Ressentiments arides

Posté par BernartZé le 15 mai 2017

Mer descendue

Si loin qu’on ne puisse plus s’atteindre

  

            La mer n’a pas cessé de descendre.

 

     Il y avait comme un parfum de fin du monde dans l’air.

Celui des marées, du flux et du reflux, des mers démontées ou descendues loin que la nature pouvait ensuite facilement rajuster jusqu’au col.

Vinrent les hommes et l’urbanisme.

Avec leur manie de vouloir construire partout et à tout prix, souvent en dépit du bon sens, ils réussirent à déclencher la colère de Mère Nature.

Et tout s’est détraqué petit à petit en un monstrueux bras-de-fer entre terre et mer.

Dans certains pays des inondations maritimes et des tsunamis alors qu’en d’autres endroits de la planète la mer semblait s’être retirée très loin, vaincue.

Des plages immenses de sable et de rochers pouvaient en témoigner Mer retirée.

L’atmosphère était viciée.

 

     Nous…

N’avons pas cessé de nous éloigner.

Avons tout fait pour nous aimer jusqu’à nous désunir.

Nous sommes trop complus à nous faire trop souffrir.

Chassions la tiédeur et l’ennui en nous lançant des défis insensés.

Nous croyions uniques et différents, nous imaginant planer tout là-haut sans besoin de toucher terre.

Nous sommes même envoyés des cartes pour nous parler quand il était déjà trop tard.

Étions à la fin aussi pathétiques que ridicules à force de croire notre histoire plus importante que tout.

Étions égoïstes et inhumains.

 

     La mer n’a pas cessé de descendre laissant derrière elle des sables encombrés d’algues et de fruits de mer ivres de vengeance.

Elle s’est retirée ailleurs, ajoutant du sel aux larmes No ordinary love - Sade (1992).

 

            Nous…n’aurions jamais dû nous rencontrer.

  

 

 

 

Gérard Manset (Royaume de Siam, 1988) 

(© 2017/droits réservés)

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