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Aquoibonisme

Posté par BernartZé le 13 février 2017

Le plein de doute

Le big doute

(la porte étroite)

  

            A quoi bon s’illusionner ?

            A quoi sert-il d’écrire si personne ne vous lit ?

 

     Bien loin l’âge du journal « intime » auquel on se confiait pour tenter de se comprendre ; au pire on pouvait y lire le résumé sans style de journées sans saveur, au mieux quelques tentatives d’analyses et autres recherches de sens.

Soir après soir la contrainte (acceptée) de coucher sur le papier (ça commençait souvent par un simple cahier d’écolier Journal ''intime'' qui prenait alors une valeur particulière) des questionnements et des états d’âme parmi les anecdotes quotidiennes participait à un rite, une sorte d’étape obligatoire avant d’atteindre le lit pour un sommeil supposé réparateur.

Comment, encore enfant, décide-t-on un jour d’écrire hors parcours scolaire ? ; plus question de rédaction avec sujet imposé, place à une autre forme d’expression et d’engagement.

Pourquoi ce qui prenait initialement à peine cinq minutes s’est étiré au fil du temps jusqu’à devoir rogner sur les heures passées à dormir ?

Comment cette idée saugrenue a-t-elle germé dans certains esprits tandis que pour la plupart des écoliers les leçons apprises et les devoirs vite faits donnaient droit aux jeux aux ébats sportifs et à d’autres divertissements bien mérités ?

 

     Mystère et... Qui saura jamais dire ce qui leur passe par la tête ?

Les enfants « solitaires » (ne vivant pas en bande) sont singulièrement tous différents ; eux-mêmes parfois ne s’expliquent pas les raisons qui les ont conduits sur un autre chemin.

Cancres ou premiers de leur classe ? Incompris ou mal aimés ? Têtes de turc ou/et victimes désignées ?

Malgré eux ils se font remarquer en ne se fondant pas dans la masse, apparemment incapables de faire comme tout le monde.

Autrefois ils ramassaient tout au plus plaisanteries et quolibets, aujourd’hui certains en meurent…

L’écriture serait-elle alors un refuge, une base de retranchement où trouver du repos faute de réconfort ?

 

     Un jour, plus tard, à force de balbutier les mots prennent de l’ampleur et s’envolent.

En tombant amoureux du verbe on se repaît de leur oxygène, et il n’est désormais plus possible de faire marche arrière.

Alors par goût, par jeu, on essaie d’écrire ; à l’aveugle, sans savoir où nous conduiront les phrases formées ni si elles feront sens.

Exercices ludiques en forme de poire de pomme ou d’ananas, vers prose vertige des sens dessus-dessous, c’est follement drôle même si c’est souvent n’importe quoi.

Trop tard pour renoncer quand l’addiction est avérée.

Parfois, littéralement en transe, on fait des bonds de joie en se sentant audacieux…avant de retomber le plus souvent sur sa chaise en se relisant !

Même s’il n’a duré qu’un court instant le plaisir proche de l’extase aura été immense.

Forcément, afin de revivre cet état de grâce, on se remet cent fois à la tâche, trouvant dans cette nouvelle habitude légèreté et divertissement.

Mais bien sûr rares sont les occasions de décoller à nouveau.

La lucidité oblige à la modestie et si la notion de « génie » existe elle ne peut s’appliquer qu’à autrui.

 

     La jeunesse ne manque ni d’audace ni de courage.

Le goût de l’aventure permet d’oser s’essayer à différentes formes d’écriture : poésie, théâtre, roman, billets d’humeur…

Et à force de rêver, un jour juste pour voir, on envoie des tapuscrits à des maisons d’éditions qui répondent ou pas.

Négativement le plus souvent, positivement parfois…généralement pour une publication à compte d’auteur.

Les avis exprimés manquent cruellement.

Les amis ne sont guère plus fiables, n’osant pas toujours dire combien les pages à lire leur sont tombées des mains ; il leur est beaucoup pardonné.

 

     Changement de siècle, autres possibilités.

La toile WWW donne la parole à tous, autorisant les excès comme les expérimentations.

Les sites et les blogs pullulent sous forme de tout et de n’importe quoi, le meilleur et le pire ; pourquoi ne pas tenter l’aventure de mettre en ligne -en lumière- des écrits sans prétention en espérant recueillir des « commentaires », positifs ou négatifs pourvus qu’ils soient argumentés ?

Le silence des premières années est aussi compréhensible que décevant.

Le temps de réaliser que les internautes sont principalement attirés par le sensationnel et l’on est face au choix : persévérer pour le plaisir du jeu ou renoncer.

Certains ont la sagesse de passer à d’autres formes d’expression, d’autres continuent à proposer la lecture de leurs mots ni copiés ni collés.

En toute humilité, sans risque ni péril si ce n’est celui de l’écho tu.

 

     Le silence qui perdure -devenu une habitude- permet de dépasser la déception qui consiste à ne pas savoir si les écrits présentés ont un quelconque intérêt.

Il faut accepter la règle du jeu qui inclut le droit à l’indifférence.

Il faut -c’est essentiel- continuer à s’amuser à jouer avec les mots pour le simple plaisir de jongler.

 

            Tant pis s’ils tombent à plat…

   

 

En toute quiétude  Tranquille cependant…

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Que de questions existentielles ! | 4 Commentaires »

 

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