Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 16 février 2014

Langouste cuite

Mes pigeons (sous persienne)

           

            …Sur le rebord d’une fenêtre dont le volet roulant ne roule plus Volet roulant serait plus juste.

 

     Mécaniquement condamné depuis des années à ne plus remonter telle une Remontée mécanique en panne, il avait transformé ladite fenêtre au fil du temps et des saisons froides grises et pluvieuses en…abribus !

Accueillant chaleureusement les roucoulements et battement d’ailes de quatre ou cinq pigeons apeurés ou plus frileux que d’autres, la fenêtre -en son bord- grâce à un accord tacite passé avec les volatiles était devenue une source d’informations météorologiques presque aussi fiable qu’une station maison Station météo.

 

     Faute de (pouvoir) voir le ciel pour se faire un point de vue sur le temps, cet arrangement permettait de savoir s’il pleuvait au-dehors rien qu’en apercevant les ombres derrière la vitre.

Plus elles semblaient s’agiter moins il était permis d’oublier de sortir bien couvert avec son parapluie.

 

    Et voilà que Patatras ! suite peut-être à d’autres bouleversements climatiques les pigeons devinrent infidèles.

Alors que le temps était au vent à la pluie et au froid, plus de visites durant de longues journées hivernales ; quelle désolation !

Triste à pleurer…

 

            Et soudain, il y a peu, sans plus d’explication, ils réapparurent régulièrement en bordure de fenêtre, sous le volet roulant autrement inutile.

Le temps est toujours aussi moche, mais l’avenir s’est éclairci…

 

Paire de langoustes bis

(© 2014/droits réservés) 

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 25 janvier 2014

 

Bringuebalante

Il faut être tarée pour aimer tant l’école

               

            Fut-elle plus que cinglée Romy Schneider - Max et les ferrailleurs (1971) ?

 

Azimutée serait peut-être un terme plus approprié pour traduire l’addiction d’une écolière en mal de (re)connaissance ?

 

     C’était un cas, sans doute pas unique en son genre, mais suffisamment rare pour que l’on s’en souvienne.

Elle voulait tout : savoir, apprendre, connaître et découvrir ; une vraie tête chercheuse Tête chercheuse !

Pas aussi exceptionnelle qu’un Gainsbourg mais suffisamment décalée pour entrer dans la catégorie des étrangement bizarres à côté de la plaque.

Elle n’aimait rien tant que d’aller à l’école et ce dès la maternelle où elle découvrit…un immense sapin Le grand sapin ! à Noël.

Sans doute touchait-il le plafond et elle, toute petite à son pied, garda le souvenir d’une journée mirifique passée assise en rond au milieu de ses petits camarades.

Elle eut droit -deux années d’affilée- au même cadeau : une DS 19 à friction DS 19 à friction avec tout son paquetage ; drôle de présent…peu approprié (en ce temps-là) pour une petite fille en herbe.

Le bonheur, malgré tout !…

De quoi tomber à la renverse A la renverse ; ce qu’elle fit.

Miaou…

 

     Au fil du temps, des années et des classes, la chose ne s’arrangea pas.

Elle continua à se lever le matin toujours emplie de gaieté en pensant à la journée qui l’attendait.

Ravie ! Guillerette et sobrement vêtue (ne portant pas de pot au lait) elle allait le plus souvent à grands pas avec ses  bottes de sept lieues Bottes de sept lieues en pédalant sur son vélo avant d’enfourcher, quelques années plus tard, sa superbe OLYMPUS DIGITAL CAMERA bécane à moteur pour se rendre au lycée.

Pas glorieuse mais fort vaillante, celle-ci la portait fissa jusque dans sa classe.

Et , il lui semblait retrouver ses marques au milieu de ses congénères dont certains paraissaient presque être des amis.

Les premiers troubles pointèrent réellement le bout de leur nez à l’adolescence, évidemment.

 

     Son addiction se fixa sur un camarade de classe qu’elle avait remarqué pour des raisons qu’elle mit longtemps à comprendre.

Ni beau ni moche, il était différent et elle se prit d’empathie pour lui.

D’abord modérément, puis vite à la folie.

Au point de ne plus pouvoir penser à autre chose.

Suite à un malencontreux accident de Scooter des neiges scooter des neiges, il revint des vacances de Noël avec un plâtre et une sémillante paire de Béquilles.

Bouleversant…

Au point de se surprendre elle-même en se laissant aller à…humer le col et une manche de son blouson abandonné là sur le dossier d’une chaise entre deux heures de cours ; elle se risqua aussi à faire une ou deux poches avant de s’en vouloir violemment.

Réflexion faite, il était non seulement différent mais définitivement beau autant que séduisant tant il semblait avoir besoin d’aide.

Elle fit en sorte d’exister à ses yeux ; mais comment trouver sa place au milieu d’un parterre de prétendantes zélées ?

Et s’écoula le temps (des larmes aussi) tandis que la pluie tombait…

 

     Quelques années plus tard…

En fin de terminale, alors qu’elle aurait dû ne plus songer qu’à bachoter, son obsession la portait encore inévitablement vers lui.

Inlassablement ses pensées n’avaient de cesse de la faire dériver.

Un jour, une nuit de grande dépression, elle se laissa aller à célébrer des fiançailles Bague acier carbone or 750 imaginaires avec une bague (en acier…mais rehaussée de carbone et d’or 750 !) qu’elle s’était offerte huit mois plus tôt à l’occasion de soldes.

Toute seule chez elle, en soufflant une bougie, elle s’efforça d’assumer le pathétique de sa situation.

Amoureuse…émouvante, tragique et pitoyable comme une tanche Tanche.

Il y avait bel et bien « péril en la demeure » ; du coup, éperdue de regrets, elle choisit la fuite en avant direction la fac psycho Fac psycho (tiens, tiens…).

La distance prise fut d’autant plus grande qu’il avait échoué au Bac faute d’avoir pensé à réviser.

Exit les amours lycéennes.

 

     Un homme  Une ombre passantede l’ombre passant par là…profita de l’occasion pour en sortir.

Elle le prit tout d’abord pour un étudiant, ce qu’il était, mais aussi maître-assistant Maître de conférences.

Téléphone d'antan (!) Allô la Lune ?, ici la Terre… ; il était étrangement bizant et fuyarre et descendait seulement de temps en temps de sa propre planète.

Evidemment très séduisant parce que terriblement intrigant sur son petit vélo perso Sur son petit vélo avec lequel il parcourait le campus, il savait revenir à des sujets plus terre-à-terre dès qu’il était question d’enseignement.

Capable de se lancer dans de larges échappées verbales, c’est ainsi qu’il l’avait fascinée, malgré lui.

De longues nuits, de grandes conversations…blablabla et le sort avait été jeté.

 

     Quand survint la timide annonce Bague argent 925 d’un amoureux malaisé…un peu gauche et pas très adroit.

Son sens de la rhétorique s’étant soudain évanoui, il avait laissé place au silence et aux sourires grimaçants.

Nulle question de fiançailles -oh non my God !- juste un geste, une offrande, pour signifier une inclination Jeune inconnu à son encontre.

Elle fut cependant surprise, ne s’imaginant pas susceptible d’éveiller de tels sentiments sans les avoir vivement sollicités.

Mon Dieu, quel embarras !

 

            Cette drôle et étrange histoire s’acheva en Queue de poisson le jour où elle disparut brutalement des écrans radar ayant décidé, après une ultime volte-face, de ne plus aimer l’école ; plus jamais.

Beuh ?…

 

Danseur de hip hop (C’est ainsi…)

 (© 2014/droits réservés)

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Un brin saugrenu

Posté par BernartZé le 19 novembre 2013

 Gratte ail ou gingembre en terre cuite

Terre cuite

               

                – Je suis sûre que si tu t’arrêtais de gratter frénétiquement la terre avec les ongles tu te sentirais beaucoup mieux.

                – C’est pas le moment de m’énerver !

                – Non mais à quoi tu joues ?

                – Je cherche un os ; Rrrr… !!

                – Et tu comptes retourner tout le périmètre ?

                – Tout le cimetière s’il le faut !

                – Mais calme-toi, tu vas réveiller les morts.

                – Tant pis pour eux, ça leur apprendra le savoir-vivre.

                – Sans doute est-ce un peu tard !

                – Je m’en fiche ; il m’en faudrait bien plus pour m’arrêter.

                – Tu envisages de faire bientôt une pause ou bien comptes-tu trimer ainsi jusqu’à la tombée de la nuit ?

                – Je ne sais pas, j’aviserai en temps voulu ou suivant celui qu’il fera.

                – S’il vire à l’orage tu as prévu un parapluie ou de courir t’abriter ?

                – Un parapluie ?! Tu te fous de moi ; je n’ai que deux mains !

                – Certes, et de bonnes dispositions pour apprécier la plaisanterie.

                – …

                – Sans vouloir me montrer indiscrète, et tu sais combien j’évite généralement de l’être, puis-je me permettre de te demander ce que tu cherches vraiment ?

                – Tu peux.

                – Tu…t’apprêtes à bientôt pleurer plus que le Saule pleureur ou bien à piquer une crise à même la terre ?

                – Tu as de ces questions.

                – Vise le Arthur & Cie sur la tombe d’à côté !

                – Sans arme ni sarbacane, difficile de l’atteindre.

                – Rien ne t’oblige à le refroidir.

                – J’en ai d’autres à fouetter !

                – Tu viens de laisser s’échapper celui-là.

                – …

                – Bon ! C’est pas que je m’ennuie, mais je crois que le devoir m’appelle ailleurs.

                – Ok.

                – Je te laisse à tes intenses activités terriennes.

                – …

                – Je te laisse donc, je m’en vais ; en cadeau une petite bougie Parfumée à la pomme ou...à la menthe et framboise (!) parfumée à la pomme, ou à la menthe et framboise, je ne sais plus.

                – D’accord, merci.

                – Tu n’as strictement rien à faire de ce que je peux te dire !

                – Désolé, c’est ni le moment ni le bon endroit.

                – …

                – Écoute…

                – D’une oreille seulement.

                – Ce sera déjà très bien. Écoute…n’entends-tu pas déjà le Veilleur sonner Bach ?

                – Quel veilleur ? Qu’est-ce que tu me racontes ?!

                – Le Veilleur Veilleur (Giorgino), celui qui vient lorsque s’annonce la nuit.

                – Si tu cherches à me faire peur, autant te dire que tu perds ton temps et le mien par la même occasion.

                – Non, pas du tout. Je te préviens seulement de son arrivée imminente.

                – Il m’en faut plus pour m’effrayer.

                – Tel n’est pas mon dessein.

                – Ton « dessein » ! Ne manquent plus que les abeilles !

                – Quel rapport ?

                – Ben oui : un…essaim d’abeilles.

                – Et une salade de fruits…jolie, jolie, jolie ! Plus capillotracté et moins fin tu meures ! Je te parle de phénomènes étranges survenant sitôt la nuit tombée. Des phénomènes inexpliqués comme l’expulsion soudaine d’un liquide d’un verre-à-pied Étrange phénomène d'expulsion ou l’appel à l’aide d’un chat hurlant A l'aide !!.

                – Tu te fous de moi ?

                – Jamais je n’oserais, tu penses.

                – Dois-je en conclure que ta raison a définitivement basculé et que la folie fait plus que de te guetter ou bien que tu me suggères d’une façon très subtile de cesser de creuser ?

                – La bonne option est la seconde.

                – Voilà qui est clairement dit !

                – Et parfaitement exprimé.

                – Cessons ce petit jeu, je n’y vois quasiment plus rien.

                – Tu te souviens de ce vieux tube des années 80’s « Débranche » ? ; il est temps pour toi de le mettre en application et d’arrêter de creuser en vain.

                – Mais…je n’ai pas fini de chercher.

                – Mais QUOI à la fin ?!

                – Je ne sais pas…peut-être l’autre bout du tunnel, une échappée plus belle, une autre fin.

Je ne sais plus, j’ai fini par oublier…

                – […]

 

 

Buste de Bach L'étrange animal humainL’étrange animal que voilà !

(© 2013/droits réservés)

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 14 août 2013

Étrangement bizarre... dans Étrangement bizarre... respire-2003-bis1-150x97

Respire !

           

            Et prends toute seule le large sur ton canoë canoe-rose-bis dans Étrangement bizarre... à deux places un peu trop grand pour toi…

    

     Longtemps privée de chlorophylle chlorophytum-150x150 et de verdures verte-mais-sans-rage-bis ballon-vert-150x150 poire-verte-bis1inhaleur-aux-huiles-essentielles-bis  en tous genres, le manque d’air se fit sentir jusqu’à deux doigts de l’étouffement a-bout-de-souffle.

Sans oxygène ni liberté de mouvements, après des années de résistance endurées à serrer les poings et les dents radio-panoramique-bis2-150x134, il fallut bien que tes digues finissent par se rompre.

Ce qu’elles firent, évidemment !

Une fuite plus tard passée à explorer d’étranges forêts foret-etrange-et-insolite-150x150, rendez-vous fut donné en 2046-shangai-bis.

L’eau coula sur la neige leau-sur-la-neige-150x150, prenant le temps de glisser avant que ne revienne
l’heure de compter les points (…les jeux et les sets).

    

     Oublié l’an 2046, tu reçus une linvitation-bis2-93x150 invitation formelle qui ne semblait pouvoir souffrir d’aucun retard en-retard-bis1.

Avant de fléchir et de te décider à agir, tu…réfléchis et au bout de lattente-et-le-retard-bis1 de suspense tu choisis de répondre à cet étrange appel.

    

     Il ne faisait plus jour ni tout à fait bien nuit ce soir de juin.

Tu te perdis en chemin dans cet immense jardin meurtre-dans-un-jardin-anglais-bis-150x96 taillé comme un en-forme-de-labyrinthe-150x150 ; cela te rappela un film, une vieille chanson aussi.

Il y était question d’un vif ressentiment, d’un château, de…diamants, de rubis, de topazes et de blanches robes longues.

Il te fallut un long moment pour revenir de très loin et faire demi-tour.

 

     Ayant retrouvé tes esprits, tu réalisas vite qu’il était largement temps de respirer et d’expurger ta peine !

 

            Adieu veaux, vaches, cochons…poulets, petits porcs, vieux microsillons et cinémathèque en sus !

Adieu surtout à ta douleur de femme trahie, abandonnée.

    

     Au petit matin de cette étrange nuit tu décidas enfin de…ne pas reprendre les rênes de ta vie et de t’enfuir, sans fuir, au Portugal ou bien plus loin ; aussi loin que saurait te porter ton canoë.

Toute seule comme une grande !…

 

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(© 2013/droits réservés)

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 21 mai 2013

Étrangement bizarre... dans Étrangement bizarre... un-verre-de-lait-peut-etre.-inv.-bis1

40,2

               

            4,02 ; 402 ; 0,402…

 

     Quel que soit l’endroit où l’on place la virgule, ce nombre semble toujours aussi inquiétant à cette heure…

Un verre de lait verre-de-lait-150x150 dans Étrangement bizarre... peut-être ?…

     Pas d’explication à venir.

 

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(© 2013/droits réservés)

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 24 avril 2013

Étrangement bizarre... dans Étrangement bizarre... van-black-by-colin-vearncombe-150x150

Drôle de bobine !

           

            Une vieille tête grimaçante aux yeux exorbités, un brin hallucinés…

 

     Le teint brouillé bliss-by-colin-vearncombe-150x150 dans Étrangement bizarre... et le visage souvent me-by-colin-vearncombe-150x150 défait, il n’était pas avenant, bien que n’ayant pas l’œil véritablement mauvais.

Pas de quoi non plus effrayer les enfants ou les petits moineaux coin-de-square-bis1 du square où il avait l’habitude de se rendre tous les trois jours entre 14h15 et 14h45 très précisément.

 

     Un tic comme un autre.

Gentiment toqué et plein de TOC, il n’avait pas d’âge depuis très longtemps.

D’ailleurs personne ne se serait aventuré à en lui donner un.

Sans doute n’était-il plus vraiment jeune et pas encore vieux.

Parmi ses « obsessions compulsives » (ou ses compulsions obsessionnelles ?) se tenait en bonne place sa phobie des opérations arithmétiques ; apparemment sans conséquences graves.

Sauf que dans son cas, doutant toujours du résultat d’un simple calcul mental (également parfois avec l’appui d’un papier, d’un crayon ou d’une calculatrice), il devait reproduire son -même- raisonnement au minimum quatre fois.

Il se trompait rarement ; ça lui prenait pourtant des heures chaque jour.

     Sans se l’avouer, il était aussi assez sérieusement atteint d’émétophobie, un mal paraît-il plutôt répandu à travers la planète.

N’empêche que lui en était venu à picorer tel un moineau et à redouter de voir quiconque faire un repas de peur de le voir peu après courir aux toilettes.

L’idée même de…lui donnait la nausée ; merci Jean-Sol (la-nausee-jean-paul-sartre-bis1) !

Le dégoût…

 

     Des goûts et des couleurs il en vit passer en quelques décennies jusqu’à ne plus en vouloir avoir ni voir.

Il réussit si bien qu’il en vint à ne plus ressentir le moindre appétit ni percevoir les nuances au-delà du gris clair et du noir.

Au point de ressembler très jeune (le concernant, ce ne peut être qu’une supposition) à une jolie ablette argentée ablette-bis 
 ou à un bâtonnet de poisson pané sans face ni profil perry-blake-very-thin-bis1.

Adieu toutes les passions passion-corsee-150x150 devenues imbuvables et tant pis pour les amours mortes avant que d’être nées ; pouët !

 

            Après que le temps a fait son œuvre dérisoire grignotant minutieusement chronometre-tissot-bis les heures, les âmes et les visages, ne restât plus que ce petit vieux, entre deux âges indéterminés, à la mine crayonnée…

 

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(© 2013/droits réservés) + merci à Colin Vearncombe pour
l’emprunt de trois dessins

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Etrange étrangère

Posté par BernartZé le 16 août 2012

Etrange étrangère dans Étrangement bizarre... Un-ciel-tout-bleu-150x150

Un ciel tout bleu

           

            Au beau milieu de la chaussée, ou peut-être du trottoir, elle leva les yeux vers le ciel.

 

     D’ordinaire, en plein cœur de la grande ville, les ciels bleus sans le moindre nuage n’avaient pas cours.

Jamais, même lorsque le soleil estival consentait à s’éveiller complètement, ils n’étaient sereins, d’une couleur apaisante, chaude et réconfortante, mais…finalement un peu inquiétante pour une citadine désorientée.

    

     Cette vision soudaine fit plus que de l’étonner ; elle la bouleversa.

Au point de rester de longues minutes la tête dans le cou et de risquer un torticolis.

Elle n’en revenait pas : tout ce bleu et pas la plus petite trace de traînée blanche !

Un rêve, une illusion, un tour de prestidigitation ?

Apparemment Dame Nature n’avait usé d’aucun trucage ni artifice.

    

     C’était incroyable ; elle en tomba à la renverse.

Et s’étala comme une corolle de fleur sur la chaussée, sur le trottoir peut-être.

Aucun passant ne vint la secourir, aucun véhicule ne lui roula dessus.

A son réveil, quelques minutes plus tard, elle fut à nouveau éblouie par ce ciel inchangé et faillit de nouveau vaciller en se relevant.

Elle jugea d’abord son émotion stupide au point de s’en vouloir de s’être ainsi laissée aller.

Avant de se raviser en songeant à la chance -inespérée- qu’elle avait eu de vivre cet instant.

 

            Le ciel était toujours bleu, d’une couleur légèrement plus intense.

 

Ciel-tout-bleu-2-150x150 dans Étrangement bizarre...

(© 2012/droits réservés)

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 26 juillet 2012

Étrangement bizarre… dans Étrangement bizarre... Toile-gaufrée-nid-dabeile-bis1

De l’extrême capillarité de la toile gaufrée

(Petit traité)

           

            Un peu vulgaire, un peu gauche, la serpillière Serpillière-gaufrée-bis dans Étrangement bizarre... mérite pourtant une ode.

Tant elle rend de services, tant elle reprend de sévices à son compte.

 

     Toujours en eaux troubles lorsqu’il s’agit d’éponger les dettes aqueuses des problèmes de plomberie.

Ses interventions salvatrices, rarement spectaculaires, font pourtant bon ménage avec les affaires courantes de la maison, surtout en cas de crise aigue.

Et quand un problème passager s’avère perdurer…

Entre en lice…tout l’arbre généalogique d’une même famille, les vivants comme les morts.

La cohésion, l’union, le soutien sans réserve fait que, sur le front, le bloc est assuré ; la solidarité est aussi naturelle que le lien qui les unit.

Comme au feu les pompiers, les serpillières se relayent et se laissent remplacer sans se soucier du moindre ego.

S’en suit une interminable ronde, une succession de passages de témoin Passage-de-témoin-bis pour tenter d’absorber le surplus ; au bout d’un nombre incalculable de tours de piste et de relais, bien au-delà du 4×100 mètres de dimension olympique…

    

     Plutôt que de chanter ses louanges, tressons une couronne de laurier Couronne-de-laurier à la gloire d’un tissu capable d’absorber plus de dix fois le double du quart de sa masse corporelle !

A quelques chouïa près…

Au risque de se perdre, au péril de sa vie, il n’hésite pas à se gorger de liquide, sans jugement de valeur, sans songer à demander des comptes.

Il le fait ; un point c’est tout !

Au risque de…se faire prendre au test d’alcoolémie, en cas d’abus de boisson « à consommer avec modération ».

Quelle abnégation ! Quel sens du sacrifice !

Et de n’avoir de cesse de rendre le service qu’on attendait de lui…

 

     Ce qui peut sembler naturel au plus grand nombre, ne l’est peut-être pas tout à fait.

Si la toile est joliment Moule-à-gaufres-7-150x150 gaufrée (ainsi, c’est assez rare !), le tissu n’en demeure pas moins susceptible de ne pas filer droit.

Dans son souci de tout absorber, il ne fait pas le tri, gobant les mouches et les mochetés traînant à même le sol, sans
véritable discernement.

De quoi aveugler le plus myope des journalistes qui se piquerait soudainement d’en faire un événement !

Imaginez-le à la une du 20 heures…

 

     « Aujourd’hui, grande première : une serpillière, pleine de (bonne) volonté et de dévouement, comme toutes celles de sa grande lignée, s’est sacrifiée au-delà de ce que l’on pouvait imaginer.

Elle a fait preuve d’une abnégation telle qu’elle s’est sabordée en tentant d’absorber une tortue de mer égarée jusque sur un parquet de bois laqué !! »

Aucune photo pour illustrer cet étrange phénomène ; les paparazzis étaient tous mieux occupés ailleurs.

 

            La morale de cette histoire ?

Une toile de confection assez grossière peut révéler une âme délicate au point de laisser pantois les plus sceptiques et de servir des ouvrages chics et choc Tissus-matières-chics-bis-150x88.

 

     Quelle étrange forme de reconnaissance… 

 

 

Moule-à-gaufres-1-in-situ-bis1

Trophée-tant-mérité-bis-2

 

 

 

2012/droits réservés)

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Étrangement bizarre…

Posté par BernartZé le 25 mars 2012

 Étrangement bizarre... dans Étrangement bizarre... Froid-polaire-150x150

A gla-gla !!

 

      Mais pourquoi fait-il toujours si froid, si noir et si profondément funeste ?!

 

     En dépit d’une opportune remontée des températures au dehors Thermomètre, au dedans le froid peut persister au-delà des saisons.

Frigorifié-de-lintérieur-150x150 dans Étrangement bizarre... Et de claquer des dents, et de claquer tout court, ou presque. 

Ressortez votre bon vieux Stypen tant il y aurait à écrire sur le sujet.

Old-times Et de griffonner fiévreusement, dans…la sueur et dans le sang (!)

 

     Sans le moindre souci de dramatisation, avouons que le temps s’entête parfois singulièrement à bégayer au point de nous faire trébucher durant des décennies. 

Et c’est une vie qui s’en va… 

Et c’est comme ça, faute d’avoir pu mieux faire. 

Fallait-il se résigner ou bien se révolter et ne pas se soumettre ?

  

     A gla-gla, Aglaé, rayonnante de beauté, à quoi bon s’énerver, alors qu’il fait si bon devant ta Cheminée-150x150 ?

Il n’empêche que les torts, souvent mal partagés, ne sauraient justifier un mal-être durable.

Est-il « concevable » d’être constamment frigorifié ?… 

A défaut de raison, cet état de fait peut se prévaloir d’un vécu. 

Reste à le considérer…

  

     Dame vain diou, il est ben vrai que, diantre fichtre, il fait toujours aussi froid, malgré des couches superposées de vêtements !!

Au-delà des apparences, c’est parfaitement normal. 

Cette extrême froidure venant de l’intérieur, il s’avère impossible de compter sur des sursauts météorologiques pour en diminuer l’importance. 

Et quand bien même le printemps serait censé être à nos portes, le froid interne saurait, lui, perdurer. 

Question de métabolisme, de purée de pois et de courants d’air mal négociés (!)

  

     A gla-gla, Aglaé, ne pouvant rayonner sur 360°, tu seras bel et bien obligée d’admettre que la force centrifuge En-vitesse-Harold-Lloyd-1928-blog-150x150 Expression-de-la-force-centrifuge, selon l’une de ses expressions) pète plus haut que son c…!

En dépit de ce parler cru, force est de reconnaître que, apparemment moins égocentrique que son contraire, elle demeure très égoïste, ramenant tout à elle, en faisant faussement mine d’une largesse extrême.

Son esprit et son cœur ne sont pas généreux.

Quel rapport avec le propos poursuivi ?

La recherche est en cours…

 

     Bref.

Mets tes hauts, enlève tes bas (ou inversement) et prépare-toi à changer de saison.

Ce n’est pas une menace, ni un avertissement ; plutôt une incitation à chasser le trésor Épisode-Chasse-au-trésor-Chapeau-melon-et-bottes-de-cuir-1967-150x150 promis aux plus intrépides d’entre tous.

Quel que puisse être le refus de se résigner, le froid demeure quand le fonctionnement interne n’a plus le courage de mettre son cœur à l’ouvrage.

Ça va, ça vient, la température corporelle, telle les ondes hertziennes, monte et redescend Ondes-hertziennes ; le froid s’insinue (so-i-dal) bien au-delà de l’épiderme qu’il transperce, jusqu’à faire parfois claquer des dents.

 

            Ah ! Ah-gla-gla--150x49 , Ōssakai !! Passons-en des bien pires pour nous (re-) concentrer sur le problème du moment.

Au-delà d’une (in)certaine limite, il n’est plus de raison et l’on se meurt de résister toujours à l’assaillant.

 

     A moins que le réchauffement climatique, dont la menace ne cesse de se préciser depuis des années, ne vienne mettre un terme à ce conflit sensoriel.

Des promesses, toujours des promesses…

 

Caliméro-mais-froid--150x150 Affiche-En-vitesse-Harold-Lloyd-1928

(© 2012/droits réservés)

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Etrange et bizarre…

Posté par BernartZé le 16 décembre 2011

 

Etrange et bizarre… dans Étrangement bizarre... A-la-bougie-100x150 

Veillée à la bougie

   

            La nuit venue tout recommence, telle une cérémonie ; presque toujours la même.

 

     Les flammes s’allument les unes après les autres, chacune porteuse d’un symbole. Peut-être représentent-elles tour à tour l’eau, l’air, la terre, le feu et un vaste domaine imprécis, impalpable, intangible autant qu’irrationnel.

Ou pas…

Ainsi, bien entouré, l’exploration peut débuter.

D’abord réussir à recréer l’indispensable « bulle » sans laquelle rien ne pourrait advenir.

Tous les moyens sont permis -question de priorité !-, les légaux comme les autres ; à chacun de voir ce qu’il préfère ou ce qui lui sied le mieux.

Un inhalateur (inhaleur ?) pour enfants Inhaleur-aux-huiles-essentielles-99x150 dans Étrangement bizarre..., à base de plantes naturelles du genre eucalyptus, est par exemple envisageable, sauf en cas de saignements de nez fréquents.

L’inspiration dépend tout de même un peu d’une bonne respiration ; l’autonomie comme la liberté n’a pas de prix. 

Si ces conditions sont réunies, alors…l’espoir est permis.

 

     Une bulle Bulle-150x133 évoque…la légèreté, l’air, les vents, les dérives, les courants, les voyages (certains même immobiles) et…le luxe suprême : l’absence de pesanteur ! 

Comme le rêve accompli remontant à l’enfance de s’envoler pour de vrai. 

Les orteils bien au-dessus du sol se portent tellement mieux : ils ont enfin le loisir de s’écarquiller ! 

 

     Une tortue indolente Tortue-150x117 qui repassait par là se prit un jour d’amour pour un champignon (sans Chapeau-chinois-conique-en-paille-150x150) de paille chinois Champignon-de-paille-chinois-129x150. 

A l’évidence, même s’il s’était certainement égaré dans une contrée aussi inhabituelle qu’occidentale, il ne sembla pas étonné par cette rencontre.

Ils firent tous deux connaissance dans un sous-bois tranquille à l’abri des regards et protégés par de grands arbres à la myopie légendaire.

Les quelques petites bêtes locataires de l’endroit fouettaient d’autres chats ; la flore était blasée depuis des millénaires.

 

     Petit à petit, forçant son naturel, la tortue, pas à pas, finit par faire le premier pas. 

Son approche progressant, elle découvrit mieux l’ovale parfait de celui qu’elle s’apprêtait à aborder. 

Si sa plastique l’avait de loin séduite, son mutisme l’intrigua plus encore. 

Une audace, qu’elle ne se connaissait pas, lui permit de bravement le regarder en face. 

Sans parvenir à trouver le blanc de ses yeux (…bridés, évidemment !), elle crut percevoir un mouvement, une réaction, voire une émotion en retour. 

Un temps, suspendu et nullement mesurable… 

 

     Le jour suivant, à son réveil, reprenant ses esprits, elle se souvint lentement de ses sentiments naissants.

 Le pourpre aux joues Tortue-bis-150x150, elle osa rechercher du regard l’objet…de son amour (?) 

Il était toujours , sans parapluie (ni -sol), vaguement caché par deux plantes vertes et flanqué d’une sauvageonne fleurie. 

Une pointe de jalousie la troubla avant de réaliser qu’il n’avait pas, depuis la veille, bougé d’un iota. 

Comment lui faire le reproche d’avoir vaillamment supporté le voisinage de quelques belles graminées à l’humeur libertine ? 

Tout au contraire, l’indifférence ainsi affichée ne put que lui donner la preuve d’un degré de résistance proche du stoïcisme. 

De quoi demeurer baba, déboussolé et béat d’une admiration redoublée. 

 

     N’empêche que bon, toutes ces considérations mises à part, il demeurait tout aussi inébranlable que la veille. 

Comment savoir s’il l’avait remarquée en dépit de sa carapace et de sa lenteur lui permettant, malgré elle, de se fondre dans le paysage ? 

Quand le cœur est faible, l’aveuglement est plus que probable. 

Pauvre reptile en attente d’un signe qui n’en finissait pas de ne pas venir ! 

Ce champignon, restant de paille et muet à souhait, donnait de plus en plus l’air de se moquer du monde, en général, et de cette tortue en particulier. 

Sans doute avait-il pris racines, bien décidé à refuser toute forme d’intégration. 

Une décision arbitraire ou bien un choix humain, social, voire (carrément) politique ? 

S’il voulait bien se dire… 

Mais il continua à se taire au milieu des sous-bois.

 

      Six jours plus tard, la tortue avait cessé de croire au Père Noël et à tous les dieux qu’elles implorait parfois, non par regain de foi, mais pour le cas où…peut-être… 

Ayant fini de ne plus rien espérer, elle s’imagina que ce champignon-là était tout de bois. 

Non seulement indifférent, mais de marbre, de pierre, sans cœur et sans égard pour autrui. 

Bref, incapable de la moindre considération pour d’autres congénères. 

De là à penser qu’elle avait été victime d’une hallucination…

 

     Même s’il semblait figé en plein cœur des feuillages depuis une semaine, le champignon de cette histoire n’en avait pas pour autant avalé son chapeau (faute d’en n’avoir jamais porté) ; il était simplement sous le coup du décalage horaire, pour ne pas dire d’un jet lag d’une dimension intercontinentale ! 

Le « chapeau enfoncé » (décidemment !) sur les yeux, il se trouvait encore totalement incapable de ne rien voir du lieu où il avait chu. 

Désynchronisé, son organisme n’en finissait pas de rechercher ses marques et de tenter de s’adapter à de nouveaux repères. 

L’âge sûrement ; il n’avait plus vingt ans depuis un bon moment. 

Incapable de bouger, il se sentait passer du chaud au froid en un éclair quand son cycle hormonal pratiquait les montagnes russes, tout en ne sachant rien de l’alphabet cyrillique. 

Et malgré son inclination pour Les Vêpres de Rachmaninov, cela n’avait pas le moindre sens. 

Il lui fallait patienter et attendre de retomber sur terre, sur un autre terreau susceptible de lui prodiguer d’autres oligo-éléments. 

Il devait, surtout, accepter son parachutage à découvert en terrain inconnu, et les symptômes annexes. 

Il avait peu dormi, pour ne pas dire quasiment pas, et luttait tant et plus contre l’envie de se laisser aller à se laisser mourir. 

Perturbé, constamment somnolent, il voyait sa dépression nerveuse commencer à lui marcher sur les pieds et la tête ; alouette ! 

Son humeur, de plus en plus vagabonde et fluctuante virait à l’irritabilité et au malaise psychologique. 

Sans oublier la fatigue permanente. 

Allô Docteur Freud ?!

 

     Dès la première séance, il lui fut signifié de mettre, en priorité, sa pendule à l’heure. 

Il lui fallait, de toute urgence, replacer ses yeux en face des bons trous avant d’envisager de s’installer dans cet autre biotope. 

On lui apprit que son trouble était grand et qu’il allait fort mal. 

Vu son comportement aberrant, relevant d’un syndrome pathologique grave, il était temps pour lui de se soigner et de se reprendre en mains. 

D’ici là, à sa charge : « C’est 41 euros et encore je vous fais un prix conventionné ». 

Bien avancé, il s’enracina davantage dans son sous-bois, à l’abri des regards et…des conventions sociales de toutes natures. 

Sans regrets, il se tapit dans l’ombre rassurante d’un arbre Le-séquoia-géant-81x150 pluri centenaire en se forçant à ouvrir les yeux et à sonder son âme. 

Plutôt que de s’écrier sans vergogne « Allô maman bobo ! », il se mit à s’interroger sur les raisons d’un malaise de moins en moins latent. 

Avant d’envisager de prendre une carte d’abonnement chez un psy-machin-chose, il tenta de se remémorer le long parcours qui l’avait mené .

 

     Par où commencer ? ; comment retrouver le fil conducteur d’une vie perdue de vue depuis un long moment ? 

Plus il cherchait à se rappeler, moins il se souvenait ; le gouffre s’agrandissait. Et l’angoisse avec lui. 

La panique le gagna et, s’efforçant de se calmer, il ne put trouver mieux que de creuser la terre, celle-là même qui l’avait accueilli au bout d’un -supposé- long périple. 

Il s’enfonça un peu plus, de quelques centimètres, gardant le haut du crâne à l’air libre afin de respirer. 

Ça cogitait à toute vapeur dans son cerveau conduit à ébullition et cette source d’aération n’était pas un luxe, mais la condition d’une survie, malgré tout. 

Un peu d’air pur et hop ! 

Lobotomisé…avait-il été ? 

Par association d’idées, aussi confuses que saugrenues, c’est la question qu’il se posa naturellement (!), après avoir entrevu sa fin. 

L’effort qu’il dut faire sur lui-même pour reprendre ses esprits et le contrôle de ses sentiments ne saurait pas se dire ici, encore moins s’avouer ; un reste de pudeur sûrement. 

Toujours est-il qu’il…killa les prophètes de mauvais augures et les mortelles pensées qu’ils voulaient -tous- lui prêter ! 

Aurait-il mieux valu ne pas se révolter ? 

 

     Redoublant de courage, il se découvrit des ressources qu’il ignorait posséder. 

Bien au-delà du froid, du temps et des intempéries, il comprit que sa ténacité venait d’un degré de résistance sans fond. 

Il avait effacé, les unes après les autres, toutes les épreuves qui n’avaient pas manqué de lui tomber dessus en une splendide et glorieuse « empilade » ! 

Il avait également oublié l’énergie et les années perdues à ne pas s’égarer totalement. 

En définitive, il était résilient, en dépit de ce qu’il pensait être ! 

Passées ces…balivernes et ces lapalissades, il se rendit à la raison : il n’avait pas plus besoin d’un médecin que d’un psy-machin-truc spécialisé en curage de cerveau ! 

En bref, il était libre de persister à se tromper de route et à s’illusionner ; ou pas…

 

     Un temps, sa bougie continua de flotter dans son verre à dents Bougie-flottante-120x150. 

Elle était vacillante quand il était chancelant, et tous deux n’espéraient pas réellement que cela put s’arranger bientôt. 

C’était sans compter sur les hasards et les rencontres impromptues que Dame Nature pouvait ménager suivant son humeur. 

En plein délirium tremens (post overdose d’air pur ?), il vit passer des escargots Des-escargots-94x150, un bulot Bulot-125x150 à bout de souffle (faute d’eau salée et d’air marin), et une tortue Tortue-tabatière-Terrapene-carolina-150x99 bien terrestre. 

Point de limace à l’horizon ; sans doute le syndrome de la coquille ?! 

De quoi sourire avant de reprendre confiance et tous ses esprits. 

Ce besoin d’être rassuré, via une carapace, synonyme d’armure, relevait-il d’un sentiment flagrant d’absence de protection ? 

Son enveloppe corporelle devait-elle être remise en cause faute d’être né avec un couvre-chef Panama-150x150 ? 

Quand la tortue indolente Tortue-bleue-150x112 repassa par ici. 

 

     C’est alors que le choc, en un flash, se produisit. 

Un éclair, et il crut recevoir la foudre comme une évidence. 

Et lux Et-la-lumière-fut--150x150 facta est ! 

Immédiatement, il songea à déclarer sa toute nouvelle flamme ; comment faire ? 

Il ne savait pas, n’ayant jamais appris, la façon d’exprimer ce sentiment nouveau qui le prenait de cours. 

Difficile de dire ce qu’il avait lui-même bien du mal à comprendre et à expliquer. 

Il chercha à se souvenir d’images lointaines et de scènes dont il aurait été spectateur. 

En vain ; il finit par penser au meilleur et au pire pour calmer ses angoisses de jeune premier agonisant. 

Il vit ainsi passer et repasser, à la vitesse d’un escargot, d’une limace ou d’une tortue indolente l’objet de son amour tu…qui s’avèrerait mortel s’il devait continuer à se taire. 

Au fil des jours, il se mit à envisager de l’aborder. 

Et lentement il se plut à entrevoir des épousailles, avec une jolie bague à la clé Bague-en-or-blanc-2-rangées-de-diamants-inv.-150x150. 

De quoi rêver en attendant…qu’elle puisse être créée. 

Car en sept cent (apr. J.-C.), sous le règne de Childebert IV Childebert-IV-695-711-142x150 (roi des Francs dont -en définitive- on sait très peu de choses), au même titre que les paparazzi, insuffisamment organisés, avaient peu de chances de relayer ce scoop, la joaillerie était plus synonyme de bricolage que d’orfèvrerie. 

A croire que les Scythes, des dizaines de siècles plus tôt, avaient ouvert une voie dorée Pectoral-scythe-en-or-118x150 que pour mieux la refermer derrière eux. 

Qu’importe ! 

Passés les effets durables du jet lag, le gentil champignon de paille (toujours dépourvu de chapeau) de cette histoire, ayant repris tous ses esprits, réalisa qu’il était « amoureux », sans pouvoir en définir le sens. 

 

     La tortue était lasse et fatiguée à force de passages pour tenter de se faire remarquer. 

A son âge avancé, cet exercice devenait aussi pathétique que vain. 

Et d’ailleurs à quoi bon s’illusionner encore ? 

Elle avait tant vécu, espéré et perdu ! 

Du temps, sans aucun doute, plus certainement de l’énergie à chercher à plaire. 

Elle savait à présent ce qu’elle ne voulait plus concéder. 

Ayant appris à tirer les enseignements de ses échecs, elle en avait conclu qu’il valait mieux pour elle se préserver, quitte à ne rien attendre désormais. 

 

     Quand survint une rafale de vent et les aléas contrariants qui vont généralement de paire. 

Là le souffle, à la mesure d’une déflagration, fut tel qu’ils furent tous deux projetés treize siècles en avant !! 

Plus question de jet lag, mais un bond vers leur futur de mille lieues d’années qui les fit atterrir en l’an de grâce 2021. 

Ils survécurent encore à douze jours d’une pluie diluvienne ininterrompue et s’enrhumèrent en attendant que la terre sèche partiellement. 

C’est alors qu’ils comprirent qu’ils se trouvaient sûrement au même endroit qu’autrefois, malgré d’évidents « aménagements ».

 

            Le champignon de paille était enfin chapeauté Entonnoir-143x150 et la tortue portait une bague en guise de piercing au bout du nez. 

 

     Ils avaient tous deux l’air en forme, ne souffrant pas davantage du moindre anachronisme que d’un quelconque manque de liberté dans ce lieu médicalisé à la pointe du progrès.

 

Chandelier-inv.-135x150 

(© 2011/droits réservés)

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