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Rétro vision

Posté par BernartZé le 3 août 2015

Œil

Jusque dans la tombe

  

            L’œil était derrière lui, lisant son journal sur lequel il se penchait chaque soir.

 

     C’est vers l’âge de neuf ans que l’idée avait germé après avoir vu un film où l’héroïne écrivait cachée dans un grenier.

Et dès le lendemain d’acheter tout spécialement un cahier flambant neuf Journal pour essayer de tenir un journal intime, puisque telle était la formule consacrée.

Le premier tome de ses futures mémoires fut entamé en plein hiver : un dix-neuf janvier.

Un jour de neige Jour de neige et de bouleversements climatiques en tous genres dans sa petite ville où tout se mit à patiner et à glisser.

Sauf sa plume sur le papier ; qu’écrire, de quoi parler ?

Ce premier soir, à l’issue de ses devoirs, il s’essaya à l’écriture hors du cadre scolaire.

Neuf lignes lui suffire pour résumer maladroitement sa palpitante journée d’écolier.

Quelques mots étirés pour tenter de raconter son lever son petit-déjeuner son départ à l’école sur son petit vélo Petit vélo - Copie et le retour à la maison pour faire ses devoirs, dîner et se coucher.

Mais il n’avait jamais réussi à monter la pente du garage sur ses roulettes et il n’y avait pas eu école pour cause « d’extrêmes intempéries » ; l’événement fut même largement relaté à la une de la dépêche locale…avec nettement plus de détails et de talent que lui.

Sa page d’écriture avait vite tourné court même s’il avait dû s’y consacrer près d’une heure avant de refermer son cahier.

Quand il relut ses lignes le lendemain soir il eut un haut-le-cœur ; dégoûté par son échec il ne put trouver le courage de se remettre à l’ouvrage.

Coupable d’être parti de rien pour arriver nulle part, son écœurement fut à la mesure de ce terrible constat.

 

Une semaine passa avant qu’il ne fasse une nouvelle tentative ; la neige avait fondu.

Il s’acharna un soir puis deux puis trois et tout un mois avant d’admettre à regret qu’il n’avait pas le moindre talent de conteur et que sa propre histoire ne l’intéressait pas.

Fin du premier acte.

 

     Par-dessus son épaule quelqu’un lisait…

Cinq ou six années plus tard, en pleine adolescence, il s’hasarda à coucher sur le papier ses interrogations et les doutes qui ne cessaient de lui revenir en rafales ; pour tenter de (se) comprendre.

C’est ainsi qu’il se mit à consacrer des heures de plus en plus longues à (se) parler de lui, au détriment de son travail scolaire et de son sommeil qui se réduisit progressivement.

Quand son cœur fit ses premiers bonds il alla jusqu’à s’épancher sur une moitié de cahier en une seule nuit.

A force de les empiler il dût recourir à des agendas Agenda nettement plus épais (sans lignes !).

Il se confia sans fin jusqu’à épuisement tellement il éprouvait le besoin de dire ce qu’il ne pouvait révéler à personne.

Comme pour se délivrer d’insupportables tourments impossibles à partager.

Il ne tarda pas à devenir paranoïaque soupçonnant même sa propre sœur de venir lire son journal en cachette ; il le mit sous clef tout en redoutant une effraction du tiroir et la découverte de ses secrets d’encre enfouis au fond.

Il crut même lire un jour les signes de la trahison sur le visage de sa jumelle dont il soupçonnait de plus en plus un excès de curiosité déplacé.

Heureusement, non sans efforts, il parvint à se raisonner…tout en continuant à fermer le tiroir à clef chaque nuit.

Fin de l’acte deux.

 

     Il écrivait sans relâche…

Au fil des années il s’était encombré d’agendas puis de piles de manuscrits de tapuscrits et de pages imprimées de ses œuvres d’écrivain qu’il s’était cru être devenu à force de travail.

Un automne passé à Vienne, au fin fond d’une forêt Au fin fond d'une forêt où il s’était perdu, il comprit qu’il était vain et stupide de se prendre pour Schnitzler ou Zweig et qu’il ne pourrait jamais prétendre à ce degré d’absolu.

Retrouvant la raison, il revint à plus de modestie tout en commençant à démarcher postalement des maisons d’édition ; des réponses négatives alternèrent avec une totale absence de réactions (la politesse ne fait pas loi dans ce milieu), puis vinrent deux offres d’édition à compte d’auteur qu’il déclina.

Et les publications numériques apparurent menant directement aux livres électroniques Livre électronique ; désormais impossible de respirer profondément la bonne odeur des pages A livre ouvert (2) parfois un peu moisies.

Au bout d’un nombre conséquent de mises en ligne c’est pourtant ainsi qu’il se fit remarquer connaître puis effectivement imprimer.

 

            Il aurait pu mourir heureux mais il continua à écrire dans l’espoir de réussir à apprécier un jour ses propres mots.

 

     L’œil était toujours là attendant de s’émouvoir et de s’émerveiller…

 

Œil 2 

(© 2015/droits réservés)

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Ce n’était pas, ce n’est plus

Posté par BernartZé le 19 juin 2015

Whiskey

Nous irons à Vérone…

 

            …un beau jour peut-être.

C’est ce que je m’étais bêtement dit sous l’effet de la boisson ; encore fallait-il être deux.

 

     Pété comme un coin je ne ressentais plus rien que mon amour contrarié.

J’avais bien trop bu ce soir-là : trop de whiskey Scottish whiskey et de coupes de champagne Coupe à champagne Verone noir levées seul, trop de mélanges sans trop manger.

C’est ainsi que l’on finit parfois par se faire des promesses et à croire n’importe quoi !

Malàmonâme une fois de plus, j’ai voulu espérer encore.

Aller au devant d’une nouvelle déception ne risquait pas de m’effrayer tant j’en avais vu depuis huit ans que nous nous connaissions ; si bien, si mal.

Je t’aimais tu m’aimais on s’aimait…quelle illusion !

Et toujours la même distance entre nous, imperceptible et inacceptable.

J’aurais voulu…tu préférais rester sur la réserve ; j’en demeurais le seul marri.

Évidemment avec le recul du temps je me demande si tu ne m’as jamais aimé.

Peut-être redoutais-tu simplement de vivre seule, quitte à m’utiliser pour tromper ton angoisse.

 

     Un froid me parcourt soudain et Vérone est bien loin.

Il me semble que l’hiver a perduré au-delà du raisonnable.

J’ai rêvé j’ai eu tort je ne regrette rien.

J’ai rêvé j’ai eu tort de me tromper d’amour.

Et tu n’y es pour rien.

 

            Ce soir-là j’ai préféré basculer dans l’oubli, par la fenêtre ouverte.

 

 

 

Nous irons à Vérone - Charles Aznavour (1973)  

(© 2015/droits réservés)

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Une histoire d’autrefois

Posté par BernartZé le 18 février 2015

Youpi 17 ans !

A dix-sept ans…

  

            Il ne bondissait pas comme dans les publicités « Hollywood chewing gum » qui lui étaient carrément insupportables.

 

     Pas de fraîcheur de vivre ni d’insouciance chez cet adolescent mal dans son siècle.

Il n’était pas capable de prendre la vie comme elle venait et n’était en somme pas très heureux.

Dans ses fréquentations lycéennes, les camarades vivant d’amour et de goût très frais ne gravitaient pas dans son cercle d’amis ; il n’en avait d’ailleurs pas.

Comment en vouloir aux jeunes -aux vrais- qui préféraient se distraire des heures de cours autrement qu’en tenant compagnie à un triste sire ?

 

     Le seul « goût très frais » qu’il connaissait bien était celui du Tartare ail & fines herbes qu’il mangeait goulument à la Petite cuillère chaque jour, sans pain ; il en avait même acheté une tout spécialement dévolue à cette consommation particulière.

Il n’avait jamais osé avouer à personne son addiction ni le fait qu’il faisait des réserves en achetant ses pots par lots de quinze ; impossible d’être assuré de la fraicheur du produit au-delà.

 Deux semaines (seulement) de tranquillité en espérant qu’une guerre ou un embargo ne seraient pas déclarés ; petite angoisse panique au creux de son cerveau qu’il aurait aimé avoir plus zen In the head ; il n’était pas né ainsi.

Bref, l’image idyllique de la Fraîcheur de vivre était bien loin de l’univers plus sombre et moins sportif qui était le sien.

 

     « On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans » ; tu parles Charles !, enfin Arthur.

Il tomba amoureux, se trompa et se morfondit.

Son cœur fou prit la poudre d’escampette et se perdit dans des méandres sans fin.

Il devint anémique (malgré sa ration quotidienne de « goût très frais » ; mais les lampées de petite cuillère ne passaient presque plus) et même somnambule Le somnambule !

Des voisins qu’il ne connaissait pas le ramenèrent in extremis du bord d’un toit mais, faute de sentiment, il ne sut pas comment leur exprimer sa reconnaissance.

Sa figure prit une apparence immensément tragique et il sembla devenir définitivement étranger au monde adolescent.

Il se laissa griser par d’autres vapeurs moins licites et plus néfastes à sa santé mentale (sans parler du physique).

 

     A dix-huit ans, le bac en poche et s’étant convaincu de ne pas avoir tiré le bon numéro à sa naissance Boule n°17, il prit un train.

Long silence sur sa ligne…

Selon des sources non vérifiables, il serait devenu chaman Chaman quelque part au fin fond du Népal.

 

            C’était au siècle dernier…

 

  

Rimbaud âgé de 17 ans (octobre 1871) 

(© 2015/droits réservés)

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Le mal de terre

Posté par BernartZé le 22 janvier 2015

Presque plus debout

Chute (définitive) imminente

  

            Plus de muscles, plus…debout !

 

     Comme un défi à l’attraction terrestre, comme le refus de l’inéluctable.

Tout en marchant dans la rue à 2km/h il n’en était certes pas encore réduit à se mouvoir en béquilles Plus de muscles... et à provoquer pitié et compassion.

Mais ses muscles s’amenuisant de jour en jour, sa démarche devait paraître de plus en plus étrange aux passants.

Sans doute était-ce la raison pour laquelle il avait pu noter des égards redoublés à son encontre, comme s’il était en sucre.

Il était devenu vieux et fragile en peu d’années ; à peine le temps de tomber malade et de ne jamais se rétablir ; il n’avait rien compris à ce qui lui était arrivé alors qu’il se pensait encore assez jeune pour courir dans la rue ou dans les couloirs du métro afin de bondir de justesse dans une rame en partance.

 

     Pas de compassion ?

En fait il éprouvait des doutes vues les mines fréquemment…compassées qu’il devait s’efforcer de ne pas voir.

Sans parler de la question bateau « comment allez-vous ? » à laquelle il répondait toujours à côté !

En tous cas, pas la moindre compassion de la part de ses ex amis qu’il avait définitivement effrayés -bien malgré lui !- au fur et à mesure de sa dégradation physique.

Tous aux abonnés absents en deux temps et un seul mouvement solidaire…entre eux Belle solidarité en quelques mois, dès le début ; s’ils le voyaient à présent…

Une belle leçon de fidèle amitié finalement !

 

     Faute d’avoir eu l’impudeur de leur livrer ses déboires et autres états d’âme (manque d’habitude ?), ils n’avaient rien su de ses chutes répétées, pas plus celles en avant Chute que celles lourdes à la renverse Haddock tombe.

A quoi bon d’ailleurs les importuner avec de telles histoires sans intérêt ?

En dépit d’une fracture vertébrale et d’un dos Colonne vertébrale qui s’était progressivement déconstruit, il ne pouvait se plaindre de souffrir officiellement de dystrophie musculaire Dystrophie musculaire ; non juste d’une atrophie totale de tous ses muscles qui lui donnait à peu près ce même look avantageux d’un esthétisme ébouriffant.

A présent les escaliers l’angoissaient autant qu’ils lui faisaient peur : leur montée était douloureuse lente et pénible, leur descente, périlleuse relevant d’un numéro de haute voltige, lui faisait systématiquement entrevoir une brutale dégringolade Chute en avant.

 

     Les choses empirant, condamné à souffrir en permanence, il envisageait sérieusement (chaque jour de plus en plus) de devoir recourir à moyen terme à un bon vieux fauteuil (à peine) roulant ressorti d’un musée Ce bon vieux fauteuil roulant.

Suite à des recherches approfondies, il avait trouvé d’autres modèles hors de prix tel ce fauteuil high-tech Fauteuil roulant électrique bis ou cet autre singulièrement futuriste Fauteuil roulant hightech.

Et même un véritable petit tracteur de ville Un petit tracteur ! !

 

            Fin prêt à se coucher définitivement, renoncer et mourir ?

Après tout qu’y a-t-il de plus proche de la position allongée qu’une pierre tombale Tombe ?!

En attendant d’entrer peut-être dans un autre monde L'entrée dans un autre monde ; debout…

 

 

  

Cercueil de Sarah Bernhardt

(© 2015/droits réservés)

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Existentiellement elle

Posté par BernartZé le 7 octobre 2014

Le vide - Antoni Taulé (1983)

Du baume au cœur

  

            Elle aurait bien aimé trouver quelqu’un à qui parler ; mais plus personne plus rien à vingt mille lieues à la ronde sur terre.

 

     Il faisait toujours froid dans sa grande chambre d’hiver où résonnaient les courants d’air et les regrets ; pire que dans la plus désaffectée des églises Eglise vide.

Même chez elle, faute de foi et d’espoir, cela faisait longtemps qu’elle ne priait plus, n’attendant ni changement ni fin.

A défaut d’interlocuteur seule une chaise vide Chaise vide lui faisait face, durablement occupée par une vieille valise de voyage Valise de voyage ; voyages fait par ses grands-parents du temps de leur jeunesse dorée et aventureuse.

Elle était emplie de cartes de photos de souvenirs en tous genres et de chemins tracés à travers le monde qu’elle n’avait jamais vu autrement qu’en imagination.

Aucune photo personnelle si ce n’est d’elle à cinq ans Brigitte Fossey (dans Jeux interdits) ; ou bien était-ce la photo d’une autre ?

De toutes façons elle avait décidé un jour de ranger la valise dans le fond d’un placard au milieu de chaussures qu’elle ne portait plus depuis de longues années ; plus envie.

Plus d’envies de promenades et de se perdre au hasard des rues ; plus le goût à baguenauder ni à marcher le nez en l’air en s’emplissant les poumons de bon air et les yeux d’images pleines de vie.

 

     Un soir en rentrant chez elle, elle avait fermé sa porte et décidé de ne plus jamais sortir, sauf par nécessité absolue (Sac de courses vertes) une fois toutes les deux semaines.

Son Chat noir (le nez en l'air) en était mort à force d’attendre sa Pâtée, toutes les plantes vertes aussi, à l’exception d’un vieux cactus Cactus en pot qui se desséchait sur pied depuis plus d’une décennie.

Demeurait dans un angle supérieur de sa chambre juste en-dessous du plafond un bout de frise animalière et végétale Frise nature.

 

     Avant d’en venir à une extrême extrémité du genre Jardin de Vienne elle avait essayé de se soigner.

Pas question de consulter ; alors de temps en temps du chocolat en petite quantité Carrés de chocolat noir pour tenter de se remonter le moral et un Sourire ''blanc'' pour réussir à s’oublier.

Cela fonctionna sur son esprit de moins en moins bien jusqu’au jour où elle ne put plus s’offrir ce genre de consolation faute de moyens.

Pilules de Prozac Une bonne dose journalière d’antidépresseurs aurait-elle pu encore l’aider à ce stade ?

Pas de médecin, pas d’ordonnance ; nul ne le saura jamais.

 

     Faute de détails et de certitudes, on imagine que, sortant de plus en plus rarement puis plus du tout, elle a fini par s’amoindrir progressivement jusqu’à ne plus pouvoir quitter son lit.

Quand a-t-elle senti ses dernières forces l’abandonner ?

Peut-être des années avant de disparaître…

 

            Pauvre petit cœur malade qui n’a pas su trouver seul une caresse pour le sauver.

What a pity !

Mais mimi le champi Mimi le champi ! (rien à voir).

 

 

Valise recyclée 

(© 2014/droits réservés)

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Faussaire !

Posté par BernartZé le 28 septembre 2014

Autoportrait de Theophrastos Triantafyllidis (1952)

Θεόφραστος

  

            Théophraste, il s’appelait Théophraste !

 

     Rien à voir avec le philosophe grec ou le médecin journaliste totalement inconnu et oublié s’il ne restait le prix littéraire portant son nom (rendez-vous en novembre chez Drouant pour les parisiens branchés), ni même avec Gaston Leroux.

Non, le mien était un peintre grec ; un peintre pas un pâtre, les deux n’étant cependant pas incompatibles.

 

     Calme et tranquille (selon son jardinier) comme un bateau sur une eau plate Boats in calm water - Theophrastos Triantafyllidis, il navigua allègrement entre impre- post- et expressionnisme.

A croire qu’il avait eu tout le temps de vivre et de découvrir la nature en moins de trois-quarts de siècle.

Rêveur et solitaire il aurait pu fondre en dépression si ce n’était son incommensurable curiosité envers son entourage ; un appétit qui lui évita bien des périls.

Heureusement pour lui il n’était pas plus du genre à hurler à la lune claire Rêveur solitaire que de peindre ce style de paysage Bateau solitaire sur la jetée (d’un goût pictural assez discutable), pas même selon la technique pointilliste ; du reste il ne s’y est jamais essayé.

Non, ses bateaux Bateaux sur le rivage avaient l’air nettement plus ancrés dans le paysage ; question de regard et d’acuité visuelle sans doute.

Certains de ses compatriotes devinrent plus tard comme lui Yiannis Moralis - Paris 1938 ou d’autres des peintres de la cécité ; ne les ayant pas fréquentés il ne put en prendre ombrage et ses toiles restèrent lumineuses (un paradoxe vue sa mine de papier mâché) Maisons grecques - Theophrastos Triantafyllidis, mettant souvent en scène d’infimes détails du quotidien Photographe - Theophrastos Triantafyllidis.

 

     Il mourut (comme tout le monde) sans…rien savoir de celui Théophraste (Θεόφραστος) Renaudot qui avait porté son prénom trois siècles avant lui.

 

            Au fait qui c’est ce type portant pinceaux que je ne connais pas le moins du monde et dont je n’ai jamais vu la moindre œuvre ?!

 

Mensonge ! 

(© 2014/droits réservés)

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Du « pas vécu » (même pas « presque » ?)…

Posté par BernartZé le 3 octobre 2013

Du

Borderline

           

            …et tout nu borderline-150x150 dans Du “pas vécu” (même pas “presque” !)… !

 

     Pour qui passait par là en plein jour, rien que de très ordinaire : un simple toit toit-bis.

Non ! Pas de tuiles, mais des ardoises-bis1 plus en rapport avec le voisinage et la région.

Un chien sagement assis semblait y faire la sieste ardoises-et-chien-assis-150x150, pas vraiment décidé à sortir de sa niche.

Apparemment rien pour venir troubler ce calme…

 

      maison A minuit très passé pourtant parfois…s’opérait une sorte de déménagement sur la toiture.

Telle une…anamorphose d’épinards en branches fleuries anamorphose-depinards-en-branches-bis1-150x40 (!), il s’étalait sous la lune.

Sur le rebord de la fenêtre, apparaissaient soudain deux jambes blanches donnant l’impression de vouloir arpenter des ardoises et de descendre la pente.

Il avait beau savoir qu’il lui serait impossible de marcher jusqu’à la gouttière située en contrebas des volets de sa chambre, il était régulièrement tenté par l’aventure.

Un plaisir nocturne et le bonheur de ressentir la fraîcheur estivale le contentaient déjà largement.

 

     Malgré sa surprenante audace il choisit de réitérer l’expérience plutôt que de chercher à (se) comprendre.

 

            L’automne venu, il prit étonnamment froid…

 

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(© 2013/droits réservés)

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Du « pas vécu » (même pas « presque » !)…

Posté par BernartZé le 3 mars 2011

confidencepourconfidencejeanschultheis1981.jpg 

Confidence pour confidence

               

            Je n’ai rien à vous dire.

Je n’avoue jamais rien ; tant pis pour moi.

    

     C‘est bien dommage, mais c’est ainsi qu’il vous faut l’accepter.

Tout ce que vous m’avez dit, dans le creux de l’oreille, ne supposait pas la moindre contrepartie.

Vous vous êtes épanchée, je vous ai écoutée, et si j’ai pu en cela vous aider, j’en suis ravi.

Ravis aussi mes sentiments à votre égard qu’il me faut continuer à taire, par pudeur et manque de courage ; je l’admets, sans oser vous le dire.

Je suis bien lâche de me soustraire, comme vous m’avez paru bien courageuse de pouvoir autant vous répandre.

Je n’aurai jamais su ainsi me déverser.

    

     Du temps où vous m’étiez si chère, vous n’étiez pas du tout mon genre…au début.

Ah ! Tous ces sentiments égarés en pure perte ; les vôtres pour lui, les miens pour vous !

Vous…vous en êtes sortie meurtrie ; je ne m’en suis pas sorti du tout.

Vous l‘avez tant aimé, tant attendu, tant espéré ; je n’ai rien fait de tel, j’étais vaincu d’avance.

Je me suis seulement consumé en silence.

Vous avez longtemps cru à ses promesses et ses mensonges, tant vous vouliez y croire.

Ne croyant pas en moi, je n’ai jamais douté que jamais rien vous ne remarqueriez.

Mon intérêt pour vous, apparemment désintéressé, vous allait bien.

Il vous convenait de penser que mon amitié -toute dévouée- était le produit d’un altruisme et d’une générosité sans bornes.

Si ce n’était pas faux, c’était loin d’être entièrement vrai.

    

     Je voudrais que vous sachiez à quel point vous avez été aimée.

Mais comment faire sans vous le dire, sans vous le révéler ?

Dire que lors de notre première rencontre nous ne nous étions même pas supportés !

Un quiproquo, une mésentente ; passons.

Plus tard…votre besoin de parler, l’envie de vous écouter et des liens se sont crées.

C’est comme ça et ce fut comme si nous devions nous rencontrer.

Certes les circonstances étaient malheureuses pour vous ; puis elles le furent pour moi…

C’est ainsi !

Et lors de vos fiançailles avec la mort, dans un moment d’abandon et de découragement, il en fut de même.

En toute logique : vous ne pensâtes qu’à lui ; je ne m’inquiétai que de vous.

    

     C’est drôle la vie !

Quand elle vous prend et qu’elle ne vous lâche plus, on accepte tout d’une tierce personne, quitte à se sacrifier, en toute inconscience.

L’aveuglement passé, il n’est pas rare de s’interroger sur les motifs d’une telle passion irraisonnée.

De là à pouvoir justifier des sentiments (souvent) inexplicables…

Comme s’il en était besoin !

Après tout, pourquoi à tout prix chercher à exprimer l’indicible ?

Pourquoi vouloir couper les ailes de mouches en quatre à seul dessein de ne pas (se) découvrir des raisons de regrets ?

Gardons-nous des crises de masochisme ; évitons de verser dans l’auto-flagellation !

C’est aussi vain que théâtral.

    

     Ainsi, nous nous sommes égarés ; vous…vous êtes, par bonheur, retrouvée.

Des litres d’eau, plusieurs ponts, des écoulements plus tard, vous avez ri de vous, allant même jusqu’à déconsidérer celle que vous étiez alors.

Sans toutefois vous trahir, votre jugement sévère vous conduisit à penser que vous étiez bien bête du temps où vous l’aimiez !

A quoi bon un tel dénigrement ?

Si vous l‘aimiez autant, c’est qu’il devait en valoir la peine, à vos yeux.

Mais aujourd’hui, bien sûr, avec mari et enfants, tout cela doit vous sembler ridicule et risible.

Un brin grotesque, peut-être ?

Comment trouver « comique » une situation qui vous a tant blessée ?

C’est absurde, je pourrais en témoigner…

    

     Et de me retrouver seul à me souvenir, et de continuer à me taire.

Je crois bien que c’est vous que aviez appris à aimer à travers moi.

               

            Confidence pour confidence : si j’ai pu vous aider, tant mieux pour vous, tant pis pour…

(© 2011/droits réservés)   

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