Protégé : Il en aura été ainsi

Posté par BernartZé le 19 juillet 2017

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Clairement obscur

Posté par BernartZé le 17 juillet 2017

Banc (myosotis)

Ici et las

  

            A force de déambuler cela devait finir par arriver.

 

     Vive le temps des vacances !

On bourre les coffres des voitures, on case les grands-mères et les chats où l’on peut et en route pour la grande aventure.

L’occasion pour moi de me retirer dans ma maison et de partir définitivement en villégiature.

Ma chambre, puisqu’il ne s’agit que d’un « loft » de 20 m2 de la Logo Résidence les Tilleuls est des plus agréables.

La pièce Mon loft est lumineuse ensoleillée et avenante.

Pour célébrer mon arrivée j’ai reçu en cadeau de bienvenue ce magnifique ensemble Pyjama à porter de jour comme de nuit ; je ne le quitte plus désormais.

 

     Même appareillé je déambule de moins en moins facilement, souffrant d’un lymphœdème qui gagne mes deux pieds, remontant jusqu’au mollet de la jambe gauche.

Ce problème que j’avais négligé quand il était encore réversible est devenu un vrai handicap, permanent et à certains moments très douloureux.

J’ai parfois la sensation d’avoir deux pieds-bots ou d’être doté de pattes d’éléphants pesant chacune une tonne.

Je me fais l’effet de devenir progressivement un monstre de foire comme ceux que l’on exhibait bruyamment au XIXème siècle.

L’adieu à mes accessoires favoris Canne et chapeau ne s’est pas fait sans larmes ; je ne danserai plus jamais.

 

     A présent installé j’ai pris de nouvelles habitudes.

Mes journées sont réglées, calquées les unes sur les autres, toutes semblables et aussi ennuyeuses que possible.

On nous soigne on nous entoure ; pourquoi ce sentiment d’extrême solitude ?

Les enfants sont partis bronzer ailleurs, mon chat m’a abandonné pour vivre une autre vie ; je demeure là, seul et insoumis.

L’ennui me gagne me gangrène me dévore ; il est plus virulent que tout.

 

            Vivement la fin et l’oubli…

 

  

Fin de vie 

(© 2017/droits réservés)

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Un amour de jeunesse

Posté par BernartZé le 14 juillet 2017

Tableau de ''Laura'' (film d'Otto Preminger, 1944)

Par le bout du nez

  

            La curiosité peut mener loin.

 

     J’avais à peine huit ou neuf ans et nous avions emménagé dans une maison flambant neuf d’une rue sans issue.

C’était le projet de vie de mes parents : non de devenir bâtisseurs mais simplement propriétaires d’une habitation correspondant à leurs plans.

C’est pourquoi ils suivirent de près toutes les étapes de la construction en venant régulièrement visiter le chantier.

De temps en temps j’étais autorisé à les accompagner, le jeudi (l’ancêtre du mercredi) ou en fin de semaine.

J’étais excité et impatient comme on peut l’être à cet âge où le temps paraît prendre d’interminables pauses et avancer à la vitesse d’un escargot souffreteux Escargot.

Échappant parfois à leur attention, je jouais dans nos futurs murs, découvrant des pièces qui pour moi ne correspondaient à rien d’autre qu’aux décors en pierre dure d’un théâtre en carton.

J’imaginais des changements à vue, de hauts rideaux de velours et des escaliers ne menant nulle part Escaliers, décor de théâtre.

Puis les étages et de vrais escaliers se construisirent.

Lorsque les pièces du 1er (en fait le vrai rez-de-chaussée au dessus du garage) virent le jour et que les portes-fenêtres donnant sur le balcon furent installées, je fis une gigantesque découverte : j’étais un passe-muraille !

Les vitres n’ayant été posées qu’en fin de chantier j’eus le temps de m’amuser à passer à travers les cadres Porte-fenêtre en me glissant souplement (vu mon âge !).

Fatalement le jeu ne dura qu’un (long) temps.

 

     Une fois installés dans notre nouvelle demeure, faute de pouvoir continuer, je cherchais d’autres distractions une fois mes devoirs faits évidemment.

Mes yeux se portèrent un jour sur l’autre côté de la rue où se trouvait une vieille bâtisse apparemment à l’abandon.

De hauts murs et des pierres mangées par des plantes grimpantes à l’aspect sauvage et inquiétant ; une haute muraille semblait interdire tout accès, empêchant de pousser plus loin la curiosité.

Une seule question pour moi : comment franchir ces remparts ?

Après les travaux d’approche à rôder autour, je me décidais enfin à prendre d’assaut le château (une malouinière en fait).

Quel que soit le côté l’escalade apparaissait aussi difficile ; il fallait prendre son élan et son courage en mains (plus de deux si possible).

Je me mis donc, à mes risques et périls, à jouer les premiers de cordée, sans pic ni corde de rappel et surtout sans compagnon d’aventure.

A ma grande surprise, pas à pas pierre par pierre, le défi fut moins ardu que prévu.

Au bout d’une demi-heure j’étais en haut du mur.

La descente de l’autre côté s’avéra nettement plus facile : il me suffit de me jeter en bas sur…une sorte de grand matelas de réception pour sauteurs en hauteur.

Que faisait-il là oublié et livré aux intempéries ?

Les feuilles mortes ajoutèrent de la poussière à ma chute.

 

     Le tour du jardin fut rapide : il n’y avait rien à voir ; il me servit seulement à repérer le côté du château le plus accessible…en fonction de ses fenêtres.

Je choisis la plus basse et, alors que j’allais jouer du coude, j’aperçus l’ouverture béante laissée par une vitre cassée.

A moi la grande aventure !!

Je mis près de deux heures à explorer toutes les pièces une à une sur les quatre (hauts) étages.

Beaucoup de poussière et de meubles recouverts de tissus autrefois blancs ; les chambres étaient vastes et richement décorées ; trois salons aux parquets encore parfaitement vernis, des cheminées dans toutes les pièces.

L’une d’elle retint particulièrement mon regard.

Non par son aspect mais pour le tableau au-dessus.

Le portrait d’une femme mystérieuse et mélancolique, belle et fascinante ; un peu rêveuse aussi.

 

     Durant des années je suis souvent revenu vers elle tant j’étais captivé par sa lumière.

Quand mes épaules et mes hanches ne me permirent plus de passer à travers la fenêtre je l’ai forcée afin de poursuivre mon rêve sans jamais savoir qui elle avait été.

 

            Un jour mes études m’ont contraint à quitter la maison mes parents et cette inconnue…

 

 

Gene Tierney 

(© 2017/droits réservés)

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Bella mia

Posté par BernartZé le 11 juillet 2017

M.

Grand-mère est morte !

  

            La nouvelle nous frappa de stupeur.

 

Elle ne me parvint que deux jours plus tard, telle une déflagration portée au cœur.

Je regarde cette photo où elle semble « en paix avec le monde ».

Il paraît que c’est ainsi qu’elle s’est éteinte dans son lit.

 

     Le soir où le téléphone sonna, je suis resté un long moment silencieux, sentant monter en moi une déferlante émotionnelle qui me noua la gorge au passage, juste avant d’envahir mon cerveau.

J’étais hébété tant je n’étais pas préparé à cette annonce.

J’ai réalisé bien après que je lui avais envoyé trois jours plus tôt une lettre et une carte avec un arbre plein de vie L'arbre de vie.

L’ombre portée ne l’a sans doute pas atteinte ; elle n’a sûrement pas eu le temps de me lire.

Je ne le saurai jamais.

 

     Les semaines suivantes je n’ai cessé de repenser à elle et à une multitude de moments partagés ; des discussions sans fin devant sa cheminée, des soirées qui se prolongeaient jusque tard dans la nuit, jusqu’à ce que la fatigue finisse par nous engourdir.

 

« En paix avec le monde »…paisible donc ? ; elle n’était pas paisible et ne l’a jamais été de son vivant.

Très jeune elle s’est révoltée : contre son milieu social, contre son éducation, puis contre toutes les injustices croisées en chemin.

Elle est restée la petite fille qui posait toujours les questions qui dérangent.

Elle est demeurée fidèle à ses valeurs et à elle-même ; certaines personnes de son entourage ne pourraient en dire autant…

 

     Son légendaire petit vélo Petit vélo (3) a toute sa vie durant tourné dans sa tête.

Pour tenter de le maintenir en équilibre elle écrivait des poèmes naïfs et griffonnait souvent dans son cahier d’écolière.

Elle y mettait ses peines et ses pensées, ses regrets ses grands et ses petits délires.

Elle était tant d’autres choses aussi, impossibles à raconter.

Les sentiments contraires qui l’animaient lui faisaient parfois rompre les digues ; elle pouvait alors être de mauvaise foi en toute innocence !

Parfois même injuste voire méchante si l’on se risquait à critiquer un être qu’elle chérissait et qui profitait de son aveuglement.

Elle était entière.

 

     Lorsque la maladie l’a touchée, son appétit de vivre s’en est allé et le monde a progressivement cessé de l’intéresser.

La lassitude et l’ennui l’avaient gagnée.

Je la soupçonne d’avoir préféré lâcher prise.

Ne pouvant assister à l’enterrement je me suis fait représenter par un bouquet fleuri.

 

            Qu’importe si elle n’était pas vraiment ma grand-mère et si nos liens n’étaient pas de sang.

 

 

Bouquet de chrysantèmes 

(© 2017/droits réservés)

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Des parallèles

Posté par BernartZé le 8 juillet 2017

Squelette marchant  Fauteuil roulant (2)

Seuls

 

            Elle marchait sans relâche se parlant à elle-même, tournant en rond dans le salon.

            Lui ne pouvait rouler très loin tant ses bras fatiguaient.

 

     Elle aimait bien l’idée de rester éveillée lorsqu’elle pensait que tout le monde dormait.

Lui était du genre insomniaque à tendance parano.

 

Elle griffonnait beaucoup la nuit, couchant des phrases sur le papier, se relevant sans cesse.

Il ne cessait de réfléchir en se tenant le ventre d’où remontaient ses plus sombres pensées.

 

C’est en essayant d’écrire, comme ça pour elle seule, qu’elle s’était soudain mise à revisiter son enfance.

Il ne comptait plus les heures passées à ressasser.

 

Elle allumait aux quatre coins de la pièce des bougies, fixant ses points cardinaux.

Il préférait demeurer dans la pénombre, surtout le jour, volets roulants toujours baissés.

 

Elle ne sortait plus très souvent, une fois tous les trois ou quatre jours le temps de faire quelques courses.

Dans la rue il roulait sur le trottoir en double file avec les poussettes et les tricycles.

 

Elle avait constamment chaud ce qui expliquait ses pieds nus sur le plancher, hiver comme été.

Il grelotait toujours assis dans son fauteuil, le corps à moitié mort.

 

            Elle ne lui a pas prêté attention l’autre jour en le croisant vers midi et quart ; il a remarqué son air triste et ses yeux sombres.

 

     Une même nuit pourtant ils ont vu une dernière lumière…

  

 

Une nuit... 

(© 2017/droits réservés)

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On se dirait au sud

Posté par BernartZé le 8 juillet 2017

Gazpacho vert

Une gorgée de verdure

  

            Variation sur un même thème : le gazpacho se met au vert.

 

     Ici point de tomate -pas même verte- mais principalement des Concombre et des Courgettes.

 

     Alors bien sûr les grincheux et les extrémistes potagers avanceront que rien ne vaut le fait-maison et qu’en plus -si ça se trouve- tout cela n’est pas même bio !

Et bien oui non peut-être mais quelle importance ?

Cette boisson glacée est avant tout destinée aux flemmards qui lézardent au soleil avec le souci du moindre mouvement.

 

            L’essentiel n’est-il pas de se faire un peu plaisir pour une fois ?…

  

Paille verte  (Voir la paille dans l’œil du voisin et…)

(© 2017/droits réservés)

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Contrescarpe

Posté par BernartZé le 5 juillet 2017

Gazpacho andalou

Mon gazpacho et moi

  

            …avions froid.

 

     C’était l’été selon tous les bulletins météorologiques et pourtant…

En place du soleil nous ne recueillions que les changements capricieux d’une saison annoncée merveilleuse, comme chaque année.

Selon l’habitude les belles promesses ne tinrent pas longtemps ; n’est-ce d’ailleurs pas leur fonction première ?

Dans ce marché de dupes les estivants sont les plus lésés.

Heureusement que je n’étais pas parti en vacances cet été là, essentiellement faute d’envie.

 

     J’avais suivi la route entre les voies du nord pour sortir de la ville et m’échapper du macadam Y'a une route - G.M. (1975) et d’un quotidien dans lequel j’étais enferré.

Il fallait retrouver le moyen de respirer.

Quitte à partir.

Alors que le courage me faisait défaut je pris la tangente qui me mena jusqu’en Islande, tout au bout d’un chemin en bord de falaise Petite maison.

Là une petite maison ; là un refuge.

L’exil définitif était tentant, ne serait-ce que pour chercher un sens à ma stupide existence de bagnard.

Ma retraite verglacée me permit de me relire et de m’entendre ; que d’années perdues sans écoute ni attentions !

Seul toujours mais enfin seul à décider de ma route…

 

     C’est ainsi que j’ai continué à vivre ; sans plus trop de soleil, mais sans fausses illusions.

Un peu plus calme et serein…peut-être.

 

            Je n’ai plus jamais eu de nouvelles de mon gazpacho.

 

   

Le sourire intérieur

(© 2017/droits réservés)

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Et pourquoi pas ?!

Posté par BernartZé le 5 juillet 2017

Green grass

Green

            

            C’est officiel : désormais à Vinbleudon tous les matchs se dérouleront sur l’herbe grasse et sur fond exclusivement vert.

On a scalpé l’arbitre avec sa chaise dont il ne reste que les deux premiers barreaux en souvenir.

Les joueurs et joueuses s’arbitreront seuls comme au temps de leurs petits tournois amateurs.

 

            Restera la blancheur des tenues…exigée par le règlement.

 

 

La petite robe blanche (Maria Sharapova)

© 2017/droits réservés)

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Échec

Posté par BernartZé le 2 juillet 2017

Blog en grève

Morne plaine

  

            Les raisons revendiquées se ramassent à la pelle…

 

     Manque d’inspiration.

     Manque de talent.

     Manque de concentration.

     Manque de courage.

     Manque de forces.

     Manque d’idées.

     Manque d’obstination.

     Manque de volonté.

     Manque de chaleur.

     Manque de nourritures terrestres.

     Manque de vie.

     Manque de mots.

 

            Il ne manquerait plus que cela devienne une mauvaise habitude !

 

 

En grève...  Jusqu’à…

(© 2017/droits réservés)

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La patine du temps

Posté par BernartZé le 29 juin 2017

Douceur de courgettes Knorr

De la douceur en toutes choses

  

            Plus de douleurs…

 

     Voilà la jolie carte de mon petit-fils reçue hier Anniversaire 84 ans.

 

Sur le moment j’ai cru être conviée à mes propres funérailles !

Joachim est très gentil, un peu vieux jeu peut-être malgré ses vingt-cinq ans et très attentionné.

Pour rien au monde il ne manquerait de souhaiter une fête ou un anniversaire ; je le soupçonne d’avoir ingéré un calendrier lorsqu’il était petit.

Je m’attendais donc à trouver un message de sa part dans ma boîte aux lettres.

Lui a au moins le mérite d’avoir pensé à moi.

 

     Mon âge ne signifie plus rien depuis longtemps.

Les années passent et les enluminures transmises par la Poste ont simplement ajouté un peu de gris à mes cheveux.

A quoi bon me soucier d’une date anniversaire quand il n’est plus possible de le partager ?

Depuis onze ans que Guilain s’en est allé j’ai appris à m’endurcir pour survivre.

Il m’a laissée inconsolable et sans plus d’espoirs.

Je me sentais désormais incapable de me lever chaque matin seule ; ne plus voir son sourire, ne plus sentir la douceur de sa main caressant mon visage était une douleur à laquelle je ne m’étais pas préparée.

Il ne m’en avait pas laissé le temps et son départ précipité a bouleversé les repères que je croyais acquis.

J’ai perdu l’équilibre, au sens propre comme au figuré, me réveillant un beau matin sur le carrelage de la salle-de-bain.

Pas de mal ni même le temps d’avoir peur ; j’ai remercié mes parents de m’avoir nourrie de plateaux de fromages Fromages de Hollande.

 

     J’ai refusé la dépression à laquelle j’ai préféré l’ergothérapie pour me reconstruire pièce par pièce Ergothérapie.

J’ai malaxé la terre cuit des figurines rempoté plantes et fleurs ; j’ai même réussi à tresser une corbeille en rotin, un exercice épineux exigeant beaucoup de patience.

J’ai aussi fait un puzzle tout noir en 499 jours (j’avais perdu une pièce) Puzzle noir.

Et puis j’ai fait don de tous ces chefs-d’œuvre à des associations humanitaires pleines de reconnaissance.

 

     Depuis j’ai trouvé ma voie.

Celle qui consiste à refuser d’envisager le pire en préférant le sourire à l’apitoiement.

Sourire à chaque nouvelle journée en dépit des douleurs, sourire en repensant sereinement au passé bien vécu qui ne reviendra pas.

Sourire aux musiques d’autrefois, d’un autre temps, d’une jeunesse révolue.

Sourire pour panser les blessures qui demeurent mais ne tuent plus.

 

            Quatre-vingt-quatre ans et alors ?

Demain j’en aurai cent-douze !

   

 

De la douceur avant toute chose

(© 2017/droits réservés)

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