Apprentissage

Posté par BernartZé le 24 mai 2017

Coin de salon

Causerie au coin

  

            Confortablement installé(s) dans un angle du salon nous parlons, et j’imagine simplement tes réponses.

 

     Te souviens-tu encore du temps où tu venais souvent passer chez moi une après-midi ou une soirée, afin de ne pas rester seul dans ton studio plein de cafard ?

Là-bas tu étais constamment en proie à tous tes démons et à des règlements de compte qui tournaient court.

Ainsi tu t’invitais quatre ou cinq fois par semaine et j’aurais eu mauvaise grâce à refuser tes visites.

Pourtant, épris de liberté et aimant la solitude, je me sentais parfois envahi.

Sais-tu que par amitié pour toi j’ai souvent renoncé à mes moments tranquilles passés à écrire ou simplement rêver ?

J’espère qu’il n’en est rien, ayant toujours fait au mieux pour cacher l’impatience qui me prenait à vouloir me retrouver enfin seul.

Elle ne m’empêchait heureusement pas de profiter de belles heures en ta compagnie.

 

     Hiver comme été pendant de longues années nous avons beaucoup parlé.

De toi de tes questionnements et de tes histoires de cœur sans fin tragi-comiques.

Et de multiples sujets plus (?) culturels ; rarement de moi, je n’en avais pas envie.

Des heures et des nuits à parler et à boire ; sans trop de modération pour toi vue la vitesse à laquelle une simple N69531 était avalée !

Ce rituel apparemment confortable pour tous deux a pris brutalement fin.

Nos routes se sont éloignées subitement, presque du jour au lendemain, sans sommations.

Te rappelles-tu les circonstances de ce changement ?

De mon point de vue j’ai cru comprendre que tu avais trouvé mieux à faire.

Tu t’étais soudain pris de passion pour les salles de sport où tu suais désormais durant de longues heures quotidiennes pour te sculpter un autre corps plus en rapport avec tes aspirations esthétiques.

Sans doute y avais-tu fait des rencontres entre les steps et les haltères…

 

     Nous n’avons jamais évoqué les raisons de ton détachement et je ne t’ai pas dit combien j’avais pu être triste et blessé en réalisant que je ne te servais plus à rien.

Tu n’avais plus besoin chaque jour de mon écoute ni de ma présence.

J’étais enfin seul…mais un peu trop.

Seul j’ai appris à ne pas t’en tenir rigueur.

Seul j’ai appris à te pardonner ton manque d’égards en te voyant satisfait.

L’amitié avait pris le pas sur le ressentiment.

 

     Tu m’as beaucoup apporté en me faisant découvrir que j’étais moins égoïste que je ne le croyais et en me permettant de réaliser que l’abnégation était un gage d’amitié.

Te savoir aujourd’hui heureux…panse mes blessures d’amour-propre.

 

            Peu de questions finalement…pour un soliloque.

 

 

Vertes années  (Vertes années !)

(© 2017/droits réservés)

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Deux en une

Posté par BernartZé le 27 décembre 2016

36 fillette

36 fillette

  

            J’ai ressorti hier mes plus beaux souliers vernis.

 

     J’ai aussi retrouvé ma locomotive électrique Locomotive électrique et mon pull jacquard de jeune homme Pull jacquard.

Toute mon enfance était là ; une guerre des sexes à moi tout seul, toute une vie.

 

     Une sorte de vertige me prit à 9 ans ½ : j’ai découvert entre deux âges que j’avais deux identités deux sexes deux caractères non opposés mais complémentaires.

A tort ou à raison mes parents à ma naissance n’avaient pas voulu faire un choix irréversible à ma place.

Ayant grandi petite fille et ne m’étant jamais comparée à personne je ne me sentais pas différente de mes camarades en jupette.

Innocente, ignorante de ma vérité, je ne pouvais deviner à l’âge rose que ma vie allait un temps virer aux bleus.

Une simple sortie scolaire à la piscine suffit à me plonger dans des méandres sans fin et des abysses sans fond.

Meurtrie je ressortis intact de la préadolescence.

Certes blessé, je pus conserver mon intégrité physique par la magie des androgènes qui s’étaient réveillés ; un vrai mystère.

Un réel miracle aussi dans la mesure où il me permit de ne pas faire d’autre choix que celui de l’évidence : j’étais un garçon !

 

     Dire que la suite fut facile serait un mensonge.

Il me fallut changer d’état civil d’école de coiffure de vêtements (Gilet garçon…tenue classique d’une autre époque) et d’habitudes bien sûr, sans jamais me renier.

 

Il me fallut aussi apprendre à faire des choix sans regretter les options délaissées.

C’est un défi que je suis rarement parvenu à relever tant -encore à mon âge- j’ai du mal à les abandonner le cœur léger.

Trop souvent indécis, j’ai beaucoup hésité semblant danser d’un pied sur l’autre.

Je continue…m’appuyant à présent sur ma canne Petit vieux.

Cela a-t-il un rapport avec celui que je suis devenu et celle que je ne suis plus ? ; drôle de question !

On ne se refait pas complètement en une vie !

 

            Je ne regrette pas mes souliers vernis, je n’ai plus l’âge de faire des claquettes.

 

 

Le choix dans la balance

(© 2016/droits réservés)

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L’araignée galopante

Posté par BernartZé le 25 septembre 2016

L'araignée galopante

Gommage

Retiens ta nuit

  

            Je voudrais oublier qu’il commence à perdre la mémoire.

 

     Quand le compte-à-rebours a-t-il été lancé ?

Je ne me souviens pas du premier signal d’alerte ni du jour où j’ai remarqué quelque chose de bizarre.

Il y a forcément eu une amorce du phénomène qui allait se révéler par la suite de plus en plus insidieux.

A vouloir à tout prix trouver un élément déclencheur on finit par perdre la raison.

Le besoin de comprendre doit vite laisser place à l’obligation d’admettre l’inéluctable.

Quand vient le jour où il n’est plus possible de nier l’évidence c’est un mur que l’on prend en pleine face, un séisme qui remue le ciel et la terre sur laquelle on pensait toujours pouvoir prendre appui.

 

     Saisons humaines Loin les vertes années et les heures insouciantes où nul ne songeait aux changements de saison.

Pourtant quand la nature se rebelle les êtres humains sont peu de choses.

Certains font face, d’autres fuient malgré eux.

Le temps passé à ne pas penser à l’horloge qui grignote nos jours finit par devoir se payer.

La fauche soyeuse L’œuvre du temps ne manque jamais sa cible.

Ce concours de lapalissades dissimule mal le malaise qui s’installe et le dépit à venir.

Jour après jour les signes -toujours plus inquiétants- se multiplient et l’angoisse devient envahissante omniprésente obsessionnelle.

La vie des proches semble désormais ne pouvoir se résumer qu’à ça.

Le conjoint, en première ligne, fait front le plus longtemps possible jusqu’au moment où tout devient irrespirable et invivable.

La vie suffoque faute d’air pur.

Comment s’échapper d’un tel enfer sans renier l’autre ni une vie entière amoureuse ?

 

     A quelques jours de leurs noces de diamond isolated on white background - 3d render ceux qui s’en faisaient une fête n’auront rien à fêter ensemble.

Toute une vie patiemment construite est en train de se déliter et aucune larme ne pourra réduire la distance entre eux.

Le couloir qui s’étire Sombre couloir est sans autre issue que celle que tous redoutent.

La dégénérescence avérée n’est (presque) rien en regard de la dissolution de l’union de deux êtres.

Il faut admettre l’inadmissible.

 

            Tête en feu Le feu est aussi déclaré dans ma tête…

 

   

Myosotis  (Souviens-toi de ne pas m’oublier)

(© 2016/droits réservés)

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Extrémisme

Posté par BernartZé le 12 juillet 2016

37,2

Sortie de camp

 

            Arène sanglante, combat dantesque, l’enfer ici-bas.

 

     Sa propre vie lui était rapidement apparue monstrueuse ; son enfance et son adolescence n’avaient pas été de tout repos tant elle se posait de questions, tant déjà elle se faisait du mal malgré elle et sans s’en rendre compte.

Impossible de se souvenir comment cela avait commencé, comment elle avait doucement glissé dans un monde parallèle de plus en plus inhumain.

Son déni avait duré, faute de lucidité et de connaissance, jusqu’à l’âge de quitter le foyer familial.

Elle s’était sentie libérée d’un fardeau, persuadée de pouvoir désormais vivre comme bon lui semblerait.

Elle ne rêvait pas davantage de sorties nocturnes que de dessous chics, pas plus de richesses et de voyages que de brûler sa vie par les deux bouts.

Sa vie la brûlait suffisamment comme ça.

Elle voulait juste être tranquille, sans regards extérieurs ni soupçons inquisiteurs.

Toutes les nuits elle griffonnait des mots dans un cahier dans l’espoir de mieux se comprendre.

Quand elle n’écrivait pas elle gardait les coudes bien calés sur les hanches, les mains jointes sous le menton -par chance ses bras étaient à la bonne mesure- pour mieux réfléchir.

Elle se perdait souvent dans des dérives mentales qui la menaient loin et, se rattrapant de justesse, elle reprenait sa page et ses interrogations existentielles.

Généralement elle se couchait épuisée sans avoir rien découvert.

 

     C’est à dix-neuf ans en seconde année de fac psycho qu’elle eut une révélation.

Elle en était certaine, une fois sa licence en poche, elle voudrait se spécialiser en psychopathologie pour l’obtention d’un master qui l’amènerait sûrement vers plus de savoir et de connaissances, des autres et d’elle-même évidemment.

Pas de hasard ni de coïncidence dans ce choix dicté par son mal-être, simplement l’impérieuse nécessité de percer son propre mystère.

Elle aurait pu être tentée par l’alcool ou d’autres substances moins licites censées la conduire vers l’oubli, mais non, elle voulait à tout prix appréhender son problème sous un angle intellectuel fuyant l’affect ; combien de temps encore son cerveau pourrait-il repousser les agressions faites à son corps ?

Elle n’eut pas le loisir d’entendre jouer tout un Libera me prélude à une renaissance en guise de (possible) délivrance qu’elle reçut un autre coup à l’âme.

A force de chercher elle finit par trouver ; il ne lui était plus possible de ne pas admettre l’évidence d’un mal mortifère : elle était bigrement fâchée avec la nourriture !

Elle ne s’était pas vue dépérir, son miroir lui renvoyant sans cesse une image Meurtre au miroir insoutenable qu’elle haïssait.

S’encourageant à toujours plus de vaillance, refusant de s’abandonner à des moments d’extrême faiblesse, elle se torturait comme à plaisir.

Et pourtant elle n’en menait pas large quant elle se sentait défaillir ou quand ses cérémonies funestes la conduisaient directement à se forcer à faire de la gymnastique pliée en deux au-dessus de la lunette des toilettes, les rendant définitivement obscènes.

Le spectacle de sa propre déchéance avait fini par devenir irréel tant elle refusait de lui accorder la moindre considération.

Et d’habitudes en acceptations contraintes elle s’était perdue de vue.

 

     Combien de Balance avait-elle massacrées à coups de pieds rageurs en refusant leurs verdicts ?

Pour effacer chacun de ces crimes elle courait en acheter une autre, se dépêchant d’oublier ses méfaits.

C’est en descendant un jour de l’une des balances, les lunettes sur le nez, qu’elle resta interdite.

A force d’éviter de se regarder, de peur de se haïr une fois de plus, elle ignorait à quoi elle ressemblait réellement, imaginant une vision qu’elle ne pourrait supporter.

Par mégarde elle se vit de dos un matin ; son image reflétée entre deux miroirs l’effraya.

Elle pensa immédiatement à des photos en noir et blanc de cadavres vivants marchant pour sortir du camp dans lequel ils avaient été concentrés pour être réduits à néant.

Décharnés mais toujours en vie ils lui semblaient tous reconnaissables et familiers en dépit d’un parallèle qu’elle trouva indécent et irrespectueux.

Il lui fallut encore plus d’une décennie, après des années de psychothérapie qui ne l’avaient conduite à rien si ce n’est à d’incessantes discussions intellectuelles hors sujet avec un sympathique médecin totalement impuissant, pour accepter l’idée d’être privée de sa liberté en se faisant hospitaliser.

C’est-à-dire enfermée, pieds et poings liés, à la merci du corps médical chargé de la soigner à défaut de la guérir définitivement.

Ces mois de réclusion la marquèrent à jamais.

Derrière les Barreaux elle avait eu le temps d’écrire et de réfléchir encore à tout ce qui l’avait menée ici.

On lui avait dit qu’elle avait flirté avec la mort alors qu’elle n’en avait pas eu conscience, pas même à bout de forces.

Son esprit s’était obstiné à refuser cette évidence l’excluant du champ des possibles.

 

            Les miracles sont rares ; personne ne sort indemne d’une telle maladie qui reste marquée dans la chair et l’esprit.

Au mieux on réapprend à vivre différemment, avec plus de tolérance envers soi et en redoublant de vigilance.

 

     L’addiction demeure tapie, ainsi que la curieuse nécessité de repousser ses limites jusqu’au point zéro.

Comme s’il s’agissait d’un jeu, d’une fanfaronnade ou d’un défi ultime.

Il n’en est rien…

 

 

Zéro pointé  

(© 2016/droits réservés)

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Quand ‘ça’ ne devrait pas être

Posté par BernartZé le 3 juin 2016

V.L.

Sépia

  

            Quelque chose dans l’image avait déjà commencé à craquer.

 

     Des éclairs indigo puis des teintes brunes étaient venus jeter un trouble sur l’apparence parfaite d’une pose de magazine.

A présent une certaine langueur, une douce mélancolie étaient devenues perceptibles.

C’était indéniable ; et pourtant elle continuait à faire tout son possible pour tenter de dissimuler les traces d’une existence qu’elle n’avait pas rêvée ainsi.

L’évolution avait été lente, sournoise, faussement tranquille.

Autrefois le bonheur lui semblait être une promesse que la vie saurait lui tenir.

Une évidence dans laquelle tous l’avaient confortée.

Ses parents bien sûr puis ses amies de lycée ; on l’enviait un peu sans trop la jalouser.

Un jour elle lut dans les yeux de son chat un soupçon d’inquiétude Regard félin ; même son ronronnement se faisait entendre plus gravement.

 

     Le glissement avait été progressif, tout en douceur ; apparemment heureuse, pour un temps encore.

Le mécanisme avait commencé à s’enrouer Mécanisme quand elle avait pris conscience que quelque chose n’allait plus entre eux.

Tout en s’aimant ils paraissaient moins se comprendre ; des silences prolongés avaient abouti à des moments d’agacement puis de rejet.

Leurs dos s’étaient tournés précédant le premier geste malheureux, presque rien, juste une main levée oui.

Mais non ce n’était pas grave, un simple incident.

Quand cela se reproduisit elle se rassura vite en se disant qu’elle n’avait rien senti ; elle prit note de sa déception.

Le désarroi vint peu après, quand elle réalisa sa mauvaise humeur quotidienne dont elle était forcément responsable.

Elle n’avait plus vingt ans, lui non plus, et les années d’insouciance avaient passé exigeant plus d’efforts quotidiens et de compromis ; les attentions firent alors place à l’amertume.

Vint la colère.

 

     Lorsqu’elle s’abattit elle s’effondra d’un coup, médusée, abasourdie.

Elle se releva hagarde sans même songer à le regarder tant elle ne pouvait s’expliquer ce qui était arrivé.

Des doigts levés Jour de colère (extrait) - Carl Theodor Dreyer (1943) l’accusèrent des maux reçus avant qu’elle ne puisse trouver le courage de réagir.

Il lui fallut des années pour admettre son innocence.

 

            Malgré la honte qui l’entravait toujours elle réussit à porter plainte.

 

 

Police

(© 2016/droits réservés)

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A mourir de rire

Posté par BernartZé le 11 mars 2016

Diabolique...

C’est drôle

(plus ou moins)

 

            Les années passent et nos anniversaires reviennent avec souvent moins de joie.

 

     Le cœur n’est-il plus à la fête ou n’avons-nous plus rien à souffler de ces traditions de l’enfance qui donnaient l’occasion de s’extasier devant un gâteau illuminé et dégoulinant parfois de trop bons sentiments OLYMPUS DIGITAL CAMERA ?

Une dizaine de bougies histoire de marquer le coup et puis hop !

Les consciences étaient supposées (ensuite) tranquilles ; que la paix soit avec tous !

Noël en plein automne…

L’harmonie pour certains n’était pas de mise ; étrangère, hors de propos, hors saison.

D’une fausseté presque indécente.

 

     Autre violence : des gifles en rafales pour apprendre l’avis indiscutable ; amen !

L’hiver durait jusqu’au printemps et au-delà…

Qu’importe la météo quand il gèle en enfer ; les corps se glacent, les os se brisent et pleuvent autant d’hématomes et de giboulées en mars qu’en avril ; toutes les saisons se confondent.

 

     Fallait-il être imbécile pour se croire apte à se sauver tout seul ?

 

            Pour certains la chance, le courage la force ou l’entêtement ; pour d’autres autant de lassitude que d’épuisement avant le renoncement.

 

     Tous les petits poissons ne deviennent pas grands…

 

Mandarine bien saignante  Déconfiture à faire…

(© 2016/droits réservés)

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Absurde (et plus encore)

Posté par BernartZé le 4 mars 2016

Lab a.m.

Une enseigne

(et deux arbres)

 

             Pleine de lumière entre…un traiteur chinois et une Porte cochère du XIXème siècle.

De (très) loin un myope aurait pu croire qu’un institut de beauté se trouvait là tout prêt à lui prodiguer ses soins…par la magie de ses néons.

 

     Quand il dut prendre rendez-vous pour un bilan sanguin à la veille de ses trente ans, il comprit sa méprise en allant en repérages.

Bilan hématologique Quelques ponctions plus tard ses globules rouges et blancs avaient été comptés et il apprit que sa numération globulaire était normale…mais pas tout à fait.

Du côté des leucocytes ses polynucléaires éosinophiles n’étaient pas blanc-bleu.

Au prix d’un combat permanent ils se multipliaient plus vite que la lumière en une concurrence irréfrénée Éosinophilie.

Selon les médecins « avertis » qu’il consulta, cette éosinophilie galopante pouvait aussi bien révéler une allergie respiratoire qu’une maladie de peau, voire une forme de cancer lancé sur de bonnes bases.

Tout et n’importe quoi faute de preuves ; et pourquoi pas une dégénérescence maculaire Dégénérescence maculaire ?

Merci aux  grands et petits pontes et à tous les autres bons à rien apprendre !

 

     Les années passèrent.

On lui parla de maladies auto-immunes et d’un futur contrarié ; on lui parla beaucoup sans l’entendre ni lui apporter de réponses ; encore moins le soigner.

Et on le laissa se perdre Ombres et brouillard - Woody Allen (1991) seul au milieu d’un brouillard de maux de plus en plus récurrents.

Ses « leucocytes éosinophiles » firent des dégâts sans le tuer ; ils lui gâchèrent simplement l’existence en se reproduisant maladivement ; avec excès mais sans que l’on pût jamais justifier leur élan généreux ni dénombrer les dommages collatéraux de cette guerre intestine.

Par curiosité envie et un brin d’autodérision il émigra vers l’outre-manche The fog made in London, histoire de voir si le ciel y était plus bas ; match nul !

 

            Il pleut, il pleut, bergère ; rentrons nos moutons blancs gris et noirs…

Il pleuvra toujours, ravalez donc vos larmes amères de peur que ne débordent baignoires et bacs à sable.

La vie est ainsi faite qu’elle nous surprend en nous étourdissant de tous ses coups bien assénés.

 

     Et de nous en remettre parfois (mais pas toujours) ; révérence !

 

 

Kafka (by EvJones)  Kafka encore…

(© 2016/droits réservés)

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Bof bof…

Posté par BernartZé le 19 janvier 2016

Froid polaire (inv.)

Le retour du grand froid

            

            …va nous brûler les os.

 

     En dépit de la reprise des mauvaises habitudes hivernales qui nous forcent à rallumer des feux Chauffage infrarouge à peine éteints durant de trop courtes semaines estivales, il va falloir de nouveau affronter le froid.

Et ressortir les Polos zippés micropolaires à enfiler en multicouches sous nos pulls à cols roulés ne suffira pas à nous épargner bien des peines.

Le cerveau se fige, les membres se raidissent et l’âme trouve là une bonne raison de justifier son mal.

Quand certains se réjouissent de partir défier l’apesanteur et les pentes enneigées Pente neigeuse, d’autres grelottent chez eux.

Et la peur d’un tout autre vertige leur paraît sans commune mesure.

Même en plein hiver il faut sortir le Le chien toujours prêt à implorer son maître ou sa maîtresse au petit matin.

Quelle idée de s’encombrer d’un animal incapable de s’assumer seul !

 

     Encore (et toujours) ce même mal indicible inavouable et honteux : le Le Mal de vivre.

Tellement honteux qu’avec les années on apprend à le taire pour n’importuner personne en se fondant dans la masse des êtres heureux, à une grimace près.

Mais quand vient l’âge auquel il n’est plus possible de faire semblant faute d’énergie, le masque tombe en même temps que les traits d’un visage déconfit.

 

     A force de se sentir médiocre Médiocre on cesse de rêver au moindre avenir.

Le temps des espoirs n’est plus et l’on se sent confusément courir à sa perte sans pouvoir l’éviter.

La distance est longue entre hier et aujourd’hui et perdu en chemin il n’est plus alors possible que de se perdre.

Quand vient le rêve ultime d’une anesthésie locale partielle ou totale, la tête couchée Anesthesie se redresse un peu ; le seul espoir est alors de ne plus jamais se réveiller.

Aveu d’ultime faiblesse : à défaut, ne plus rien ressentir, pas la moindre douleur plus la moindre souffrance.

 

            Il fait de plus en plus froid ; mourir serait une option joyeuse…

 

 

Fin de parcours 

(© 2015/droits réservés)

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Ouste !

Posté par BernartZé le 10 novembre 2015

Monte escalier

Un jour ou l’autre

  

            Non, il ne s’agit pas d’un aspirateur géant qui permettrait de faire le ménage assis tout en changeant d’étage.

 

     Ce n’est qu’un monte-escalier, un monte-charge…d’âme et de corps devenus trop difficiles à porter seul.

C’est un dernier recours, une aide à domicile porteuse d’ultime espoir dans les cas extrêmes.

C’est idéal pour aller de son lit au salon où il faisait bon vivre autrefois.

C’est un brin pathétique aussi.

 

     Chouette ! La bonne nouvelle est que vous ne ferez plus jamais le ménage dans votre sweet home et que vous accueillerez rapidement une foule d’immigrants Poussière tout étonnés de trouver une terre d’asile sur votre parquet fleuri.

Vous ferez également bonne place à de plus en plus d’acariens Acarien ; un simple dommage collatéral.

Pas de quoi en faire une jaunisse !

Tous les acariens toutes les acariennes vont danser vont chanter sous vos meubles et dans votre literie ; sans le son du Violon.

 

            Et viendra le jour où une bonne âme, un membre de votre famille peut-être, débarrassera définitivement les lieux de vos souvenirs.

 

Youpi

(© 2015/droits réservés)

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Par inadvertance ou bien inattention ?

Posté par BernartZé le 26 septembre 2015

Tête-à-tête

Jusqu’à ce que dormir s’en suive

            

            Ce soir-là nous avions une fois de plus beaucoup parlé beaucoup pleuré et beaucoup ri.

Ce fut notre dernière nuit.

 

     Nos fins de semaines se ressemblaient toutes ; quand d’autres jeunes sortaient faire la fête jusqu’au bout de la nuit, nous préférions simplement rester ensemble.

Nos tête-à-tête ne finissaient jamais de nous surprendre tant les heures filaient malgré nous en un temps suspendu.

L’ennui n’avait pas cours ; pourtant nous ne faisions que discuter sans relâche des mêmes thèmes : Dieu et son œuvre et puis nos vies.

Infiniment petites et mesquines, nous avions conscience de nos égoïsmes impardonnables en regard d’un monde dont nous nous sentions loin.

Ses valeurs matérielles nous paraissaient aussi vaines qu’ennuyeuses et nous ne parvenions pas à admettre sa réalité quotidienne.

Pourquoi fallait-il accepter de supporter l’absurdité d’une existence imposée ? ; nous ne savions pas alors combien la vie pouvait s’avérer définitivement incohérente et cruelle.

 

     Et bla bla bla... Attablés pour parler manger et boire nous nous offrions en prime des moments de pur délire en fonction de notre programmation musicale.

Bondissant soudain sur une piste imaginaire à même la moquette, nous dansions.

Nos gesticulations rythmiques ne ressemblaient à rien et ne servaient qu’à nous défouler, exprimant sans doute nos frustrations et nos colères rentrées.

Et puis à bout de forces nous nous asseyions de nouveau pour parler encore et toujours.

C’est fou ce que nous avions à nous dire !

Y repensant aujourd’hui je me demande si je n’ai pas tout inventé.

 

     Ces soirées, ces nuits entières ne seront plus.

Nous ne referons plus jamais notre monde, nous ne ferons plus jamais rien ensemble.

Plus de danses folles improvisées, ni de rires.

Plus de regards complices, de fulgurances pleines d’éclats ni d’avenir fantasmé.

Nous ne sommes plus.

Ce dernier soir tu t’es soustraite ; faute de vigilance je ne t’ai pas vue avaler des cachets en cachette dès que j’avais le dos tourné.

Trop de mélanges finissent par étreindre l’âme en éteignant le corps.

Rideau.

 

     A mon réveil tu étais là, tu n’étais plus ; partie sans mots dits.

Sans doute était-ce ta volonté…que je n’ai pas su davantage entendre qu’écouter.

 

            Alleluia  Hallelujah !!

  

 

 

Leonard Cohen - Various Positions (1984)

(© 2015/droits réservés)

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