L’attente d’une femme

Posté par BernartZé le 27 avril 2017

Mme

Madame rêve…

  

            Tandis que je l’attends.

 

     De temps en temps elle jette un œil distrait à son agenda qu’elle ne tient pas à jour.

Il faudra pourtant bien qu’elle se souvienne.

 

Elle préfère s’évader, à mille lieues par la pensée où tendent ses désirs.

Pourquoi rester ici lorsque l’ailleurs semble empreint de promesses ?

En tirant sur ses manches elle pense que là-bas tout là-bas quelqu’un l’attend.

Et je suis là.

 

     Elle ne s’ennuie jamais au loin, fait des rencontres impossibles d’êtres et de néants, des personnages qu’elle s’invente comme ça lui chante.

Ce peut aussi bien être un crabe ou une étoile de mer.

D’un paysage à l’autre elle voyage en décalages, sans horaires.

Ne prenant jamais la peine de se poser ni d’attendre elle repart vite le plus souvent, sans regrets.

Parfois elle s’abandonne longuement avec tant d’élégance qu’elle ignore ressembler au sujet d’un tableau de genre qu’un peintre aurait pu autrefois imaginer.

Secrète et lumineuse jusque dans ses clairs-obscurs.

Et je suis las.

 

     Elle se ment le plus souvent, faisant semblant d’en douter alors qu’elle se sait tricheuse par pure inclination.

Elle fuit peut-être pour repousser ses peurs et ses inquiétudes les plus enfouies ; elle fuit aussi peut-être pour ne pas voir la vacuité de son quotidien.

Inadaptée au monde réel elle a choisi depuis l’enfance d’explorer des dimensions parallèles afin de développer son imaginaire.

Fermer les yeux d’abord pour les réouvrir sur d’autres fenêtres plus larges où l’air est (enfin) respirable.

Pour se sauver avant que les portes étroites ne se ferment à jamais.

 

            Elle rêve Fanny A..

 

     Et je (Flédéric)…

 

               

Rien que des mensonges (1991) 

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un songe... | Pas de Commentaire »

Suspense !

Posté par BernartZé le 27 avril 2017

Peinture marine

Brumes marines

               

                Manu Manu rêva à sa grande destinée.

 

 

                […]

 

  

Manureva (St Malo, 1978) 

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Aphorismes, citations, fulgurances et délires verbaux en tous genres (!) | 2 Commentaires »

Entre grimace et sourire

Posté par BernartZé le 24 avril 2017

33,4

Lit d'hôpital

D’un sourire

  

            Il revint à la vie.

 

     Enfin disons plutôt qu’il cessa de grimacer lorsque ses voies respiratoires furent enfin libérées.

Tout s’était bloqué suite à un vif désaccord entre son pharynx et son larynx durant près de soixante-douze heures ; plus moyen de déglutir sa propre salive ni de respirer suffisamment.

D’où un aller direct à l’hôpital du coin dont personne ne pouvait prévoir le jour de retour, encore moins l’état dans lequel il serait, s’il sortait.

 

Ça c’était sa version des faits, un peu exagérés mais pas trop quand même.

Certes le risque de déshydratation et de dénutrition n’avait pas été négligeable, au point de nécessiter son hospitalisation en urgence alors qu’il ne tenait plus vraiment debout et n’avait plus les idées tellement claires.

Il ignorait d’ailleurs qui avait donné l’alerte ; un voisin ? le concierge ? le facteur ?

 

     Il se souvenait d’avoir fait un rêve bleu d’une étrange femme portant perceuse Isabelle Huppert dans ''Amateur'' (Hal Hartley, 1994) ; bizarrement elle avait plus l’air d’être rêveuse que menaçante.

Ça n’avait strictement aucun sens mais cette image lui était restée alors qu’il avait oublié les visages du personnel hospitalier ; peut-être était-elle l’infirmière chargée de prendre soin de lui ?

Il l’a prénomma Anne, comme ça sans raison.

Il n’avait pas souvenir des perfusions ni de visites à son chevet ; qui aurait d’ailleurs bien pu venir le voir en un tel endroit ?!

Il n’avait pas non plus vu le jeune enfant qui partageait sa chambre et dont les parents morts d’angoisse ne cessaient de pleurer en hoquetant.

Il sortit avant lui alors que l’enfant deux jours plus tard ne s’en sortit pas.

 

     C’est en Fauteuil roulant qu’il retrouva l’air libre, faute de muscles pour le porter.

Après avoir été épuisé et laissé sans forces par cette épreuve il était bien content de rentrer chez lui, même si ses jambes ne lui permettaient pas encore de se tenir debout ; elles finiraient bien par cesser de se dérober.

Cela étant il demeura faible durant plusieurs semaines, ce qui nécessita la venue tous les deux jours d’une aide à domicile…prénommée Anne ; étrangement bizarre.

(Aucune perceuse à l’horizon)

 

     Le temps passa passionnément comme avant.

Tout en reprenant progressivement des forces physiques, son moral n’était pas au beau fixe.

Même s’il avait eu l’impression d’une renaissance -accompagnée surtout d’un énorme soulagement- au bout de trois jours de chaos, il se retrouvait là, seul.

Quelques pigeons parfois en bord de fenêtre lui rendaient visite par temps de pluie, ses livres et ses disques lui tenaient compagnie.

De temps en temps il regardait de vieilles photos de ses parents morts depuis des décennies et de ses frères et sœurs éparpillés on ne sait où.

L’ennui d’avant l’avait rattrapé à toutes jambes plus sûrement que celles qui lui faisaient encore défaut.

Il se sentit vieux, sans l’être exactement, et se vit vite décliner faute de désirs.

Que pouvait-il encore attendre que la vie ne lui ait pas déjà offert ?

La routine quotidienne lui avait toujours été insupportable, bête à crever.

 

     Alors qu’il remarchait à peine correctement et qu’Anne ne venait plus le distraire par ses apparitions et ses petites histoires de famille, il se demanda s’il n’était pas temps pour lui de faire dignement sa révérence, faute de mieux.

Rien ne l’interdisait, seul manquerait peut-être le courage le jour où sa décision serait prise de façon définitive.

 

            Lors de son dernier rêve ses jambes le prenaient à son cou, l’enserrant jusqu’à l’étrangler et ne plus le lâcher.

   

 

''Amateur'' - Hal Hartley, 1994 (extrait d'affiche)  Anne ma sœur Anne…

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un peu de lecture inédite | Pas de Commentaire »

Parenthèse bucolique

Posté par BernartZé le 20 avril 2017

Paysage d'avril

À 35,1 km de là

(à vol d’oiseau)

 

                 Un paysage s’offrit.

 

     L’Aubette de Meulan est une petite rivière qui s’étire sur une vingtaine de kilomètres avant de se jeter dans la Seine (sans dommages apparents).

Et -oh ! surprise- Tessancourt-sur-Aubette est un village situé sur ses rives.

 

     Étant revenu quelques jours plus tôt d’un séjour viennois finalement décevant, j’avais laissé au repos ma Voiture citadine et choisi de m’enfuir à tire-d’aile à peine rentré chez moi, déprimé par ma défaite.

Je pris un vol d’oiseau qui me largua à quelques encablures au nord-ouest.

C’est ainsi que je fis connaissance avec cette « petite commune rurale vallonnée » qui m’apparut d’emblée charmante.

Paisible avant tout ; j’avais tant besoin de repos…de calme et de sérénité.

Et aussi de consolation dans ma quête infinie.

Ma vie clair-obscur versait dans la pénombre depuis un long moment et mon esprit en venait à manquer de lumière au point de brouiller ma vision du monde.

Je devenais aveugle, presque indifférent aux autres.

 

Largué en plein vol je mis une dizaine de minutes à me remettre sur pieds (l’âge sans doute) et à me repérer sans système de géolocalisation embarqué ; j’étais parti comme un fou sans bagages.

Etonnamment tranquille, me fiant à la belle prestance des arbres et de la nature environnante je n’étais pas inquiet.

L’eau claire de la rivière me rassurait.

Durant un bref instant le monde me sembla lumineux…

 

     Le charme évidemment ne dura pas et fut rompu dès que vinrent me rejoindre mes inquiétudes familières.

Je n’ai vu de ce village que cette rive et n’ai rencontré personne.

J’en garde pourtant une impression tenace et bienfaisante malgré son parfum éphémère.

J’ai complètement oublié comment j’ai regagné mes pénates à l’issue de cette parenthèse hors du temps.

Qu’importe si mes tourments ont repris cours et si je suis retourné à Vienne depuis.

 

            A 35,1 km à la ronde j’aurais pu (plus) mal atterrir.

 

 

L'Aubette de Meulan à Tessancourt-sur-Aubette 

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un peu de lecture inédite | Pas de Commentaire »

Triste tropisme

Posté par BernartZé le 17 avril 2017

Étendue maritime

Seule face à l’amer

  

            « Pauvre fille ! On m’a dit qu’à votre heure dernière,

            Un seul homme était là pour vous fermer les yeux,

            Et que, sur le chemin qui mène au cimetière,

            Vos amis d’autrefois étaient réduits à deux ! »

                                                                                        — Alexandre Dumas fils

 

     Combien d’années s’étaient-elles écoulées depuis le temps de ses triomphes et de ses plus grandes joies ?

A l’heure du dernier bilan il lui était difficile de se souvenir de toutes les marques d’affections reçues et des hommages rendus à son supposé talent.

Elle avait été célébrée admirée jalousée comme d’autres avant elle, plus que d’autres peut-être.

Prise dans un tourbillon elle n’avait pas vu passer sa prime jeunesse, celle qui attire tous les regards et toutes les convoitises.

Elle s’était laissé aimer pour se rassurer, pour emplir un vide que certains qualifiaient d’existentiel quand elle ne voyait là que la nécessité de vivre en meilleure compagnie que la sienne.

 

     Pour ne pas vivre seule elle aurait fait n’importe quoi, même renoncer à devenir mère.

Peu après ce choix elle éprouva rapidement un profond dégoût d’elle-même qui bascula vers le rejet l’entraînant dans la dépression.

Pas une journée sans devoir supporter un char d’idées morbides Idées morbides aussi insidieuses que funestes.

Elle se mit alors à beaucoup fréquenter les râpes à fromage Râpe à fromage et les Lame de rasoir ; n’importe quoi !

Elle se détestait tant qu’elle prit le premier ferry pour s’exiler sur une île anglo-normande dont elle ne revint qu’au bout de deux ans et demi, après n’avoir rien fait d’autre que d’essayer de compter sans relâche les moutons, des Shetlands descendus d’Écosse, de braves petites bêtes ; elle n’avait jamais autant dormi de sa vie.

A son retour personne ne l’attendait (plus) et elle dut porter elle-même ses valises jusqu’à la zone des taxis où elle fut contrainte d’attendre.

Fini le temps des passe-droits ; elle s’en moqua.

 

     Étonnamment le téléphone ne se mit pas à sonner à peine rentrée chez elle.

Il demeura même muet toute la première semaine et aussi la suivante.

Sa boîte de messages autrefois saturée resta vide en dépit du bon sens ; enfin celui suivant lequel elle pensait pouvoir effectuer son grand retour.

De toute évidence tous l’avaient oubliée, son tour avait passé.

Même ses plus anciens amis étaient trop occupés pour prendre de ses nouvelles.

Elle sourit en réalisant combien elle avait pu leur manquer.

 

A peine désabusée elle prit progressivement conscience de l’étendue de son handicap.

Elle était confrontée à un problème d’incommunicabilité qui l’empêchait de conserver désormais le moindre lien avec le monde extérieur.

De là à envisager une forme de trouble autistique…

Non, elle n’aurait pas osé revendiquer cette forme de « reconnaissance » d’un goût discutable ; et d’ailleurs à quoi bon ?

Tout dialogue semblait rompu et, fataliste, elle accepta cette condamnation sociale jugeant que sa longue absence avait pu paraître égoïste aux yeux de ses anciens « meilleurs amis ».

 

Au-delà d’une certaine limite tout ne peut-être pardonné…sans doute (?)

 

            Elle reprit la mer, hissant la grand-voile pour rejoindre le large.

Seule.

 

     Elle s’appelait Teresa.

 

 

En haute mer (2) 

(© 2017/droits réservés)

Publié dans A bout de course | Pas de Commentaire »

Une « vie »

Posté par BernartZé le 14 avril 2017

''La Liseuse'' (Franck Weston Benson)

Confusément

 

             Si seule.

 

     Elle la jouait ombrelle diaphane évanescente, légère en apparence.

Pensive et ailleurs elle avait perdu connaissance avec la réalité depuis un âge oublié.

Rien ne semblait la toucher ni l’atteindre.

Elle ne faisait plus que passer.

 

     Elle se lançait toujours des défis insensés qui ne l’amusaient guère mais dont sa survie dépendait, croyait-elle.

Les relever ou pas finissait immanquablement par lui nuire et la faire replonger dans les eaux noires Moonlight on the Waters (F.W.B.) qui l’effrayaient tant.

Là tout n’était que chaos angoisse et peurs.

La sombritude des nuits menait droit à l’effroi et elle devait tous les matins se recomposer un visage pour faire bonne figure.

Elle trichait pour sauver les apparences, par politesse par bravade ou par égard pour elle, pour la femme qu’elle avait rêvé devenir.

Tout sentiment amer avait en elle disparu le jour où elle s’était avoué sa déroute.

 

     Durant les années de lutte obstinée contre elle-même la petite fille avait grandi tout en refusant son corps et ses inévitables transformations.

Elle avait connu le pire dont elle avait cru réchapper par miracle sans savoir que son ennemi intime poursuivrait son travail de sape à maux couverts.

Cela l’avait empêchée d’être et de vivre, rognant progressivement son espace vital et la rendant tributaire de codes lui imposant de s’astreindre à des cérémonies funèbres.

Rien d’avouable ni de glorieux.

 

     Son isolement s’était dessiné progressivement, sans heurts ni à-coups.

Avant même d’en prendre conscience elle avait perdu contact avec tous les amis qui lui étaient restés le plus longuement fidèles, lassés peut-être.

Ses parents étant morts, elle ne parlait plus qu’aux plantes vertes de la maison, principalement au chlorophytum Chlorophytum (increvable, même sans eau) qui l’avait veillée tout au long de ses guerres.

Le téléphone ne sonnait plus et ses « conversations » anecdotiques ne se déroulaient que lors des passages aux caisses des supermarchés.

Rien de grave, juste un peu pathétique.

 

     Seule la solitude…

 

  

Self portrait (Franck Weston Benson)

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Non-sens | 1 Commentaire »

Éblouissement

Posté par BernartZé le 11 avril 2017

Le sauveur

Alléluia !

  

            Bientôt les élections providentielles ; chouette…

 

     Dans moins d’un mois c’est sûr nous serons tous sauvés par la venue du nouveau messie.

Plus rien alors ne sera comme avant.

Finies la faim la soif les inégalités l’injustice et la peur des lendemains qui nous faisaient (toujours) déchanter.

Nous aurons tous enfin un toit et un travail ; nous serons tous aimés reconnus et compris.

Ce sera le paradis.

 

     Mortel ennui !

Que sera devenue notre « spécificité française » qui de tous temps nous a fait nous battre et nous chamailler, protester pour de bonnes ou mauvaises raisons, nous mettre en grève manifester jusqu’à provoquer une révolution et faire tomber des têtes à la chaîne comme les boules des Bilboquet ?

En deux tours de fonctionnement démocratique tout sera aplani tout sera oublié et nous apparaîtra à vingt heures pile le visage de l’Élu(e) Apparition 20h (avec des cheveux plus ou moins là ou longs).

Amen !

L’heure de l’entente venue nous nous tomberont tous dans les bras sans distinction de couleurs ou de religions Happy end.

 

     Que les plus inquiets se rassurent : l’abolition des privilèges n’est pas pour demain ; elle ne se fera jamais, pas plus qu’il y a CCXXVIII ans.

C’est inscrit dans nos gènes, c’est écrit implicitement dans nos lois avec le sang versé de tous ceux qui sont tombés sous les barricades (!!)

Mélo méli imbroglio dont certains se sortiront mieux que d’autres.

Encore un quinquennat de promesses impossibles à tenir faute de solution pérenne (terme très à la mode ces temps derniers).

Heureusement pleins de leur foi les plus croyants salueront le sauveur que la providence aura mis sur leur chemin.

 

            Et la lumière sera…(?)

 

 

 Nouveau bleu (merci à Christine SG pour son jet de lumière)

(© 2017/droits réservés)

Publié dans De circonstance... | Pas de Commentaire »

Suite possible

Posté par BernartZé le 8 avril 2017

St Malo Cancale Fougères

 Futur simple

(35virgule300)

  

            Épilogue.

 

     Quelques années plus tard, cinq ou six tout au plus, elle décida de changer de château.

L’élevage des huîtres n’était pas en cause mais les trajets à vélo quotidiens d’une quinzaine de kilomètres 52 min (et retour 52 min (retour !) !) avaient fini par l’user.

Elle n’avait plus vingt ans, ni même quarante et les petits matins d’hiver s’étaient avérés de plus en plus éprouvants pour son organisme ; et puis toujours le vent du large qui ne cessait de l’enrhumer.

Elle avait un jour senti qu’il était temps pour elle de rentrer se mettre à l’abri dans les terres.

 

     A la faveur de deux journées entières d’oisiveté elle s’était aventurée au sud-est de la cité corsaire dans l’espoir d’une belle échappée à Fougères ; un train puis un car pour une centaine de kilomètres à un prix modique histoire (peut-être) de découvrir le lieu de naissance de Juliette Drouet, grande amoureuse et actrice sacrifiée sur l’autel de sa passion pour un grand homme exclusif jaloux et adultère « récidiviste ».

Certes le fameux château lui avait plu mais elle avait été encore plus sensible aux charmes de la vieille ville médiévale ; ah ! la mémoire des pierres Fougères, vieille ville et leurs secrets bien gardés.

[comme si l’on pouvait se réfugier dans le passé !]

 

     Interlude En une nuit d’hôtel et un tour de crêperies elle s’était décidée à reprendre le rôle de l’émigrée : quitter le bord de mer et le monde des mollusques visqueux qui glissent entre les doigts pour reprendre contact avec la terre ferme.

Son déménagement, moins de cent kilomètres plus loin, fut simple.

Elle quitta un meublé pour un autre en attendant de pouvoir mieux s’établir.

Quelques affaires, beaucoup de souvenirs de livres et de disques, peu de photos.

 

     Par chance elle retrouva vite du travail dans un domaine dans lequel elle s’était autrefois beaucoup investie : l’horticulture.

L’occasion de mettre à profit son diplôme passé à plus de trente ans lors d’une première (tentative de) reconversion.

Elle adorait rempoter Plante en pot et malaxer la terre comme d’autres passent des heures en cuisine à préparer un gâteau.

Elle se sentait enfin (à plus de cinquante ans…il n’est jamais trop tard) apte à reverdir le monde et à fleurir le ciel.

 

            Pour mieux (re)composer le passé ?…

  

 

Fougères

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un peu de lecture inédite | Pas de Commentaire »

(Vingt ans plus tard)

Posté par BernartZé le 5 avril 2017

Saint-Malo

35virgule400

(Saint-Malo)

  

            Tout s’était écroulé cet hiver-là.

 

     Depuis plusieurs mois elle sentait bien que le vent avait tourné, qu’il ne l’aimait plus, qu’elle ne l’estimait plus, qu’ils ne s’aimaient plus.

 

Le temps les orages et les habitudes avaient fini par avoir raison de leur histoire.

Onze années pleines d’un amour sans pareil ; une profusion de sentiments partagés…en deux époques.

Il y avait eu avant et après sa crise aiguë de bovarysme qui les avait fait basculer dans une autre dimension.

Elle avait aimé ailleurs tandis que lui descendait aux enfers pris entre sa douleur et son refus de la juger.

Cette effroyable parenthèse de près d’une année les avait laissés exsangues sans réussir pourtant à tuer leur amour.

Lentement patiemment progressivement ils avaient appris à se retrouver et à renaître ensemble.

Personne ne saura jamais les épreuves traversées avant de parvenir à une nouvelle harmonie ; tout était pardonné.

Encore jeunes ils ne devinaient pas les traces inscrites en eux.

 

     La vie heureuse avait repris son cours avec beaucoup plus de joies que de peines.

Chacun avait finalement gardé pour lui ses maux les plus terribles.

 

Cinq ans plus tard c’est lui qui prit à son tour le chemin de l’infidélité, comme par inadvertance.

A son tour le besoin de tromper son ennui jusqu’à en faire une impérieuse nécessité.

Une rencontre de hasard et de peu d’importance répondant à une quête de sens sans intellect ni sentiments inutiles ; l’attrait d’une nouvelle peau…

Ce deuxième coup porté à leur couple s’avéra fatal.

La guerre fut vite déclarée réveillant les blessures passées.

Impossible de fermer les yeux sur les mensonges, les humiliations et les violences mal contenues.

La séparation s’imposa.

 

     Au sortir de l’hiver de cette année-là elle s’étonna d’être toujours en vie.

Elle avait inondé de ses larmes le plancher du salon qui avait fini par avoir les yeux aussi gonflés qu’elle.

Profitant des travaux, elle crut se trouver mieux en repeignant les murs en orange et gris ; grave erreur de goût et de jugement !

En moins d’une journée elle ne supporta plus cette vision d’horreur au point de décider de partir.

Besoin de prendre le large, envie de bord de mer et de vues sans limite, elle trouva son bonheur en deux ou trois « clics » et guère plus de mouvements.

Ah ! Les joies de la toile lorsqu’elle offre tout (et aussi n’importe quoi) à portée de mains ; la vie semble -momentanément- plus légère.

En peu de recherches elle découvrit la location de deux semaines d’une maison tranquille Location située dans les hauteurs de la ville, non loin d’accès à deux plages à dix minutes à pieds.

 

Les propriétaires assez âgés partis se ressourcer en thalasso…à quelques encablures de chez eux (forcément) lui avaient promis « calme et sérénité ».

Ils n’avaient pas menti tant cette maison -trop grande pour elle- lui était apparue paisible, souriant timidement entre deux voisines plus imposantes.

En se tordant le cou tout là-haut dans le grenier elle avait aperçu la mer.

 

            Cette parenthèse enchantée décida de la suite de sa vie.

N’ayant alors plus rien à perdre ni à quitter elle commanda à distance son déménagement sans retourner sur les lieux qu’elle ne voulait revoir à aucun prix.

Elle trouva son havre de paix et devint ostréicultrice à Cancale.

 

     Enfin libre, à la virgule près…

  

  

Huître creuse

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Un peu de lecture inédite | 1 Commentaire »

Demain, dès l’aube…?

Posté par BernartZé le 2 avril 2017

Tout doucement - Bibie (1985)

Tout doucement

(retour)

  

            En souvenir des âmes mortes aux confins d’un désert (bien connu) il faut renaître.

 

     Simplement -si possible- revenir vers la vie ; entendre son appel et écouter ses chants, ses rires.

Se lèvera bientôt peut-être un nouveau jour au sortir des brumes matinales Brumes matinales qui révèleront d’autres désirs.

 

     Comme dans un rêve s’endormir entre ses propres bras E.J. (Sleeping with the past, 1989) pour se réveiller autre et mieux disposé.

Enfin de la douceur menant au goût de vivre ?

 

            Qui vivra verra

   

 

Pasion vida  N’exagérons rien (tout de même !)

(© 2017/droits réservés)

Publié dans Question de point de vue | 2 Commentaires »

12345...88
 

60 millions de cons somment... |
riri1524 |
Le Plateau Télé de KeNnY |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Soft Liberty News
| t0rt0ise
| Bienvenue au Thomaland