Dérives

Posté par BernartZé le 21 juin 2016

Des barques et...

Histoire sans fin

  

            La lumière de ce jour était particulièrement éblouissante.

Nous le fûmes moins.

 

     Nous étions descendus sur la plage par un petit chemin de sable fin Aux portes de l'amer doucement escarpé et moelleux pour nos pieds.

La mer en contrebas s’offrait déjà et l’air iodé nous enivrait avant même d’avoir les pieds dans l’eau.

Depuis combien d’étés n’étions-nous pas revenus sur les lieux de notre premier crime ?

Ce jour-là nous avions compris que nos destins seraient scellés.

Le sang avait coulé, pas de témoin ni de cadavre et la promesse mutuelle de ne jamais rien révéler de nos instincts meurtriers.

Ce goût-là était demeuré pour toujours ; de là à en venir aux mains…

 

     Les semaines puis les années avaient passé, la morsure était restée sans que nous y songions.

Notre insouciance n’avait duré bien sûr qu’un temps ; passées les années de jeunesse la boîte de Pandore Pandore (par John William Waterhouse, 1896) avait fait plus que s’entrouvrir ; maudite curiosité de nos cœurs atrophiés !

Nous avons découvert que nous étions indissociables et néfastes l’un pour l’autre.

Une mortelle randonnée nous attendait.

Quand il ne fut même plus question de sentiments, nous prîmes le maquis pour tenter de nous soustraire l’un à l’autre ; en vain évidemment.

Nos routes se séparèrent Déroute (eh oui toujours les mêmes) durant une brève décennie déchirante et lumineuse.

Chacun avait cru découvrir sa propre voie avant de se sentir rattrapé par un passé omniprésent ; happé en somme.

Qui de nous deux refit le chemin vers l’autre ?

 

     Plus de frein désormais.

La course à notre perte était lancée et nous avons couru de façon effrénée, comme des morts de faim.

Nous étions assoiffés de vengeance alors que nous ne pouvions contenir notre dépit.

L’amertume et la déception prirent une grande part dans ce qui s’ensuivit.

Tout et n’importe quoi : des échappées en forme de rébellion qui ne menaient à rien puisque nous revenions toujours l’un vers l’autre ; impossibles retours, éternels torts.

Et puis vint ce voyage nous ramenant à une source trop lumineuse pour ne pas être trompeuse.

A peine arrivés sur la plage nous nous sommes querellés nous renvoyant nos maux à tue-tête.

La violence trop longtemps contenue nous acheva.

Tu as fui, je t’ai perdue (de vue).

 

            As-tu pris cette barque amarrée près du rivage pour regagner une autre rive ?

 

 

Déferlante 

(© 2016/droits réservés)

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