Des comptes de Noël

Posté par BernartZé le 24 décembre 2016

Merry Christmas (Pencil Shavings Cards by Ruth Jackson)

Jusqu’aux cimes enneigées

  

            Ils avaient bien failli ne pas se retrouver.

 

     Un an (moins une semaine) plus tôt papa maman et leur grand fils s’étaient quittés fâchés à l’issue du réveillon du nouvel an.

La soirée avait portant bien commencé.

Le feu crépitait dans la cheminée et la chaleur les avait rapidement gagnés ; ils s’étaient embrassés pour la première fois depuis près de trente ans.

Jusqu’à littéralement se prendre dans les bras les uns les autres après de nombreuses brouilles et autant de conflits qui avaient longtemps empêché tout contact physique.

Des maux malheureux, des mots mal compris ; des pensées mal exprimées et mal entendues.

Les interprétations libres finissent parfois par enchaîner.

 

     Voulant bien faire ils n’avaient pu se retenir de revenir sur le passé.

Afin de s’expliquer leurs désaccords et leurs divergences et mettre le doigt sur ce qui les avait durablement tenus éloignés ils avaient reparlé de leurs blessures involontaires.

Le doigt effleura vite les cicatrices et les raviva.

Le ton monta, les bulles de champagne éclatèrent en surface Éclatements en surface une flûte se brisa.

Ensuite personne n’avait plus rien compris des raisons qui les avaient conduits à mettre un terme au réveillon bien avant l’heure de la bûche.

Le froid glaçant qui s’ensuivit perdura.

 

     Le destin, par goût de l’ironie, se chargea violemment quelques mois plus tard de les rapprocher.

Papa fut hospitalisé suite à une chute à skis en plein slalom ; géant !

Ses cinq jours de coma mirent à mal le cœur de Maman taquiné par des poussées de tachycardie ; la crise cardiaque fut évitée de peu mais quatre autres jours d’observation à l’hôpital grevèrent un peu plus le compte de la Sécurité Sociale toujours mal-en-point.

Le grand fils comprit qu’il était temps de faire preuve d’un peu de générosité.

Malheureusement pour lui au moment de prendre le train qui devait le rapprocher d’eux, il glissa par mégarde Oups sur le quai du métro de la ligne censée directement le conduire à la gare ; trois semaines de plâtre !

Les parents n’en surent rien.

Plus d’une saison passa, la rentrée des classes des petits-enfants aussi.

 

     Au début du mois de décembre, Maman -n’écoutant que son cœur à peine rétabli- fit un geste de mère envers son fils.

Elle lui écrivit Lettre prioritaire ; pas un courriel puisqu’elle dédaignait ce genre d’échanges faussement épistolaires, mais douze pages sur papier non glacé.

Il lut et comprit mieux ce qui pesait tant sur son cœur malade.

 

            Chacun aujourd’hui se prépare pour ce soir.

La maison est un peu déguisée, pas de sapin mais quelques décorations Boules de Noël en guise de chemin de table.

Dès la tombée de la nuit Maman s’installera en cuisine pour confectionner ses fameux canapés Canapés cocktail  Canapés cocktail bis qui firent les grandes heures de tous les réveillons d’autrefois ; comme une poussée de nostalgie.

Et quand le grand fils arrivera ils dresseront ensemble la table, se souvenant l’un comme l’autre sans le dire d’un temps lointain.

Papa sortira de son antre juste à temps pour d’autres retrouvailles.

 

     Joyeux Noël…(?)

  

   

Le compte est bon  Un vrai cliché !

(© 2016/droits réservés)

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