Peut-être ailleurs

Posté par BernartZé le 2 juin 2017

8 vénus (V.L. - ''Mes poisons délicieux'', 1991)

Promenade sentimentale

  

            Dans un tableau de De Chirico je me baladais, cherchant la vénus.

 

     J’ignorais où j’allais, encore plus où j’étais.

Sans doute sur une île perdue quelque part entre Lyon et Barcelone.

A moins qu’elle ne se trouvât en Mer Egée ou plus largement en Méditerranée.

Cela n’avait pas de réelle importance puisque je ne savais pas comment j’étais moi-même entré dans une peinture livrée à tous les regards des visiteurs de cette exposition.

 

     Côté galerie je voyais les passants, côté peinture les paysages étaient plus désertés.

D’immenses espaces vides, de longues et belles échappées ; des arcades en enfilade me faisaient une haie d’honneur sous des ciels inversés.

Certains endroits étaient en proie à la pénombre et je marchais pourtant sans crainte de me cogner à un arbre -pas un seul officiellement recensé- ou à un réverbère (ils étaient tous éteints !).

Je percevais de la lumière au fond de cette sombritude Une autre sombritude, sur des façades ou des murs de poussière.

Plus loin, sur une petite place au pied d’un (bas) donjon j’ai croisé une femme tranquille et alanguie Les joies et les énigmes d'une heure étrange, G. De Chirico (1913).

En cette étrange heure égarée lors du passage à l’horaire d’été, ce n’était pas elle que je rêvais de rencontrer.

J’avais encore l’espoir en ce moment hors du temps de croiser le chemin de la vénus échappée de Milo.

J’imaginais qu’ayant retrouvé ses bras elle me ferait discrètement signe.

 

     J’ai longtemps marché en prenant garde aux touches de peinture encore fraîche et je l’ai enfin aperçue de loin.

Dans un drapé elle posait pour un sculpteur ou un peintre, indifférente au reste du monde Dans les bras de vénus.

Dans mon souvenir elle était aussi fascinante qu’irréelle et sa vision me bouleversa durablement.

Je déplore simplement être passé sans oser l’approcher.

Mais qu’aurait-elle pu avoir à faire d’un importun qui s’était invité -sans carton- dans le tableau ?

 

            L’énigme demeure aujourd’hui entière.

Était-ce un songe ou un fantasme, ou une apparition créée par un cerveau exacerbé ?

  

 

 

L'inaccessible (De Chirico)  (Merci à Christine SG pour sa généreuse contribution artistique)

(© 2017/droits réservés)

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