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Rétention d’eau (!)

Posté par BernartZé le 5 juin 2017

Micro

Discours

  

            Juste avant de prendre la parole j’ignorais ce que j’allais dire.

 

     J’avais beaucoup trop bu ; deux litres et demi d’eau en moins d’une demi-heure tant ma gorge était sèche et j’étais angoissé.

Je n’avais pas la moindre expérience des assemblées d’une centaine de personnes, encore moins de près d’un demi-millier !

On m’avait convaincu que je pouvais remplacer au pied levé l’intervenant « malade » qui s’était désisté deux heures plus tôt.

 

     Sur des conseils avisés j’avais fait une petite sieste de quarante-six minutes (très exactement) afin de me relaxer.

Au lieu de cela j’avais rêvé…d’une baignoire bouchée ce qui m’avait grandement inquiété.

En me levant j’étais aussi peu détendu qu’un arc pointant sa première flèche.

Et j’avais une furieuse envie de soulager ma vessie (pardon pour ce détail plein de délicatesse)…

Bref tout concourait à me faire renoncer à l’engagement que j’avais eu l’inconscience et la bêtise de prendre pour ne pas décevoir.

Le thème de mon intervention ?

« La dépression : un mal pour un bien ».

 

     Dépression Inexpérimenté dans l’art des « discours concernants » à lointaine portée par leur degré de gravité je m’étais demandé quelle légitimité je pouvais bien avoir.

Il me fut répondu que mon intervention se justifiait d’elle-même.

- Ah bon ?

- Oui, vous êtes un cas : une dépression qui dure une vie sans la moindre TS (j’avais un peu menti évidemment) c’est un exploit !

Reste à savoir dans quelle mesure cela constituait un compliment…

En tant que simple suicidant honteux et repenti je m’apprêtais donc à parler devant une salle pleine de questions espérant des réponses…dont je ne disposais pas plus qu’eux tous.

Mais qu’étais-je allé faire dans cette galère ?!

 

     Lorsque les premiers mots sortirent de ma bouche je compris que j’étais en roue libre, totalement décalé en regard de l’attente supposée.

Comment convaincre une assemblée de suicidaires que la dépression pouvait constituer un mal pour un bien ?

Quelle galéjade !

Je pris alors le contre-pied de cette théorie fumeuse et, plutôt que de leur dresser le portrait d’un sujet qu’ils connaissaient tous par cœur dans leur bulle en cours de désintégration Dépression bis, je me suis mis à leur parler du phénoménal temps perdu à chercher le bon moyen d’en finir avec la vie.

Improvisade sur un fil mal tendu Fildefériste (''Funambule ou marcheur de rêve'' par Métal de Grâce) !

En véritable bouffon diabolique, sous l’emprise peut-être d’un excès de rétention d’eau, j’ai passé en revue divers modes opératoires allant de l’usage peu discret des transports en commun à ceux plus intimes des ustensiles de la vie quotidienne.

D’abord surpris ils se sont mis à rire, de plus en plus fort, jusqu’à finir par applaudir.

Grisé je pris de l’assurance, et oubliant la raison initiale de ma présence j’ai cru flirter avec le music-hall.

Péché d’orgueil pour un moment de gloire dû à une envie pressante et…légitime.

 

            [L’intervenant « malade » avait transformé sa sixième tentative de suicide]

 

 

Music-hall (auditorium)  Waouh !!

(© 2017/droits réservés)

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Dérives

Posté par BernartZé le 21 juin 2016

Des barques et...

Histoire sans fin

  

            La lumière de ce jour était particulièrement éblouissante.

Nous le fûmes moins.

 

     Nous étions descendus sur la plage par un petit chemin de sable fin Aux portes de l'amer doucement escarpé et moelleux pour nos pieds.

La mer en contrebas s’offrait déjà et l’air iodé nous enivrait avant même d’avoir les pieds dans l’eau.

Depuis combien d’étés n’étions-nous pas revenus sur les lieux de notre premier crime ?

Ce jour-là nous avions compris que nos destins seraient scellés.

Le sang avait coulé, pas de témoin ni de cadavre et la promesse mutuelle de ne jamais rien révéler de nos instincts meurtriers.

Ce goût-là était demeuré pour toujours ; de là à en venir aux mains…

 

     Les semaines puis les années avaient passé, la morsure était restée sans que nous y songions.

Notre insouciance n’avait duré bien sûr qu’un temps ; passées les années de jeunesse la boîte de Pandore Pandore (par John William Waterhouse, 1896) avait fait plus que s’entrouvrir ; maudite curiosité de nos cœurs atrophiés !

Nous avons découvert que nous étions indissociables et néfastes l’un pour l’autre.

Une mortelle randonnée nous attendait.

Quand il ne fut même plus question de sentiments, nous prîmes le maquis pour tenter de nous soustraire l’un à l’autre ; en vain évidemment.

Nos routes se séparèrent Déroute (eh oui toujours les mêmes) durant une brève décennie déchirante et lumineuse.

Chacun avait cru découvrir sa propre voie avant de se sentir rattrapé par un passé omniprésent ; happé en somme.

Qui de nous deux refit le chemin vers l’autre ?

 

     Plus de frein désormais.

La course à notre perte était lancée et nous avons couru de façon effrénée, comme des morts de faim.

Nous étions assoiffés de vengeance alors que nous ne pouvions contenir notre dépit.

L’amertume et la déception prirent une grande part dans ce qui s’ensuivit.

Tout et n’importe quoi : des échappées en forme de rébellion qui ne menaient à rien puisque nous revenions toujours l’un vers l’autre ; impossibles retours, éternels torts.

Et puis vint ce voyage nous ramenant à une source trop lumineuse pour ne pas être trompeuse.

A peine arrivés sur la plage nous nous sommes querellés nous renvoyant nos maux à tue-tête.

La violence trop longtemps contenue nous acheva.

Tu as fui, je t’ai perdue (de vue).

 

            As-tu pris cette barque amarrée près du rivage pour regagner une autre rive ?

 

 

Déferlante 

(© 2016/droits réservés)

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Drôle d’idée !

Posté par BernartZé le 16 avril 2016

Au choix !Tequila reposado J.C.

Un simple regard

 

             Ce que l’ennui peut faire (faire)…

 

     Mon chien était parti en vacances, ma femme avait pris le voile (crise de foi subite) et mon fils était sous la (bonne) garde de sa grand-mère ; bref une semaine de totale vacuité.

La flemme me poussait à ne rien faire de mes journées, pas même des courses pour me ravitailler.

Je les passais assis les bras ballants, un livre sur les genoux à contempler l’horizon sans lire plus de deux pages par heure ; une vitesse de croisière très modérée.

Quand il faisait beau je m’aventurais sur le rebord de la fenêtre, les jambes au-dessus du vide, pour mieux profiter des bienfaits du bon air et du soleil.

J’étais bien.

A force de me sentir ramollir je faillis même glisser de mon promontoire comme une crème glacée coulant sous l’effet de la chaleur.

Mes heures coulaient aussi S'écoulent les heures... avec une nonchalance qui finit par m’inquiéter lorsque je pris conscience de ma faim.

Une visite rapide en cuisine me fit réaliser qu’il n’y avait plus rien à manger, pas même une http://www.dreamstime.com/royalty-free-stock-photo-frozen-shrimp-image742895 oubliée au fond du congélateur.

J’ai tout juste retrouvé, cachée dans un placard, une conserve de Petits pois même pas extra.

Mais je n’avais pas envie de pois.

 

     Et donc, au bout de quatre jours de disette, je pris mon courage à deux mains ainsi que tout mon corps en charge pour aller au supermarket le plus proche.

Poussant mon Chariot plastique je cherchais l’inspiration.

Comme elle ne venait pas vraiment j’ai acheté deux ou trois bouteilles d’eau, des yaourts une salade en sachet (la flemme) un avocat un ananas et un chou romanesco KONICA MINOLTA DIGITAL CAMERA pour ses reliefs en forme de sapins sa part de rêve et son sens giratoire.

Et parce que je l’aime cru.

Aucune autre envie ne me vint ce jour-là si ce n’est une drôle d’idée en passant à la caisse.

 

     Le lendemain l’ennui le manque d’appétit et l’idée de m’amuser un peu me firent quitter à nouveau mon rebord de fenêtre pour revenir sur les lieux du crime que j’avais fomenté.

Le goût du jeu et de l’aventure me fit acheter seulement cinq bouteilles de tequila, chacune différemment spéciale, quinze de tonic Bouteille de tonic et un filet de Citrons verts.

Avant de rentrer chez moi à dos de chameau, j’ai goûté le plaisir de lire dans le regard de « l’hôtesse de caisse » (nommée ainsi aujourd’hui, par égard pour sa fonction ingrate sans doute) un mélange de surprise de consternation et de désapprobation pour l’alcoolique que je semblais être de toute évidence.

Elle n’osait presque plus me regarder au moment de payer.

 

     Mes emplettes mises au frais, je repris ma place sur mon rebord de fenêtre, le même livre sur les genoux.

A la nuit largement tombée, à l’heure écrite par ma montre L'heure écrite, je me suis attelé à la (grande) tâche de devenir alcoolique.

J’ai levé toute la nuit mon verre en repensant à ce regard à peine croisé.

 

            Salud !

  

 

Aïe tequila ! 

(© 2016/droits réservés)

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Bof bof bof…

Posté par BernartZé le 28 janvier 2016

A grenaille

Et Bonne année grand-mère !

  

            Le changement d’année pour passer de la chèvre au Année du singe se fera ou pas.

 

     En plein déménagement il avait retrouvé par hasard par mégarde ce « bijou » Pistolet à grenaille enfoui tout au fond d’une armoire.

Tant de temps s’était écoulé depuis celui où il en avait fait l’acquisition, inquiet honteux et désespéré.

Du temps des francs des Pages jaunes et du DCHFT7197 Musée des Confluences Lyon France, il avait galéré pour découvrir l’adresse d’un armurier perdu dans le 11ème arr. ; fallait-il qu’il se sentit paumé !

Un autre temps d’un autre siècle.

En s’efforçant de présenter un visage ouvert et serein il avait saisi son code lors du paiement sans entendre les recommandations (d’usage) du commerçant et s’était presque enfui comme un voleur.

Il tremblait encore en rentrant chez lui.

Fébrile et prudent il avait ouvert sur son lit le paquet cadeau empoisonné dont il avait rêvé depuis longtemps.

Il tremblait toujours en le prenant en main et en découvrant la boîte de grenailles.

Il avait prévu de longue date l’adagio sur lequel il mourrait, sans craindre le ridicule.

En allant se regarder dans le miroir simuler le geste ultime il vit un visage défait et plein de doutes dont les yeux étaient fixes You - œuvre de Colin Vearncombe.

Il détourna le regard sans oser lever son bras armé.

De retour sur son lit il avait rangé prudemment arme et munitions dans leurs boîtes en réalisant qu’il lui faudrait trouver bien du courage pour choisir l’heure et le jour.

 

     Et voilà qu’aujourd’hui lui revenait l’idée d’en finir une bonne fois pour toutes après des années de heurts qui l’avaient laissé exsangue et las.

Il était mentalement épuisé quand d’autres n’auraient pas hésité à dire qu’ils en avaient plein les bottes ; mais il vivait la plupart du temps en Charentaises Charentaises bis (les pieds en dedans !) sortant de moins en moins souvent.

A quoi bon s’entêter hormis l’orgueil et le refus de capituler ?

A quoi bon continuer à repousser sans cesse l’échéance ?

Rien n’avait changé, tout s’était aggravé, en dépit des efforts des combats et de ses rebuffades.

Ruer dans les brancards ne lui avait servi à rien et c’était sa vie seule qui s’était enfuie au galop.

 

     Le doute était omniprésent.

Cette arme retrouvée pourrait-elle l’aider des décennies plus tard alors qu’il avait toujours remis en question sa fiabilité ?

Un tel équipement de quatrième catégorie pouvait-il tuer à coup sûr ?

Comment le savoir sans l’essayer ? Comment l’essayer sans être sûr du résultat ?

 

            Le doute demeure, il est encore « en vie ».

Heureusement grand-mère est morte depuis belle lurette et ses cendres ne devraient pas se soucier de l’issue d’une vie ratée.

 

 

Pendu

(© 2015/droits réservés)

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De vrais mensonges et quelques vérités

Posté par BernartZé le 10 janvier 2016

Horloge fondante surréaliste

Surréalisme

  

            Hier j’avais dix-sept ans ; je n’étais pas Arthur Rimbaud à 17 ans (photographié par Carjat, en 1871) et j’étais sérieux.

 

     J’étais fondamentalement révolté L'insurgé poétique contre moi-même et je commençais déjà à considérer la vie comme une épreuve ; j’ignorais encore combien elle s’avèrerait difficile.

Mes camarades semblaient pour la plupart insouciants ; cet adjectif ne m’étant pas familier j’en ai découvert le sens en les observant.

Tandis que je plaisantais, ironisant pour faire bonne figure, ils étaient naturellement simples et pleins de joie de vivre.

J’étais heureux de les voir si gais alors que dans mes heures les plus sombres -en cachette- j’étais désespéré en sentant ma propre vie m’échapper et une multitude d’angoisses m’assaillir.

Par chance ces bons camarades lycéens puis étudiants me prêtaient un sens de l’humour qui paraissait les distraire et parfois les ravir ; cela m’autorisait à penser que je réussissais à faire illusion sans craindre de les importuner par ma seule présence un brin discordante.

 

     Quand je n’ai plus eu dix-sept ans, mes amis comme mes collègues de travail eurent l’indulgence de louer mon sens de l’autodérision, tout en me trouvant sans doute parfois un peu étrange et bizarre, mais si amusant.

Certains allant même jusqu’à m’inventer des qualités et une intelligence que je n’avais pas je me suis inquiété de savoir pourquoi leurs yeux voyaient un être que je n’étais pas.

Je n’ai jamais compris.

Comme si m’était tendu en miroir un portrait anamorphosé de mon visage Portrait anamorphosé ; drolatique mais ne correspondant à rien que je connaissais.

Au fil du temps le décalage devint large et flagrant (pour moi seul ?) et un beau jour…

 

     Je n’étais pas loin d’avoir deux fois dix-sept ans et mon dysfonctionnement structurel est devenu parfaitement invivable ; définitivement.

Adieu veau, vache, cochon, couvée et poulet et espoir de vie « normale » ; je ne serai jamais Perrette Perrette et son pot faute de pot ou de bol ; tant mieux telle n’était pas mon ambition.

La Somme (mathématique) de mes angoisses avait dépassé la mesure et ma déraison l’entendement.

Sortie de piste…

 

     Avant même d’avoir eu trois fois Dix-sept ans j’ai compris combien d’autres avaient su être jeunes et pas sérieux ; pour moi Point de non-retour avait été franchi sans tarder ; sans fards ni faux semblants mais non sans honte…

Aujourd’hui je suis plié de rires Plié de rires ! (et par quelques douleurs) en pensant à quel point j’ai brillamment réussi à passer à côté de ma vie.

Un moindre mal en regard d’un monde si plein d’afflictions.

 

            Cela dit comme j’ai mal , aïe !

 

 

A.R.  (Peut-être aurais-je dû fumer la pipe)

(© 2015/droits réservés)

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Autre temps

Posté par BernartZé le 4 décembre 2015

Cui-cui

Ludique !

(Cui-cui)

 

 

                Tu m’aimes, tu ne m’aimes pas ; je t’aime, tu ne m’aimes plus.

Même plus drôle…

 

     J’avais particulièrement froid cette nuit-là et j’étais seul, incapable de me concentrer et d’écrire quelques lignes.

Notre petit jeu durait depuis des Lustre composé de 18 abat-jour (deux pour être précis) et devenait malsain.

A force de plier pour ne pas rompre et de faire semblant de nous accorder toujours en nous reconnaissant des mérites que nous avions perdus avec le temps, nous nous sommes égarés.

Peu avant minuit, dans la nuit du 5 au 6 janvier d’une nouvelle année que nous avions souhaitée belle sans réellement y croire, j’ai compris que tu ne rentrerais plus.

La montre à gousset que tu m’avais offerte était encore dans sa jolie boîte (ouverte) et, la contemplant moins que les premiers jours, j’ai cru deviner le message que tu voulais me faire passer concernant la fin de notre couple ; efficace à défaut d’être subtil ou original.

Il était l’heure il était temps de nous défaire sans nous heurter davantage si possible.

 

     Aussi incroyable que cela puisse paraître (même pour moi qui l’ai vécu) nous ne nous sommes jamais revus.

De mails en sms, de messages téléphoniques en boites vocales saturées (par d’autres), nos adieux officiels ne se firent jamais.

Après avoir déserté l’appartement tu avais commandé à distance le déménagement de tes affaires que j’avais accepté de trier ; comment savoir quel livre quel disque ou quel bibelot ramené de nos voyages appartenait à l’un ou l’autre ?

Fatigué, j’ai laissé faire le hasard et Déménageurs ; nos meubles suédois me sont restés en souvenir.

Trois semaines plus tard je me suis épuisé en travaux de peinture pour ravaler les murs du salon, les repeignant en Bleu gris pétrole et Gris ciment fort souriants (!)

Et puis j’ai vite décampé.

 

     Cette nouvelle fuite, une autre maladresse, me permit de changer de quartier et de ressemeleur ; pas de t’oublier.

J’ai continué à marcher à côté de mes wd-BAT 1467 mode news essentiels_60 wd-BAT 1467 mode news essentiels_60 les pieds en-dedans.

Et puis j’ai survécu.

 

            J’ai appris par hasard que tu étais devenue mère quelque part au sud d’un autre ouest.

La nouvelle m’a fait sourire ; je ne saurais dire pourquoi.

Le temps qui nous fut compté n’a pas fait que des rides.

 

  

Eurythmics - Sweet  dreams (1983)  (Sweet dreams ; qui avons-nous été en rêves ?)

(© 2015/droits réservés)

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‘En caustique’ ?

Posté par BernartZé le 23 septembre 2015

Oui-Oui marin

Quel orgueil !

            

            Quelle vanité !

 

     Tout fiers les parents d’avoir un enfant qui sait lire précocement.

Tout fiers de lui parce qu’après un seul livre lu dans la collection rose destinée aux petits tout petits leur descendant est directement passé à la verte pour les grands ; quel exploit si jeune !

Il faut dire que la Bibliotheque verte c’est des livres en cascade jusqu’à plus soif Bibliotheque pleine et des histoires faites de vraies phrases bien construites pleines de mots.

L’ensemble mettant en exergue de belles valeurs humaines et étant bien sûr porteur de multiples messages quasi existentiels, limite philosophiques.

De quoi rendre intelligent la plupart des jeunes enfants à l’esprit…spongieux (Éponge naturelle de mer oui oui !).

 

            Se serait bien aussi de lui apprendre à être heureux…

  

 

Du Rose au Vert chlorophylle au Noir ?

(© 2015/droits réservés)

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A l’avenir plus de promesse

Posté par BernartZé le 5 septembre 2015

Paume main gauche

Pa-ralytique

            

            Pas encore mais ça vient !

 

     Encore un peu de patience cela ne saurait tarder : ma main gauche ne répond plus ; inerte, toute mollassonne.

Membre devenu amorphe qui a définitivement refusé de se réveiller l’autre matin.

C’est un signe et l’annonce de ne plus pouvoir jouer de mon ambidextrie ; c’est embêtant.

Sourde aux commandes de mon cerveau, elle semble désormais totalement inutile…à moins de m’en servir pour distribuer des gifles à tout va en agitant mon bras gauche fermement tenu par l’autre main.

 

     J’ai beau écrire de la main droite, sa copine me sert souvent à…ouvrir les bocaux Poivrons en lamelles et ma porte d’entrée Serrure porte d'entrée !

Deux exemples apparemment anodins qui ne le sont nullement si l’on sait que je suis absolument incapable d’exécuter ces simples gestes du quotidien sans les cinq doigts qui terminent mon bras gauche ; c’est pour moi physiquement contre nature.

C’est comme ça !

 

     En toute logique…la mienne tout du moins, comment est-il possible d’ouvrir un bocal de la main droite sans se tordre le poignet dans le même mouvement allant en sens inverse de celui des aiguilles d’une montre ?!

De même, comment réussir à tourner deux fois sa clef de sol Clé musicale, non de porte Clé sans s’écraser une épaule et se tordre les doigts droits ?!

La serrure étant le plus souvent située à gauche sur les portes d’entrée d’appartement, il faut être surentraîné pour parvenir à ce qui constitue un véritable exploit pour mes petits muscles et moi.

Mais je suis peu de choses, aujourd’hui moins encore.

 

            Désormais… ; nous ne vieillirons pas ensemble

Que de références un brin funestes pour un avenir débarrassé de toute promesse.

Pourtant il va bien falloir trouver une solution de remplacement, réagir contre l’adversité et apprendre à vivre d’une (seule) main aussi vive qu’agile ; alerte et légère pour deux.

Il serait évidemment politiquement (et socialement) incorrect de renoncer pour si peu quand…des tétraplégiques vivent avec le sourire en grimpant aux sommets des montagnes, faisant du ski du tennis (en fauteuil, sans les bras) ou pratiquant le curling sur roulettes avec amortisseurs ; un doute demeure concernant la concrétisation de ces deux derniers exemples.

 

     Qu’importe !

Il faut lutter pour survivre et garder la tête hors de l’eau ; ah bon ?…

 

  

Poivrons trois couleurs 

(© 2015/droits réservés)

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De l’air !

Posté par BernartZé le 15 août 2015

Brosse soufflante Babyliss AS80E

Souffle le vent

            

            Impeccable brushing pour mes cheveux gris et moi revenus de loin !

 

     Des urgences de l’hôpital du coin de ma cambrousse, suite à une malencontreuse chute de cheval.

Mes escalades champêtres ont failli me tuer.

 

Je m’entraînais à faire des cabrioles tel un écuyer Antonio Franconi, écuyer italien dans mon champ labouré (culture de Blettes à carde) quand j’ai tout bêtement chu sur la tête ; c’est très bête.

Et surtout ça fait mal un peu partout au corps ; à la tête -alouette- (traumatisme crânien) aux cervicales au dos aux bras aux jambes et même aux cheveux ; juré !

Après dix jours de coma, le minimum pour me reposer, je me suis réveillé la mine un peu chiffonnée et les membres froissés.

Quelques brisures en guise de fractures pour rester modeste et le port obligatoire d’une très jolie minerve plâtrée pendant onze mois ; libéré juste avant Noël dernier Petit sapin de Noël !

 

     Et depuis je revis.

Je ne monterai jamais plus sur un cheval, j’ai toujours mal au dos, je ne cultive plus rien si ce n’est l’art de me moquer de tout, à commencer par mon futur aléatoire pour cause de santé précaire.

Peut-être ne pourrais-je toujours pas décorer mon sapin à la fin de l’année ce qui me sera égal car j’envisage de me remettre au bowling, version handisport.

Et vlan dans les Bowling !

 

            Je suis né coiffé puisque j’ai survécu.

Tous mes cheveux rasés pour l’occasion ont repoussés, plus noirs plus blancs plus gris.

J’ai retrouvé les plis de ma lointaine enfance, quand je croyais à mon glorieux destin.

Après bien des tempêtes récoltées je vais pouvoir tranquillement continuer à vieillir…

 

 

Pégase 

(© 2015/droits réservés)

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Rétro vision

Posté par BernartZé le 3 août 2015

Œil

Jusque dans la tombe

  

            L’œil était derrière lui, lisant son journal sur lequel il se penchait chaque soir.

 

     C’est vers l’âge de neuf ans que l’idée avait germé après avoir vu un film où l’héroïne écrivait cachée dans un grenier.

Et dès le lendemain d’acheter tout spécialement un cahier flambant neuf Journal pour essayer de tenir un journal intime, puisque telle était la formule consacrée.

Le premier tome de ses futures mémoires fut entamé en plein hiver : un dix-neuf janvier.

Un jour de neige Jour de neige et de bouleversements climatiques en tous genres dans sa petite ville où tout se mit à patiner et à glisser.

Sauf sa plume sur le papier ; qu’écrire, de quoi parler ?

Ce premier soir, à l’issue de ses devoirs, il s’essaya à l’écriture hors du cadre scolaire.

Neuf lignes lui suffire pour résumer maladroitement sa palpitante journée d’écolier.

Quelques mots étirés pour tenter de raconter son lever son petit-déjeuner son départ à l’école sur son petit vélo Petit vélo - Copie et le retour à la maison pour faire ses devoirs, dîner et se coucher.

Mais il n’avait jamais réussi à monter la pente du garage sur ses roulettes et il n’y avait pas eu école pour cause « d’extrêmes intempéries » ; l’événement fut même largement relaté à la une de la dépêche locale…avec nettement plus de détails et de talent que lui.

Sa page d’écriture avait vite tourné court même s’il avait dû s’y consacrer près d’une heure avant de refermer son cahier.

Quand il relut ses lignes le lendemain soir il eut un haut-le-cœur ; dégoûté par son échec il ne put trouver le courage de se remettre à l’ouvrage.

Coupable d’être parti de rien pour arriver nulle part, son écœurement fut à la mesure de ce terrible constat.

 

Une semaine passa avant qu’il ne fasse une nouvelle tentative ; la neige avait fondu.

Il s’acharna un soir puis deux puis trois et tout un mois avant d’admettre à regret qu’il n’avait pas le moindre talent de conteur et que sa propre histoire ne l’intéressait pas.

Fin du premier acte.

 

     Par-dessus son épaule quelqu’un lisait…

Cinq ou six années plus tard, en pleine adolescence, il s’hasarda à coucher sur le papier ses interrogations et les doutes qui ne cessaient de lui revenir en rafales ; pour tenter de (se) comprendre.

C’est ainsi qu’il se mit à consacrer des heures de plus en plus longues à (se) parler de lui, au détriment de son travail scolaire et de son sommeil qui se réduisit progressivement.

Quand son cœur fit ses premiers bonds il alla jusqu’à s’épancher sur une moitié de cahier en une seule nuit.

A force de les empiler il dût recourir à des agendas Agenda nettement plus épais (sans lignes !).

Il se confia sans fin jusqu’à épuisement tellement il éprouvait le besoin de dire ce qu’il ne pouvait révéler à personne.

Comme pour se délivrer d’insupportables tourments impossibles à partager.

Il ne tarda pas à devenir paranoïaque soupçonnant même sa propre sœur de venir lire son journal en cachette ; il le mit sous clef tout en redoutant une effraction du tiroir et la découverte de ses secrets d’encre enfouis au fond.

Il crut même lire un jour les signes de la trahison sur le visage de sa jumelle dont il soupçonnait de plus en plus un excès de curiosité déplacé.

Heureusement, non sans efforts, il parvint à se raisonner…tout en continuant à fermer le tiroir à clef chaque nuit.

Fin de l’acte deux.

 

     Il écrivait sans relâche…

Au fil des années il s’était encombré d’agendas puis de piles de manuscrits de tapuscrits et de pages imprimées de ses œuvres d’écrivain qu’il s’était cru être devenu à force de travail.

Un automne passé à Vienne, au fin fond d’une forêt Au fin fond d'une forêt où il s’était perdu, il comprit qu’il était vain et stupide de se prendre pour Schnitzler ou Zweig et qu’il ne pourrait jamais prétendre à ce degré d’absolu.

Retrouvant la raison, il revint à plus de modestie tout en commençant à démarcher postalement des maisons d’édition ; des réponses négatives alternèrent avec une totale absence de réactions (la politesse ne fait pas loi dans ce milieu), puis vinrent deux offres d’édition à compte d’auteur qu’il déclina.

Et les publications numériques apparurent menant directement aux livres électroniques Livre électronique ; désormais impossible de respirer profondément la bonne odeur des pages A livre ouvert (2) parfois un peu moisies.

Au bout d’un nombre conséquent de mises en ligne c’est pourtant ainsi qu’il se fit remarquer connaître puis effectivement imprimer.

 

            Il aurait pu mourir heureux mais il continua à écrire dans l’espoir de réussir à apprécier un jour ses propres mots.

 

     L’œil était toujours là attendant de s’émouvoir et de s’émerveiller…

 

Œil 2 

(© 2015/droits réservés)

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12
 

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