Indignons-nous !

Posté par BernartZé le 6 février 2016

Sourcil circonflexe

Avec circonspection

  

            Oh ! La vilaine tâche qui consiste à tenter de renier les origines d’une langue en faisant foin de l’étymologie de ses mots.

Oh la vilaine tache !

 

     Alors donc le « langage sms » finira un jour par servir de référence à tous nos écrivains en herbe ou reconnus ? ; pauvre Marcel…qui aura définitivement perdu son temps et gâché sa vie !

Banalisons la langue, réduisons-là à sa plus simple expression et bientôt nous ne nous parlerons plus, faute de pouvoir échanger des idées soutenues et argumentées.

A quoi bon discourir quand la rhétorique semble condamnée à devenir le comble du ridicule et de la perte de temps ?

L’art de réduire les mots à leur plus simple expression fera bientôt loi.

 

     Vive les onomatopées et les borborygmes ! ; grognons désormais.

Ce sera vachement plus simple et moins fatigant de passer nos journées à tué le tan tel dé um1 mdr.

Tant pis pour les mouvements entrés en résistance Mouvement de résistance qui ne comprennent rien à l’évolution (coucou Darwin !) et à la simplification de la vie quotidienne.

Qui a parlé de nivellement par le bas et d’appauvrissement du langage et de nos modes de communication ?

Pas fun, pas top ; rien pigé !

 

            Les vieux débris que certains assument d’être continueront à s’entêter et à se souvenir de leurs maîtres et maîtresses d’école qui leur ont appris à aimer les nuances et les subtilités d’une langue reçue en héritage.

Le circonflexe, l’accent de l’élégance, perdurera ; gardez-vous bien de vouloir le réformer !

 

     Et déjà le Tréma en péril que l’on voudrait guillotiner…

 

 

Marcel Proust à 6 ans

(© 2016/droits réservés)

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Mon dieu quelle colère !

Posté par BernartZé le 17 septembre 2015

Obscurantisme (Goethe)

Contre-anathème

            

            Aucun Dieu ici-bas ou ailleurs ne me dictera jamais sa loi !

 

 

Anathème (par François Mouillard)

(© 2015/droits réservés)

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Panique en cuisine(s)

Posté par BernartZé le 19 juin 2015

Rouleau aluminium

Le scandale du siècle !

  

            Dans votre liste de courses l’achat d’un nouveau rouleau de papier aluminium va une fois de plus nécessiter une prise de décision radicale au risque de provoquer une grave crise existentielle.

 

     Nul n’imagine l’intuition nécessaire au moment d’arrêter un tel choix !

La plus banale des boîtes Carton dentelé aluminium une fois ouverte peut transformer votre vie (domestique) en véritable cauchemar.

Quel imbécile a bien pu un jour convaincre le reste du monde que…des dents en carton Sales dents pour l'alu parviendraient à découper efficacement une feuille d’aluminium, puis une autre, puis une autre… ?!

Peu de temps après l’ouverture de la boîte Papier aluminium flambant neuf les problèmes commencent et…ne finiront plus.

 

     En quelques jours d’utilisation le bord dentelé du carton commence à fléchir, se pliant davantage à chaque découpe, et se déchire finalement à force d’insistance.

Que l’opprobre soit jeté sur l’inventeur d’un tel procédé !

Autrement dit : quel abruti !!

Désormais impossible d’obtenir autre chose que des feuilles à moitié déchirées ; de quoi se mettre gravement en En boule ! boule !

Certains industriels (plus avisés ?) ont essayé d’ajouter une lame au bord cartonné Aluminium - boîte distributrice avec lame, mais celle-ci étant souple et en acier peu trempé, le tout finit aussi par se décomposer.

 

            Alors point de solution ?

Peut-être est-il plus sage pour ne plus s’énerver aussi stupidement d’investir dans un Distributeur triple inox distributeur mural ; encore faut-il avoir un mur disponible et…une vraie cuisine ! 

 

 

Pour les plus doués…pour les plus créatifs (après mise en boule)

(© 2015/droits réservés)

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Sans embarras

Posté par BernartZé le 23 mars 2015

Fou du roi

Fier d’être un bouffon…

  

            Libre de penser et de dire !

 

     Je suis Le fou du roi qui fait des galipettes verbales et des pantalonnades au péril de sa vie.

Le ridicule n’a pas droit de cité dans mon monde ; nul ne l’est jamais trop, personne ne le sera assez.

Si ma vérité paraît parfois insolente, c’est qu’elle refuse de se travestir et de s’embarrasser de faux-semblants et d’hypocrisie.

Selon la formule « je dis ce que je pense et je pense ce que je dis ».

C’est ainsi. Je me sens incapable d’agir différemment.

 

     Je ne suis pas davantage un pitre que l’arlequin gesticulant en tous sens Arlequin, humble et servile, un peu bête aussi.

 

     Que les vrais cabotins, les imbus de tous poils révisent leur dictionnaire !

Certains découvriront peut-être le mal-fondé de leur insulte suprême.

 

            Je suis le fou du roi ; un jour ma tête tombera, ma conscience reposée.

   

Bouffon malicieux 

(© 2015/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 18 août 2014

Tomate marmande bioLinolite éco-énergie

Une même arnaque ?

  

            Ah ! Les labels !

La belle…supercherie que voilà ?

 

     Label Bio Label éco énergie Ils ont beau jeu ces deux là nous obligeant à toujours plus de vigilance.

Une contrainte endossée de bonne grâce sous prétexte de préserver l’environnement La Terre préservée et notre chère vieille planète qui s’essouffle.

 

     Quelle différence voyez-vous entre ces deux tomates Tomate bio   Tomate ?

La première photo vous semble peut-être plus belle ; quant à la saveur de chacune d’elle…?

La première tomate est dite « bio » alors que la seconde rougit de honte de ne pas l’être.

Celle-ci Tomate (clip art) ne se mange pas ; c’est de l’art, ne lui cherchez donc pas des noises !

 

     Ce néon tout bête Lampe à incandescence 60W (à incandescence 60W) qui fit l’affaire de milliers d’appliques de salle-de-bain durant plusieurs décennies est désormais presque introuvable ; banni de nos supermarkets de plus ou moins grande importance et proximité.

Pas écolo, pas vert, pas labellisé, pas porteur de l’un de ces logos Labels bio & éco chics et dans le vent !

 

     Ces tomates bio Tomates bio prêtent à confusion (visuellement un doute persiste…) alors que celles-ci Tomates bio en grappe passent haut la main leur examen.

Un papillon sur l'alpha...bête ! Un simple papillon sur l’alpha…bête comme chou suffit à rassurer tout le monde de l’origine de ce qui entrera en scène au moment du repas.

Une Pastille verte pastille verte ferait tout aussi bien l’affaire !

 

            Et que dire du chocolat bio de consommation courante Chocolat au lait Bio (certainement méprisé par les amateurs de grands crus)…cultivé à même la terre sans le moindre engrais ni pesticide ?!

Que ces nobles et verts labels autorisent une flambée des prix (deux, trois, quatre fois plus chers…) et une pratique de la concurrence (cf. les marges substantielles que s’accorde la grande distribution) qui laisse coi n’a bien sûr pas la moindre importance en ces temps de crise (elle a bon dos celle-ci !)

 

     N’abordons pas ici la question du commerce Ethiquable - commerce équitable équitable (pour qui ?) de peur d’un lynchage en bonne et due forme…

 

Œil rageur Cactus 

(© 2014/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 15 mars 2014

L'Institut de France

Am stram…gratte !

            

            Les constructions grammaticales n’en finissent plus de déchanter et de changer inopinément selon le temps et l’air, perpétrant mine de rien une nouvelle (?!) mode qui consiste à faire fi de toutes les règles de base à l’origine de notre langage.

 

     Il est sain et bénéfique qu’une langue puisse évoluer, s’ouvrir et s’enrichir au fil des années ; mais tout de même pas au point de pondre régulièrement des incongruités !

A force d’être reprises et (bêtement) répétées, elles semblent prendre une tournure officielle, comme validées par nos 40 immortels Habit et épée d'Académicien Français !

 

     Et pourtant nom de NON !

On ne dit pas « Ce que je rêve c’est d’aller sur la lune ».

NIET ! Pas beau, tout moche, pas correct, pas Français !!

Seule possibilité : « Ce que je rêve de…» + verbe à l’infinitif ; ce qui laisse entrevoir des possibilités sans fin.

Même de brillants journalistes s’emmêlent

 

            Souvenons-nous du jour lointain où à l’école primaire nous avons tous appris que ce à quoi nous rêvions petits enfants ne correspondrait peut-être plus du tout à ce dont nous rêverions adultes.

  

 

Logo Grand Soir 3 Louis Laforge (Grand Soir 3)

(© 2014/droits réservés)

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Mouvement d’humeur…très mauvaise !

Posté par BernartZé le 6 mars 2014

L'arme à l'œil (!)

L’arme de destruction massive

            

            De quoi pleurer à l’heure où risquent bien de disparaître les derniers neurones du genre humain !

 

     Adieu à un être né doué d’une intelligence certaine bien que relative et variable selon les cas ; nul n’est responsable de son patrimoine génétique.

Par contre, chacun est -plus ou moins- censé réfléchir avant d’agir histoire de faire preuve d’un peu de cohérence, par respect pour les autres comme pour soi-même.

Cela n’exclut en rien le plaisir de faire n’importe quoi juste pour s’amuser.

A condition que ce soit drôle, à défaut d’être utile ou intelligent.

 

     Le « sense of humor » est heureusement différent selon les pays, les cultures, les siècles, voire les individus ; pas de règle véritable, que des exceptions et c’est généralement ce qui nous enrichit.

 

     Mais quand court « la mode », tel un virus interplanétaire, de faire comme le voisin en pire -sous prétexte du mieux- si possible, plus rien n’est sous contrôle et les digues sont rompues.

Et c’est ainsi que des records sont battus, jour après jour.

Et c’est ainsi que des artistes estimables, talentueux (pour la plupart), certains même cultivés, en viennent à se laisser piéger dans un moment d’égarement, d’inconscience ou de fatigue.

Pour faire le bzzzzz de l’Abeille  paraît-il (?) ; de quoi coller le bourdon au moins dépressif d’entre tous !!

 

            Est-il permis de trouver ça navrant et bête à mourir ?!

Des millions d’êtres humains mécanisés (décérébrés ?) à travers la planète qui pianotent fébrilement simplement pour envoyer à leur (vaste) réseau social une photo d’un intérêt à abattre d’un seul coup de H comme... assassine les portes et le Studio Studio Harcourt tout entier ; retentissant de bêtise inhumaine !!

Sniff…

 

  

Smartphone Galaxy Nexus

(© 2014/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 12 janvier 2013

Du poil à gratter… dans Du poil à gratter... la-betise-humaine-bis1

La bêtise (in)humaine

               

            Plus de trois décennies après la -tristement célèbre- Danse des canards, nous voilà malgré nous envahis depuis plusieurs mois par le Gangnam style gangnam-gu-seoul-coree-du-sud-bis2 dans Du poil à gratter... et sa chorégraphie subtilement inspirée d’un concours de rodéo sur une monture meuh- échappée d’une foire agricole.

 

     Non contents d’avoir un peu plus mis à mal le monde de la musique et de la danse (!), les auteurs producteurs de ce brillant méfait peuvent s’enorgueillir de s’être idéalement placés dans « Le livre des records » catégorie ineptie, stupidité et bêtise en tous genres.

 

     Mais à n’en pas douter (un peu quand même), d’aucuns rétorqueront qu’il s’agissait là d’un trait d’humour.

Nonsense ? Il ne faudra pas manquer de demander à nos amis anglais ce qu’ils en auront pensé.

 

     Tous les records étant faits pour être battus, même en valeur négative, ne soyons pas surpris de nous retrouver de plus en plus perdus dans les profondeurs abyssales de l’inculture et de la bêtise.

 

            Opportunisme rimant avec cynisme, le pire est certainement avenir.

Mieux vaut faire le dos rond…

 

faire-le-dos-rond-bis1 la-vache-le-singe-et-la-banane

(© 2013/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 13 décembre 2012

Du poil à gratter… dans Du poil à gratter... pas-de-jouets-bis1

A J – 11

 

                Mauvaise nouvelle : la grande distribution de cadeaux n’aura pas lieu ce Noël !

 

     Il faudra faire une croix sur les jouets lorsque minuit sonnera.

Le Père Noël pere-noel-fache dans Du poil à gratter... ne descendra pas de la cheminée, suite au mouvement de grève annoncé.

 

     A son âge (plus qu’) avancé, il est non seulement fatigué d’être -encore et toujours- remis en question, mais, cette
année c’est sûr et confirmé, il en a ras la hotte de devoir faire le deuil de l’enchantement et du merveilleux.

Trop de commandes terre-à-terre de matériels numériques issus de la haute technologie.

C’est l’overdose, le grand n’importe quoi, le nec sans l’ultra, l’enfer cest-lenfer--150x150 sur terre !

 

     Cette (r) évolution ne passera pas par lui.

Ayant largement de quoi faire grise mine grise-mine-150x150 , il se refuse désormais à travailler dans de  telles conditions ; et qu’importent les conventions collectives…pour ce seul salarié !

Quitte à décevoir les enfants du monde entier, il ne pourra se résoudre à se renier.

 

Impossible d’accepter de revêtir le deuil d’un temps où il n’avait qu’à faire abracadabra--150x150 pour soudain voir leurs yeux s’écarquiller.

Un rien suffisait à déclencher l’admiration, l’étonnement et l’incrédulité.

 

     Il est loin le temps de bonne-nuit-les-petits-bis Pimprenelle, Nicolas, Nounours et du Marchand de sable !

Sans pour autant s’égarer dans de vaines considérations débordant de nostalgie, le Petit Papa Noël a bien le droit de refuser le cynisme ambiant et de lutter contre…le marasme intellectuel infantile, histoire d’éviter une faillite définitive (!)

 

                Bonne nuit (de Noël) les petits le-marchand-de-sable-bis

 

 

magique-150x150

(© 2012/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 26 avril 2011

bluemooninv.jpg 

Le bateau du mariage

               

                La lune était sereine et jouait sur les flots, quand nous vint l’idée de nos épousailles.

  

Le projet était amusant et nous ravit au point de faire l’unanimité en un éclair.

Nous nous aimions depuis si longtemps que le doute n’était plus de mise.

Plus de mobile pour hésiter, pas de raison valable de remettre à plus tard notre résolution.

Malgré l’heure indue, il y avait de quoi sauter au plafond, quitte à réveiller les voisins (du dessus).

Par égard pour notre entourage (géographique), nous nous contentâmes de commencer à imaginer le déroulement des opérations.

 

     D’abord en informer les proches et la famille ; songer d’ores et déjà aux arguments de ceux qui tenteraient sûrement de nous décourager sous le fallacieux prétexte de notre jeune âge.

A ceux-là une seule réponse : l’évidence !!

Et qu’importeraient les joies, les peines ou les souffrances à venir.

L’essentiel étant d’organiser la cérémonie, il nous apparut clairement de ne pas voir les choses en grand.

Aussi simplement et limpidement que possible, nous voulions mener notre plan à son terme…

  

     Hors de question de faire comme tout le monde et d’attendre le printemps ; décembre serait idéal, au premier jour de l’hiver.

N’étant pas davantage du même signe astrologique que de la même année (à trois mois et neuf jours près !), nous avions également décidé de ne pas tenir compte de nos appartenances religieuses qui différaient bien malgré nous.

Seul le mariage civil serait donc célébré, sans foi, mais en vertu de la loi des Hommes qui seule nous importait.

A cet arrêt, nous entendions déjà quelques dentiers grincer.

Quitter à choquer les « intégristes », nous pouvions d’ores et déjà leur promettre un programme des plus surprenants. 

 

     La plupart de nos amis étant communs (mais tous exceptionnels, bien sûr !), la liste des invités ne fut pas difficile à établir.

Plus délicat fut le choix de nos témoins et davantage celui des membres de chaque famille conviés.

Tant de susceptibilités à épargner, tant de gens que nous devions éviter de froisser ; il nous fallut trancher en espérant ne blesser personne.

Par jeu, nous décidâmes de tirer au sort les noms des deux privilégiés destinés à apposer leurs signatures en bas de l’acte officialisant notre union.

Soit deux groupes de trois successivement placés dans un même chapeau claque chapeauclaque.jpg (subtil clin d’œil à ma grand-mère maternelle) et deux gagnants à l’arrivée ; nous choisîmes aussitôt de les intervertir…au regard d’histoires anciennes.

Avant même notre alliance, chacun se présenterait ainsi devant Monsieur le Maire (une femme, en l’occurrence) avec, à ses côtés, un pan de son passé.

Et peu nous importait de savoir si cela se faisait.

L’essentiel n’était-il pas de nous sentir épaulés et rassurés en cas de doute ?

Et ces deux-là sauraient assurément s’acquitter de leur tâche.  

 

     De nos familles respectives, nous ne conviâmes que les plus -officiellement- « essentiels » : nos géniteurs et grands-parents, quelques oncles et tantes, plus certains cousinages dont nous nous sentions proches.

Nous ne voulions pas d’une encombrante parentèle.

Afin de garder la maîtrise de notre entreprise, nous avions convenu de nous autoproduire.

Malgré de légitimes scrupules, nous dûmes accepter une participation parentale symbolique de 10%.

Cela semblait tellement leur faire plaisir, que nous aurions dû être (encore plus) monstrueux pour le leur refuser.

Tant pis pour les regrets futurs…

Comme nous l’avions prévu, cela les « autorisa » à se mêler de presque tout. Impossible de lutter contre le naturel ; il revint évidemment au galop !

 

     Et d’entendre parler de timing et de plans de tables, de protocole et de tenues idoines, de bienséance et de modistes alamode.jpg; de quoi rêver.

Tout ce que nous adorions ne pas envisager !

De même, cinq semaines avant le jour J, revint en force la question religieuse.

Des deux bords -histoire de ne vexer personne- de subtiles attaques se mirent à poindre et nous dûmes prendre le temps de nous interroger, au risque de douter radicalement de notre intention initiale.

A défaut de croire en un Dieu quelconque, nous avions juste foi en nous ; c’était déjà beaucoup.

Fort peu attachés aux symboles religieux diverssymbolesreligieux.jpg, nous n’avions pas plus envie de déclencher la moindre guerre inutile que de jouer à am stram gram.

Il nous fallut bien croire en quelque chose pour nous voir dépasser ces querelles de clochés, de minarets ou de dômes de synagogue (…)

 

     Début décembre, à peine plus de dix jours avant celui des célébrations, une effroyable incertitude s’empara de nous. 

Soudainement, nos consciences respectives nous assaillirent.

Sans même nous concerter, il nous vint à l’esprit que nous ne pouvions pas décemment leur faire ça.

Notre amusement ne pourrait que leur sembler cruel et personne d’autre que nous ne saurait goûter la saveur de notre acte.

Et puis, après moult palabres, nous prîmes la décision -irrévocable- de ne plus changer de cap.

Bien trop tard pour faiblir et pour renoncer ; il nous faudrait faire face à nos inconséquences.

Et ce jour arriva.  

 

                Alors que tôt le matin il faisait encore diablement froid, le thermomètre grimpa sans démériter au fil de la journée.

La fièvre faillit même nous gagner…

Les grands chapeaux, pour ces dames, furent de sortie et nos mères respectives se surpassèrent, rivalisant de dentelles et de rubans, de fanfreluches et de fleurs (cruellement) sacrifiées en une joute aussi muette qu’ostentatoire.

La crainte de la pluie, peut-être ?

On entendit crier des mouettes…

  

     Ne serait-ce que pour cela, pour ces efforts consentis avec plus ou moins de grâce et de bonheur, tous ces espoirs concentrés en une même journée, cette tension mêlée d’angoisse, nous voulions éviter de les décevoir.

    

     Malgré le sens de la logistique très poussé de nos parents, les cortèges prirent du retard. Madame le Maire nous attendait à onze heures ; à notre plus grand regret nous la fîmes un peu patienter.

La faute, essentiellement, à un souci de perfection que nos familles partageaient déjà avant de se réunir.

Cette obsession du petit détail vérifié cent fois nous coûta un bon quart d’heure, d’un côté comme de l’autre.

La coïncidence de nos décalages horaires constitua, naturellement, un signe favorable pour nous deux.

 

     La salle des mariages était grande ; le Maire ne nous parut pas l’être moins, avoisinant sans nul doute le mètre quatre-vingt-douze.

De plus, elle s’avéra suffisamment bonne actrice pour dissimuler une impatience légitime due à un emploi du temps serré.

Une fois tous les convives dans la place, nous prîmes conscience de l’importance de l’instant à venir.

Devant un nombre estimable des membres des deux familles, auxquelles s’étaient joints quelques pique-assiettes (chaleureusement invités) de nos amis, nous étions sur le point de procéder à l’échange de nos vœux.

L’attente était certaine et nous ne réalisions certainement pas ce que nous nous apprêtions à faire…

 

       Nous étions jeunes alors.

Eprouvant un irrépressible besoin de nous distraire, nous avions mis sur pied ce subterfuge pour nous envoler dans la bonne humeur.  

Sans trop nous soucier des dommages collatéraux, nous nous estimions prêts à prendre nos responsabilités.

Elle avait 22 ans ; je ne les avais pas encore.

Elle me dit « Oui » ; je lui répondis « Non », comme convenu. 

                Et la poule accoucha d’un œuf luminescent ufluminescent.jpg à…feuilles caduques.

Etait-ce puéril ou provocateur de rester sur le point d‘épouser sa meilleure amie pour finalement se désister d’un parfait et commun accord ?…

  

     Nous les avons tous plantés là sans appeler la maréchaussée, ni personne d’autre à leur rescousse.

Et de nous enfuir célébrer entre nous nos non noces !

Eux, (presque) tous les autres, ont fait ce qu’ils ont pu pour tenter de sauver les meubles et les apparences d’un injuste naufrage.

Ils sont partis ensemble se consoler à la soirée donnée en l’honneur des « mariés ».   

  

       Débarrassés de nos frusques de comédiens, nous avons passé une délicieuse nuit, à manger et boire, à discuter et à rire, sans nous soucier de possibles remords.

Nous avions décidé de ne pas en vouloir, de ne pas encombrer nos consciences de faux états d’âmes sur le retour, ou de regrets malvenus ; trop tard !

Dès le début de notre œuvre, nous savions pertinemment bien quel « sacrilège » serait -fatalement- commis…aux yeux du plus grand nombre.

Nous savions qu’ils en seraient choqués ; ils l’ont été, pour la plupart.

Certains nous ont vite pardonnés ; d’autres nous en veulent encore ; peu ont compris notre geste, faute d’explication.

 

                Près de trois décennies après cette farce, que reste-t-il de nos amours stoppées en plein vol ?

Notre amitié s’est prolongée, jusqu’à ce que nos chemins se décroisent.

Rien ne dure, même hors mariage.

A-t-elle, finalement, convolé depuis cette I.V.M. (Interruption Volontaire de Mariage) ?

Je suis resté célibataire.

Est-ce à dire, pour autant, que j’ai laissé passer ma chance ?…

 

     Nous n’irons pas à Vérone un beau jour tous les deux ; et non plus à Venise.

C’est sûrement mieux ainsi.

 

 

 petittraindeloubli.jpg

(© 2011/droits réservés) 

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