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Label enfance

Posté par BernartZé le 11 mars 2016

RICKSHAW WALLAH

Poussette

  

            J’ai « traîné » mon enfant partout ; partout partout.

 

     Avant même qu’elle ne vienne au monde, je me suis exercé dans le jardin à pousser tirer tracter en tous sens son premier véhicule Poussette canne ; super confort, doubles roues motrices avant, pliable à souhait ( !), je le lestais de deux http://www.dreamstime.com/stock-images-black-bowling-ball-d-illustration-isolated-white-background-image34557034 en attendant le grand jour.

Lorsque l’enfant parut je fus surpris de la trouver aussi légère…tout en comprenant mon erreur logistique : j’avais oublié l’étape cruciale du Landau bébé !

Censé être plus à même de soulager sa tête et sa colonne vertébrale durant sa première année…nous nous en passèrent fort bien tant elle semblait heureuse en promenade ; ouf !…ma carrière de père avait failli démarrer sur de mauvaises roues.

Quelques coussins moelleux et le tour fut joué.

 

     Nos échappées quotidiennes nous menaient parfois loin à l’occasion de courses en ville qui nécessitaient d’emprunter le réseau des bus Bus obligeant à monter à l’avant… quitte à embouteiller son accès et à retarder tout le monde.

Quand je repense à toute la gymnastique et aux figures imposées pour réussir à nous faire une petite place parmi des gens aux visages parfois peu accueillants sans parler des aimables commentaires grognés à demi-voix…je me dis que je devais être (sans le savoir) un sacré sportif !

Plus fort qu’un développé couché le pliage de poussette nécessite dextérité, force dans les Mains, et courage ; une épreuve que faute de paternité il n’est pas possible d’appréhender.

 

     Vint le jour où, marre de n’avoir pas de voiture (pas même sans permis) et de galérer dans des transports en commun préférant mettre en touche certains, je m’offris un rickshaw.

Si si !

Et de m’improviser rickshaw-wallah Rickshaw-wallah (petite sonnette en prime) en plein centre-ville avec ma fille pour seule et unique passagère.

On ne se remet jamais complètement d’un voyage en Inde.

 

     Nous vadrouillâmes partout tant que cela l’amusait.

Vers l’âge de onze ans elle préféra prendre le bus pour aller à l’école tandis que mes forces commençaient à décliner.

Mon véhicule sans moteur en prit ombrage, définitivement parqué au garage.

Je pris un peu de repos.

 

            A bientôt vingt-cinq ans -retournée vivre dans le pays de sa mère- elle rit encore de moi en repensant à ses années de jeunesse.

La poussette motorisée Poussette motorisée (rose pour les filles évidemment !) a paraît-il été inventée depuis ; trop tard pour nous.

 

     Il me prend encore parfois à rêver de « pousser » un landau à moteur électrique (atmosphère, atmosphère !) monté sur quatre grosses roues vroum vroum ; fier comme un paon de promener ma fille dans tous les parcs de la ville…

 

 

Poussette 4x4  (suspensions hydrauliques !)

(© 2016/droits réservés)

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Fable

Posté par BernartZé le 24 février 2016

Chenille machaon  Cachalot

La chenille et le grand cachalot

  

            Ils auraient pu ne jamais se rencontrer.

 

     Tandis que la chenille travaillait à devenir chrysalide en un long déchirement muet, l’autre cliquetait au grand large en émettant des sons aqueux   audibles de très loin.

Elle s’efforçait de réussir sa transformation intime alors qu’il voguait pénardement, tête la première, en quête de sensations et de nourriture ; le Sagittated Calamary était son péché mignon tant il aimait taquiner ses tentacules avant de le mâcher, quitte à se faire mal aux dents qu’il avait pourtant dures.

Et un jour terrible survint un cataclysme.

 

     Un tsunami Tsunami les réunit tout en haut d’un arbre tranquille Cerisier japonais du bord de mer.

Cette rencontre aussi improbable qu’irréelle les surprit tant que le grand cachalot resta coi et que la chenille apeurée émit des signes de détresse ; toute étonnée d’entendre pour la première fois le son de sa voix, elle faillit chuter une branche plus bas quand il la rattrapa de justesse.

Ils se sourirent.

A terre la déferlante bouleversait le paysage et, en toute inconscience, ils se découvraient lentement en un temps suspendu, alors qu’il avait été violemment interrompu pour des milliers de victimes.

Passé l’instant de stupeur, ils ne se parlèrent pas, faute d’un langage commun, mais ils partagèrent des secrets et des doutes concernant leurs avenirs.

Il pouvait légitimement espérer vivre encore plusieurs décennies alors qu’elle se savait condamnée à une prochaine mutation en chrysalide sans jamais espérer connaître l’apparence du Machaon qu’elle deviendrait.

De quoi développer son sens de l’abnégation et du sacrifice sans le moindre sentiment d’amertume.

Et c’est ainsi et c’est comme ça qu’ils partagèrent quelques moments de vie quand la mort se répandait en bas.

Et puis l’appel du large pour l’un et la mue en cours pour l’autre les obligea à se quitter.

Il replongea en eaux troubles, elle s’accrocha à sa branche en attendant des jours meilleurs.

 

            Aux dernières nouvelles l’un continue de nager, l’autre n’est plus depuis longtemps, son papillon étant mort d’asphyxie en moins de trois jours.

Cueilli en pleine jeunesse.

 

     Il n’est point de morale à cette histoire.

 

Le papillon de mort (by LaRoseDePetitPrince)

(© 2016/droits réservés)

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Question de tempo

Posté par BernartZé le 15 février 2016

La 2CV le Violoncelle

(et moi)

  

            C’était une vieille guimbarde, presque un prototype démarrant avec une manivelle Prototype 2cv 1939 ; c’était un violoncelle encombrant.

 

     Certains jours elle semblait subclaquante, lui, dans la fleur de l’âge arborait une volute et un chevillier faisant souvent la roue Volute et chevillier.

Il était magnifique ; elle faisait ce qu’elle pouvait pour paraître à son avantage tant bien que mal.

Ces deux-là ont beaucoup voyagé de villes en villages, de salles de concert et d’auditorium en MJC ; des maisons de retraite et quelques hôpitaux aussi.

Des années de bourlingue départementale.

 

     Avant de pouvoir vagabonder il avait fallu trouver la bonne diagonale pour faire entrer l’instrument dans l’habitacle afin de ne pas aveugler bêtement le conducteur et d’épargner un éventuel passager.

Pas facile, mais en visant bien, il avait été possible d’éviter de foncer à 60 km/h (dans les meilleurs jours) aux urgences du centre hospitalier le plus proche (le moins lointain serait plus juste) pour cause d’hémorragie de…pique.

Le talent aiguille n’est pas sans risques comme le savent nombre de femmes haut perchées.

Cette question réglée, le bonheur et la joie de partager de précieux moments avec dix cent ou beaucoup plus de spectateurs s’était révélé sans limites et impossible à traduire verbalement.

Les sens en éveil tous -l’auditoire le violoncelle et l’instrumentiste- se trouvaient à l’unisson.

Dehors la voiture attendait, par tous les temps.

 

     Un vilain jour, par un chaud soleil d’été, la 2cv se grippa ; impossible de la convaincre de redémarrer pour poursuivre l’aventure.

Il fallut donc improviser et porter à dos de chameau (sans camélidé) l’instrument et les partitions dans l’espoir de rentrer à bon port pour repartir ailleurs.

Une charrette surprise en pleine sieste dans un champ Charrette, un cheval passant par là et sauve qui peut, la vie redevint merveilleuse !

 

            Un peu plus tard, un autre jour d’une autre année, le musicien se souvint non sans émotion de cet épisode de jeunesse.

Il roulait en 4X4 dans une version vaguement hybride dans l’espoir de polluer le moins possible l’atmosphère ; mais bon…!

 

 

     Comme le temps passe…

 

Archet 

(© 2016/droits réservés)

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Réminiscences

Posté par BernartZé le 13 janvier 2016

Tossa de Mar, Costa Brava, Cataluña

Étrange rencontre

            

            D’abord ils ne s’étaient pas vus.

 

     Elle l’avait découvert par hasard en contrebas de la falaise, couché entre deux rochers le nez au vent Camping sauvage ; elle lui avait trouvé un faux air rimbaldien avant de se reprendre et de se dire qu’il s’était plutôt échappé des années 70’s du siècle suivant.

Peu importait ; elle l’espionna longtemps pour le plaisir des yeux laissant courir son imagination.

Il semblait si paisible lové là ; à quoi pouvait-il bien penser ?

Elle se plut à le croire assassin ou poète, rêveur ou photographe.

Il pouvait tout aussi bien être mort, les yeux encore ouverts.

 

     Sa toute première nuit de camping sauvage Camping avait été pluvieuse venteuse et agitée ; évidemment elle avait mal dormi sous la tente, évidemment au réveil elle était d’une composition peu sociable.

Les amis avec lesquels elle était partie à l’aventure étaient plus aguerris à ces conditions un peu spartiates ; heureusement pour elle ils surent s’amuser gentiment de ses mouvements d’humeur matinaux.

Par chance la journée s’annonçait ensoleillée et le ciel avait effacé de sa mémoire les tourments de la veille.

Tandis qu’ils respiraient tous le bon air marin en se dégourdissant bras et jambes, elle vit au loin remonter de nulle part un homme.

Une pointe au cœur lui fit immédiatement comprendre qu’elle l’avait déjà vu ; le dormeur du creux de rochers marchait vers eux, vers elle.

Tout en ne paraissant pas surprise de le revoir (debout) elle prit un air dégagé.

Très naturellement il dit bonjour à tous.

Quand on lui demanda par politesse, et une légère curiosité, ce qu’il faisait là tout seul, il sourit mystérieusement sans répondre.

Elle sourit intérieurement.

 

     Et le temps passa un peu ; deux semaines plus tard par le plus grand des hasards (encore lui) ils se croisèrent au restaurant universitaire Restaurant universitaire où elle avait ses habitudes et ses repaires.

En partageant un repas ils parlèrent, se découvrant lentement.

Ils se revirent et il entra vite dans son cercle restreint d’amis ; tous se retrouvaient chaque soir dans sa chambre universitaire pour discuter rire et…tartiner du pain de mie Pain de mie à tour de bras ; tartinons tartinons il en restera toujours quelque chose…en plus du mauvais gras !

Elle en garda de nombreux souvenirs.

 

     Leur relation dura quelques semaines ; elle l’aima tandis qu’il se plaisait à se divertir.

Il se lassa bien sûr.

 

            Des décennies plus tard, mariée mère et heureuse, en se souvenant de cette rencontre elle sourit…

 

CC BY-NC-ND Bruno Monginouxwww.photo-paysage.comwww.landscape-photo.net 

(© 2015/droits réservés)

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Pauvre conte

Posté par BernartZé le 10 décembre 2015

Alliance

Sans pleurs ni mouchoir

            

            J’ai posé mon alliance et j’ai quitté la fête.

Il ne m’a pas vu fuir.

 

     Un mouchoir...pour pleurer J’aurais pu m’écrouler sur mon lit et pleurer de dépit, inonder les coussins et maudire mon destin ; j’ai préféré partir.

J’ai préféré partir quand j’ai réalisé -trop tard- qu’il ne m’aimait pas.

Il en aimait une autre et avait tout bêtement choisi l’argent de ma famille telle une assurance vie.

Comprenant ma méprise après l’échange des consentements, mon anneau m’a brûlé l’annulaire.

Il me souriait encore -tout à son bonheur feint- et je le trouvais toujours aussi beau et lumineux ; mais je me mis naturellement à ne plus l’aimer.

Son merveilleux avait à mes yeux disparu et plutôt que de le détester soudain, mon cœur s’en est éloigné en le plaignant.

Il n’avait plus rien de mirifique ; Ave Maria, je ne serai jamais la mère de ses enfants.

 

     Dire que je l’adorais quand j’ignorais aveuglement son mensonge !

Cette énormité m’était si étrangère qu’en la découvrant ma respiration est restée en suspend.

J’ai expulsé mon amertume en retrouvant mon souffle.

En sortant de la mairie ma seule idée fut de m’enfuir loin, notre engagement étant rompu faute de sentiments réciproques.

Bien au-delà de sa trahison j’étais si désemparée par ma méprise que j’ai failli me jeter par-dessus le bord du paquebot sur lequel je m’étais embarquée tandis que la fête battait sans doute son plein et qu’il ne cherchait déjà plus mon regard.

Il ne me manquait pas et j’en étais heureuse et délivrée.

 

     En quittant ces tourments je me suis retrouvée jeune fille alors que j’étais femme.

J’ai abordée seule d’autres rives et je n’ai plus jamais porté de bague…à aucun doigt.

 

            C’est à cette époque que j’ai commencé à tenir mon journal (de bord), celui d’une divorcée sitôt mariée

 

Embarcation  

(© 2015/droits réservés)

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Out of order (?)

Posté par BernartZé le 20 septembre 2015

Frank Wendel

Et ce téléphone qui n’en finit pas de ne pas sonner

 

            Un homme assis quelque part ou ailleurs…

 

     Il attendait depuis longtemps des nouvelles de l’autre monde ; depuis des décennies un siècle voire mille ans.

Il s’était posé là sur cette chaise et semblait n’en avoir jamais plus bougé.

Tête inclinée le regard fixé sur le combiné téléphonique  et l’oreille aux aguets.

A force de patience jamais récompensée sa silhouette s’était inscrite dans le décor, gravée dans la pierre grise de sa tombe prochaine.

Dans la semi-pénombre de cette fin de journée il n’avait pas besoin de relire la lettre pliée en trois toujours posée devant lui ; elle avait pris la poussière et, fragilisée par le temps, elle risquait de tomber en lambeaux et de totalement se décomposer.

Quel parcours cette lettre postée égarée déclarée perdue puis trouvée par miracle dans sa boîte aux lettres !

Quelle énigme aussi.

 

     Lue et relue cent fois elle lui avait d’abord redonné de l’espoir et l’envie de vivre.

Puis la force de l’attente son épreuve, et le dégoût lui était monté aux lèvres jusqu’à le faire discrètement grimacer ; en silence.

Luttant contre le dépit qui semblait devoir l’envahir il redoubla de patience à défaut de sagesse, quitte à s’inventer d’autres raisons de tester son endurance.

Le mal qu’il put se faire alors !

Basculant dans le mépris de lui-même il perdit toute estime ; quand le courage vint à manquer il faillit se lever et partir mais ses jambes s’y refusèrent faute de muscles.

Vint l’ennui.

 

     Qui de la lettre ou lui se trouva le plus en péril sur ce bord de table face au téléphone obstinément muet ?

Tous les trois hors du temps ils auraient pu paraître se regarder de travers aux yeux d’un observateur extérieur ; « face-à-face » triangulaire et sans fin dans ce silence éternel Triangle (Frank Wendel) à angle presque droit !

Nul témoin dans cette pièce…jouée à rideau tombé ; huis clos étouffant sans dialogues ni mouvements de scène.

Le calme apparent et trompeur prit fin quand l’un des protagonistes se déroba et qu’un autre sortit de scène.

 

            Resta le téléphone inamovible et muet ; elle n’avait pas appelé.

  

 

Bois de chêne  Tas de cendres 

(© 2015/droits réservés)

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Plume en lumières

Posté par BernartZé le 14 septembre 2015

Mon truc en plume (CSG 12-09-2015)

Tel un drapeau en territoire conquis

 

            Planté là dans le sable on avait seulement retrouvé son truc en plume

 

     Elle était sans nul doute passée par ici ; repassera-t-elle un jour ou l’autre par là ?

Aucune autre affaire personnelle aucun indice alentour ; inutile de retourner le sol pour comprendre qu’elle s’était volatilisée.

Avait-elle traversé l’Atlantique à la nage A la nage bien décidée à infléchir le cours de sa vie au point d’en changer radicalement ?

Avait-elle choisi de simplement se soustraire de sa propre existence avant qu’il ne soit trop tard ?

Ses amis les plus proches se posèrent bien d’autres questions sur sa soudaine disparition, imaginant même qu’elle s’était laissée volontairement enlever par un amant plein de fougue ; tout plutôt que de songer au pire.

Les mois passèrent, l’enquête policière n’aboutit à presque rien : seul un promeneur solitaire -sans son chien- avait cru se souvenir d’avoir aperçu une jeune femme sur la plage au petit matin…

Très vagues, d’un faible flux, ces informations ne convainquirent personne et débouchèrent sur un non-lieu ; tout le monde s’en retourna à son quotidien, la police la première.

La famille continua à vivre dans l’inquiétude, de moins en moins au fil des mois.

 

     Un an et demi plus tard coururent les premiers bruissements : des amies de son club de danse se répétèrent tout excitées qu’on l’avait vue outre-Atlantique reconvertie en danseuse (peut-être un peu légère) de music-hall Danseuse de music hall on Broadway !

Elle était certes grande mince et élancée mais à deux fois vingt ans…?!

Un peu jalouses, mi-amusées, certaines crurent de plus en plus sûrement à la véracité de cette « légende » en marche…sur hauts talons.

La probabilité d’une telle reconversion demeurait pourtant faible au vu du grand écart existant entre celle qu’elle avait été (ingénieur en pétrochimie) et celle qu’elle était peut-être devenue French Cancan.

Sans même discuter du fait que le french cancan était certainement un peu trop français pour des Américains ; quoique…?

 

     Alertés par la rumeur grandissante, des membres de sa famille se décidèrent à faire le voyage jusqu’à New York ; son père (sa mère avait préféré rester dans la tombe dans laquelle elle avait été descendue vingt-trois ans plus tôt) et un cousin -né seize jours avant elle- ; ni frère ou sœur elle était fille unique.

Ces deux compères partis de leur petit coin tout Vert Plage du Truc Vert de la presqu’île du Cap Ferret à l’assaut de la Grande Pomme avaient quelque chose d’éminemment comique !

Quel drôle de Truc tout de même que de s’envoler loin pour mener des investigations dans l’espoir de retrouver la trace d’une disparue volontaire ; telle était leur version.

Ils découvrirent brièvement New York et Manhattan et arpentèrent Broadway en tous sens.

Se plongeant dans des revues spécialisées sur les spectacles de danse, ils lurent beaucoup et en virent plusieurs.

Le budget prévu pour leur séjour était presque épuisé quand la chance leur sourit enfin au bout de trois épuisantes semaines ; passant devant le Winter Garden Theatre Le Winter Garden Theatre devant lequel ils étaient sans doute déjà aveuglément passés une grande affiche attira leur attention.

Pleine de couleurs et de fanfreluches à longues plumes, elle mettait en lumière la meneuse de revue Clarissa Verde ; c’était trop beau et incroyable pour ne pas être vrai !

Les photos de cette danseuse légèrement trop maquillée leur rappelèrent quelqu’un.

Trois jours plus tard ils assistèrent au spectacle intitulé « Crazy feathers » haut en costumes pleins de lumières en poitrines rebondies et en immenses coiffes à faire pâlir de jalousie toutes les autruches d’Afrique ; prévoir des Éventail en plumes d'autruche pour éviter de possibles malaises !

Ils applaudirent étonnés ; rassurés de l’avoir revue heureuse et pleine de vie, ils ne cherchèrent pas à la féliciter dans sa loge ; intimidés peut-être.

 

            Ils reprirent l’avion en sens inverse le lendemain pour retrouver leur petit coin de sable et de verdure.

  

 

Truc en plumes  Évidemment merci à Christine SG pour son aimable prêt (sans accord préalable)

(© 2015/droits réservés)

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Un vent d’optimisme

Posté par BernartZé le 24 août 2015

Calme nature

Une bonne nature

(Que de voyages !)

  

            D’épuisantes fatigues en lourds commandements elle avait survécu

 

     Félicitée : quel drôle de prénom choisi par ses parents qui avaient ensuite eu l’idée (saugrenue ?) de l’abandonner trois jours après sa naissance !

Elle était née en Guadeloupe, à Beauséjour un bourg de La Désirade qu’elle n’avait pas eu le temps de visiter, pas même le joli port de pêche Port de La Désirade plein de lumière de filets et…de bateaux.

Elle fut vite adoptée par des Français de métropole conquis par le sourire qu’elle semblait afficher en permanence.

C’est ainsi qu’elle atterrit au bord de la Vendée, à Saint-Jean-de-Monts une charmante station balnéaire.

Mais à deux ans-et-demi elle dut reprendre son baluchon et émigrer en plein cœur de l’Auvergne, petit coup de froid tout de même !

Cela lui donna l’occasion de se rouler dans Champêtre son premier champ de fleurs et de se repaître de Saint-nectaire fermier à la croûte sableuse Saint-Nectaire fermier au lait cru jusqu’à l’âge de seize ans.

 

     C’est alors que ses parents décidèrent de reprendre un restaurant situé sur le port de Marseille ; elle les suivit en conservant son éternel sourire Félicitée.

Pour la toute première fois elle goûta la vraie bouillabaisse marseillaise La bouillabaisse avec plein de trucs dedans ; trop de liquide et de raisons de se noyer !

Par contre elle kiffa grave les crevettes entières Crevettes entières cuites dont elle se gava plus encore que du fromage de son enfance (nettement moins caloriques !).

 

     A vingt-deux ans elle prit la décision de « monter à Paris » ; au lieu de se laisser griser, la tête à l’envers La tête à l'envers, en sortant brillamment diplômée de son école de commerce, elle préféra devenir aquarelliste sur les bords de la Seine ; enfin des voyages immobiles reposants et des rencontres humaines enrichissantes !

 

            Et de se contenter désormais de Crevettes nordiques cuites nettement moins gouteuses…

 

 

  

Carte de La Guadeloupe  Carte de la Vendée  Villes du Puy -de-Dôme  Restaurant du Vieux Port (Marseille)

(© 2015/droits réservés)

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Il faisait pourtant si beau…

Posté par BernartZé le 25 juillet 2015

Une ruelle de Sifnos

Quelque part, quelqu’un

 

             Sortant de chez lui et descendant la ruelle menant droit au port, il ne manqua pas de noter l’extrême bleutitude d’un ciel béat virant au turquoise.

Fier d’arborer pour la première fois sa nouvelle chemise Chemise Faros fraîchement shopping chopée sur le Net, il s’emplit les poumons d’un grand bol d’air…tiède, la température de la nuit n’ayant cessé de Flèche depuis le lever du soleil.

Il faisait beau il faisait chaud il était d’humeur gaillarde et ignorait encore qu’il serait mort avant la tombée de la nuit.

 

     Les rayures bleues de sa chemise s’harmonisaient bien avec la couleur du temps qu’il lui restait à vivre en toute insouciance.

En cette splendide après-midi il songea à descendre directement jusqu’à la baie Le village de Faros à Sifnos avant de se raviser et de s’arrêter à une terrasse de café Terrasse pleine de bleu comme le reste de l’île.

Avant même qu’il n’ait eu le loisir de commander ses deux premiers verres d’ouzo Verres d'ouzo un chaton d’un seul bond s’invita à sa table et, tranquillement planté devant lui, sembla attendre quelque chose la tête légèrement inclinée Chaton la mine muettement suppliante.

Un chat errant de plus, se dit-il, un chat libre et abandonné comme sa mère l’avait très certainement été.

Du coup il eut l’idée de demander en plus au serveur des blinis et du tzatzíki.

Il dédaigna les Blinis et lapa goulûment le bol Bol de tzatziki et concombre jusqu’à plus faim et partit.

 

     De nouveau seul, un peu abandonné, après ses deux verres bus le ventre vide, il passa commande d’un dernier petit verre agrémenté d’une olive (verte) farcie Ouzo et olive farcie (poivron rouge) afin de manger un peu.

 

            C’est fort malencontreusement qu’il glissa arrivé sur le port et plongea nonchalamment entre deux bateaux Sur le port.

Aucun touriste ni plaisancier ne le vit tomber ; personne ne le secourut…

 

  

Port de Faros (Île de Sifnos)  Oh mon bateau…!

(© 2015/droits réservés)

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Un peu d’histoire(s)

Posté par BernartZé le 4 juillet 2015

Bougie ''mal embouchée'' !

Pouët !!

  

            « Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur » ; mais mon cœur est impur déjà le jour se meurt.

 

     Le squelette L'homme qui marche - Giacometti s’avança dans la lumière, la bougie se consumait mal, question de tempérament.

Les bougies ont souvent mauvais caractère ; elles l’avouent parfois sous la torture d’un briquet.

L’homme qui marchait lentement prit le temps de respirer profondément avant de s’asseoir pour répondre aux questions qu’on ne lui posait pas.

- Oui il avait plus de mille ans même s’il était sans doute impossible aux autres de lui donner un âge précis tant il pouvait aussi bien paraître avoir cent-cinquante ans que sept ou huit siècles et demi.

Il n’en était pas responsable ; question suivante ?

- Fatigué ? Quelle bonne blague ! Evidemment un peu beaucoup depuis le temps, mais pas plus en hiver qu’en été, pas davantage au pôle Nord que sous les tropiques…même si marcher dans la neige lui était pénible ; pas du tout fan de la Vasaloppet Vasaloppet, trop de monde au départ, insuffisamment de plaisir à l’issue des quatre-vingt-dix kilomètres parcourus sur fond blanc.

Et pas la moindre biscotte suédoise Tartines suédoises pour récompenser en fin de parcours tous les participants ; vilken otur !!

D’autant plus dommage qu’il avait assisté au couronnement de Gustave 1er Vasa près de cinq siècles plus tôt et qu’il admirait encore un navire de guerre Vasa, navire de guerre (1626-1628) construit spécialement au siècle suivant pour l’un des ses descendants.

Bref !

 

     Suite de l’interview

- Avait-il bien vécu et finalement aimé sa vie ?

Les deux ou trois premiers siècles avaient été supportables, beaucoup moins les suivants.

Sans doute un peu de lassitude et trop de morts à déplorer autour de lui ; en fait que de très humain.

Mais il ne l’était plus depuis si longtemps !

Soudain il se leva et sans dire au revoir il s’en alla lentement.

 

            Sans se retourner…

  

 

Phèdre par Alexandre Cabanel au musée Fabre 

(© 2015/droits réservés)

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