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Existentiellement elle

Posté par BernartZé le 7 octobre 2014

Le vide - Antoni Taulé (1983)

Du baume au cœur

  

            Elle aurait bien aimé trouver quelqu’un à qui parler ; mais plus personne plus rien à vingt mille lieues à la ronde sur terre.

 

     Il faisait toujours froid dans sa grande chambre d’hiver où résonnaient les courants d’air et les regrets ; pire que dans la plus désaffectée des églises Eglise vide.

Même chez elle, faute de foi et d’espoir, cela faisait longtemps qu’elle ne priait plus, n’attendant ni changement ni fin.

A défaut d’interlocuteur seule une chaise vide Chaise vide lui faisait face, durablement occupée par une vieille valise de voyage Valise de voyage ; voyages fait par ses grands-parents du temps de leur jeunesse dorée et aventureuse.

Elle était emplie de cartes de photos de souvenirs en tous genres et de chemins tracés à travers le monde qu’elle n’avait jamais vu autrement qu’en imagination.

Aucune photo personnelle si ce n’est d’elle à cinq ans Brigitte Fossey (dans Jeux interdits) ; ou bien était-ce la photo d’une autre ?

De toutes façons elle avait décidé un jour de ranger la valise dans le fond d’un placard au milieu de chaussures qu’elle ne portait plus depuis de longues années ; plus envie.

Plus d’envies de promenades et de se perdre au hasard des rues ; plus le goût à baguenauder ni à marcher le nez en l’air en s’emplissant les poumons de bon air et les yeux d’images pleines de vie.

 

     Un soir en rentrant chez elle, elle avait fermé sa porte et décidé de ne plus jamais sortir, sauf par nécessité absolue (Sac de courses vertes) une fois toutes les deux semaines.

Son Chat noir (le nez en l'air) en était mort à force d’attendre sa Pâtée, toutes les plantes vertes aussi, à l’exception d’un vieux cactus Cactus en pot qui se desséchait sur pied depuis plus d’une décennie.

Demeurait dans un angle supérieur de sa chambre juste en-dessous du plafond un bout de frise animalière et végétale Frise nature.

 

     Avant d’en venir à une extrême extrémité du genre Jardin de Vienne elle avait essayé de se soigner.

Pas question de consulter ; alors de temps en temps du chocolat en petite quantité Carrés de chocolat noir pour tenter de se remonter le moral et un Sourire ''blanc'' pour réussir à s’oublier.

Cela fonctionna sur son esprit de moins en moins bien jusqu’au jour où elle ne put plus s’offrir ce genre de consolation faute de moyens.

Pilules de Prozac Une bonne dose journalière d’antidépresseurs aurait-elle pu encore l’aider à ce stade ?

Pas de médecin, pas d’ordonnance ; nul ne le saura jamais.

 

     Faute de détails et de certitudes, on imagine que, sortant de plus en plus rarement puis plus du tout, elle a fini par s’amoindrir progressivement jusqu’à ne plus pouvoir quitter son lit.

Quand a-t-elle senti ses dernières forces l’abandonner ?

Peut-être des années avant de disparaître…

 

            Pauvre petit cœur malade qui n’a pas su trouver seul une caresse pour le sauver.

What a pity !

Mais mimi le champi Mimi le champi ! (rien à voir).

 

 

Valise recyclée 

(© 2014/droits réservés)

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