Défaillance

Posté par BernartZé le 15 mars 2017

C’est Louche

  

            Patchwork et bouts collés.

 

     Il faudrait changer de Disque et cesser d’illustrer les mots d’images redondantes qui noient le texte rendant plus difficile sa compréhension.

N’est-il pas un peu pitoyable de tenter de dissimuler le vide de sa pensée derrière de jolies photos le plus souvent empruntées à autrui sans vergogne ?

La tentation est grande de compenser ainsi un évident manque d’inspiration ; navrant.

 

     Il est des nuits où rien ne va ni vient, où la moindre idée voit le jour avec peine et ne mérite pas d’être développée.

Avant même d’être intellectualisé le phénomène est perceptible intuitivement.

Vite déprimant il peut rendre malheureux en confortant le sentiment d’illégitimité : écrire ne devrait se faire qu’après mûre réflexion et à condition d’amener du sang neuf même si l’on n’ambitionne pas de construire une œuvre.

Le talent n’est pas universel et la mesure de son absence devrait convaincre les récalcitrants de renoncer.

Et pourtant peu acceptent de le faire, refusant le verdict du silence qui s’impose.

Au contraire ils insistent et ne cessent d’essayer.

Peut-être -d’une autre façon- est-ce aussi admirable ; ne jamais admettre sa défaite, faute de lucidité, demande du courage et une vraie endurance.

 

     Tout travail nécessite (sueur et larmes) un véritable acharnement au prix d’une volonté parfois farouche qui se révèle au fil des ans.

Pour trouver il faut chercher ; lapalissade qui suggère mal le degré de concentration indispensable pour conduire sa quête.

Ceux qui souffrent d’un TDA (Trouble du Déficit de l’Attention ; mal relevant de la psychiatrie) partent avec un handicap certain et ne peuvent se contenter de remettre sur le métier cent fois leur ouvrage ; ils doivent s’y reprendre mille fois au minimum !

Sans cesse devoir relire ce qui a été lu l’instant d’avant et dont le souvenir s’est égaré parmi d’autres pensées transversales est épuisant pour l’âme et le corps.

Ce qui était à l’origine un plaisir d’écriture peut devenir une souffrance offrant des idées mortifères.

Déprime en prime pour poursuivre le combat contre soi-même et ses propres manques.

 

     Les bons conseils de Dame Raison voudraient que l’on s’abstienne dans un jour (ou une nuit) sans -redouté des sportifs- pour éviter de perdre son temps et celui d’un éventuel lecteur.

Peut-être serait-ce en effet plus sage, mais qui ne se risque pas accepte vite de perdre une bataille en refusant de s’engager.

A chacun malgré tout son libre arbitre…

 

     Mais pour certains le besoin d’essayer d’écrire s’impose à eux de manière absurde et souvent incompréhensible.

Il revient sans cesse tel le ressac, incapable pourtant de briser définitivement la détermination empêchant de se coucher.

Tant pis si au bout de la nuit des larmes amères viennent à l’ultime relecture.

Tant pis si le dépit est le seul sentiment né après tant d’efforts.

Tant pis si un deuil s’avère nécessaire pour une nuit perdue de plus en attendant de meilleurs auspices.

 

            Il faudrait savoir « se taire » lorsque l’on n’a rien à écrire sans craindre de perdre momentanément un fil que l’on
retrouvera demain (?)

 

  

Chat pacha  (Seule chose à faire : s’écraser sur sa couche ?)

(© 2017/droits réservés)

4 Réponses à “Défaillance”

  1. Christine dit :

    Il faut cesser de se questionner, de se tourmenter.
    Il suffit de laisser aller la plume, le crayon, l’image ou le clavier.
    Il y aura à effacer, à garder ou à s’emballer.
    Qu’importe le mot s’il offre l’ivresse.

    • BernartZé dit :

      Si seulement il (me) suffisait encore !
      Au contraire, depuis « quelques » temps, faute de concentration soutenue plus rien n’est facile.
      D’où…ce scribouillis qui n’est pas cette fois un vain tourment mais plutôt une sombre réalité.
      Le bonheur de laisser courir l’inspiration n’est malheureusement plus accessible ; l’ivresse des mots s’est raréfiée.
      Le plaisir s’est mû en peau de chagrin.

      Peut-être aussi que l’absence de talent avéré justifierait que l’on se tût ;-) …?

      B.

  2. Christine dit :

    Je ne pense pas que vous puissiez « laisser les mots en paix »
    Ne sentez-vous pas comme moi cette nécessité quotidienne de dialoguer avec la feuille ?
    Qu’importe si nous ne faisons que redire, même si les mots bégaient, ils sont une respiration salutaire,un petit jeu sans prétention mais qui tisse.
    La preuve je vous envoie ce soir encore un message…

    • BernartZé dit :

      Bien sûr vous n’avez pas tort.
      Tenter de jongler avec les mots en cherchant les plus justes pour traduire un sentiment dans l’espoir de (faire) partager une émotion est un besoin si vital qu’il me semble s’être imposé de lui-même à moi il y a fort longtemps.
      Tant de décennies -depuis l’enfance- d’écriture quasi quotidienne ; que de papier gâché ! : cahiers, carnets, feuilles volantes, petits carrés blancs de bloc mémo pour noter les fulgurances que l’on croit géniales et qui…s’avèrent souvent navrantes plus tard à la relecture.
      Que de temps passé seul face à soi à essayer de comprendre le monde, la vie, soi-même…au lieu de vivre.
      En fait ce sont les mots qui refusent de me laisser en paix !
      Ils me harcèlent sans relâche jusqu’à me pousser à la faute :-( .

      Je doute beaucoup, beaucoup trop.
      Au point d’envisager très sérieusement de cesser apparemment d’écrire et de « mettre en ligne » l’expression d’un vide intérieur dépourvu d’intérêt.
      Cela ne m’empêchera pas de continuer à scribouiller dans mon coin (impossible de me l’interdire) en me donnant le temps de la réflexion.
      « Il y a quelque chose de pourri » en mon royaume (!) ; une trêve de quelques jours suffira-t-elle à une mise au point devenue indispensable ?
      J’en ignore pour l’instant totalement la durée ; brève ou plus longue que je ne pourrais le penser ?
      Je verrai suivant ce qu’il adviendra.
      [merci pour votre fidélité]

      …B.

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