Épopée culinaire

Posté par BernartZé le 7 août 2017

Saumon fumé en tartare - Palais des Mets

Mais…

  

             Dare-dare dit le saumon.

 

     Au palais résidaient un lapin une carpe un poisson rouge et un saumon.

Ils vivaient là heureux ; jusqu’à ce que…

Jusqu’à ce qu’un étranger ne fasse irruption dans cet univers à l’origine bien ordonné qu’il bouleversa complètement en moins de temps qu’il ne faut à un poisson rouge pour faire le tour de son bocal.

 

     Dès son arrivée il parut à tous rugueux et sombre L'étranger (by Colin Vearncombe) dangereux et peut-être violent.

Il se présenta au maître des lieux comme étant le cuisinier envoyé par Sir d’Albray notable connu et respecté en Aveyron.

Depuis que le chef des fourneaux était accidentellement mort d’un coup de poêle bien asséné en guise de légitime défense (une vertu à sauvegarder) rien n’allait plus en cuisine.

Des ordres contraires volaient en tous sens et nul n’obéissait plus.

Son autorité naturelle suffit à mettre aussitôt le holà et chacun rentra dans le rang pour se consacrer uniquement à sa tâche.

Dès son entrée dans la place il fit clairement montre de sa préférence pour les viandes et de tout son art pour les accommoder.

La chasse au sanglier reprit de plus belle, les faisans et les perdrix firent leur apparition et d’énormes pièces de bœuf se frayèrent un chemin jusque sur les étals de cuisine.

On coupait découpait hachait scalpait et guillotinait à longueur de journée.

Sa spécialité : un tartare de bœuf étonnamment délicat que ses grandes mains sortaient de sa toque Tartare de bœuf.

Il recueillit aussitôt l’approbation et les louanges de la table d’hôtes.

Et pendant ce temps poissons lapin et carpe vivaient tranquilles.

 

     Plus pour longtemps.

Un jour d’humeur méchante ou particulièrement créative il décida de faire un sort aux rares poissons croisant encore dans un aquarium situé dans un angle au fond de la cuisine.

Et d’une anguille de plus de dix ans il fit un délicieux tartare.

Le saumon n’attendit pas pour prendre sa queue à son cou et filer dans la rivière la plus proche, abandonnant carpe et lapin.

Il fut pêché et dégusté en grillade moins de trois mois après son retour à la nature.

 

            C’était il y a fort longtemps dans un vieux château médiéval.

   

 

Château de Montrozier

(© 2017/droits réservés)

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