Alea jacta est

Posté par BernartZé le 1 novembre 2015

Double six

32 octobre 2040-12

  

            Les rencontres, les hasards.

 

     Sur une musique nocturne et lente (un adagio) ils s’étaient retrouvés dans cette même chambre d’hôtel où ils s’étaient étreints une première fois onze plus tôt, sans rien savoir l’un de l’autre, se comprenant alors immédiatement.

Depuis la vie les avait pris et ils avaient grandi.

 

Ce soir d’automne ils s’étaient reconnus en se croisant sur un balcon tout là-haut au trente-douzième étage ; entre deux regards détournés 2046 (Shangaï) ils n’avaient pas osé s’avouer leur manque.

Et quelques heures plus tard…

 

     Leur musique reprit, plus intensément, plus douce et tendre ; ils s’abandonnèrent en oubliant leurs vies.

De l’adagio ils passèrent à la rumba, cœurs-à-corps plus étreint mais doucement syncopé.

Ils s’étaient revus, s’étaient aimés encore.

Quand ils se séparèrent le lendemain c’était pour ne plus se revoir.

 

               

 

 

2046  Deux fois deux quatre, deux fois six douze…

(© 2015/droits réservés)

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Sans faux semblants (ni jeux de miroir)

Posté par BernartZé le 29 octobre 2015

Mains de velours

Mimines de rien

 

            Une évidence : doigts en éventail Éventail, mes mains paressent vieilles ridées et grimaçantes.

 

Rien que la vie ma bonne dame ! ; naturellement…

 

 

Mimines 

(© 2015/droits réservés)

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Tout au fond du bois

Posté par BernartZé le 23 octobre 2015

 20 oct 2015 CSG

Tout le long du chemin…

  

            …Je m’en étais allé, marchant à pas feutrés le dos courbé les mains croisées.

 

     Je n’étais pas davantage triste que gai ; j’étais simplement mort comme toi.

Piétinant légèrement herbes et feuilles je songeais.

Repensant à ce que furent nos années partagées, j’essayais de comprendre pourquoi je n’avais pas réussi à te retenir ici-bas, pourquoi tu n’avais plus eu envie de lutter pour vivre.

 

     Comme d’autres bons camarades tu étais parti très tôt dans un autre monde.

Seule mon advertance (finalement illusoire) m’avait permis de déceler en toi ce qui causerait ta perte ; malgré moi et tous mes efforts je n’ai pu te sauver de toi-même.

 

     Ce n’est pas un échec c’est un drame dont nul ne se remet.

Je n’y parviens (évidemment) pas et je sais ne jamais réussir à me pardonner mes instants de lâche abandon.

Mon cœur est faible et quand le tien le fut aussi When your heart is weak... tu n’as pas trouvé mieux que de lâcher prise ; je t’en veux -à tort- mais je t’en veux tout de même de ne pas avoir eu confiance en l’avenir que l’on t’avait promis et qui t’a tant déçu.

 

     Mauvais parents mauvais fils ?

Si tout était si simple !

Bons ou mauvais qu’importe quand l’enfant sur lequel on croyait avoir toujours veillé est empli de tourments.

Mon dieu ce mal de vivre Le Mal de vivre - Barbara et ces élans d’un cœur qui s’épanche et qui flanche !

Mon dieu les secrets de l’adolescence qui ne résiste pas et n’en peut plus de devoir résister !

Le mal que j’ai encore pour toi ne finira jamais.

 

     Aujourd’hui tout est perdu tout est mort ; il me faudra pourtant vivre encore.

 

            Sans toi.

   

 

Demain, dès l'aube...  (une fois de plus merci à CSG pour sa contribution photographique)

(© 2015/droits réservés)

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Rien n’est jamais acquis…

Posté par BernartZé le 11 octobre 2015

Fleur Datura Metel

Ces fleurs qui nous font mal

  

            Et le poison toujours inoculé…

 

     A la vie à l’amour à la mort à l’abandon !

La blessure est profonde et la fleur singulière.

 

     On nous aura accusés de tous les maux sous prétexte que la réalité de la vie nous donnait des hauts de cœur.

Notre dégoût paraissait suspect alors qu’il venait du fond de nos entrailles et de nos âmes en perdition.

Nous étions accablés et nous sentions les premiers coupables de cette affliction ; incapables de vivre avec simplicité.

C’est ainsi que nous nous sommes épuisés au fil du temps qui s’écoulait Clepsydre contre nous ; de pertes inéluctables en sinistres défections résultèrent l’effroi et l’amertume qui nous prirent en tenaille.

Notre malheur était sincère et nul ne nous a crus.

Pire nous avons été jugés simulateurs brodeurs et cabotins !

Rien ne nous semblait dérisoire, tout nous pesait.

 

     Et puis quand tous nous criaient « Mourez, vieux lâches ! il est trop tard ! » nous nous sommes révoltés.

Nous n’avons plus voulu de cet état de souffrance permanent ; à force de saigner nos corps (aussi) meurtris sont morts avant de renaître.

Le vide sous nos pieds s’est comblé et nous avons pu marcher à nouveau en retrouvant des forces et une partie de nos muscles.

En attendant d’être vaillants nous nous sommes agrippés aux murs pour recommencer à rêver en nous extrapolant un autre avenir qui refusait l’irrémédiable.

Vint à nouveau la chute…apparemment définitive.

 

     Dormir pour oublier et s’accorder quelques heures de répit devint la seule échappée possible ; pas si belle qu’espérée !

Au-delà d’un certain -jamais sûr- degré de « souffrances » (éminemment subjectives) et de tergiversations, le sommeil n’est plus réparateur et l’on s’extraie de son lit de façon pitoyable ; heureusement que le ridicule ne tue pas entièrement !

Alors oui nous avons survécu, mais à quel prix !

 

            Que serait la blessure initiale sans le poison inoculé ?

Que serait la jolie fleur Jolie fleur vénéneuse sans notre inclination à respirer son parfum afin de nous soustraire de nos vies ?

 

     Avons-nous tous rêvé ?…

  

 

Les Fleurs du Mal (par Carlos Schwabe, 1900)  Bien sûr et plus encore…

(© 2015/droits réservés)

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Accident de vie

Posté par BernartZé le 2 octobre 2015

Téléphone portable 1 Téléphone portable 2 Logo tél bleu

Valentin Saturnin Firmin & Cie

            

            Mais aussi Paulin, Corentin, Gabin, Célestin et Angelin ; tous étaient une seule et même personne…collectionneuse et compulsive.

 

     Du grand art !

Celui de se démultiplier pour multiplier les conquêtes ; personne ne saura jamais le nombre exact de fiches d’état civil qu’il s’était inventé.

Valentin (et tous ses pseudonymes) n’était pas un saint ; surtout pas à fêter…par aucune des amoureuses rencontrées.

Il sévissait sur le net en toute tranquillité et dans une apparente franchise.

Il savait se présenter avantageusement sans se mettre en avant et séduire en se montrant attentif et plein d’égards ; pas avare de cadeaux en tous genres, jamais ordinaires ni prétentieux mais subtilement choisis.

Officiellement très pris par son métier d’avocat d’affaires international(es ?) il voyageait beaucoup et était donc d’abord joignable par téléphone, par messagerie interposée plus précisément.

S’arrangeaient ensuite des rendez-vous pour lesquels il donnait le sentiment d’avoir tout son temps, prêt à se consacrer à autrui sans mesquinerie ni calcul ; c’était un excellent compteur doublé d’un grand diplomate.

Il savait parfaitement user de son charme et de l’ascendance prise dès le premier contact établi depuis son clavier d’ordinateur, avant même toute conversation téléphonique.

Un homme de pouvoir, un chasseur, un pêcheur ; un homme capable du meilleur et du pire…

 

     Camille avait trente ans.

Après une longue crise de bovarysme qui l’avait menée (trop) loin  Villa Amalia (2009), elle était rentrée chez elle, seule.

Ne supportant plus son cadre de vie, elle avait fait repeindre les murs de son salon en gris et orange.

Au final ce fut plutôt corail et blanc de gris Gris et orange ; c’était joli tout de même.

En pleine zénitude dans son nouveau décor elle s’était accordée six mois de convalescence passés à rempoter toutes les plantes de son balcon et à dresser en première ligne une armée de jardinières Jardinière fleurie en souvenir de son premier métier ; il faut dire qu’elle avait toujours eu la main verte, à la campagne comme au cœur de la ville.

Un plant de tomates en pot Tomates cerise en pot fit également son apparition au printemps tandis qu’elle s’interrogeait pensivement Pensive à longueur de journées sur son avenir.

Et puis ravalant sa fierté contrairement à celles qui se disaient obstinément « non pas pour moi ! » elle s’inscrivit sur un site de rencontres et attendit sans rien espérer.

Beaucoup de profils furent à peine lus et au bout de six jours un message l’intrigua ; il était à la fois étrange original et attrayant.

Une conversation s’engagea ; d’abord sous forme de brèves missives puis, assez rapidement séduite par le style et la verve de son interlocuteur, elle se livra davantage.

Quand vint l’heure d’envisager une rencontre elle s’accorda deux jours de réflexion avant de lui répondre.

 

     Jardin du Luxembourg (chaises) Ils se virent pour la première fois au Jardin du Luxembourg et restèrent ainsi assis à parler durant près de trois heures avant d’être interrompus par une pluie torrentielle qu’aucun bulletin météorologique n’avait encore pu prévoir le matin même.

De toute évidence il était séduit et elle l’avait trouvé charmant ; ils se réfugièrent dans le café le plus proche Café Le Luxembourg où la discussion put reprendre.

La nuit était largement tombée quand il ne pleuvait plus et qu’ils en ressortirent.

 

     Ils se revirent fréquemment au cours des quatre mois suivants, puis il dut partir à l’étranger pour son travail.

Quand il rentra du Canada son temps sembla de plus en plus précieux et compté et leurs rencontres s’espacèrent ; elle était amoureuse.

Faute de pouvoir le voir elle laissa régulièrement des messages sur son 0638401285743212…(elle n’en pouvait plus de devoir recomposer son numéro, la mémoire de ses contacts ayant totalement bugué) auxquels il avait rarement l’occasion de répondre ; elle se sentit perdue et oubliée.

Quand ils réussirent enfin à se retrouver -chez elle- il lui parla de son travail devenu très prenant et de ses voyages incessants qui l’éloignaient d’elle contre son gré.

Elle le crut.

Ils ne se virent plus jamais.

 

            C’est totalement par hasard qu’elle comprit la supercherie en retournant sur le site de rencontres qu’elle n’avait plus éprouvé le besoin de consulter depuis une dizaine de mois.

Par un concours de circonstances elle découvrit que Valentin possédait autant de déclinaisons de prénom que de numéros de téléphone mobile ; très mouvant et versatile le profil du bonhomme !

Flouée déçue et dépitée elle aurait pu retomber dans une grave dépression (voire pire) mais elle refusa farouchement de faire cet honneur à ce séducteur indigne.

 

     Point de morale à la fable d’un conte sans fée.

 

  

Drelin drelin !  Drelin drelin !

(© 2015/droits réservés)

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Humains, forcément humains

Posté par BernartZé le 30 août 2015

L'Univers

Tout l’Univers

  

            Nous étions jeunes et beaux (?) alors…

 

     Dans ce café près de la gare nous nous retrouvions souvent le soir parmi d’autres étudiants ; histoire de discuter, de calmer nos angoisses et…de ne pas travailler.

Comme la plupart des autres nous pensions refaire le monde en parlant de nos vies de nos problèmes existentiels et du lendemain.

A cet âge le futur semblait à tous aléatoire sauf pour ceux qui donnaient l’impression de déjà savoir ce qu’ils deviendraient.

Ils étaient certains de leur futur comme d’autres de leurs recettes de cuisine testées et approuvées.

Sans pourtant les envier nous admirions leur détermination leurs certitudes et leur foi en un avenir assurément prometteur.

 

     Combien de promesses ont-elles été tenues ?

Combien d’entre nous sommes finalement devenus ce que nous voulions être ?

Sans nouvelles -depuis le temps !- de Pierre Paul ou Nathalie il est forcément impossible de savoir qui est « quoi » aujourd’hui ou plus exactement qui de ceux d’antan sont à présent fiers de ce qu’ils sont ; heureux ou malheureux ?, épanouis ou frustrés ?, tristes ou déjà morts ?

Retrouvée par hasard sur la toile une photo d’un ancien camarade P-Y. H. qui a bien changé ; légèrement dégarni du haut du bulbe !

Arborant un sourire de façade en vertu de ses hautes responsabilités professionnelles il a simplement l’air fatigué…pour un ancien nageur émérite ; sans doute lui a-t-il été difficile de conserver la forme olympique de ses vertes années tout en gravissant un à un les échelons de sa société ; un exercice qui nécessite -pourtant- assurément des efforts physiques répétés et soutenus (!).

Très jolie cravate Cravate assortie cependant…

 

            Des vœux exaucés et des espoirs étouffés dans l’œuf http://www.dreamstime.com/-image3998452 pour toutes les petites cailles que nous avons été.

A défaut d’en savoir jamais plus il est impossible d’imaginer destinées plus banales.

 

     Des vies communes perdues dans un univers beaucoup trop vaste…

  

 

Raphaël - Hôtel de l'Univers (2000) ; détail  Jeunes beaux et…pressés

(© 2015/droits réservés)

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Si moche la vie (?)

Posté par BernartZé le 21 août 2015

Tente

Seul sur le sable…

  

            J’avais déboulé en pleine nuit sur ce coin de dune ; la lune était sereine -sans jouer sur les flots situés à plusieurs centaines de mètres- mais je n’avais pas le cœur à me marrer.

 

     J’étais aussi découragé que fatigué et j’avais éprouvé de sérieuses difficultés à planter les piquets de ma tente dans un sable beaucoup trop ténu.

Comment avais-je finalement réussi à la dresser sans risquer l’écroulement ?

C’est moi qui m’étais affalé à bouts de forces et de nerfs ; si plein de vides.

 

     Mon dieu chère amie…

 

     Inconscient -la tête trop occupée ailleurs ?- je n’avais pas même pris le temps de mesurer les risques encourus à dormir là, presque à découvert ; un Requin taupe (Carcharodon carcharias) aurait pu songer à m’attaquer pour me vandaliser ou bien quelques pirates remontant la plage jusqu’à moi…!

A mon réveil la lune et les étoiles avaient laissé place à un soleil aveuglant.

Le sable s’était paré d’or fin et le ciel était bleu, honteusement mensongé Sur le sable.

Irradié de lumière et faute de lunettes noires j’ai cherché à tâtons dans mon sac-à-dos un paquet de biscuits pour apaiser ma faim avec deux ou trois galettes bien bretonnantes Galette bretonne pur beurre en guise de petit déjeuner ; la gourde fut plus facile à trouver.

 

     J’étais encore assis, la mer avait monté, quand je me suis mis à pleurer malgré moi.

Submergé par une vague je me suis subitement souvenu de votre départ et de votre abandon.

Vous n’aviez plus le temps, plus une minute à vous ; encore moins celui de me consacrer l’attention que nous nous étions promise.

Le sort et les hasards de la vie en auront décidé autrement.

Le monde est tellement absurde !

 

    

Chère amie, je vous fais mes excuses pour mes manquements et mes défaillances, mes négligences et mon défaut de vigilance qui vous auront sans doute conduite à prendre une autre voie.

Je n’ai pas su vous garder près de moi, heureuse et pleine de vie.

 

            Irrévocablement…

  

 

Toutes mes excuses - Marc Lavoine, 1989  Merci à Christine SG pour son involontaire contribution photographique (quelle me pardonne ce léger détournement d’image)

(© 2015/droits réservés)

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Perspective d’avenir (proche)

Posté par BernartZé le 16 juillet 2015

Monte-escalier

Requiem en dos mineur

  

            Et de le voir déjà Stannah…tout installé dans mon loft aux lignes épurées !

 

     Très bientôt très sûrement il me faudra recourir à ce genre d’aide à domicile.

Quand mes jours, mes jambes pardon (!), auront fini de ne plus me porter, quand je n’aurai plus la force de faire un pas sans tomber, quand le temps sera (bien-) venu de me coucher dans un dernier soupir, dans un dernier effort je m’offrirai ce luxe.

Quelle pauvre femme je serai alors devenue ; « enfin ! » diront sans doute les plus médisants.

 

     Trop beau trop riche trop libre et trop chanceux ; ce qui fait (déjà) beaucoup pour un seul homme devient difficilement supportable lorsque ces adjectifs sont mis au féminin.

C’est pourtant ainsi que j’ai vécu, aux yeux et à la barbe de tous !

En toute (im)modestie j’étais belle, très belle selon certains des hommes que j’ai (follement) aimés.

En toute lucidité, je sais pertinemment bien qu’ils ont su profiter de mes avantages et de mes faiblesses ; sans regrets de ma part.

Comment m’auraient-ils regardée si j’avais été moins jolie ou (et) moins argentée ?

Autrement sans doute pour la plupart ; seuls un ou deux « originaux » auraient peut-être tenu le cap par amour ; le mot est lâché.

 

     V V V J’ai bien assez vécu et dans toutes mes douleurs je ne marche presque plus sans me tenir à un meuble ou agripper une branche d’arbre opportune.

Est-ce le prix à payer pour continuer à vivre ?

S’illusionner encore le temps d’un dernier tour de piste et des ultimes salutations ; le sourire en façade -plutôt que la grimace- pour masquer la douleur.

Marcher seule à présent.

 

            Et faire une dernière fois le pitre Friederike Beer par Egon Schiele (1914)

 

 

Dernier sourire (inv.)  dans un dernier sourire et sans aucune logique…

(© 2015/droits réservés)

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En cours de (dé)route

Posté par BernartZé le 1 juillet 2015

Fleurs fanées

Plus jamais

  

            Tu as fui en coulisses le rideau est tombé Coulisses ; à qui dirai-je désormais « je t’aime » ?

 

     Plus de scène(s) entre nous, plus d’incompréhensions ni de jalousie ; seule tu as décidé de prendre un autre chemin et de me laisser discrètement pleurer au fond de ma loge Loge de théâtre.

Et je demeure inconsolable depuis cinq ans.

Fin des représentations, les lumières ne se rallumeront pas ; j’ai longtemps attendu un miracle et j’ai compris un jour que tu étais définitivement partie.

Pour de bon, pour toujours, pour mon plus grand malheur et mon chagrin inconsolable.

 

     A quelques mois de fêter nos vingt ans notre petit théâtre Petit théâtre de sentiments forts arrosés d’orages est devenu boulevardier.

Dans une des loges habituellement vides est venu s’asseoir un étranger.

Ta tête en fut toute retournée et tu t’es d’abord absentée, de plus en plus souvent au fil des semaines.

Quand nous nous revoyions tu souriais toujours, les premiers temps.

Et un jour j’ai compris que tu ne savais plus comment te partager.

De plus en plus écartelée diaphane évanescente Evanescente et bientôt transparente tu cherchais plus ou moins consciemment à te soustraire de ta propre vie.

C’est ce que tu fis un soir en décidant de partir en cachette.

L’heure de la fin de la douceur et de la tendresse avait alors sonné…

 

            Je n’ai cessé d’errer depuis ta perte et de m’égarer sans fin.

Je n’aime décidément pas ton dernier choix de vie.

Tant tu me manques…

 

 

Roses de Lore  Merci à Christine SG pour sa très belle collaboration artistique (involontaire)

(© 2015/droits réservés)

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Rien que pour rire !

Posté par BernartZé le 16 juin 2015

Suspension gélules lumineuses

Dans la ribambelle

  

            Alterner les couleurs : une petite bleue Gélule F., une petite rouge Gélule D..

 

     Pour ne plus sentir son corps, pour ne plus avoir mal, on les avale.

Dans l’espoir de cesser d’éprouver la moindre douleur on accepte d’avaler des couleuvres sans (presque) broncher.

Les premiers temps on est naïf, on y croit et se succèdent (telles les visites de spécialistes) les gélules au fond de la gorge Gober des gélules ; certaines ont du mal à passer ; sglups à deux doigts de s’étouffer […]

Les médecins, de plus en plus expéditifs -plus même le temps d’ausculter-  de moins en moins abordables, changent de « marques » quand vous revenez les voir…coupables de ne pas avoir été soulagés ; l’espoir renait de moins en moins après chaque consultation.

 

     Au fur et à mesure apprendre l’endurance face à la souffrance ; apprendre surtout à accepter que ce qui a été n’est plus.

Mornes saisons.

Il faut admettre que désormais le cerveau ne suffit plus à maîtriser le corps et à compenser ses défaillances.

Doit-on se soumettre ou refuser l’humiliation ?

 

            Pour ne plus souffrir, la mort peut-être…

     Ne serait-ce que pour cesser de gober des gélules comme des Cacahuètes enrobées de chocolat !

 

  

Ribambelle de gélules 

(© 2015/droits réservés)

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