Un conte anhumain

Posté par BernartZé le 20 mars 2016

Le poids des ans

Le poids des ans

 

            Quelque part, au fin fond de l’Australasie vivait dans un zoo un Flamant rose.

 

     Gentiment surnommé Elder il était veuf depuis plus de vingt-cinq ans, sa compagne n’ayant pas survécu à une attaque de moustiques plus terribles et tenaces que le vent ou le froid cette année-là.

Inconsolable il avait mis longtemps avant de parvenir à faire son deuil au point d’inquiéter gravement les médecins et les soigneurs voués à s’occuper de plus de quinze-mille âmes.

Tous ces habitants partageaient le bonheur de vivre sur près de douze-mille hectares.

Chacun était spécial et unique mais Elder, par son histoire incroyable sans doute, avait une aura particulière.

Il avait beaucoup voyagé, vécu deux guerres et avait été laissé pour mort lors d’un massacre quand il avait douze ans.

Seul un miracle et une intervention divinement humaine l’avait sauvé ; de multiples opérations beaucoup de chaleur et des soins répétés durant près de deux ans lui avait permis de passer d’un presque trépas à une seconde vie.

 

     Dix ans passés avec son alter-égo en talons rehaussés d’une belle nuance de rouge, le deuil, et puis un autre amour au regard pesant Shad qui l’avait captivé dès leur première rencontre entre deux eaux et des branches d’arbre.

Shad était intense hypnotique et secrète ; après dix mois d’amitié ils s’étaient avoués d’autres sentiments, se confiant davantage.

C’est ainsi qu’il avait partagé la perte de ses enfants Slim et Slima quand elle vivait au Zimbabwe.

Leurs peines les avaient réunis ainsi qu’une admiration réciproque ; longs avaient été leurs périples jusqu’en Australasie.

 

     Le jour de son anniversaire il ne cessa de danser sur un pied et puis l’autre, sans parvenir à savoir s’il se sentait heureux d’avoir vécu un demi-siècle ou bien s’il déplorait d’être vivant malgré l’âge et les deuils.

Shad tenta vainement de le rassurer ; les bougies Flamme ascendante se consumèrent en des flammes ascendantes.

Le gâteau plein d’artémies Artémies et de trucs à quinze-mille bouts d’antennes ne le ravit pas faute d’appétit.

Il fit semblant de se réjouir alors qu’il était un peu las et ailleurs.

 

            Demain quatre-vingts ans ; il volera encore…

 

 

time concept, selective focus point, special toned photo f/x

(© 2016/droits réservés)

2 Réponses à “Un conte anhumain”

  1. Karine dit :

    Le poids des ans..du passé..du présent… on y survit..on y consentit..on s’y adoucit ou endurcit..
    Longue vie à Elder & long cours à votre imagination sans bornes.
    en espérant qu’une aile rose viendra colorer mes rêves.. :) bisous

Laisser un commentaire

 

60 millions de cons somment... |
riri1524 |
Le Plateau Télé de KeNnY |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Soft Liberty News
| t0rt0ise
| Bienvenue au Thomaland