter.
Erreur ! Un coup de pied (de nez) et hop !
A nouveau en surface, du moins la tête hors de l’eau, j’ai bien été obligée de nager, de flotter pour me sauver, ne serait-ce que pour faire semblant de survivre.
Je n’aurais jamais cru pouvoir aussi longtemps faire illusion, sans jamais envisager de duper qui que ce fût.
Et cependant, j’ai donné le change malgré moi, malgré mon dépit, mon désespoir, mes apparences (trompeuses) et mon épée de Damoclès
sympathiquement acérée.
Rien de surprenant si j’ai eu si souvent tendance à avoir mal à la tête (!)
Combien de cachets d’aspirine dissous
ai-je bu en cent cinquante années ?!
Je lève mon verre
à tous ceux que j’ai involontairement abusés !
A cette heure de bientôt partir, dans un ultime effort de lucidité, je ne peux qu’éclater de rire
.
Ce fut un coup pour rien, pour toute une existence passée dans l’attente de ce qui aurait pu arriver et qui n’arriva pas…
J’avais, assurément, fait la plus belle et la pire rencontre de ma vie en une seule fois.
Qui peut regretter d’avoir aimé ? ; qui peut s’étonner d’avoir souffert ?
Comment ai-je pu m’égarer dans ce labyrinthe de sentiments ?!
Comment se sortir d’un tel guêpier
?
Une seule réponse : j’étais particulièrement douée et je ne le savais pas.
Ma propension à me jeter tête la première dans une histoire qui allait vite me dépasser me fut révélée en un éclair qui scella mon sort.
Il n’a pas suffi d’un regard, mais d’un ou deux de plus.
Et j’ai -définitivement- perdu tout sens de l’orientation.
Plus je cherchais à comprendre ce qui m’arrivait, plus j’étais bouleversée et incapable de traduire mes sentiments de façon claire.
Plus je griffonnais de bouts de papier volants, moins je me retrouvais.
J’ai fini par me perdre.
Quelle surprise !
Au bout du compte : des arbres inutilement abattus, des encres (de stylos) bêtement répandues et des boussoles à jamais déglinguées !
Quelle fierté en retirer ?
Aucune !
En termes simples, j’ai réalisé l’exploit de passer à côté de mon existence pour quelques regards mal interprétés.
Chapeau bas !
Sans jouer, j’ai perdu.
Mon énergie vitale, beaucoup d’heures
et de temps qui finirent par me coûter des années, puis ma vie entière.
Mais, quelle importance ?…

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