L’élan retour

Posté par BernartZé le 7 septembre 2016

Femme en buste, de face, une main posée sur la joue droite (Eugène Carrière)

J’ai senti une main se poser sur ma joue

  

                Le souvenir des êtres passés est étrange.

 

     Les années filent parfois sans que l’on trouve le temps de se poser et de réfléchir.

Les années parfois filent de façon décousue et sans y prendre garde vient le jour où, dans un moment de faiblesse, le passé nous revient en nous forçant à nous rappeler un fol emportement.

J’ai retrouvé une vieille photo de moi cheveux au vent L.M. (''Les fous de Bassan'', 1987) quand j’étais très jeune et déjà folle, disons peu raisonnable.

Quelle idée aussi de m’enticher si vite d’un homme qui ne me voulait pas !

Quelle idée aussi de me mettre à l’espionner et à le traquer, de le suivre d’enquêter et de le pourchasser jusqu’à deux pas de chez lui.

Quelle erreur de vouloir le contraindre quand ses sentiments le portaient ailleurs.

 

     Il n’a jamais rien su de mon élan tant j’avais -tôt- appris à dissimuler et à rester dans l’ombre de peur d’être découverte.

J’avais instinctivement peur, sans savoir précisément pourquoi et j’avais honte de cette peur maladive qui -je le sentais bien- me faisait mal agir, me réduisant à l’état d’une bête traquant sa proie.

Mon cœur battait la chamade dès que je l’apercevais et mon cerveau s’enflammait ; j’avais l’impression de perdre le contrôle de mon esprit et de ma capacité de réflexion en même temps que celui de mes sens.

Ma vue même se brouillait et mon élocution devenait dangereusement approximative.

Je ne savais pas que l’on pouvait devenir si stupide.

 

     L’intelligence n’a rien à voir avec les sentiments.

Plus ils sont contrariés, plus l’on s’entête jusqu’à perdre toute lucidité.

Je me suis mue en une sorte de statue brisée Broken statue la tête détachée du corps et plus très en jambes.

Par la force des choses je me suis absentée ; partie ailleurs, personne ne venant me récupérer, j’ai fait seule le long trajet retour suivant lentement le chemin qui devait me ramener à la vie.

Suis-je véritablement revenue ? Étais-je seulement partie ou bien avais-je inconsciemment choisi de fuir une réalité dérangeante qui m’empêchait de vivre ?

Je l’ignore encore faute d’avoir vécu.

 

            Ce matin-là, après une nuit agitée, je me suis réveillée une main écrasée sous la joue.

 

 

Théâtre des illusions 

(© 2016/droits réservés)

4 Réponses à “L’élan retour”

  1. Christine dit :

    (Dites-moi, la dernière photo est-ce….?!)

  2. Christine dit :

    ha, ha, ha,
    absolument tout faux
    lorsque j’ai aperçu votre « bidouillage » j’ai de suite pensé à une représentation des ballets de Pina sur la scène du grand Théâtre de bordeaux, il y a …
    En y regardant de plus près j’ai bien vu que les balcons ne correspondaient pas, que l’avant-scène ne pouvait être celle que je pensais;
    J’avais pris des photos ce soir-là et les ai « égarées » lors d’un incident de disque dur (non pas personnel quoi que… mais bien matériel )
    Merci pour le lien que j’écouterai sans son (désolée :( contrite )

    • BernartZé dit :

      J’aurais vraiment été très surpris si vous aviez trouvé qu’il s’agissait du Cirque Royal de Bruxelles !
      (A moins d’y être allée plusieurs fois)
      Le Théâtre de Bordeaux est nettement plus près de chez vous et vous y êtes -presque- en résidence ;) .

      Sinon, à part le jeu de mot relatif à « Véronique », je n’ai pas du tout compris votre idée d’écouter les extraits de Perry Blake…sans les entendre (??).

      …B.

Laisser un commentaire

 

60 millions de cons somment... |
riri1524 |
Le Plateau Télé de KeNnY |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Soft Liberty News
| t0rt0ise
| Bienvenue au Thomaland