Libre

Posté par BernartZé le 18 mars 2017

Thaurr

Thaurr

  

                Dieu ou démon, tonnerre ou giboulée

                Tu es passé.

                Mythe d’une ancienne légende,

                Parti vivre ailleurs tes renaissances.

               

                En quête d’autres aventures imaginaires

                Peut-être en Abyssinie ou en Asie Mineure ;

                Où en es-tu de tes vies

                Passées à rompre et à courir ?

 

                Sage ou fou…

 

 

 

Chat égyptien (2)  (Tous tes mystères tu garderas)

(© 2017/droits réservés)

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Un des sens

Posté par BernartZé le 25 février 2017

Montre de nuit

Battements d’ailes

  

            Il est d’étranges nuits où le silence est mort.

 

     D’abord imperceptible la lente procession des peurs et des angoisses reprend au rythme d’un adagio trop écouté.

L’impression sourde et absurde se confirme au fil des heures, rapide parfois.

Une voie s’ouvre sur une menace de plus en plus prégnante.

Sous les pieds le sol se dérobe confirmant l’imminence du danger.

Le cerveau essaye de garder la maîtrise de ce qu’il sent poindre ; une à une ses digues cèdent face aux assauts répétés.

Le froid s’empare de tout le corps ; il gèle aux abords de l’enfer.

 

     En arrêt immobile le temps ne mesure plus les battements d’un cœur qui s’affole.

Le trou dans la poitrine empêche de respirer et l’inquiétude oppressante fait barrage à toute réflexion.

Le piège commence à se refermer.

Se débattre équivaut à se laisser étrangler.

La danse macabre Le septième sceau (Ingmar Bergman, 1957) est lancée emportant tout ce qui restait de raison.

 

     Respirer à tout prix, refuser l’ankylose de crainte d’être à jamais figé.

Se relâcher pour mieux se reprendre et endiguer l’état de panique galopante.

 

Mais -immanquablement- il faudra revivre ces heures sombres où le vide dévore tout ce dont il aime tant se repaître.

Prédateur carnassier féroce et cruel il ignore le répit.

 

            Les lattes du plancher se déroberont toujours…

 

  

Colibri bleu Portrait d'Albert Samain (par Félix Vallotton, 1896)

(© 2017/droits réservés)

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Un grand dadais repenti

Posté par BernartZé le 30 décembre 2016

Bouquet Flocon

Des pommes et des épines

  

            Il avait l’air fin avec son bouquet qu’il ne savait comment porter.

 

     Vingt ans et des brouettes, visite à grand-maman au 4ème étage de son vieil immeuble de quartier Angle de rue.

Depuis combien d’années n’était-il pas venu jusque là ? ; depuis quand ne l’avait-il pas vue ?, négligent, oublieux, petit-fils indigne.

Parce qu’elle était gravement malade il s’était soudain souvenu du chemin d’autrefois, des lignes de métro empruntées et de l’attente en fin de boucle.

 

     Quand il était enfant cela l’impatientait, tant il était pressé d’arriver avec mère et sœur retrouver les cousins qui venaient eux aussi ce jour-là visiter grand-maman.

Effusions embrassades et petits cadeaux ; déjeuner patiemment préparé avec ses salades de crudités découpées en minuscules morceaux et son plat -toujours le même- mijoté : morceaux de poulet petits pois et carottes Poulet, petit pois.

Après le café -lait chicorée ou chocolat pour les enfants- c’était l’heure des jeux de cartes, simples comme La bataille, et surtout des dominos Jeu de dominos ressortis d’une vieille boîte en bois d’une odeur rassurante.

L’après-midi passait vite, beaucoup trop, et le soir qui tombait annonçait immanquablement la tristesse du retour.

Il faisait toujours froid.

 

     Grand-maman est malade, grand-maman va mourir.

Avec son bouquet de roses blanches de lisianthus (blancs) et de Pomme de pin il se sentait tout gauche, redevenu petit.

En son cœur des épines, celles des roses bien sûr mais aussi celles de l’enfance incomprise, des sentiments mal exprimés, des gestes retenus et des non dits pesants.

Tous les enfants -ou presque- se croient mal aimés ; certains ne se trompent pas.

Sans doute est-ce pour cela qu’ils traînent toute leur vie un besoin de douceur d’égards et de tendresse qui ne sera pas rassasié.

 

Grand-maman est malade, son cœur fait de drôles de bonds en fin de vie.

Elle a résisté à deux guerres, à la perte de trois de ses cinq enfants, à celle de son mari emporté par l’amer et impossible retour à la vie.

Aujourd’hui elle sourit toujours, et son visage lisse à la peau blanche et douce paraît enfantin.

Aujourd’hui elle est fatiguée mais heureuse de revoir son petit-fils préféré qui lui avait tant manqué depuis l’âge où elle pinçait gentiment les deux joues d’une bouille qui la faisait systématiquement rire.

Lui est embarrassé, réalisant son égoïsme tant il lui apparaît soudain évident que leurs retrouvailles viennent un peu tard.

Il ne savait pas que faire plaisir pouvait être si simple.

 

            Grand-maman est morte deux jours plus tard d’une overdose de bonheur dans le cœur.

  

 

Ma mie  Ma mie

(© 2016/droits réservés)

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A tous les « rescapés » (petit hommage)

Posté par BernartZé le 6 novembre 2016

Six décennies

Médaille et chocolat

  

            E & L Qu’il est loin ce temps sépia !

 

     Long le chemin -évidemment- qui les a conduits de l’autel à ce jour.

Sans doute ne songeaient-ils pas dans l’éclatance de leur jeunesse à partager une vie entière.

Comme tous les jeunes mariés d’alors ils ne pensaient qu’à fonder une famille et à vivre le plus heureusement possible ; et pour le reste…

Hors de question de résumer ici une vie comme les autres avec ses banalités ses petits bonheurs ses grands malheurs (ou inversement) ; cela n’aurait que peu d’intérêt.

Eux avaient coulé des jours très heureux avant de devenir parents.

Beaucoup de voyages leur avaient fait traverser l’Europe, sans parler d’un étonnant détour par le Chili.

Et puis l’invraisemblable réalité était venue bouleverser leur existence.

La mort déboula subitement dans leur foyer sitôt agrandi.

Leur fils mourut dans son sommeil ; il n’avait pas trois mois.

Ils ne conservèrent de lui que cette minuscule photo Les yeux ouverts alors que ses yeux étaient encore écarquillés.

Aucune autre trace matérielle, aucun jouet ni vêtement.

Chacun tut à l’autre son souvenir.

Ils se soignèrent en passant en boucle -jusqu’à user le Concerto n°21 - Mozart- le concerto n°21 de Mozart et surtout l’andante qu’ils écoutèrent pour s’apaiser des milliers de fois.

Vint l’alternance avec l’adagio du concerto n°23 ; puis ils se mirent en tête de compléter leur puzzle mozartien Puzzle Mozart 1 Puzzle Mozart 2…!

Le temps, comme l’on dit un peu bêtement, fit son œuvre.

Ils n’eurent pas d’autre enfant.

 

     Que dire d’une aussi longue union impossible à réduire à une succession de petits événements de joies et de malheurs ?

La maladie a fini par les toucher différemment, plus ou moins gravement.

Le temps des  Cannesest venu !

La médaille du mérite pour avoir résisté à toutes les giboulées n’est-elle pas en chocolat, un peu comme eux…in fine ?

 

            De quel éclat seront leurs noces de diamond isolated on white background - 3d render ?

 

 

Concerto n°21 - Murray Perahia  (et autres œuvres)

(© 2016/droits réservés)

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Détournement

Posté par BernartZé le 1 mai 2016

Au cœur de la Drôme

La nuit je (me) mens

  

            Je fais de l’accrobranche et des sauts à l’élastique du fond de mon lit.

 

     En plein cœur de la Drôme je bondis de montagnes en rivières avec mes chaussons de nuit Bottes de 7 lieues.

C’est ainsi que je t’ai rencontrée vers trois heures ; le temps de t’offrir un bouquet de circonstances Roses et muguet et de roses les pieds encore dans le vase, je m’envolais plus loin.

Un coup d’œil au réveil au-dessus de ma tête Horloge Manhattan 1926, il était grand temps de redescendre dans la plaine pour poursuivre mon voyage.

Sautant d’un pied sur l’autre et parfois les deux joints j’ai fait des courses pour la journée : des Botte de carottes pour la vue et de jeunes pousses Pousses d'épinards pour m’emplir de vigueur.

Dopé bio je pouvais repartir de plus belle et reprendre mon rêve de vie.

 

     J’ai croisé un mi-roir qui m’a regardé à moitié de travers ; peut-être me trouvait-il grise mine.

Au lieu de me sauver à toutes jambes je lui ai simplement souri d’une légère grimace indolente.

Et j’ai repris ma nuit jusqu’au bout du mensonge.

Malgré la sentence de ma montre-gousset ''Horloge gousset'' de Brandenburg j’ai refusé de croire qu’il faisait jour et qu’il me fallait déjà me relever pour tout recommencer à zéro.

Trouver la force de repartir au combat n’était pas au programme de ma nuit.

Alors j’ai poursuivi mon rêve ; par chance je t’ai recroisée ton bouquet à la main, mais c’était à ton tour de n’avoir pas le temps ; dommage.

J’avais perdu mes bottes magiques ; tant mieux elles étaient pleines.

J’ai repris mon petit vélo Petit vélo (2) abandonné contre un arbre dans ma tête folle et j’ai pédalé comme un beau diable pour tenter de me rattraper par la branche.

J’ai pédalé, j’ai pédalé…

 

            Je me suis réveillé ahuri, un cordon autour du cou.

 

    

 

 

Alain Bashung - La nuit je mens (1998)

(© 2016/droits réservés)

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Clin d’œil et destinées

Posté par BernartZé le 27 février 2016

27 février

Le temps est dérisoire

(vers 5 heures du matin)

  

            Levée tôt, impatiente ce matin-là.

 

     Sans savoir pourquoi elle s’était soudain souvenue d’un autre jour : un 31 janvier vingt ans plus tôt, à l’heure de sa défaite.

Trop de larmes l’empêchaient de dormir, trop de désespoir risquait de la noyer.

Elle avait tenté d’écrire afin d’éclaircir ses idées.

La vue brouillée, elle avait dû renoncer à celle de se sauver aussi facilement.

 

     Comme tous les vendredis celui-là aurait dû être pour elle un jour férié où -en totale liberté- elle aurait pu s’adonner à des loisirs qui l’auraient divertie du quotidien.

Lire rêver rempoter respirer ou repeindre les murs du salon…

Mais sa tête penchait dangereusement Tête inclinée vers de sombres pensées qu’elle ne parvenait plus à retenir.

Sentant le danger elle se résolut à appeler un ami à la rescousse vers sept heures du matin au plus profond de sa nuit.

Elle était en larmes hoquetante et confuse, d’abord presque incapable d’articuler un mot.

Et puis la patience l’écoute et les heures passées au téléphone lui permirent d’entrevoir un rayon de lumière.

Le calme était un peu revenu et elle avait pu croire à un possible lendemain ; à force de parler de tout ce qui la hantait, l’angoisse s’était un peu dissipée.

L’oreille attentive et la voix au bout du fil Grande oreille avaient pu l’apaiser la rassurer et lui faire entrevoir une autre vie plus ensoleillée…sur une autre plage avec un coin de palmier Breathless.

Cet appel désespéré avait duré longtemps, jusqu’à bout de souffle, jusqu’en milieu d’après-midi.

 

     Quand il fut temps de remonter les persiennes le soleil était toujours gris mais il faisait à nouveau jour.

Alors que l’oreille, à l’autre bout du Fil téléphone était endolorie, elle avait recouvré des forces et avait pu se (laisser) convaincre qu’elle saurait survivre à cette terrible épreuve.

Le gréement de son embarcation de fortune ayant trouvé un nouveau vent pour la porter plus loin, elle fit sauter le Bouchon d’un…crémant alsacien Crémant d'Alsace (faute de champagne) pour célébrer sa prochaine renaissance !

Une simple plaisanterie pour sourire à nouveau.

 

     En ce matin de février, deux décennies plus tard, elle s’apprêtait à ne pas fêter son anniversaire.

A quoi bon célébrer le jour lointain de sa naissance en vertu d’une coutume qui l’avait toujours laissée indifférente ?

Mieux valait se réjouir d’avoir survécu en dépit de tous les vents qui avaient contrarié la voilure de sa Coquille-de-noix.

 

            5 heures du mat’ j’ai des frissons en repensant à cet épisode lointain…

 

 

Yes !!

  

 

Chacun fait (c'qui lui plaît) - Chagrin d'Amour, 1981  (Of course)

(© 2016/droits réservés)

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Homme, mage

Posté par BernartZé le 21 février 2016

OLYMPUS DIGITAL CAMERA  Le cri du sentiment...

De notre insoutenable humanité

  

            Oh ! Mon Charles tu savais comme si tu avais tout vécu.

 

     Tu savais les tourments ; bipolaire avant l’heure.

L'horloge Tu savais que nous sommes condamnés par avance, que tout est une question de temps à rebours.

Tu savais que le mal fleurissait de plus bel au fil de la vie en nous rognant les ailes.

Tu savais qu’au jeu de « qui perd gagne » tout le monde finissait par perdre, ridicule.

 

     Savais-tu que ton chant porterait loin et toujours ?

Pouvais-tu deviner que, des années après ta mort, tu porterais haut dans nos cœurs ton spleen et ton idéal et que nos âmes seraient empreintes de ta douleur ?

Pensais-tu tant nous toucher par tes flèches acérées qui nous percent à jour alors que nous ne cessons de nous cacher ?

Espérais-tu seulement parfois ?

 

            Un cri comme une alarme…

  

Le cri, Edvard Munch 

 (© 2016/droits réservés)

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« Hommage » !

Posté par BernartZé le 22 décembre 2015

Les quatre saisons

Et forcément viendra l’heure de se taire à jamais…

  

            Pendu haut et court !

 

     Que de temps perdu -debout assis couché ou allongé- à se mettre en pièces le cerveau dans l’espoir de mieux le reconstruire pour se tenir enfin droit dans ses bottes.

Un véritable puzzle Psychotruc à recomposer ensuite sans jamais être certain de ne pas avoir égaré des pièces en chemin.

Un travail de (dé)mineur de fond avec la crainte de ne pas survivre au dernier coup de grisou.

Des saisons ininterrompues, des années, voire plusieurs décennies à parler sans fin sans relâche et souvent dans le vide ; même l’écho finit par ne plus trouver de réponse censée ; consternant.

A ce petit jeu où les Oreille sont trop souvent sourdes il y a plus à perdre qu’à gagner et c’est ainsi qu’une vie peut s’écouler ; pour rien.

Dans un tête-à-tête où chacun reste dans sa bulle Psy.

 

            Et finalement s’imposera le silence …

 

  

Le bel exemple…le bel exemple pour construire une œuvre

(© 2015/droits réservés)

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Alzheimer est en marche…

Posté par BernartZé le 22 novembre 2015

L'inconnu(e)

Qui c’est celui-là ?

            

            Cette tête me dit quelque chose ; ne me serait-elle pas totalement inconnue ?

 

     Il (ou elle ?) a l’air plutôt tranquille sur son coin de literie ; juste un poil surpris par le flash.

Apparemment en mode veille (comme tous les chats) il semble profiter paisiblement de la vie ; de là à supposer qu’elle est calme voire carrément wonderful ''CV'' - Black (2007).

Et d’ailleurs qu’écoute-t-il avec ses grandes oreilles ?

Barber Brahms Bach Bashung Bartók Boccherini Bauer Biber (tout de même pas Bieber le canadien illettré ?!)  Britten Bizet Boulez Black Busoni…Pergolèse ?

A moins qu’il ne découvre simplement Benjamin Beaulieu du Bois-Recouvré Benjamin Beaulieu du Bois-Recouvré, un compositeur injustement méconnu de la première moitié du XXème siècle (sans doute un peu trop avant-gardiste pour son temps) ou le bruit de la pluie qui tombe au-dehors ?

Qu’importe, la photo ne le dit pas ; lui non  plus.

 

     Plus j’y pense, plus j’ai l’impression que cette tête m’est un peu familière ; l’aurais-je rencontrée dans la rue au cours d’une de mes promenades ou à l’occasion d’une soirée chez des amis que je ne connais plus ?

Damned ! Faut que je trouve !

Un chat noir qui ressemble à des milliers d’autres chats noirs qui courent dans les rues ou de toits en gouttières ; mission presque impossible rendant improbable le souvenir.

Autant pour un myope se mettre en tête de retrouver un fil passé dans le chas d’une aiguille tombée malencontreusement à terre.

Bref !

J’ai la mémoire qui flanche et mon cerveau semble m’abandonner soudain.

 

            Alors que je n’y croyais plus une image m’est revenue en mémoire.

Celle d’un chat avec lequel j’ai peut-être partagé un certain nombre d’années.

Mais oui mais c’est bien sûr je reconnais…les draps.

  

  

Un chat noir  Lui-même ou bien un autre chat sorti d’une autre gouttière ?

(Pardon à Émile Nelligan pour l’usurpation d’identité)

(© 2015/droits réservés)

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Et toute ma reconnaissance…

Posté par BernartZé le 13 novembre 2015

La La crapette !

  

            J’ai tout oublié des règles du Jeu de la Crapette ; pas celle qui me l’a appris.

 

     C’était il y a fort longtemps dans une prime jeunesse.

Elle était l’amie pas petite d’un nouvel ami redoublant en classe de terminale ; elle redoublait aussi de son côté dans une autre filière.

J’ai toujours eu une préférence inexpliquée pour les élèves plus âgés.

Je les voyais souvent de loin discuter dans la cour du lycée.

Elle était grande, plus que lui, et je l’avais initialement remarquée seule parce qu’elle était…remarquable au sens littéral du mot.

Elle semblait différente, unique en son genre ; avec ses grandes jambes elle faisait de grands pas et marchait vite.

Elle n’était pas élégante, avait l’air de s’en moquer complètement, et se tenait souvent debout les pieds légèrement en dedans avec une dégaine impayable en tirant constamment sur ses manches, hiver comme été.

Naturellement je lui ai rapidement trouvé un air spécial et une allure particulière ; très intrigante.

 

     Ce qui devait arriver se produisit un jour et nous fûmes officiellement présentés l’un à l’autre par cet ami commun ; nous n’eurent rapidement plus besoin de lui pour nous revoir.

Comme il était vite tombé amoureux d’une fille de notre classe (portant le même prénom !) il n’eut pas l’idée d’en prendre ombrage ; tant mieux pour nous tous et surtout pour moi qui avait gagné une amie qui se révéla au fil du temps d’une grande importance ; je l’ignorais alors, n’ayant jusque là connu que de bon(ne)s camarades.

Nous nous retrouvions tous les jours, suivant nos emplois du temps, dans la cour une salle de classe ou à la cantine.

Nous parlions beaucoup et riions autant ensemble ; sans doute étions-nous faits pour nous rencontrer.

Nous prîmes nos habitudes : profitant d’heures de liberté entre des heures de cours, nous descendions en promenade hors du lycée pour partir à l’aventure ; quelle aventure !

Notre expédition nous menait les lundis et mardis (décalage horaire oblige avec l’outre Atlantique) jusqu’à un commerce -ils étaient rares aux alentours du lycée- qui tenait lieu de point presse en plus de son activité principale.

La balade était prétexte à de grandes discussions et son but officiel était d’aller pour moi acheter un journal sportif me donnant régulièrement des nouvelles des résultats tennistiques à travers le monde (internet n’existait pas alors !) ; nullement porté sur le sport en général -faute de physique adéquat et surtout de tempérament- je n’en pratiquais qu’un seul dont j’était très vite devenu addictif.

Et je suivais maladivement à distance les performances de mes deux préférés : Björn Borg et Chris Evert ; malade je l’étais tant que j’ai cru devenu cardiaque dans mes vertes années en suivant leurs matchs les plus importants ; et de devoir me retenir de gifler ma télé quand le sort nous était contraire.

 

     C’est avec C. que j’ai découvert le vif plaisir d’écouter l’autre, de comprendre sans juger, et d’essayer d’apporter soutien et chaleur humaine dans l’espoir de soulager une peine.

Mon oreille était devenue la partie de mon corps la plus active et « précieuse » ; le centre névralgique Oreille de mon être.

Je n’existais plus que par l’écoute de l’autre ; elle fut la première, d’autres ami(e)s suivirent durant des décennies.

Peut-être ai-je ainsi battu des records téléphoniques en parlant seulement des douleurs et des problèmes d’autrui durant des heures (jusqu’à plus de huit d’affilée) ; j’ai le souvenir de m’être extrait de mon canapé un jour pour remonter les volets roulants et constater qu’il faisait jour et soleil en ce milieu d’après-midi.

Des heures passées à écouter et à partager ; le mot « empathie » est entré dans mon vocabulaire en devenant l’un des plus familiers.

 

     Nos années d’étudiants nous éloignèrent d’abord, elle en IUT moi traînant dans les amphis de la fac, dans la même autre ville ; et je l’ai retrouvée un jour assise sur le pas de la porte du studio loué à grands frais par mes parents.

Elle allait mal ; nous reprîmes vite l’habitude de nous voir très souvent et je pris celle d’aller tous les soirs la retrouver dans sa chambre de cité U où je fis la connaissance d’autres étudiants qu’elle avait attirés par son charme et son rayonnement ; son aura était devenue évidente pour tous.

Son cœur ne cessait alors de faire des bonds en tous sens, perdant un peu la tête.

Un petit groupe s’était constitué autour d’elle et nous passâmes tous ensemble des nuits à parler et parler encore ; j’essayais alors sans relâche de me montrer drôle et spirituel afin de ne pas communiquer mes ondes négatives, ce que je ne compris que des années plus tard.

 

     L’année suivante, ayant dû émigrer dans une autre ville, je pris l’habitude pour me sauver de mon propre péril de profiter toutes les semaines de ma carte d’abonnement sponsorisée par mes parents, je retournais en arrière sans revenir au bercail afin de la retrouver, elle et tous les autres devenus indispensables à ma survie.

Une après-midi une soirée une nuit partagées et nous finissions régulièrement elle et moi seuls à jouer à la crapette La crapette en discutant, encore et toujours, jusqu’à l’heure de me conduire à la gare OLYMPUS DIGITAL CAMERA avec « Titine » à pas d’heure ; je n’étais pas couché avant quatre heures du matin et j’avais bien du mal à faire bonne figure en cours à huit heures ; on me fit souvent reproche de mon air peu éveillé.

Il est vrai que je n’entendais rien et que je devais redoubler d’efforts (surhumains) pour ne pas laisser ma tête tomber d’un seul coup sur la table.

Mais c’était pour ma bonne cause et rien n’y personne n’aurait pu m’interdire de retourner là-bas la semaine suivante.

 

            Titine !

Une vieille 4L à l’apparence déglinguée mais solide comme un bœuf ; fidèle et jamais en panne.

Je lui dois beaucoup ; elle nous a menés loin nous ramenant toujours.

 

     Sans ses L, C. (un prénom plus d’une fois rencontré dans ma vie) et moi aurions sans doute vécu un peu différemment, ne pouvant enchaîner les parties de crapette jusqu’au milieu de la nuit en attendant l’heure de partir.

Les cartes distribuées SONY DSC auraient certainement modifié le cours de nos vies…

 

 

4 L  Merci aussi

(© 2015/droits réservés)

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