Mais de qui se moque-t-on ?!

Posté par BernartZé le 15 décembre 2016

Pendaison sous la lune

La lune était sereine

  

            C’est à la nuit tombée qu’elle était partie se promener.

 

     Perdue dans ses pensées elle avait pris un chemin puis un autre, une route bordant un bois, une voie et une allée débouchant sur un parc qu’elle avait traversé sans remarquer les quelques attardés osant défier le froid d’un hiver précoce.

 

Pour elle l’heure n’était plus aux bavardages ou aux conciliabules ; elle en avait fini des atermoiements et des doutes.

Son cœur avait perdu la raison, elle l’avait retrouvée.

Depuis que l’hiver avait définitivement pris ses quartiers dans tout son corps elle s’était habituée à ne plus voir que des paysages désolés et figés entre le gris et le noir Norvege.

Aigrie au bord de l’amer son désabusement avait pris le pas sur tous ses autres sentiments.

Se jugeant trop âgée pour jouer les princesses désenchantées La princesse désenchantée elle avait pourtant longtemps continué à attendre que passe minuit dans l’espoir d’un miraculeux revirement ; mais son destin était moqueur.

Jusqu’au matin d’une nuit sans sommeil où elle avait compris qu’il fallait faire le deuil de ses espoirs et de ses rêves.

Elle se mit à compter les jours.

 

     Un médecin qu’elle vit une seule fois la diagnostiqua « maniaco-dépressive repliée dans un mode de vie autarcique » ; elle le paya et le remercia.

Elle poursuivit sa quête, ne cessant de ressasser le passé.

Qu’y avait-il à regretter de la vie, de celle qu’elle avait connue, de ce qu’elle avait vécu ?

Peu, pas grand-chose, quelques rencontres ; beaucoup de souvenirs avaient mal vieilli.

Ils tournaient dans sa tête créant une sensation permanente de vertige Vertigo.

Plus d’une fois elle avait chuté, au sens propre comme au sens figuré.

Cela lui avait même valu une attente de cinq heures aux urgences hospitalières où on l’avait conduite suite à une petite syncope dans un couloir de métro.

On lui avait conseillé de prendre mieux soin d’elle-même.

Comme si tout pouvait se soigner !

Elle s’était confortée dans l’idée qu’elle était incurable, désespérément perdue, éperdument malheureuse.

 

     Ce soir de novembre son cœur ne balançait plus.

Elle marcha un peu au hasard mais bien décidée à mettre un terme à ses tourments.

Le clair de lune jeta son projecteur sur un cimetière qu’elle avait failli ne pas voir.

C’eut été dommage de manquer un tel lieu en une telle occasion !

Déterminée elle entra, fit le tour du propriétaire et ne mit pas longtemps à repérer son arbre.

Elle sortit la corde préparée de son sac-à-dos et la noua à la plus belle branche.

Le vent était léger elle est montée.

 

            Patatras ! La branche a cédé.

 

 

Nœud - Copie  Raté !

(© 2016/droits réservés)

Laisser un commentaire

 

60 millions de cons somment... |
riri1524 |
Le Plateau Télé de KeNnY |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Soft Liberty News
| t0rt0ise
| Bienvenue au Thomaland