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Couches multiples

Posté par BernartZé le 14 septembre 2017

31,9

Blouson

Du fourrage en prévision

  

            Y a plus de saison ma bonne dame !

 

     Et c’est reparti pour un tour avec ce bon vieux refrain qui convient au plus grand nombre.

Après celui de la rentrée des classes il faut bien trouver un sujet de conversation susceptible de meubler les temps d’attente aux caisses des supermarchés.

Et cette fin d’été qui prend l’aspect d’une déroute totale fournit une bonne occasion de se plaindre encore et toujours.

Où sont passés les 31,9 ° (et plus) des mois de juin et juillet ?

Largement envolés, et dès septembre se sont faites déjà entendre un peu partout les trompettes des éternuements en rafales.

Certains ont sûrement déjà allumé leur feu de cheminée ou relancé leur chaudière, alors que dans les immeubles à chauffage collectif…il faudra patienter.

Eh oui ! C’est la loi du plus fort ou du plus grand nombre ou…d’une personne dotée d’un métabolisme à haut concentration calorifère.

Pour tous les autres il sera nécessaire de se ruer sur les chauffages d’appoint (sujet largement traité précédemment !).

 

     Nos parents nous ont appris à juste titre que plus il fait froid, plus il faut se couvrir de plusieurs couches de vêtements.

Pour aller dans ce sens et de façon purement désintéressée, vous est proposé l’exemple du blouson visible en frontispice directement venu du Canada où les habitants savent ce que le grand froid signifie.

Roulements de tambour : mesdames et messieurs voici un magnifique blouson tricot…doublé polaire, c’est l’astuce !

Finitions de qualité : col montant, fermeture zippée, 2 poches côtés…etc.

Coloris noir et gris (pas d’autre choix)…sans doute pour vous convaincre de faire une croix définitive sur votre soleil d’été.

Afin de vous aider à parachever votre deuil, continuez sur votre lancée et équipez-vous en prévision du proche hiver.

Hormis le fait que vous pouvez parfaitement porter ce splendide blouson sur votre pyjama-jogging ou vos habits domestiques de pauvre parqué dans votre 12 m2 à l’isolation douteuse, il faut dès à présent ressortir de vos tiroirs et penderies (si vous en avez) gros pulls écharpes bonnets gants, parka matelassée ou chaud manteau en laine.

Ne craignez pas de friser le ridicule (selon quels critères ?) si vous ressentez le besoin de dormir avec un bonnet de nuit Bonnet de nuit bis et des chaussettes hautes ; cela vaut mieux que de devoir avaler des médicaments pendant plusieurs semaines.

L’automne est (officieusement) là, suivra vite l’hiver.

 

     Étoile des neiges Oh ! bien sûr vous reverrez le soleil qui, à défaut de vous réchauffer, vous tirera quelques sourires entre deux grimaces dues à vos mâchoires serrées en signe de résistance au froid.

Mais vous vous consolerez rapidement quand, le plus souvent avant même la Toussaint, commenceront à refleurir les premiers signes de…Noël !

Sous prétexte de célébrer tous les saints, réapparaîtront des sachets de chocolats et autres confiseries et les premiers ballotins.

Et dès que vous aurez le dos tourné, les grandes boîtes de chocolat envahiront les rayons.

Plus il fera froid, plus vous trouverez là matière à vous consoler ; c’est fait exprès !

Et les premiers calendriers de l’Avent seront disponibles…en novembre ; de quoi patienter jusqu’au 25 décembre en en achetant plusieurs à la suite pour faire plaisir aux enfants.

 

     « Noël au balcon, Pâques au tison » ou inversement ?

Soyez sûrs que vous aurez aussi droit à cette grande question existentielle qui démange la presse autant que le quidam chaque fin d’année.

Eh oui, qu’on le veuille ou non, la météo occupe nos vies les rythmant avec plus ou moins de bonheur.

 

            Méfiez-vous de ne pas trop espérer au début de la nouvelle année ; prémunissez-vous en vous disant que l’hiver n’aura fait que commencer et que vous n’en aurez pas fini d’avoir froid.

Désolé de jouer l’oiseau de mauvais augure mais c’est pour la bonne cause, la vôtre.

Outre des vêtements adaptés à la saison, le meilleur moyen de vous réchauffer tout le long de l’année le corps l’âme et le cœur serait sans nul doute l’amour tout simplement.

Si vous avez la chance d’aimer et d’être aimés en retour alors une douce chaleur compensera (partiellement) les rigueurs hivernales.

Ce sera votre privilège…

  

 

Coucou me revoilà !  (Il surgira bientôt de la nuit)

(© 2017/droits réservés)

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C’est ma prièreère !

Posté par BernartZé le 26 juin 2017

Si seul !

Mon Dieu !

  

            Faites que les prochaines vacances ne me soient pas fatales.

 

     Je ne veux pas retourner en pension où j’ai été placé avec ma mère deux jours après ma naissance.

Mes frères et sœurs étaient mort-nés et nous sommes aussitôt devenus indésirables.

Il fallait nous soustraire au plus vite de la vue des enfants de la famille afin de ne pas heurter leur sensibilité ; à deux contre cinq nous étions fatalement perdants.

Nous avons échu dans un refuge pour âmes en peine, parqués derrière une grille comme celle-ci Cellule effroyablement close, implacable et sans horizon.

Ma mère en est morte ; on m’a ensuite nourri au hasard avec une tétine mal embouchée qui me blessait le palais.

Contrairement à la plupart de mes congénères j’ai eu la chance d’être retiré de là avant même d’être totalement sevré grâce à la visite de gens en quête de jouet de Noël.

Je me suis retrouvé enrubanné au pied d’un sapin à miauler gentiment pour exprimer ma gratitude.

Je n’allais tout de même pas faire la fine bouche.

 

     Je n’ai pas beaucoup grandi faute de temps et je sens à nouveau aujourd’hui le parfum âcre du danger.

Voilà l’été, et d’après les rumeurs ce sera l’heure de l’exode pour beaucoup.

Les places sont presque toutes réservées ; ici, en partance assurée, maman papa le fiston et le chien Basile, un gentil vieux toutou de quinze ans qui me fiche une paix royale.

Et moi dans tout ça ?

Ils partent dans une semaine rejoindre le Camping des Flots Marins et j’ignore ce qu’ils ont prévu pour moi.

Je rêve de soleil de châteaux de sable Châteaux de sable de calme et de sérénité mais je crains le sur place, pire le long couloir menant à une nouvelle grille.

Des chats du quartier m’ont dit que notre pelage ne faisait pas bon ménage avec le sable fin.

J’espère qu’ils testaient simplement ma naïveté.

Pour taire mes angoisses j’ai choisi un mode de transport facilitant les voyages en voiture Sac de voyage chats.

 

     Si par malheur je devais de nouveau être abandonné, mis au rencart ou laissé sur le bord de la route, je ne sais pas si…

 

            Pourvu que mon été soit doux.

  

 

De bleu et de blanc  (Mon rêve bleu)

(© 2017/droits réservés)

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Obsession

Posté par BernartZé le 20 juin 2017

Notice

Avis de recherche

  

            Tant besoin de comprendre.

 

     Plein de questions Trop de questions me taraudent (une fois de plus) ; toujours les mêmes évidemment.

Pourquoi changer de refrain lorsqu’il revient sans cesse à raison et que les réponses se font toujours attendre ?

 

     Entre deux rares éclaircies les nuages s’amoncellent Morne plaine sur la plaine.

Les temps amers ne tardent jamais à revenir nous empêtrant dans des voiles complexes Sour times (Portishead).

Le funambule titubant en rebord de fenêtre ne peut guère espérer demeurer longtemps en équilibre.

Seul un miracle lui avait permis de s’aventurer jusque là en sachant que son obstination le mettait en péril.

Certains, maladivement malades, font la bascule quand d’autres s’interrogent encore (et toujours) repoussant à plus tard l’instant du sombre désastre SONY DSC.

 

     La vie à rebours pour remonter le temps et retrouver le fil.

Essayer de découvrir les mystères détenus par des êtres éclairés.

Lire et relire, voir écouter interroger sans fin.

Se méfier aussi : les philosophes en disent plus qu’ils n’en savent (!)

Des chercheurs plus humbles et discrets nous ont parfois donné matière à réfléchir sur qui nous sommes et pouvons devenir par la seule grâce de leur quête entomologique La trilogie de Kieslowski (1992-1994) ; l’espace d’un instant la lumière fut.

Sur les bords du trottoir les pas furent ensuite plus légers…

 

     Heureux ceux qui savent ou croient savoir, l’important étant d’être convaincu par ce que l’on pense avoir compris.

 

            Si seulement existait une notice pour expliquer la vie !…

 

  

Krzysztof Kieslowski  Merci

(© 2017/droits réservés)

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Lumière (?)

Posté par BernartZé le 30 avril 2017

D'après pochette ''Lumières'' (Gérard Manset, 1984)

Comment ne pas attraper froid ?

(ici-bas)

  

            Au loin la lumière des étoiles mortes.

 

     Un entêtant parfum de fin du monde menace de tous nous faire perdre la raison.

En pleine crise de paranoïa est-il encore temps de se calfeutrer dans l’espoir de s’épargner « la douleur de vivre » ?

Se cacher les yeux et se boucher les oreilles pour ne voir ni entendre le chaos et le fracas d’un monde à l’agonie n’est malheureusement pas une solution très réaliste.

Si seulement il était possible de fuir à toutes jambes ; mais pour aller où ?

 

     Se lever se laver tous les jours machinalement, marcher pour tenter d’avancer, ne pas trop penser à l’inanité de nos actes dans la quête pathétique d’un bonheur relatif…comme s’il nous fallait être « heureux » à tout prix.

Transformés en robots le choix n’est plus permis, la liberté est illusoire.

Et cependant chaque matin on nous remonte comme des horloges dont les aiguilles tricotent sans rechigner.

L’effroi total ''We carry on'' - Portishead (Third, 2008) est de devoir continuer !

L’angoisse existentielle n’est pas un vain mot quand elle prend en tenaille l’esprit et le corps, que les mains et les jambes se distordent pour témoigner de la violence infligée.

A s’en rendre malade, à en devenir fou.

 

     Le froid s’est immiscé partout, en nous et en toutes choses.

Nos squelettes claquent des dents dans l’impossibilité de réprimer leurs peurs !

Est-ce lâcheté que de refuser de s’enrhumer ?

Si le combat était perdu d’avance, fallait-il s’engager pour la seule beauté du geste ?

Fallait-il naître pour n’être finalement que ces personnages aux âmes prêtes à sombrer ?

Sans auteur pour donner à nos mots une substance, il ne nous reste plus qu’à filer droit dans la coulisse.

 

            Rejoindre les étoiles peut-être…

 

 

Vie et mort des étoiles   

(© 2017/droits réservés)

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Chassez le naturel…

Posté par BernartZé le 2 avril 2017

Arbre pascal

L’art de se perdre

(en tentant de se trouver)

 

            Perché dans les arbres…

 

     Bientôt reviendra le temps de la chasse aux œufs et aux lapins de garenne Lapin alu ; inutile de leur tirer dessus ils se livreront sans reddition, prêts à se laisser déguster.

Sans présumer du nombre de victimes il y a fort à parier qu’elles souffriront nettement moins que celles qui tomberont au champ du déshonneur en septembre prochain lors de joyeuses chasses à courre où seuls les chiens transpireront tandis que leurs « maîtres » cavaleront dignement sur leurs montures Œufs de...suspension

 

     Sans fusil ni étalon ni canidé, sans doute aurais-je alors fini de m’égarer en chemin à force de chercher une issue à ma voie.

Quête solitaire de preuves d’une existence bradée à bas prix.

L’heure de la révolte avait pourtant sonné ainsi que la volonté d’en finir avec la dispersion tous azimuts et les égarements sans fin.

Passer constamment du coq à l’âne est une gymnastique épuisante, autant pour l’esprit que pour le corps.

A force de tirer sur son col pour garder le cou au chaud on risque l’étranglement et le manque d’oxygène.

 

     Retrouvée dans une boîte mal rangée au grenier la photo floue Le ''père à l'enfant'' d’un père souriant à son enfant.

Improbable image d’un lointain passé fantasmé ; vaine prouesse du cerveau pour tromper l’autre ?

Les soubresauts du corps confirment le degré d’enfermement de l’âme en faillite.

L’ennemi dans la glace a-t-il fini par prendre toute la place L'ennemi dans la glace (''Neuf'' - Alain Chamfort, 1993) ?

La poursuite de la lutte aux confins de l’absurde a-t-il un sens ?

Ou bien n’est-ce que pure déraison et entêtement idiot ?

 

            L’art de se perdre…l’art de se pendre au crochet Point d'interrogation retourné de l’ultime question.

 

     Joyeuses Pâques Œufs de Pâques !

 

 

 

 

Jane Birkin - L'aquoiboniste 

(© 2017/droits réservés)

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Quête des sens

Posté par BernartZé le 24 mars 2017

Bah !

Quel zèbre

  

            Une pause s’impose.

 

     Trop de mots accumulés finissent par user jusqu’à la corde le fil tendu au-dessus du vide au point de rendre l’équilibre précaire.

 

Quand l’aquoibonisme reprend le pouvoir les bras tombent naturellement inertes le long du corps et plus rien ne sert à rien.

Tout semble vain et inutile ; à force d’être répétés les mots s’égarent, perdant le sens commun jusqu’à la déraison.

Lâché en chemin l’esprit est privé de son mode d’expression usuel ; interloqué il ne peut que se taire, désarmé.

Le siècle n’est plus aux lumières, les ombres dangereuses s’étendent se multiplient, envahissent et dévorent telles des rapaces l’espace partagé de moins en moins humain.

Démuni l’être affaibli file dans la coulisse cacher sa honte, anéanti par son sentiment d’impuissance.

 

     Oui une Pause est devenue nécessaire, non pour « se ressourcer » mais pour survivre tout simplement.

Revenir au plaisir originel de l’écriture (presque) insouciante sera-t-il possible afin de retrouver l’envie et la justification indispensable à tout projet, même le moins ambitieux ?

En espérant qu’il ne s’agira que d’un léger report Sine die de rendez-vous.

 

            Le zèbre ne fait pas l’idiot pour se faire remarquer ou pour se rendre intéressant, il porte ses rayures.

  

 

Zébrures  Que sera sera…

(© 2017/droits réservés)

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Entre les flots

Posté par BernartZé le 21 mars 2017

Bouddha tête penchée

Mélancoliaque

  

            Qu’il est triste de voir tenir en deux ou trois phrases impersonnelles la réponse d’un ami ; rien de plus.

 

     Les routes se croisent et se décroisent un jour.

C’était écrit.

La prédiction était facile, fatale et évidente.

Les hasards de la vie conduisent parfois à un délitement progressif du sentiment ; en amitié aussi.

Et tout au bout ne reste qu’un champ de désolation Champ de désolation à l’horizon bouché ; à pleurer.

En vain, il est trop tard.

 

     La sécheresse du message, digne d’un courrier administratif, fait longtemps froid dans le dos alors qu’il confirme seulement ce qui couvait depuis un bon moment.

Inutile de tomber accablé Homme assis avec la tête penchée (Kafka) sur le parquet vitrifié.

Bien que plus verni, il ne saura apporter aucun réconfort pour soulager la peine.

Alors malgré soi on se souvient.

 

     Plus qu’une histoire achevée tout un pan de vie vient de s’écrouler.

Des décennies emportées remontant parfois à l’enfance ou à l’adulescence, bref à la prime jeunesse.

Un âge où tout semblait possible et sans limites, où les rêves lâchés suivaient leur cours au gré du vent.

L’âge des délires et des improvisations, celui de la spontanéité basée sur la complicité le même sens de l’humour et de la dérision.

Et puis -surtout- la vie, tout simplement.

Les enfants qui grandissent haut et forts, adultes à leur tour faisant leur vie, comme les heures plus douloureuses des deuils des doutes et de la maladie.

Mutuellement présents pour l’autre jusqu’au jour où un grain de sable s’est immiscé.

Quel quiproquo quelle offense quelle affliction tue, quel hôte imprévu est-il parvenu à rompre cet accord ?

Le temps n’est plus aux explications ni à l’orage ; l’indifférence polie et muette a pris place.

Avec elle le silence dévorant obsédant absurde et indécent ; et l’incompréhension.

 

            Les serments implicites d’amitié sont-ils plus fiables que les serments d’amour déclarés et réitérés à diverses personnes ?

 

     La question reste posée…

  

  

Malentendu

(© 2017/droits réservés)

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Aquoibonisme

Posté par BernartZé le 13 février 2017

Le plein de doute

Le big doute

(la porte étroite)

  

            A quoi bon s’illusionner ?

            A quoi sert-il d’écrire si personne ne vous lit ?

 

     Bien loin l’âge du journal « intime » auquel on se confiait pour tenter de se comprendre ; au pire on pouvait y lire le résumé sans style de journées sans saveur, au mieux quelques tentatives d’analyses et autres recherches de sens.

Soir après soir la contrainte (acceptée) de coucher sur le papier (ça commençait souvent par un simple cahier d’écolier Journal ''intime'' qui prenait alors une valeur particulière) des questionnements et des états d’âme parmi les anecdotes quotidiennes participait à un rite, une sorte d’étape obligatoire avant d’atteindre le lit pour un sommeil supposé réparateur.

Comment, encore enfant, décide-t-on un jour d’écrire hors parcours scolaire ? ; plus question de rédaction avec sujet imposé, place à une autre forme d’expression et d’engagement.

Pourquoi ce qui prenait initialement à peine cinq minutes s’est étiré au fil du temps jusqu’à devoir rogner sur les heures passées à dormir ?

Comment cette idée saugrenue a-t-elle germé dans certains esprits tandis que pour la plupart des écoliers les leçons apprises et les devoirs vite faits donnaient droit aux jeux aux ébats sportifs et à d’autres divertissements bien mérités ?

 

     Mystère et... Qui saura jamais dire ce qui leur passe par la tête ?

Les enfants « solitaires » (ne vivant pas en bande) sont singulièrement tous différents ; eux-mêmes parfois ne s’expliquent pas les raisons qui les ont conduits sur un autre chemin.

Cancres ou premiers de leur classe ? Incompris ou mal aimés ? Têtes de turc ou/et victimes désignées ?

Malgré eux ils se font remarquer en ne se fondant pas dans la masse, apparemment incapables de faire comme tout le monde.

Autrefois ils ramassaient tout au plus plaisanteries et quolibets, aujourd’hui certains en meurent…

L’écriture serait-elle alors un refuge, une base de retranchement où trouver du repos faute de réconfort ?

 

     Un jour, plus tard, à force de balbutier les mots prennent de l’ampleur et s’envolent.

En tombant amoureux du verbe on se repaît de leur oxygène, et il n’est désormais plus possible de faire marche arrière.

Alors par goût, par jeu, on essaie d’écrire ; à l’aveugle, sans savoir où nous conduiront les phrases formées ni si elles feront sens.

Exercices ludiques en forme de poire de pomme ou d’ananas, vers prose vertige des sens dessus-dessous, c’est follement drôle même si c’est souvent n’importe quoi.

Trop tard pour renoncer quand l’addiction est avérée.

Parfois, littéralement en transe, on fait des bonds de joie en se sentant audacieux…avant de retomber le plus souvent sur sa chaise en se relisant !

Même s’il n’a duré qu’un court instant le plaisir proche de l’extase aura été immense.

Forcément, afin de revivre cet état de grâce, on se remet cent fois à la tâche, trouvant dans cette nouvelle habitude légèreté et divertissement.

Mais bien sûr rares sont les occasions de décoller à nouveau.

La lucidité oblige à la modestie et si la notion de « génie » existe elle ne peut s’appliquer qu’à autrui.

 

     La jeunesse ne manque ni d’audace ni de courage.

Le goût de l’aventure permet d’oser s’essayer à différentes formes d’écriture : poésie, théâtre, roman, billets d’humeur…

Et à force de rêver, un jour juste pour voir, on envoie des tapuscrits à des maisons d’éditions qui répondent ou pas.

Négativement le plus souvent, positivement parfois…généralement pour une publication à compte d’auteur.

Les avis exprimés manquent cruellement.

Les amis ne sont guère plus fiables, n’osant pas toujours dire combien les pages à lire leur sont tombées des mains ; il leur est beaucoup pardonné.

 

     Changement de siècle, autres possibilités.

La toile WWW donne la parole à tous, autorisant les excès comme les expérimentations.

Les sites et les blogs pullulent sous forme de tout et de n’importe quoi, le meilleur et le pire ; pourquoi ne pas tenter l’aventure de mettre en ligne -en lumière- des écrits sans prétention en espérant recueillir des « commentaires », positifs ou négatifs pourvus qu’ils soient argumentés ?

Le silence des premières années est aussi compréhensible que décevant.

Le temps de réaliser que les internautes sont principalement attirés par le sensationnel et l’on est face au choix : persévérer pour le plaisir du jeu ou renoncer.

Certains ont la sagesse de passer à d’autres formes d’expression, d’autres continuent à proposer la lecture de leurs mots ni copiés ni collés.

En toute humilité, sans risque ni péril si ce n’est celui de l’écho tu.

 

     Le silence qui perdure -devenu une habitude- permet de dépasser la déception qui consiste à ne pas savoir si les écrits présentés ont un quelconque intérêt.

Il faut accepter la règle du jeu qui inclut le droit à l’indifférence.

Il faut -c’est essentiel- continuer à s’amuser à jouer avec les mots pour le simple plaisir de jongler.

 

            Tant pis s’ils tombent à plat…

   

 

En toute quiétude  Tranquille cependant…

(© 2017/droits réservés)

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Problèmes épidermiques

Posté par BernartZé le 26 janvier 2017

Pommade Bepanthen

Apaiser protéger réparer

  

            Les fesses du nourrisson ne sont pas les seules lésées.

 

     Se coucher et dormir ; se coucher et rêver que tout va mieux, presque bien.

Pour se pommader l’âme, pour mettre du baume au cœur, en cas d’urgence tout est permis.

Se coucher dormir rêver et croire que l’on est enfin consolé de toutes ses peines, guéri de toutes les blessures.

Notre besoin...(d'après Stig Dagerman) Encore et toujours la même rengaine, les mêmes maux et les mêmes entraves à la vie.

Rêver d’une délivrance et d’une impensable liberté permettant au corps d’échapper à toute pesanteur quitte à changer de dimension.

Rêver de chaleur retrouvée Chaleur humaine ; retomber en enfance.

 

     Les troubles du comportement peuvent s’avérer terribles, parfois mortels.

Bizarrement de nombreux individus en souffrance choisissent de s’en prendre à eux-mêmes plutôt que de remonter aux origines du mal.

Passons sur les desperados qui s’enlisent et se noient jusqu’à plus soif pour oublier que tout leur échappe, les suicidés avant l’heure qui n’en pouvaient plus depuis trop longtemps et tous ceux qui tentent de remplir leur vide de nourriture ou essayent de garder le contrôle en s’en privant jusqu’à la mort.

Restent tous les autres, les plus anonymes, ceux qui se courbent fléchissent et résistent obstinément alors qu’ils aimeraient tant se coucher.

Ils ne sont plus déprimés ni même dépressifs, ils ont basculé au-delà de ces simples considérations humaines.

Ils sont passés dans une autre dimension où la douleur est devenue une telle habitude qu’ils en ont oublié le temps où ils vivaient encore et où la notion de plaisir avait un sens et une place dans leur existence.

Cette souffrance quasi christique Consolation (Jean-Georges Cornelius) peut paraître insensée ; elle l’est.

Et pourtant elle durera encore.

 

            A tous ceux-là j’aimerais dire…

 

  

Bébé Bepanthen  (bonne nuit)

(© 2017/droits réservés)

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Chronophagie

Posté par BernartZé le 11 janvier 2017

L’œil horloge

L’attente

  

            Le temps de courir à sa perte…

 

     Certes toutes les heures blessent et si la dernière tue elle met fin du même coup à l’angoisse qui nous ronge tout au long de la vie.

 

Qui n’a pas attendu, pupille plus ou moins dilatée, un train un coup de téléphone ou de sonnette à la porte, l’aimé(e) ou…le facteur parfois !

Pour un simple colis Livraison par drone qui n’en finit pas de ne pas arriver l’inquiétude peut grandir au point d’envahir l’espace mental empêchant toute réflexion et toute action.

Chacun des sens en éveil, l’oreille est à l’écoute du moindre bruit, du plus petit indice.

Telle Tatiana Samoïlova Tatiana Samoïlova (Quand passent  les cigognes, 1957) plus soucieuse de savoir quand passeront les cigognes (contre-sens assumé !) que de connaître l’heure de venue du facteur ; mais c’est un cas atypique.

L’anxiété qui a gagné son visage révèle l’intensité et les enjeux de son attente ; si elle savait la pauvre !

 

     Sommes-nous condamnés à patienter et espérer sans fin en nous tordant les mains et les jambes tels des gamins autrefois habitués à ce que leurs caprices soient immédiatement satisfaits ?

La délivrance vient-elle avec la mort ?

Si une attente pouvait se dérouler en connaissant son heure et sa date précise d’échéance le système nerveux s’en porterait bien mieux.

Mais non bien sûr, la vie coulerait trop facilement et nous n’aurions pas autant conscience de la précarité de nos existences.

L’incertitude est une menace permanente qui nous rend excessivement vulnérables et nous sommes impuissants à nous en défaire.

Pas étonnant si à force de se prendre des coups Uppercut nos âmes finissent défigurées au point de nous faire porter sur le visage les traces de nos heurts Visage tuméfié suivant le principe inverse de celui du fameux Portrait de Dorian Gray !

Ah ! les agressions du temps !

 

            N’ayant pas d’autre choix que d’attendre, attendons sans relâche, même si cela fait mal de devoir vivre avec une dangereuse Épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Bienheureux ceux qui ne s’en doutent pas…

 

 

LE portrait de Dorian Gray (inv.)

(© 2017/droits réservés)

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