Petit détail olfactif

Posté par BernartZé le 6 juillet 2016

Poulet rôti

Là-bas sur les ghâts

  

            C’est vers deux ou trois heures du matin que nous déboulâmes au bord du Gange.

 

     L’épopée avait été longue et éprouvante : des heures interminables casés sur des couchettes étroites de trains Couchettes trains indiens, la citronnelle (odeur suffocante, allergie déclarée !) contre les Moustique d’une incroyable vitalité, puis des rues empruntées à toute vitesse par un auto-rickshaw Auto-rickshaw de fortune (celle de rester en vie !) et, enfin débarqués, il nous fallut descendre – chargés du poids des sacs-à-dos – une succession d’escaliers plus ou moins abrupts pour atteindre la rive.

 

     Notre première impression est demeurée inoubliable.

Un voile à mi-chemin entre le brouillard et le fog anglais s’était emparé des eaux que l’on discernait à peine Arrivée sur les ghâts (Varanasi) (bien moins encore).

Nous percevions une présence indéfinissable d’autant plus troublante que nos yeux ne pouvaient que la deviner.

Épuisés mais heureux nous avons remonté des marches jusqu’à trouver une pension un peu spartiate susceptible de nous accueillir pour la nuit ; le temps de prendre une bonne douche (à l’étage) indispensable après des jours d’incubation dans les trains et nous nous sommes écroulés sur nos lits en quête de salut.

 

     Sitôt le petit-déjeuner pris (ah ! les Banana lassi qui donnent la pêche !) nous sommes partis à la découverte d’une ville où tout converge vers le fleuve sacré…au point qu’il est presque impossible d’en décoller ou du moins de ne pas y revenir sans cesse, ne serait-ce que le temps de se reposer un moment pour boire un tchaï Tchaï à la cardamome (eau non potable issue du Gange ?!) le regard inévitablement tourné vers l’autre rive.

 

     Les ghâts à Bénarès Les ghâts sont à la fois un lieu de recueillement, de célébrations et d’étranges encombrements ; tout un peuple s’y croise sans cesse.

C’est lors d’une de nos multiples allées et venues le long du Gange que nous sommes tombés sur une Crémations ; « spectacle » évidemment interdit aux touristes.

Tout en respectant une cérémonie dédiée aux défunts, il est difficile -même à une distance convenable- de ne pas être intrigué donc curieux ; nos pratiques occidentales sont si éloignées de cette appréhension de la mort.

Il n’y a en fait rien de spécial à comprendre si ce n’est une tout autre façon d’accompagner les disparus, terme pudique s’il en est.

Là-bas tout finit dans le fleuve…après époussetage.

Nul manque de respect mais bien au contraire de l’admiration quant à cette capacité d’envisager naturellement une suite à notre vie terrestre.

 

            Le plus surprenant fut de constater l’odeur de poulet rôti prégnante qui remontait à nos narines.

L’expression « avoir la chair de poule » ne serait-elle pas seulement imagée ?…

  

 

Frites  (Mais où ont-elles pu passer ?)

(© 2016/droits réservés)

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