La vraie vie (!)

Posté par BernartZé le 7 août 2009

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 L’histoire du glaçon qui voulait qu’on l’embrasse

               

               Il était une fois un centimètre cube d’eau qui, au fil du temps, à force de s’endurcir, était devenu grand glaçon. 

     Toute son enfance il avait lutté pour ne pas se laisser dissoudre, ni distraire de son objectif. 

« Petit glaçon deviendra grand pourvu que Dieu lui prête vie et que les liquides environnant ne le gobent pas tout cru ! » ; il s’était répété cette phrase des milliers de fois en serrant ses molécules de toutes ses forces. 

Dès le petit bain, il avait compris qu’il ne devrait compter que sur lui seul pour se garder de plus d’un péril.  

Les camarades de son âge lui parurent le plus souvent hostiles, ou au mieux d’une limpide indifférence. 

Il avait fini par penser que sa solitude était le prix à payer pour éviter de s’assécher et demeurer vivant en ce bas monde. 

Son caractère aride venait sans doute de là, de cette petite enfance pas tout-à-fait comme les autres.

Et malgré tous les efforts consentis à l’adolescence pour l’assouplir, il lui restait des traces farouches de résistance et de rébellion. 

       Le passage au grand bain fut une vraie délivrance et une prise de conscience de tout le chemin restant à parcourir. 

Il fit des rencontres, se lia d’amitié et faillit même s’égarer dans une dangereuse émulsion. 

Heureusement sa raison le remit sur sa voie. 

       Tout en continuant à apprendre, il se prit à rêver de se faire embrasser, une fois devenu grand. 

       Un beau jour, ou peut-être une nuit, près d’un lac, la chance lui sourit. 

Il entendit le glas sonner, celui de la fin de sa quête. 

Au baiser, son cœur embrasa son cerveau et mit le feu aux foudres de la passion. 

S’en suivirent les symptômes habituels : étourdissement, exaltation, ardeur, extase, communion, emportement, transport !  

                Ils se retrouvèrent, quelque part là-haut, sous le cercle polaire, unis à jamais, flottant près des icebergs.

 

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(© 2009/droits réservés)

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La vraie vie (!)

Posté par BernartZé le 26 juin 2009

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Wooin !!

             

              Au-delà d’un certain âge, après avoir longuement miaulé, continuellement hurlé à la vie qui n’est vraiment pas juste, même tellement trop…enfin pas assez à la hauteur de ses aspirations premières, il ne reste généralement plus personne à saouler, sauf si l’on avait oublié de commencer par soi-même.

De deux choses l’une alors : soit il est l’heure de remettre son suicide à l’ordre des prochains jours, soit il est largement temps de changer de comportement !

Assez de jérémiades, finies les lamentations à en perdre la voix et le sens de l’orientation.

Reprenons fermement en mains notre destin !

Sans se l’avouer immédiatement, la méthode Coué n’est plus très loin.

Qu’importe ! Vaille que vaille remettons notre cœur à l’ouvrage pour définir de nouveaux objectifs, les plus simples d’abord, afin d’éviter d’échouer trop vite.

Jusque là, rien à dire tant la tâche paraît noble, à défaut d’être modeste.

Inutile, vain, pour ne pas dire mortel de fixer déjà un horizon lointain, il suffit bien d’envisager le lendemain avec une certaine conviction !

     Mais comment faire ? Comment procéder à ce changement miracle ?

Depuis le temps je ne sais toujours pas !…

         Deux ou trois vies plus tard.

     Tout me semble bien plus clair : il faut juste tout reprendre depuis le début, le tout début, depuis le cri primal, enfin le tout premier cri de douleur quand les poumons s’emplissent pour la toute première fois et qu’il est trop tard pour rebrousser chemin.

Si seulement on pouvait naître d’ores et déjà prévenu du pire comme du meilleur, nul doute (pas pour moi en tous cas !) que quelques uns s’abstiendraient, s’ils avaient encore le choix, de se lancer dans cette grande aventure (in- ?)humaine.

Mais comme c’est impossible, contentons-nous de revenir en arrière.

     Il pleuvait sur Paris ce jour-là. Grise journée estivale pour une venue au monde.

Une autre météo, une autre heure de naissance et… (?)

Mais non ! Ce serait bien trop facile de tout changer depuis le commencement, détail par détail qui plus est.

L’heure et le lieu de naissance, le temps la pluie et les nuages, on les garde !

Il faudra bien s’en satisfaire.

Partant de là, j’ai dû quitter cette clinique du XIII arr. peu de temps après, et peut-être même sous un chaud soleil enfin plus raisonnablement revenu.

Quelques semaines plus tard on me faisait traverser la Méditerranée pour ma première fois et changer de continent par la même occasion.

Que serait-il advenu si mes toutes jeunes racines n’avaient pas été aussi hâtivement arrachées ?

Peut-être auraient-elles rapidement trouvé un terrain favorable pour s’enfoncer davantage et se développer en tous sens… ?

A présent leur arborescence dépasserait certainement les six pieds sous la terre.

Telles des mains géantes elles auraient fourragé profondément jusqu’à découvrir le lieu souterrain idéal où puiser mes humeurs.

Je n’aurais pas commencé à pousser sur un autre terreau et je n’aurais peut-être jamais réellement vécu ailleurs qu’ici, ce qui n’aurait pas empêché les voyages.

     Disons donc : né à Paris, scolarisé non loin de mon boulevard de naissance (au nom d’un physicien, grands dieux !!), bachelier sans doute au même âge (on ne peut plus normal), étudiant dans la capitale ; chouette !

Mais dans quelle faculté…ou dans quelle autre école moins conventionnelle, ou plutôt « attendue » ?

Dix-huit printemps fraîchement dénombrés, aurais-je pu si tôt atterrir, avec quatre années d’avance, là où j’ai effectivement pointé le bout de mon nez déjà (bien) entamé, en imposant ma volonté ou du moins en ayant suffisamment convaincu pour que l’on me laissât aller au bout de mon désir, quitte à me planter…tout aussi lamentablement ?

Sans des parents autres cela me paraît tout autant improbable (!)

     Imaginons cependant que je sois entièrement et seul responsable de ce qui ne s’est pas réalisé ; après tout il s’agissait bien de ma vie dont j’étais supposé tenir la barre, ou détenir les clefs, selon la métaphore que l’on préfère !

Donc, jeune, enthousiasme et fringant je débarque, prêt à brûler les planches, mais pas vraiment sûr de ne pas simplement passer à travers la première scène qui pourrait m’être présentée, même celle d’une salle de classe sommairement dressée.

Malgré tous mes doutes sur ma capacité à aligner trois mots pouvant « sonner juste », je me lance, en dépit de ce même physique dont Dame Nature a cru bon et spirituel de me doter, à l’assaut des plus grands textes, ambitieux et surtout plein de l’ivresse des mots.

          « Nous partîmes cinq cents » ; « Bon appétit messieurs ! » ; « Ô rage ! Ô désespoir ! Ô vieillesse ennemie ! » ; « Rome, l’unique de mon ressentiment » ; « Percé jusques au fond du cœur d’une atteinte imprévue aussi bien que mortelle » ; « Grâce à vous une robe a passé dans ma vie » ; « Vous êtes mon lion superbe et généreux » ; « Si l’amour vit d’espoir, il périt avec lui » ; « J’ai souffert souvent, je me suis trompé quelquefois, mais j’ai aimé » ; « Va, je ne te hais point » ; « Comme ce soleil couchant est manqué, la nature est pitoyable ce soir » ; « Je demeure immobile et mon âme abattue cède au coup qui me tue » ; « A horse ! a horse ! My kingdom for a horse ! » ; « Si grands que soient les rois ils sont ce que nous sommes et peuvent se tromper comme les autres hommes » ; « Je vois avec chagrin que l’amour me contraigne à pousser des soupirs pour ce que je dédaigne »…j’en passe et bien des meilleurs, sûrement.

     Tous ces mots, toutes ces phrases, ces hémistiches et ces alexandrins, cet oxygène indispensable…c’est drôle mais il me semble que je ne suis pas heureux !

Et comment vivre encore si l’on ne respire plus ?

Oh ! Je sais bien qu’il est toujours possible de battre des records d’apnée involontaire ; ceci dit, quel sens donner à tout ce temps perdu, inutile, vain (…) ? 

Loin de moi l’idée assez futile et prétentieuse de laisser une trace de mon passage ici-bas ! Au contraire !

J’aurais préféré, sans même essayer de me démarquer des autres, faire du futile un art éphémère et volatile, juste le temps d’avoir le sentiment de vivre et d’avoir vécu, de m’être exprimé aussi.  

     Même pas cap ! La preuve : à part creuser la tombe que je n’habiterai pas, pour peu que l’on ait bien voulu m’incinérer, histoire de me permettre ensuite, non pas d’occuper moins de place, mais d’être « logé » nulle part, disséminé partout, ce qui n’est pas plus une mince qu’une humble affaire (!), je n’aurai rien accompli.  

Bien sûr on pourrait croire que j’ai largement eu le temps (toujours lui !) en de multiples occasions de me faire une raison, en chemin.

Mais tout en faisant du surplace, je ne suis pas parvenu à parachever ce travail de deuil. 

Comme s’il m’était resté malgré tout un espoir impossible à tuer.

     Admettons ; mais lequel ?

Qu’un improbable miracle vienne enfin me délivrer ?

Non, même pas.

Je sais que sans y prendre garde, je me retrouverai à coup sûr dans cette même situation à l’âge d’être grand-père. Ce serait pourtant sans petits-enfants, toujours sans rien pouvoir projeter, mais peut-être avec un dentier flambant neuf censé remplacer des dents trop vite usées.

Joli tableau, non ?!

Et de me situer toujours au pied de ce même mur infranchissable chatouillant les nuages !

Comme s’il avait été écrit que je n’en verrai jamais l’autre côté.

Est-ce dû à la peur de découvrir ce qu’il peut s’y trouver ou bien au refus de passer la muraille ?

     Minuit ! L’heure du crime ! Sur mon cou affleurent des courants d’airs malins mais l’effroi qui me guette ne m’inquiète déjà plus.

Même si l’heure est totalement véridique, je plaisante, simplement pour le bonheur de me repaître de quelques belles sonorités ! Elles me manquaient, sans doute.

     J’ai besoin d’un César, pas d’une récompense décernée par les professionnels de la profession (celle du 7ème Art !), mais d’une compression temporelle.

Une fois de plus, il me faudrait détenir le pouvoir de maîtriser l’espace temps, de l’avoir à portée de main toujours, et donc n’importe quand.

Non pas pour m’en servir capricieusement, mais avant tout afin de me permettre de mener, parallèlement à ma vie, celle qui s’obstine à dérouler son cours en dehors de ma bulle.

Peut-être n’est-ce cependant qu’une mauvaise excuse pour continuer à flotter ?

C’est l’impatience qui me dévore, c’est ce cancer qui officieusement me tue à petit feu. 

Je ne cherche même plus à le rendre légitime, n’ignorant pas qu’il ne saura jamais se faire reconnaître.

     « Légitimité » ! Ce mot n’a de cesse de m’obséder, ce qui n’a rien de surprenant. Il va de paire avec une forme de honte, celle de ne pas être capable de dire l’inavouable, à quarante ans passés.

Mais peut-être, après tout (!?), faut-il posséder un certain talent, pas si commun que cela, pour se trouver encore et toujours (voire définitivement ?) empêtré dans ces mêmes problèmes supposés d’un autre âge.  

De l’art de se prendre éternellement les pieds dans le même tapis, dans la même trame sûrement !!

         Je n’ai rien contre l’adolescence, n’ayant pas, de plus, le sentiment de l’avoir vécue.

De là à vivre en boucle sur cet « entre deux »…je ne suis pas sûr d’y trouver mon compte, au bout du bout de mon cheminement !

Pour l’instant je n’ai toujours pas de véritable problème avec le fait de « vieillir », notion non seulement toute relative mais qui n’est rien comparée à celle du « temps perdu ».

Les années passent, évidemment, et arithmétiquement c’est difficile à croire, mais bien moins que le temps que représentent toutes ces années perdues à ne pas se trouver.

Oh ! Je n’irai pas jusqu’à dire que le gâchis fut total ; j’ai appris certaines choses au cours de ma non vie, mais peut-être pas suffisamment pour en faire un roman, ni même une nouvelle.

Juste de quoi écrire le synopsis d’un scénario de court-métrage !

     Il est né ; il n’a pas su vivre ; et…

Quatre ou cinq plans fixes et le tour est joué ! Qui a dit que produire un film (même court) coûtait les yeux de la tête ?

Je n’ai aucune idée des prix (évidemment !), mais en louant une journée (une demi, est-ce possible ?) une toute petite caméra numérique et en promettant de la rendre intacte après avoir effacé sa mémoire afin de ne pas l’occuper inutilement, il devrait être possible de réaliser un autre chef d’œuvre, aussi marquant qu’oubliable, qui viendra grossir le lot des films d’auteur (parfois trop situés au…niveau du nombril).

Une seule copie de l’objet, vite fait bien fait, pourrait même lui conférer (bien) plus tard une certaine valeur.

Des illuminés du siècle suivant seraient même capables de la considérer comme le témoignage inestimable d’un style de vie d’un autre temps.

Ben non ! Perdu !

(© 2005/droits réservés)

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La vraie vie (!) (part II)

Posté par BernartZé le 28 mai 2009

 

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OUTing

    

                        – Papa, Maman…voilà.

            J’ai un aveu à vous faire, une nouvelle à vous annoncer : je suis homo !

« Gay », comme vous dites.

     Je suis vraiment désolé de vous décevoir, mais j’ai fait tout ce que j’ai pu.

J’ai fait le maximum ; j’ai bien réfléchi, c’est comme ça.

Etant votre seul enfant, j’imagine facilement votre déception.

Tous vos espoirs reposaient nécessairement en moi et vous devez soudain tomber de haut.

Je n’y peux rien et pourtant je m’en veux quand même de vous causer une aussi grande désillusion.

« C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute ! »…

Non, bien sûr !

Mais n’allez surtout pas imaginer que vous êtes, l’un ou l’autre, responsable de quoi que ce soit.

Franchement non !

C’est la faute à personne, le hasard ou la fatalité ; c’est comme ça, tout bêtement !

J’aurais très bien pu n’être pas homo, comme vous.

Le sort en a, semble-t-il, décidé autrement, non sans ironie !

C’est vraiment pas de bol !

Je n’aime pas les femmes. J’espère que vous arriverez à vous faire une raison.

Avec le temps, non ?…

     J’ai pas l’air comme ça, mais c’est une chose qui me pesait depuis tellement longtemps !

Des dizaines de fois, toutes ces années, j’ai bien failli vous le dire.

J’ai essayé souvent, renonçant à chaque fois en considérant que ce n’était pas -jamais- le bon moment ou la bonne occasion.

Je me suis traité de lâche et de tous les noms envisageables afin de me provoquer, de me faire réagir et de me forcer, moi-même, à vous dire enfin la vérité.

Ma vérité, en dépit de vous.

Pour votre plus grand dépit…?

     Je vous assure, pourtant, qu’avant d’en arriver à cette extrémité (« confession »), j’en ai fait des efforts.

Dans l’espoir d’être un jour à votre image, j’ai même fait des « tentatives » supposées me tenter.

   – La Bérézina !  Que nada !

   – Waterloo, Waterloo, morne plaine… !

Quelques incursions en boîte, avec un ami, m’ont vite découragé, pour ne pas dire carrément « refroidi ».

Si le cœur a ses raisons que la raison ignore, l’épiderme n’est pas non plus en reste, croyez-moi !

Et malgré mon désir qu’il en fut autrement, je n’ai pu, en ces occasions, que constater…mon absence totale de réaction.

Un peu honteusement (encore), je suis bien obligé de l’admettre pour vous en faire l’aveu.

De désespoir, j’ai même envisagé une cruelle malédiction héritée par mégarde, ou méritée, malgré moi !

Mais bon, ça tient franchement pas debout !

Non, il faut être fataliste, je ne vois pas d’autre issue !

            Maintenant…je ne sais pas si ça pourra vous consoler un peu, je n’ai aucunement l’intention de faire ma vie avec qui que ce soit ; pas plus un homme qu’une femme ou même qu’un lévrier afghan (beaucoup trop poilu !!).

C’est ainsi !

     En fait, je suis beaucoup plus fleur bleue que ça…

Je vous présente mes trois derniers coups de cœur :

papillonbleu.jpg  lheurebleue.bmp papillonbleu1.jpg         

     Pensez-vous pouvoir nous accueillir tous les quatre à votre prochain réveillon de Noël ?…

(© 2009/droits réservés)

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La vraie vie (!) (part I)

Posté par BernartZé le 13 mai 2009

 

hkfirecrackerstingkok.jpg 

« In(t)ing »

                     

                     - Papa, Maman…voilà. 

           J’ai un aveu à vous faire, une nouvelle à vous annoncer : je ne suis pas homo !

Pas « gay », comme vous dites. 

    Je suis vraiment désolé de vous décevoir, mais j’ai fait tout ce que j’ai pu.

J’ai fait le maximum ; j’ai bien réfléchi, c’est comme ça.

Etant votre seul enfant, j’imagine facilement votre déception.

Tous vos espoirs reposaient nécessairement en moi et vous devez soudain tomber de haut.

Je n’y peux rien et pourtant je m’en veux quand même de vous causer une aussi grande désillusion.

« C’est ma faute, c’est ma faute, c’est ma très grande faute ! »…

Non, bien sûr !

Mais n’allez surtout pas imaginer que vous êtes, l’un ou l’autre, responsable de quoi que ce soit.

Franchement non !

C’est la faute à personne, le hasard ou la fatalité ; c’est comme ça, tout bêtement !

J’aurais très bien pu naître homo, comme vous.

Le sort en a, semble-t-il, décidé autrement, non sans ironie !

C’est vraiment pas de bol !

Je n’aime pas les hommes. J’espère que vous arriverez à vous faire une raison.

Avec le temps, non ?…

     J’ai pas l’air comme ça, mais c’est une chose qui me pesait depuis tellement longtemps !

Des dizaines de fois, toutes ces années, j’ai bien failli vous le dire.

J’ai essayé souvent, renonçant à chaque fois en considérant que ce n’était pas -jamais- le bon moment ou la bonne occasion.

Je me suis traité de lâche et de tous les noms envisageables afin de me provoquer, de me faire réagir et de me forcer, moi-même, à vous dire enfin la vérité.

Ma vérité, en dépit de vous.

Pour votre plus grand dépit…?

     Je vous assure, pourtant, qu’avant d’en arriver à cette extrémité (« confession »), j’en ai fait des efforts.

Dans l’espoir d’être un jour à votre image, j’ai même fait des « tentatives » supposées me tenter.

   – La Bérézina !  Que nada !

   – Waterloo, Waterloo, morne plaine… !

Quelques incursions en boîte, avec un ami, m’ont vite découragé, pour ne pas dire carrément « refroidi ».

Si le cœur a ses raisons que la raison ignore, l’épiderme n’est pas non plus en reste, croyez-moi !

Et malgré mon désir qu’il en fut autrement, je n’ai pu, en ces occasions, que constater…mon absence totale de réaction.

Un peu honteusement (encore), je suis bien obligé de l’admettre pour vous en faire l’aveu.

De désespoir, j’ai même envisagé une cruelle malédiction héritée par mégarde, ou méritée, malgré moi !

Mais bon, ça tient franchement pas debout !

Non, il faut être fataliste, je ne vois pas d’autre issue !

            Maintenant…je ne sais pas si ça pourra vous consoler un peu, « les femmes » ne me disent guère davantage.

De là à songer sérieusement à entrer…dans les ordres.

     Aurais-je alors votre absolution ?…

(© 2009/droits réservés)

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La vraie vie (!)

Posté par BernartZé le 11 mai 2009

famillesnombreuses.jpg  famillenombreuse.jpg  cartefamillenombreuse.jpg

Arrête donc d’accoucher !

        

          La vision de plus en plus troublée par des larmes naissantes, tu semblais me chercher derrière un rideau de pluie.

Et ne parvenant déjà plus à m’entrevoir, ta pluie se fit diluvienne ; je reconnus bien là ta généreuse nature ! 

          Autant qu’il m’en souvienne, certains t’avaient prévenue : deux ou trois -c’est bien- quatre…à la rigueur, mais cinq ou six, voire davantage, cela devient carrément de l’élevage !

C’est pas moi qui l’ai dit ; je ne me serais pas permis (!)

     Toujours est-il qu’aujourd’hui…te voilà bien « embarrassée » !

     35 ans…7 enfants et…un mari tellement occupé par sa carrière galopante que l’on pourrait croire qu’il te revient seulement lors de courtes visites, le temps d’un décompte, d’une m.a.j. (!!) et d’accomplir (vaillamment) son devoir conjugal, sans jamais perdre de vue (ni d’ouïe) ses trois téléphones portables, ni l’écran -toujours allumé- de son ordinateur de…chambre (à coucher).

Il est à noter un grand progrès de sa part, puisqu’il a remisé son télécopieur depuis peu ; depuis ta dernière grossesse, si je ne m’abuse !

Depuis combien de siècles a-t-il cessé de (prendre le temps de…) te regarder au fond des yeux ?

Quand s’est-il déconnecté au point de devoir inscrire vos « rendez-vous » -et tes initiales- sur quelques pages de son agenda professionnel ?

De rares et minuscules inserts, aussi discrets que difficilement consentis.

     Toutes les fois où il a pu honorer ces rendez-vous, tu as été -bien sûr- toujours présente, , c’est-à-dire à la maison, trop occupée avec sa descendance, de plus en plus envahissante, pour trouver les heures longues ou l’attente impossible.

D’ailleurs, l’attendais-tu réellement encore ces dernières années ?

Songeais-tu seulement à venir parfois jeter un œil à son emploi du temps -professionnel- qu’il ne manquait jamais de te laisser, au fil des semaines renouvelé, maintenu par deux magnets sur le pense-bête de la cuisine familiale, la pièce de toute famille nombreuse, malgré l’omniprésente absence du père de la grande tribu (hugh !!) ?

Deux petits magnets minutieusement choisis -une subtile note de son humour, très certainement- : un portable téléphonique et un ordinateur portable se chargeaient ainsi de maintenir sa « feuille d’absences », rationnellement quadrillée en 7 x 24 cases (!)

Quelques rectangles totalement blancs (vides ?) semblaient scrupuleusement disséminés au hasard de cet échiquier de 168 cases de formes impeccablement identiques.

     J’ai le souvenir d’avoir aperçu parfois des « manifestations » de défit (ou de dépit ?) qui t’avaient, m’a-t-il semblé, fait prendre possession de certaines cases blanches pour les animer de sourires plus ou moins grimaçants et de touches de couleurs dont tu gardais, seule, le code.

Rien de tout cela depuis un bon moment.

Plus guère d’espoir ou plus de lassitude ?…

 

            Ce matin-là, tu as donc déboulé -toute hoquetante- derrière ma porte prête à être toquée (faute de sonnette, volontairement débranchée par mes soins).

Et sans même lâcher ta valise, tu as fondu dans mes bras.

Une « valise » de la taille d’un vanity-case, que tu avais emportée dans ta fuite en avant et qui se révéla contenir, rien de volumineux mais seulement du bien lourd, juste le nécessaire, histoire d’emmener avec toi toute ta culpabilité de mauvaise mère et d’effroyable épouse, évidemment !

     Je t’ai d’abord, péniblement, entendu inarticuler « je les ai tous abandonnééééééés ! », entre deux sanglots démesurééééééés (!)

Qui ne te connaîtrait pas t’aurait alors jugée bien piètre tragédienne.

Et pourtant, ces excès sont tout à fait toi !

Dans toute ton extrême splendeur !

Une fois calmée, (légèrement) apaisée, fatiguée, épuisée, nous avons pu parler, des heures durant ; et rire, bien sûr !

     Non, ta vie n’était pas finie, vaine et définitivement gâchée !

Tu n’inexistais pas par le simple fait de t’être laissée dévorer par ton rôle de mère, accessoirement d’épouse.

Sans parler de la singulière performance consistant à mettre au monde sept enfants en seulement cinq accouchements (deux paires de jumelles : un défi au calcul des probabilités ou bien un clin d’œil à la loi des séries ?!), tu as su découvrir certains charmes à ta vie.

     Tes enfants, d’abord, bien que difficilement (tous ensemble !) supportables, bien sûr !

 Ton mari, que tu aimais tout de même, encore et toujours, malgré lui et son absentéisme d’écolier buissonnier !

Et puis la vie, ta jeunesse (« en cours », seulement) et tout le temps -devant toi- qu’il te restait pour en faire, éventuellement, quelque chose…d’autre, suivant tes vœux, ta volonté et tes désirs.

            Le soir (de ce matin-là), tu partis rassérénée, l’œil clair et sec, le menton en avant, toute prête à en « découdre » à nouveau, à reprendre en mains ton existence, tes enfants, ton mari !

     Depuis, quelques nouvelles parvenues jusqu’à moi m’ont laissé espérer que je n’avais, peut-être, pas été totalement inutile ce matin-là (et les heures suivantes)…

(© 2009/droits réservés)

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