Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 13 décembre 2008

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Fauché par un chauffard en marchant sur une mine !

 

            Tranquillement je descendais, le nez au vent, le boulevard St James ou John ou…je ne sais plus trop, ce qui n’a d’ailleurs aucune importance.

C’était l’automne, juste une semaine avant l’hiver.

Il ne faisait ni froid, ni chaud, ni soleil, ni pluie et tout m’était égal, ou presque.

J’allais à mon rythme habituel, toujours en retard, toujours pressé, pas vraiment sur le trottoir, beaucoup sur la chaussée.

Je pensais…j’ai oublié.

Mes écouteurs bien vissés dans mes tympans, j’avançais en musique.

Laquelle ? C’était il y a des années, alors ce genre de détail…!

     Soudain…

Oui, parce que ça s’est passé…euh…disons assez brutalement.

Du genre : avant, je marchais normalement ; après, plus du tout.

Et je me suis ensuite contenté de…râper de tout mon long le macadam sur quelques mètres.

Entre temps, difficile à dire, vu que je n’ai justement rien vu, ayant omis de régler mes rétroviseurs de piéton empiétant sur une partie de la chaussée.

Un coup violent me fut porté dans le bas du dos qui me fit trébucher et basculer en avant, me conférant une accélération certaine.

Quoique me trouvant aux toutes premières loges, j’aurais eu bien du mal à témoigner alors du déroulement des opérations.

J’étais à terre, assurément !

Après avoir longuement (?) frotté le bitume, plus sur le flan droit que sur le dos, ma course a cessé et j’ai vu d’en deçà passer…un train ? Une vache ?

Non, un bus, tout simplement !

Et il passa si près de ma tête…

Pas suffisamment, apparemment, pour que je puisse lire son numéro.

Mais c’est ma faute : je n’avais pas pensé à chausser mes lunettes.

Je suis parfois si distrait !

            J’ai oublié quelques menus détails de ce petit événement : ce n’est tout de même pas tous les jours que l’on se fait bousculer -renverser !- par un train, une vache, un bus ou un deux roues !

Parce que, réflexion faite, seul un chauffard, sur sa monture motorisée, a pu me faire ainsi basculer en avant d’un coup de pied savamment ajusté dans le bas de mon dos.

     Tout s’est déroulé si rapidement que je n’ai rien pu apercevoir dans mes rétroviseurs mal réglés (pour ne pas dire…absents), ni parer !

Etrangement, ce dont je me souviens parfaitement, que je n’ai bizarrement pas du tout oublié, c’est une surprenante sensation que je ne m’explique toujours pas aujourd’hui.

Celle à laquelle je ne puis donner un autre nom que celui de compactage mental.

Comment mieux dire ou raconter ?

Sitôt le sentiment de ma chute avéré, j’ai perçu, quelque part dans ma conscience, un déclic se produire.

Une sorte de pilotage automatique avait remplacé les commandes habituelles de mon cerveau.

Sa mise en route, son déclenchement soudain, avait pour unique dessein de tenter de retenir de toute mon énergie intérieure la plus insoupçonnée…tous mes morceaux ; ceux de mon corps, à commencer par les os articulés de mon crâne !

Comme si une force centripète avait agi en moi pour ne rien lâcher ni perdre un seul bout de ma carapace !

Rien ne devait extérieurement se briser, à condition de ne plus faire qu’un, tel un roc !

Et c’est ce qui s’est miraculeusement produit.

Pour être exact, je crois bien avoir d’abord rebondi sur le goudron avant d’aller m’étaler davantage sur quelques mètres !

Petit, mais énergique, frotti-frotta sur le côté droit, le temps de me faire arracher quelques cheveux, griffer sauvagement une épaule de parka et une cuisse de jeans.

A un moment ou l’autre, les souvenirs savent toujours revendiquer leur prix !

Dès la reprise de mes premiers esprits, je me suis relevé d’un bond, ou presque ; toujours, en toutes circonstances, garder la tête froide et rester le plus digne possible.

Il était temps, après mon lamentable étalage !

J’ai regagné la rive la plus proche, un trottoir, sitôt remis sur mes deux pieds.

Entre temps, je crois me rappeler un automobiliste, le seul, qui avait eu l’idée de s’arrêter pour prendre de mes nouvelles et se préoccuper de mon état.

Et c’est dans son regard que j’ai lu le péril qui m’avait frôlé : tout à la fois la violence du choc et la proximité du bus passant inopinément par là et que j’avais vu, la tête à l’envers, me tutoyer dangereusement de ses roues arrières.

Le « conducteur inquiet » avait même l’air surpris que je me tienne à nouveau debout et que je décline, sans hésiter, son offre de me conduire à l’hôpital le plus proche !

Qu’avait-il vu de l’incident ?

Je l’ignorerai toujours et je ne saurai jamais traduire l’effroi fugace de son regard…

     Une fois à l’abri du danger, de la curiosité des passants, du flux comme du reflux de la circulation du boulevard, j’ai pu recompter tous mes os et abandonner là, sur un coin de trottoir, une ou deux touffes de cheveux.

Un moindre mal, en somme.

            Bien plus tard chez moi, j’ai eu le loisir d’admirer mon tout nouveau et large tatouage violacé, qui s’était développé en haut de ma cuisse droite, pour me rappeler à l’ordre : cela, dorénavant, m’apprendrait à marcher, en toute confiance, au beau milieu de la chaussée !

     Et, la semaine suivante, sur le même boulevard, je reprenais mes bonnes vieilles habitudes…

(© 2008/droits réservés)

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 29 novembre 2008

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Ce raccourci que jamais je n’ai trouvé

 

         Je suis congelé. Et ça me déprime.

Dommage car j’avais une drôle d’histoire à raconter sur une autre de ces journées où rien ne va précisément comme on le voudrait, sans même vraiment savoir pourquoi.

Aujourd’hui par exemple, à cet instant précis, je ne suis pas capable de me décider entre aller dormir, manger ou bien continuer à écrire, tout en ayant l’impression désagréable qu’aucune de ces solutions n’est la bonne et ne pourra me satisfaire.

     Enfin ! C’est sûr, je suis malade, complètement malade, comme lorsqu’il semble devenu impossible de commander à son propre esprit et que le corps se dérobe de même, tout aussi lâchement.

Je pars un peu…

     …Et je reviens.

Toujours ? Je ne sais pas, mais une fois encore, ne serait-ce que pour reprendre le fil interrompu de mes élucubrations !

         Ah oui ! Cette « fameuse » drôle d’histoire !

     Cela remonte à une époque suffisamment lointaine pour me permettre dès à présent d’implorer la clémence du « jury » (!) quant aux quelques approximations dont ma mémoire ne manquera certainement pas de se rendre coupable.

     En ce temps-là où nous nous éclairions tous (?) le plus souvent à la bougie…d’ambiance (pas « d’appoint » !) par excès de jeunesse et de romantisme, j’habitais encore un coin un peu perdu d’une région un peu reculée de nos contrées, celles qui, par la force des choses, vous donnent l’opportunité de vous forger un caractère de grand loup solitaire.

Peu d’humains alentour et beaucoup d’occasions de discuter avec vous-même, tout le temps à perte de vie pour peaufiner votre argumentation lors de joutes oratoires sans fin, faute de combattant. 

Je vivais seul alors.

     C’était l’hiver, je crois, oui puisque j’avais froid ; ceci dit de tous temps j’ai toujours eu froid, indépendamment des saisons.

Mais bon, nous étions encore en hiver il me semble, même si ce détail (dont je me souviens) n’a pas véritablement d’importance dans mon récit.

La nuit avait eu largement le temps de tomber, c’était déjà le soir, une heure où non seulement tous les chats sont gris dehors mais où, aussi, plus rien ne semble bouger, pas même respirer.

Pas la moindre âme qui vive dans ces semblants de rues.

Cela ne me gênait pas.

     Par contre, mieux valait ne pas être soudain pris d’une envie impossible à satisfaire à domicile, avec les moyens du bord et vos propres réserves pour subsister.

Bref, un mauvais suivi de vos approvisionnements pouvait se révéler à cette heure terriblement fâcheux.

C’est exactement ce qui m’est arrivé.

         J’avais froid, je l’ai déjà dit, et paradoxalement, j’ai soudainement été pris d’une irrésistible envie de glace, tout bêtement de crème glacée.

Je préfère préciser.

Je n’en étais pas réduit à dîner de quelques petits glaçons.

Pas miséreux à ce point, d’autant plus (enfin, moins) que j’ai plutôt le souvenir de m’être « senti riche » alors, toutes proportions (raisonnables) gardées.

Disons que ma situation économique ne pouvait faire pitié, mais je m’égare, et puis tout le monde s’en moque assurément.

     Donc, sans même le besoin de vérifier, je savais que je manquais totalement des bonnes munitions.

Mon « bunker réfrigéré » (c’est réellement l’image que j’en ai gardée) était fort sympathique et vieux, mais plus très en mesure de conserver glacé quoi que ce fût.

Je réalise soudain, en écrivant ces lignes, que j’ai apparemment de tous temps été plutôt en froid, en mauvais termes (pardon !) avec les chambres de conservation à basse température.

C’est forcément de ma faute ! Mais c’est tout de même curieux. A l’occasion il me faudra creuser un peu cette question.

     En cette soirée assez avancée, je devais soudain faire un choix.

Rester frustré sur le moment, ou partir en quête de mon Graal.

Que croyez-vous que je fis alors ? 

Eh oui ! J’ai tenté l’aventure !

         A mon juste niveau ce mot n’est pas trop fort, ni même exagéré.

Sans avoir seulement besoin de sortir faire à pieds un petit tour d’inspection du pâté de « pas-maisons », j’ai vite réalisé que la solution à mon problème n’était pas réellement à portée de main ; pas du tout.

     Logiquement, je me suis décidé à prendre ma voiture.

J’étais en ce temps-là « l’heureux prioritaire » d’une courageuse voiture trois portes (je vous fais grâce du détail de toutes les options) d’un certain âge (elle n’est d’ailleurs plus mise au monde depuis assez longtemps sur les chaînes de montage) mais d’une vaillance et d’une bonne volonté à -presque- toute épreuve.

Je l’ai donc « enfourchée » (je me mélange un peu les souvenirs avec ceux rattachés à une période précédente, celle de ma « moto-bylette » ; mais dans l’esprit c’est pareil !) tout plein de certitudes et de confiance en elle.

     J’avais un peu, beaucoup, complètement moins confiance en moi et j’avais de très bonnes raisons.

Je les aurais toujours aujourd’hui.

Peut-être y ai-je déjà fait allusion ici, mais là c’est capital : je suis né « déboussolé ». Pour moi, Nord Sud Est Ouest, tout ça c’est la même chose, le même combat…perdu d’avance !

Je n’ai absolument pas ce que l’on appelle couramment le « sens de l’orientation ».

     Ça m’a, depuis toujours, joué des tours effroyables, et, dans mes moments de totale inconscience, cela ne m’empêche pas de reprendre le risque de me perdre à jamais, au point de ne carrément plus être capable de retrouver mon chemin.

     Ma voiture d’alors était une bonne monture, mais quand même pas au point de rentrer toute seule au logis, en faisant fi de mes indications forcément erronées.  

Ne rejetons pas nos incompétences, dans les moments de crise, sur les objets tout dévoués à notre service et en plus -parfois- assez généreux pour nous pardonner certains mouvements d’humeur malheureux.

     Je dois abréger mon histoire, sentant un peu fléchir l’attention de mon hypothétique lectorat.

         Chacun peut deviner la suite.

     Je me suis perdu, égaré, paumé, honteusement retrouvé je ne sais (et ne saurai jamais) où, en train d’éructer comme un dément, de maudire ma légendaire (oui, à ce point) incapacité à suivre ma seule bonne étoile et ma nyctalopie extrêmement défaillante, qui bien évidemment n’a pas arrangé les choses.

Je ne résiste pas à l’envie un peu puérile de l’écrire : je n’étais pas dans une très chouette situation !

     J’ai fini par me trouver sur une autoroute (mais sans péage), en direction de…quelque part, roulant toujours en quête de ma crème glacée dont je n’avais, je crois, même plus du tout envie, tant mon esprit s’était soudain plus focalisé sur mes excès de mauvaise humeur, de rage, voire de démence, que j’essayais de maîtriser, ne pouvant accepter une fois de plus cette (prévisible) évidence :

j’étais CON-GÉ-NI-TA-LE-MENT incapable de ne pas me perdre en chemin !!!

     Il est de tels aveux non seulement pénibles, mais en plus incroyablement déplaisants à faire. Et s’ils sont nécessaires pour mieux se connaître, ils nous guérissent très rarement de nos défaillances.

     Bref, j’ai pu enfin, je crois, repérer à distance, le jour commençant déjà à se lever, une station service particulièrement matineuse (ou insomniaque ?).

J’ai tout fait d’un coup : le plein (il était temps de se montrer prévoyant) d’abord, puis je suis parti à la pêche aux renseignements quant à ma situation géographique (et spatio-temporelle) auprès du pompiste, apparemment éberlué par ce que j’ai pu lui conter (dans les grandes lignes) de mon aventure.

Il a su me remettre sur la voie, je lui en serai éternellement reconnaissant.

     En plus, j’ai trouvé en vente dans son libre-service un petit pot (200 ml !) de glace au chocolat avec de savoureuses pépites (marque bien connue, mais motus !).

     J’ai finalement réussi par rentrer chez moi au -plus que- petit jour.

Je suis tout de suite allé me coucher, sans manger.

(© 2002/droits réservés)

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Nos illustres méconnus !

Posté par BernartZé le 24 novembre 2008

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Comme le chasseur traque le gibier

(L’inconsolable)

  

            Deux fulgurances verbales m’ont marqué à jamais.

La seconde fut « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ».

Peut-on se remettre un jour d’avoir lu ces mots-là ?

Et d’en avoir été l’auteur, alors ?!     

     Toujours est-il que lui n’a pas véritablement fait long feu, le pauvre !

Telle une comète, il est passé en littérature, laissant quelques œuvres et une multitude de paradoxes.

Homme de peu de Foi, il n’a pu trouver ce recours, ce refuge.

Deux fois marié, il demeura effroyablement solitaire.

Assoiffé de liberté, il s’est toujours senti prisonnier d’une « errance absurde vers une mort certaine ».

Toujours (con)cerné par elle, il est peut-être décédé d’un trop plein de vide, à force d’essayer de se faire pardonner d’être né…en vain.

Récusant l’excuse découlant directement du manque de liberté d’action, il a inlassablement recherché le pardon.

La profondeur de ses ténèbres le faisait perdre confiance quand son désespoir lui rappelait que « chaque jour n’est qu’une trêve entre deux nuits » et espérer, momentanément abusé par une fausse consolation, « car chaque nuit n’est qu’une trêve entre deux jours ».

           Cinq années avant sa mort, la plume de Stig Dagerman s’est brutalement asséchée. 

 Se sentant soudain dans l’incapacité absolue d’écrire, après avoir publié une demi-douzaine d’œuvres (en à peine plus de quatre ans), il s’est violemment trouvé confronté au doute et à la peur du vide, liés tous deux, peut-être, à l’attente qu’il avait su indirectement susciter chez ses lecteurs.

     La glace et le feu : ses écrits, ses personnages et ses paysages sont tous ravagés par la passion, par de froids soleils et par une neige en deuil.

Résumé ainsi, cela peut paraître aride.

Mieux vaut le lire pour se donner une chance de le comprendre et de mieux ressentir les battements de cœur mal étouffés.

           Et enfin, surtout, il restera à jamais cet ultime et tout petit opuscule (une dizaine de pages, à peine !) intitulé « Notre besoin de consolation est impossible à rassasier ».

Une véritable fulgurance ; incontournable !

Un dernier jaillissement, tel des éclats de verre, deux ans avant de tirer sa révérence et puis…cette révélation faite à lui-même :

     « Et il me semble comprendre que le suicide est la seule preuve de la liberté humaine ».

         A peine deux ans plus tard, il mettait fin à ses jours (le 4 novembre 1954 -il y a …54 ans !-), à 31 ans, n’ayant plus rien écrit après ce que l’on peut considérer comme l’une des plus belles lettres d’adieu (de renoncement ?) à la vie.

         Ah oui ! Au fait…l’autre illumination à m’avoir soufflé sur place était « J’ai reçu la vie comme une blessure » (Lautréamont…record battu…mort à 24 ans !)

Mais, c’est une toute autre histoire…

(© 2008/droits réservés)

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N’importe quoi !!

Posté par BernartZé le 15 novembre 2008

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Adieu Byzance !

(Pauvres rimes) 

 

Je n’irai jamais plus le soir aux cabinets,

Plus de chasse d’eau tirée, plus de lumière nocturne,

Je ne serai plus jamais de ma soif satisfait,

Quand il lui prend l’envie de me casser les burnes

Pour trouver nuitamment un autre estaminet !

 

Finies les folles dépenses où les jours de grand vent,

Me dévore le désir de cesser d’être lâche

Et de dilapider le peu que j’ai gagné,

En suant et peinant chaque jour à la tâche

Qui m’assomme telle une bête et moins que dans vingt ans.

 

Finis les grands voyages, l’avion ou la voiture,

Il faudra me suffire de l’élan de mes pieds

Qui me porterons loin et suffisamment bien

Pour ne plus rien faire d’autre que d’économiser,

Éponger quelques dettes et combler la toiture.

 

La maison sera chouette et les seaux inutiles,

Plus de mare, plus de diables, les tempêtes assouvies

Permettront à mes os de sécher illico,

Quand le temps étiré devenu infini

Me semblera mortel et ma vie moins futile.

 

J’aurai vécu longtemps ; au moment de mourir

Je verrai sans regret s’abaisser mon couvercle.

Pas de chagrin caché ou de larme versée.

En m’avouant l’erreur de m’être trompé de siècle

Je pourrai expirer d’un large éclat de rire.

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 3 novembre 2008

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Un cercueil qui fait mal 

             Il est vraiment blessant, surtout aux entournures et un peu dans les angles. 

Il n’y a pas à dire : ce n’est pas ma taille ; beaucoup trop juste ! 

       Quelle idée aussi de vouloir économiser sur le matériau de base, alors qu’il aurait été nettement plus facile de rogner sur le nombre de poignées, par exemple ! 

Le chêne est devenu de nos jours carrément hors de prix. 

Etait-ce à moi de m’inquiéter du cours du bois et de savoir que mon beau sapin, roi des forêts, aurait finalement délivré une note moins salée ?! 

Tout ça pour finir avec un torticolis de première classe ; vous parlez d’un repos éternel !  

     C’est vrai, je dois le reconnaître, j’ai pris tout le monde de court. 

Personne ne s’y attendait, malgré mon âge. 

Entre les « vous nous enterrerez tous » et « tu finiras centenaire », j’ai eu plus d’une fois l’occasion de m’inquiéter, de m’angoisser même, pour tout dire. 

Déjà, comment savoir précisément s’il s’agissait là de vœux, de menaces ou de regrets ? 

Ce genre d’inepties et de phrases prédécoupées ne m’a point titillée mais tout bonnement exaspérée durant mes glorieuses trente dernières années. 

Il aurait fallu les enregistrer à chaque fois et forcer ensuite leurs auteurs à les écouter en boucle jusqu’au malaise ! 

Tant de bêtise me laisse aujourd’hui sans voix ! 

Toujours est-il que je n’ai jamais eu l’intention de survivre à la fonte des calottes glacières ! 

Et pourquoi faire d’ailleurs ? 

Si vous croyez qu’il est aisé de devoir tenir le rôle de « témoin de notre temps », à cheval sur deux siècles et deux millénaires, par-dessus le marché !! 

             D’accord, j’ai connu deux guerres. 

Mais j’étais si petite au cours de la première et tellement -déjà !- morte de peur durant toute la deuxième que je me demande si ça peut compter ? 

J’avais la tête ailleurs, voire franchement à l’ouest ! 

J’ai même tenté de fuir et de m’exiler. 

Oh non ! Sans prendre d’avion ou de paquebot. Faute de passeport et d’argent, à moins de me transformer en rat et de me tapir en fond de calle, je ne risquais pas d’aller bien loin. Je n’ai cependant jamais autant et aussi rapidement voyagé que pendant ces années-là, sans bouger de chez moi, ou presque. 

Je m’étais réfugiée au fond d’un cagibi bien dissimulé derrière la tête du lit de ma chambre à coucher. Le papier peint relativement hideux brouillait tant la vue que ma piste et je me sentais un peu plus à l’aise et rassurée dans mon réduit aménagé. 

Très tôt et progressivement, je me suis mise à y installer de quoi tenir un siège, puisque de cela il me semblait être véritablement question. 

D’abord une table basse, à peine plus grande qu’une table de nuit, et une chaise à niveau (en fait, une petite chaise d’enfant !). 

Pour m’éclairer, selon ce que je pouvais trouver au dehors lors de mes ravitaillements, une lampe à pétrole, à huile, ou à gaz. 

Et puis un atlas et de quoi écrire, en quantité, le plus possible. 

J’ai gribouillé, grafouillé, gratouillé…tant et tant et plus de pages en usant une quantité presque industrielle de crayons à papier ! 

Juste de quoi oublier ma peur, en fait. 

Elle était, la plupart du temps, si incontrôlable qu’elle me faisait écrire dans la fièvre, dans une sorte d’état second dont je me servais pour m’inventer des paysages et des rencontres, en fonction du pays choisi sur une des cartes. 

Ces années de guerre ont été pour moi une véritable révélation, celle de mon imagination débordante ainsi que de ma soif d’aventure. 

Pas très surprenant, donc, que je me sois mise à voyager et à écrire de vrais livres, dès la guerre finie. 

Et j’ai vécu ainsi jusqu’à la fin du siècle dernier, sans me fixer réellement quelque part et sans (pouvoir) m’attacher à personne. 

Ma vie a été belle et j’ai été heureuse. 

              Mais à présent, je connais ma douleur. 

Terminés les horizons lointains et les espaces infinis ! 

Finis les levers et les couchers de soleil jusqu’à plus soif et faim ! 

Privée même de la possibilité de me retourner au fond de mon cercueil, je crains fort de dépérir vite fait ! 

Moi qui n’en ai jamais eu la capacité ni l’occasion, je vais devoir apprendre à rêver, histoire de tuer le temps.  

      C’est de leur faute aussi ; quelle belle bande d’incapables ! 

Ma seule, unique et dernière volonté n’était-elle pas d’être finalement incinérée ?! 

(© 2008/droits réservés)

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Du poil à gratter…

Posté par BernartZé le 29 octobre 2008

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Le plus beau désengagement ?

        

        « 

            - Toujours mort ?          

            - Oui.           

            - Quelle vie !           

            - Je vous aime. 

            - Déjà les lieux communs. 

            - Vous êtes mariée ? 

            - Non, quelle horreur !  

            - Pourquoi ? 

            - Pourquoi ne suis-je pas mariée ?  

            - Non, pourquoi « quelle horreur ! » 

            - Pourquoi ? Vous êtes marié, vous ? 

            - Non. Quelle horreur ! 

            - Pourquoi ? 

            - Pourquoi « quelle horreur ! » ? 

            - Non ! Pourquoi n’êtes-vous pas marié ? 

            - Je vous attendais. 

            - Quelle horreur ! 

            - Ça fait rien. Je reviendrai. 

            - C’est ça…»

     Ce bref dialogue n’est pas de moi. 

Malheureusement. 

Pour toute demande, réclamations (droits d’auteur) ou références, je me tiens à votre disposition [...] 

Mais ce préambule n’était, évidemment, qu’un prétexte. Une excuse et une invitation à dériver, au gré des vents, plus ou moins contraires.  

Et de reposer l’une des questions les plus bateau de toute l’histoire de l’Humanité : qu’est-ce qu’un couple ?

                                           -  » Un couple, Bébé ? Deux bourreaux, deux victimes.  »

Encore un emprunt ; pardon ! Il semblerait que ce soit plus fort que moi… (Aux mêmes conditions que précédemment

Et de reprendre aussitôt mon autonomie intellectuelle afin de tenter de mener à bien mon propre débat. 

     Et donc ? Selon vous ? Qu’en pensez-vous ? Qu’est-il le plus à même de rendre heureux chacun ?… 

Une bordée de questions me (re-)vient soudain à l’esprit pour…aborder celle du mariage, de l’union –plus ou moins- libre, voire du Pacs et de toutes les autres formes de « vie(s) à deux », connues et (pas toutes) reconnues. Serait-il, d’ailleurs, possible de toutes les dénombrer ici même ? 

Sans ambages, je réponds illico et presto « non ! » Me voilà au moins à l’abri de tous procès d’intention(s) ; les bonnes, comme les mauvaises ! 

Cela étant, et considérant que mes voisins de palier viennent d’adopter un chien (sans mon accord !), je ne vois pas comment il me serait possible de répondre, de façon exhaustive, à ma question initiale. 

La notion de « couple » ne désignant plus –nécessairement- aujourd’hui une formule de « vie à deux », je me vois mal exclure, même par mégarde, les plus imaginatifs d’entre nous. 

Après tout « un couple » pourrait parfaitement se définir comme un ensemble conceptuel, celui constitué par « moi et…tous les autres » (l’inverse est beaucoup plus polie et respectueuse des convenances !). 

     Cependant, à l’origine, fut créée la vision idyllique, dite idéale, d’un homme et d’une femme (cha ba da ba da…) ; puis souvent des enfants ; survint le divorce (légal !) et, bien plus tard, la famille -officiellement- recomposée, raccommodée, re-tricotée comme chacun put. 

Et au milieu de ce bric-à-brac, disséminées sur bien des siècles, la « société » a bien été obligée de reconnaître des espèces d’associations…étranges et surprenantes, pour les uns, bizarroïdes, pour les autres, voire tout simplement inappropriées

Il faut savoir que ce mot est l’un des plus riches de toute la langue française, car il est susceptible de véhiculer –à lui seul- des notions extrêmement diverses. 

Qui l’aime, le suive ! Et avec lui : incorrectes ; discutables ; inconvenantes ; saugrenues ; hors norme ; inadéquates ; impropres (j’aime beaucoup !) ; inadaptées ; inconstantes ; primitives ou grossières… 

Je vous fait grâce de la suite de tous les synonymes possibles et envisageables ; référez-vous, si le besoin se fait sentir, à votre petit dictionnaire approprié (!) 

De mon côté, pour avoir voulu trop bien faire, de peur d’oublier quiconque, me voilà dans une impasse. 

Et de rebondir pour m’en échapper ! 

      Un chien de « compagnie » (pas de chasse !) est-il fait pour obéir à son « maître » et pour vivre (en faisant semblant de le supporter ?) avec lui ? 

Un chat, qui ne chasse que pour lui-même (éventuellement pour ses petits, s’il les tolère encore, au-delà de l’âge biberon !), peut-il s’accommoder, non pas d’un maître (surtout pas !!) mais d’une présence humaine ? 

Ce genre de compagnonnage est-il le mieux pour…l’épanouissement personnel de ces animaux rapidement « qualifiés » pour être attachés directement à l’Homme?  Comme s’ils ne pouvaient pas s’en passer pour vivre heureusement… 

Et je ne parle même pas des « NAC » dont je méconnais totalement le degré de sociabilité avec l’être humain ! 

     Mais de ces « couples », personne ne s’émeut véritablement. Davantage, sans nul doute, des « nouveaux couples » avec famille recomposée (aux déclinaisons multiples, voire infinies !) à la clé. 

Chacun et tous ont une opinion bien tranchée sur le devenir et le bonheur potentiel de tout ce beau petit monde, ensemble et individuellement. 

Entre les demi-frères ou sœurs, les pas tout à fait faux frères ou fausses sœurs, les vraiment demi faux et les faussement à moitié vrais…il est totalement impossible, sauf en faisant preuve d’une –totale- mauvaise foi de dire l’âge du –vrai- capitaine ! 

Comment voudriez-vous, après cela, qu’une chatte –même la plus maternelle- puisse y retrouver ses petits ?! 

      Et voilà qu’en ce début de XXIème siècle, la société se retrouve -plus que jamais- dans l’obligation d’ouvrir davantage ses bras afin d’accueillir, au même titre que tous ses autres enfants, les couples non mixtes

Il est amusant de noter au passage, que ce terme a singulièrement changé de sens au fil des décennies et en fonction des besoins de définir un « duo »…sans vexer personne ! 

Nous avons –heureusement- déjà connu les mariages « mixtes », qu’il s’agisse de représentants de deux religions différentes ou de deux ethnies (pour ne pas dire « races » ou « couleurs », du genre noir, jaune, blanc…blanc cassé, café au lait, lait chocolaté, café crème, œufs brouillés, blanc beigeâtre…voire crème brûlée, bleu ou vert à pois rouges…!!) ; doit-on parler de « double mixte » dans le cas d’une union entre, par exemple, l’un(e) qui est blanc(he), l’autre qui est noir(e), l’un(e) musulman(e), l’autre protestant(e) ? 

Le champ des possibles s’élargissant pour moi à cette seule idée, je vais devoir tracer toute une arborescence pour n’oublier personne ! 

Bref ! Les couples « non mixtes », outre religions et couleurs de peaux, seraient alors de « même sexe », jouant, exactement comme au Tennis (par exemple), en « double messieurs » ou en « double dames » ! 

Ben dis donc avec tout ça…il va y en avoir du monde pour concourir en vue d’une meilleure reconnaissance sociale ! 

     Plus (un peu) sérieusement, il semblerait qu’il faille bientôt légiférer pour satisfaire le plus grand nombre possible de citoyens. 

Le mariage, tel qu’on l’a toujours connu et le Pacs, tel qu’il a été inventé, ne paraissent plus suffire et certains souffrent encore aujourd’hui d’une absence de légitimité. 

Quand on sait, à moins tout récemment d’être tombé de la lune, que se pose aussi régulièrement la question sur laquelle personne ne se révèle totalement apte à statuer -qui est digne de devenir parent ?- il y a fort à parier…que la chatte intervenue plus haut n’est pas près de cesser de courir sur son toit brûlant et il ne faudra pas non plus s’étonner devant la recrudescence des vols de sacs à mains dans les salles obscures !   

       Et, pour en revenir au titre de cet entre(« mais »)filet, je me demande sincèrement si ce bon vieux mariage n’est pas devenu aujourd’hui la solution de facilité permettant à deux amoureux (un homme et une femme, encore à ce jour) de se retirer tout simplement du jeu. 

Plus de problème de statut social, avec ou sans enfant à venir, nullement besoin de se justifier aux yeux des autres. 

Soit la paix pour le reste de l’éternité !… 

(© 2008/droits réservés) 

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 20 octobre 2008

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 De l’importance des chansons populaires dans une vie ratée

              Etant donnée l’heure relativement avancée de la nuit, il y a peu de risques cette fois que le téléphone vienne m’interrompre en plein labeur ; il est donc grand temps de revenir sur le thème que l’on m’avait une première fois empêché d’aborder. 

      Mine de rien je m’attaque là à un sujet ardu, tant il est évidemment parfaitement subjectif. Tout est question de sensibilité personnelle, de parcours et expérience individuels. 

A différents moments de sa vie, chacun a pu avoir l’impression d’être directement concerné, visé, simplement « appelé » par une chanson en particulier. 

L’effet, je pense, est presque toujours le même : on demeure interdit. 

Soudain attentif à chaque note, à chaque parole, à chaque soupir même, tout paraît suspendu. La réalité du moment, le temps, soi-même, ses propres battements de cœur semblent brutalement arrêtés, comme si toute son âme et tout son corps avaient besoin d’un silence de cathédrale pour réussir à demeurer tout entier à l’écoute d’une chanson. 

      Bizarrement, il s’agit rarement de textes et de musiques d’une franche gaieté. 

A croire que l’âme humaine a toujours besoin de s’épancher sans fin. 

A croire que notre besoin de consolation nous pousse à rechercher une douleur encore plus extrême, juste histoire de constater à quel point il est possible d’être malheureux et malgré tout encore en vie.  

     Les thèmes abordés sont finalement peu nombreux et toujours les mêmes : le temps perdu qui ne se rattrapera jamais, l’incommunicabilité entre les êtres (sujet typiquement…suédois du rayon « 7ème art » ! ?), les amours malheureuses, contrariées, déçues, les histoires éternelles qui se sont achevées, la difficulté d’aimer et de se laisser aimer, les impossibles deuils tout le long d’une seule vie, les renaissances ultimes au bord du précipice et puis la vie, la mort, les tourments et les fins. 

     Finalement, que de cercles concentriques pour nous définir, pour nous retrouver et nous reconnaître, parfois nous rassurer, un peu ! 

En fait, des résumés d’instants de vie, universels, qui nous offrent des repères nécessaires, qui nous font du bien, tout en nous faisant bien du mal. 

Ensuite, en fonction de notre âge, de notre « expérience » (!) et de notre propre perception, nous pouvons endurer différents stades, différentes implications, diverses réactions. 

      Il est un âge où l’on s’abîme entièrement en écoutant deux ou trois chansons, toujours les mêmes, parce qu’elles donnent la certitude d’une cristallisation du sentiment, avec une précision diabolique, qui paradoxalement peut sembler libératrice. 

Enfin, cela n’empêche pas de s’en trouver complètement bouleversé, assommé ou carrément inerte, tel le poisson maintenu trop longtemps hors de son élément ! 

D’ailleurs, on semble être en plein « Vingt milles lieues sous les mers », immersion totale, apnée obligatoire, panique à bâbord, à tribord, sur tous les côtés, on suffoque, on en meurt. 

     Pour certains, cela peut réellement se terminer là. 

Ce n’est pas spécialement drôle, ni forcément triste, c’est ainsi. 

Un peu de respect tout de même, s’il vous plait ! 

Pour d’autres, une relative majorité sans doute, il va s’agir de remonter à la surface, coûte que coûte, vaille que vaille, parce qu’il n’existe simplement pas d’autre solution que de tenter de survivre dans l’espoir que tout n’est pas fini, que tout n’est pas définitivement mort. C’est bien sûr un pari impossible, mais il revient à chacun de le tenir ou non. 

       En une phrase : l’heure est particulièrement grave ( !) 

            Ça change. 

Presque tout change, avec l’âge et le temps. 

Plus tard, en écoutant les mêmes chansons, ou d’autres consanguines, on se prend à sourire. 

Peut-être n’en vient-on pas carrément à rire, mais elles paraissent les mêmes que l’on reçoit pourtant un peu différemment, avec plus de recul, nettement plus de défiance, vis-à-vis de soi-même. 

     Le temps nous a largement été offert et imposé d’apprendre à nous dépassionner, à nous retirer malgré nous du jeu, pour notre propre survie, pour cesser enfin de saigner sans relâche et essayer de commencer à cicatriser tout en sachant qu’il faudra vivre avec ces croûtes importunes (!). 

      Non, je n’exagère rien. Pourquoi donc ? 

Il vient un jour un âge, si l’on a survécu (que personne ne rie !), où l’on a appris la bonne distance, la bonne recette, pour conserver le plaisir initial de l’écoute de ces chansons, sans en ressortir abasourdi et effaré. 

Un peu de recul sur soi, une pincée d’ironie, une once de cynisme (de « pessimisme dépassé », pour les plus tendres ?), et l’on parvient à goûter à nouveau les sensations de sa jeunesse, sans en subir des conséquences généralement assez désastreuses. 

             Peut-être se sent-on alors parfois moins vivant, un peu désabusé, moins désespéré mais nettement moins empli d’illusions, de croyances, de rêves et de la certitude qu’un jour viendra où, de toute évidence, tout ce long parcours aura eu raison d’être.      

(© 2002/droits réservés)

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 6 septembre 2008

 

fondecran.jpg 

Ça faisait longtemps…

                      …Qu’une bonne remise en question existentielle ne m’était pas tombée sur le coin de la cafetière ! 

Cela devait – inconsciemment ?- me manquer, d’ailleurs ! 

C’est vrai : qui n’aime pas se prendre, durablement, la tête entre les mains afin de la malaxer énergiquement, jusqu’à en extirper la substantifique essence naturelle de cortex lamelliforme ?! 

Certes, c’est loin de valoir un verre de jus bien frais de légumes (à préférer au simple jus de tomates…généralement plus salé -7 ou 8 g/l- et nettement moins riche en légumes…puisque la tomate est un fruit, même si je n’ai toujours pas compris pourquoi !) ; cependant, avec des efforts et du temps, il est possible d’obtenir « assez peu »…d’une concentration optimale ! 

 

     Une bonne prise de tête, bien menée, vous ragaillardit un homme ! Une femme aussi, évidemment ; pas de sexisme dans ce genre d’exercice de style ! 

Car, en cette occurrence, il est bel et bien question de style. 

Et c’est tout un art que de réussir à l’exercer en toute indépendance et sans se laisser influencer par un possible voisinage ! 

A chacun sa caboche ; à chacun, donc, son pétrissage de cerveau ! 

Etant bien entendu que le plus important se cache sous la boîte crânienne. 

Tel l’escargot (plus que le Bernard-l’ermite qui déborde toujours de sa dernière carapace squattée !) qui se tapit à la moindre alerte tout au fond de sa belle coquille, nos deux hémisphères cérébraux se complaisent sous leur cuirasse. 

Et au plus fort de la tempête, c’est toujours sous le crâne que tout se joue ! 

Plus il vente, plus l’état dépressionnaire prend de l’ampleur. 

Plus semble s’éloigner à tout jamais l’anticyclone ; les vacances aux Açores ne constituent alors qu’un très vague et lointain souvenir ! 

 

     Prenons-en notre parti ! 

Et, coûte que coûte, vaille que vaille, advienne que pourra (…) ! 

S’en suivra…ce que nous pourrons supporter. 

Au cœur de la tourmente toute résistance fera office d’exploit ! 

Si, de plus, on trouve (??) encore la force de garder, en apparence, la tête haute, quand tout n’est plus qu’en berne, c’est que l’élégance du désespoir n’est pas une vaine expression ou… que l’on est bête à pleurer pour se soucier encore de sa face et de sa sauvegarde ! 

Dans ce cas, les avis sont généralement très partagés… 

 

     Pendant ce temps, sous le crâne en question, se règlent des comptes à provoquer les banqueroutes de toutes les banques sur la place du marché !! 

Ça chahute un maximum, les coups pleuvent ; les plus bas surtout. 

Il ne s’agit même plus de remettre en cause tous ses fondamentaux, c’est le départ en calle sèche qui menace purement et simplement ! 

La marée basse après l’avis de tempête ; côté météo, y’a vraiment plus de saison ma brave dame ! 

Au raz du raz du niveau zéro de la mer descendue, vous vous retrouvez livré, nu comme un nouveau né, à une foultitude d’ANGOISSES !! 

Au-delà du lot basique où suis-je, qui suis-je, où vais-je ?, se profile un bloc d’interrogations incontournables du genre : 

                                               - Être ou ne pas être…un grand classique dans toutes les langues ! 

                                               - Être ou non (bien) né pour de bonnes raisons. 

 

                                               - Est-il raisonnable d’espérer encore renaître si l’on se sent mort-né ? 

                                               - Peut-on croire au Père Noël, passé vingt, trente, quarante, cinquante (…) ans ?! 

 

Soit une liste non exhaustive de renseignements indispensables à réunir de toute urgence, indubitablement !! 

 

            Il y aurait assurément bien des façons de parler de ces moments-là, ceux où l’âme en peine assise au bord du gouffre est prête à faire un bond (!!)… 

Mais à chaque fois, après coup, il ne me reste qu’un souvenir, celui du bruit fait par mon index droit grattant l’intérieur de mon cerveau ; et cela donne, et c’est ma donne, ah ! : « chcreugneugneu »… 

 

(© 2008/droits réservés) 

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 22 juillet 2008

 

unevillefloue.jpg  fleursfloues.jpg   ziezadanslemtrolondonien.jpg

Le même en plus flou     

             Je n’en ai pas honte : je suis myope.    

     Je ne l’ai pas vraiment choisi, c’est congénital. Je suis né ainsi, enfin disons que j’ai le souvenir de m’en être rendu compte (bien aidé, forcément) au bout de quelques années. 

Aux premiers symptômes, j’étais plutôt ravi d’accéder enfin à une sorte de reconnaissance, cette tare étant particulièrement répandue au cœur même de mon arbre généalogique. 

J’allais enfin avoir des lunettes, mon premier accessoire pour me présenter au reste du monde, pour m’en protéger aussi. 

     Franchement, je ne me souviens pas que cette deuxième paire d’yeux, que ce « binoclage » intensif, m’ait jamais posé problème. 

Tout au contraire, je crois. 

 

     C’est vrai qu’au début c’est le genre d’ustensile que l’on ne sort que dans les grandes occasions. 

On s’empare de la chose avec précautions, on la manipule avec délicatesse et respect et seulement lorsqu’elle s’avère indispensable : pour bien voir le tableau à l’école et avoir le plaisir d’admirer tous les pleins et les déliés, pour regarder la télévision, tout en gardant un œil sûr…sur le fond de son assiette, pour lire évidemment, et apprendre ses leçons avec application. 

     En dehors de ça, exception faite de quelques séances de cinéma, il ne me paraissait pas vraiment utile dans les premiers temps d’en faire usage. 

     Les années passèrent, et par la force des choses je pris l’habitude de porter mes lunettes régulièrement, voire en permanence. 

J’aurais bien dormi avec elles mais, au même titre que les chats sont paraît-il tous gris la nuit, je me suis vite rendu compte qu’il n’y avait plus alors tellement à voir, mais beaucoup plus à percevoir. 

     Le temps passa encore, un peu malgré moi, et je ne sais trop comment ni pourquoi, j’ai commencé à avoir l’impression que, même en plein jour, cet accessoire ne m’était plus vraiment aussi nécessaire. 

Je réalisais progressivement qu’il n’y avait pas grand-chose d’intéressant à voir. 

     Attention ! Que l’on ne se méprenne pas ! 

Il ne s’agit pas de paraître méprisant ou de vexer qui que ce soit, j’étais juste arrivé à un âge où la précision des contours me semblait secondaire, où le plus important ne consistait pas à voir mais à comprendre et percevoir la réalité, tout en la maintenant dans un flou artistique, souvent bien avantageux. 

 

     Je ne sais pas, peut-être que présenté ainsi cela paraît présomptueux, prétentieux, ou carrément délirant (pour ne pas dire « n’importe quoi » !)… ? 

C’était pourtant naturel, pour moi. 

Rapidement cela m’a paru être le seul moyen d’envisager le monde extérieur

Il était lui, j’essayais d’être moi et de l’appréhender du mieux que je pouvais, parfois avec méfiance, souvent avec passion. 

Je dois tout de même avouer en passant que mon nez était un peu fatigué de supporter le poids de ce qui me permettait d’entrevoir le monde clairement, sans pour autant contribuer à accroître mon degré de lucidité. 

     Bref, je ressentais le besoin fondamental (existentiel ?) de maintenir une petite distance raisonnable entre le reste du monde et ma propre bulle. 

     Mais je me refusais à me voiler la face. 

Tout au contraire ! Je pense que cela m’a permis de développer un certain sens de l’observation (ne serait-ce que pour éviter de me prendre en pleine figure un chambranle de porte « mal » placé) qui m’a donné l’occasion d’apprendre beaucoup, en demeurant totalement extérieur, et parfois étranger, malgré moi. 

 

            J’ai découvert des univers inimaginables, auxquels je n’avais pas été préparé et qui existaient sans avoir nullement besoin de mes services (quelle surprise !). 

C’est bête à dire : j’ai progressivement découvert l’ampleur du monde. 

Tout existait là, devant moi, je n’avais plus qu’à choisir, ou tout du moins choisir de comprendre, sans juger et sans être forcément d’accord. 

C’était soudain enrichissant, jubilatoire, jouissif, parce cela me prouvait avec évidence que personne ne pouvait jamais avoir complètement raison, ou totalement tort. 

  

     Une véritable révélation ; sans doute était-il enfin temps. 

Le moment était venu de se décider à être, de prendre son élan et de sauter dans le vide. 

            Ma chute libre se poursuit. 

(© 2002/droits réservés)

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Aphorismes, citations, fulgurances et délires verbaux en tous genres (!)

Posté par BernartZé le 21 juillet 2008

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(Bleu II – Joan Miro)

          A toute nouvelle rubrique…petit  » mode d’emploi » ! 

Tout commentaire sur le choix des lignes suivantes sera le bienvenu…pourvu que son auteur sache faire preuve d’esprit d’à propos et d’un sens de l’humour -presque- sans faille…

« J’ai reçu la vie comme une blessure. » (Lautréamont) 

« Votre main s’étend dans le vent dans un geste inachevé d’attente, d’incertitude, ou peut-être d’appel ou de défense. » (L’Année dernière à Marienbad, Alain Resnais, 1961) 

Pour moi tout est simple : je joue des castagnettes, tu’ me parles pas d’Odessa ; on s’grignotte pas la panse et advienne que pourra ! 

On n’est pas plus écrivain que l’on naît écrivain ; un beau jour on le devient, souvent après sa mort. 

Toutes les gares se ressemblent [...] 

Je n’ai pas d’ambition. En fait ma seule ambition, c’est toi. 

La distance qui existe entre le vide et toi. 

Et ce téléphone qui n’en finit pas de ne pas sonner. 

Tes sentiments sont mal dosés, avec autant de N que de T(hé). 

Elle ne fermait jamais la porte des cabinets [...] 

Vous avez un esprit sain dans un corset ! 

Ainsi la roue du Temps en tournant, vous a tourné la tête. 

Mon cœur s’affole, ma vie s’arrête, mon envie folle de disparaître. 

La tête comme une étoile, toujours prête à filer, défiant l’apesanteur des tranquilles idées. 

« Quand tu auras désappris à espérer, je t’apprendrai à vouloir » (Sénèque) 

« Vous n’avez rien à me permettre, parce que vous n’avez rien à m’interdire » (François Mauriac – Galigaï

« Ce soir je sors de ma poubelle pour provoquer les océans »    

(graffiti lu dans une rame de métro et inscrit sur la bande indiquant les stations au-dessus des portes !)      

    --> en fait, une bonne quinzaine d’années plus tard (!), j’ai découvert par hasard que cette fulgurance (digne de Lautréamont, n’est-il pas ?) était très certainement directement inspirée –à une seule lettre près !!- d’une chanson intitulée «Exit to chatagoune-goune » (Hubert-Félix Thiéfaine, album « Soleil cherche futur« , 1982) 

Dépêchons-nous de rendre à Caesar…

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