Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 19 juin 2008

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Sus au sushi ! ! 

Hue ! Dia ! Ruons-nous tous mes frères et sœurs ! 

     N’hésitez plus, allez de l’avant ! Si vous n’avez jamais osé y goûter, vous ne savez vraiment pas ce que vous perdez ! 

Il est impératif de ne pas mourir avant d’en avoir au moins mangé une fois ! 

Je vous jure qu’il s’agit là d’un véritable délice ! Promis ! 

Pas satisfait…pas remboursé ! Je ne puis être tenu pour responsable de vos mauvaises éducations de palais. 

     Oubliez vos habitudes gastronomiques et vos attirances immodérées pour les bons produits de votre terroir, ceux qui vous ont vu (et fait) grandir et vous ont gavés depuis la classe biberon, ou presque. 

Méfiez-vous, votre foie bien gras pourrait tout prochainement achever ses beaux jours sur une table de convives avec lesquels vous aviez si souvent festoyé ! Cela vous guette ! 

Vous les gaverez ; ils vous en voudront à mort, et garderont un très mauvais souvenir de votre passage ici-bas. 

C’est une très bonne méthode, peu élégante mais assez sure, pour se faire des ennemis jusque dans l’au-delà. 

Et franchement, dès à présent, vous pourriez éviter cela. 

        Mettez-vous aux sushis ! Sans remords ni regret, vous n’en reviendrez pas ! 

            Ne dites pas « Non ! » sans avoir, ne serait-ce qu’un tout petit, essayé ! J’imagine aisément, vous vous répétez « Beurk ! Du poisson cru, quelle horreur ! ». 

D’abord, tous ne sont pas toujours « crus crus », mais parfois aussi un peu marinés, et puis, si réellement vous êtes du genre « aussi fragile de la panse que de la tête » et que vous perdez tous vos moyens devant le vaste et inquiétant monde inconnu, dites-vous juste que vous n’en mourrez pas et qu’au pire vous aurez quelques problèmes digestifs (principalement psychosomatiques) et vous en sortirez grandis et fiers d’avoir au moins essayé. 

Votre courage et votre bravoure feront l’admiration de tous et l’on en parlera encore très longtemps dans les chaumières. 

Votre petit sacrifice n’aura pas été vain. 

        Oups ! J’allais oublier : ce chapitre ne concerne évidemment pas ceux qui sont, de naissance (uniquement ! un certificat médical sera exigé avant la sortie), allergiques au poisson (cuit, cru, en sauce, peu importe) ; eux seuls sont autorisés à directement passer au suivant. 

               Mais si vous êtes de l’étoffe dont on fait les véritables héros (évitez une liaison inopportune à la lecture des deux mots précédents), vous saurez franchir tous les obstacles, ne pas entendre les paroles décourageantes et trouver au plus profond de vous l’énergie nécessaire pour…oublier vos à priori culinaires et relever ce défi. 

        Et alors là ! 

Une voie royale s’ouvre devant vous, c’est tout un monde de plaisirs qui s’invite gracieusement à votre table. Vous ne saurez plus où va votre préférence : le saumon, le thon rouge, les crevettes, le chinchard, la daurade, le concombre, les radis, le crabe…? 

Et quel sera votre point faible ? Sashimi ? Maki ? Sushi ? Les trois, comme moi ? 

      Vous pourrez goûter plein de combinaisons possibles : Maguro sushi + Shake sashimi + Kappa maki, ou bien Tai sashimi + Tekka maki + Ebi sushi, ou alors… 

Non, j’arrête là, je plaisante et en plus je triche en ayant mes « antisèches » sous les yeux !        

Je tenais juste à préciser toute la richesse de vos prochains menus. 

Et je ne vous ai même pas parlé de la soupe Miso, du wasabi, du gingembre,…ni même du riz blanc, tout blanc, mais si bon avec de la sauce de soja ! 

              Mais si, malgré tous mes efforts déployés pour vous faire venir l’eau à la bouche, vous faites toujours de la résistance en restant de marbre et totalement hostile à cette honnête proposition aventureuse, je vais commencer à penser que votre cas est assez désespéré. 

       Peut-être faites-vous partie de ces gens, fort respectables au demeurant qui, lorsqu’ils voyagent à l’étranger à la découverte d’un nouveau monde, font des pieds et des mains pour retrouver leur pain beurré du petit-déjeuner, leur entrecôte frites à midi et un bon petit cassoulet le soir, histoire de passer une bonne nuit…à digérer ? 

       Quel dommage ! N’est-ce pas se priver partiellement du plaisir d’être ailleurs que chez soi, sans les habituels repères ni la moindre assurance de savoir ce qui nous attend sur le fascinant chemin qui mène vers l’étrange, bref le « pas familier » ? 

Mais non je ne pontifie pas, je bêtifie tout au plus ! 

       J’avais un tel désir de donner l’envie de découvrir le Monde du Sushi, qu’il ne faut pas trop m’en vouloir si j’ai pu paraître un peu insistant, voire parfois importun, envahissant, directif, désobligeant, désagréable… 

Bref ! C’est promis, je ne recommencerai plus, enfin j’essayerai. 

               Ceci dit, il est toujours temps pour chacun de retourner sans dommages à ses préférences culinaires, et autres.      

     Je repars en Orient…

(© 2002/droits réservés)

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 26 mai 2008

 

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(« Ne plus avoir sa tête à supporter, quel grand soulagement ! » – Michel Davrais) 

(-->pour Charlotte Corday !)

Marat n’était pas (le) seul 

           

            J’ai, aujourd’hui même, eu l’occasion de me souvenir que « l’ami du peuple » souffrait de terribles crises d’eczéma chronique. 

     Tous nous avons gardé en mémoire ce fameux tableau de David le représentant dans sa baignoire, en fâcheuse posture, pas très à son avantage, Miss Corday étant passée par là. 

     Mon chemin n’a pas encore croisé celui de ma Charlotte, mais il se trouve que moi aussi je souffre de ce genre de démangeaisons galopantes. 

Bon ! Peut-être un peu moins (difficile de savoir !) dévorantes que les siennes, mais tout de même ça compte ! 

Et puis je suppose qu’à son époque n’existait pas la seule crème -en tube- capable (peut-être) de le soulager, et qui, bien évidemment me permet de ne pas passer la moitié de ma vie à écrire ou à rêver au fond de ma baignoire. 

     Cela me donne-t-il le droit, malgré tout, de revendiquer une once de son talent d’écrivain ? 

C’est une question idiote ?…!   

     Je me suis souvent demandé si le prix du talent était la souffrance. Remarquez, elle fait, je crois, partie intégrante de la condition de l’Homme.

Mais comment la mesurer ? Comment la quantifier, la comparer entre deux êtres ?   

     Il ne s’agit pas ici de lancer un grand concours intergalactique pour savoir qui a le plus souffert de son vivant et qui donc mérite la médaille du plus (talentueux ?) martyr.   

Et pourtant parfois -non, souvent !- j’ai véritablement l’impression qu’il existe une compétition dans ce domaine, bien orchestrée et encouragée par l’ensemble des médias, pouvant « arroser » le plus large public possible. 

C’est à qui parviendra le mieux à mettre en lumière la capacité de survie d’un être humain. 

Les exemples sont (malheureusement) nombreux. 

Tout, mais absolument tout, est fait pour nous montrer le meilleur de l’Homme. Ce qui généralement fait le plus recette touche le secteur médical.

On est carrément submergé d’exemples. 

Souvenez-vous.       

     L’histoire de cet accidenté de la vie devenu tétraplégique, condamné définitivement par les médecins et qui, à force de volonté, de courage et d’obstination a réussi à vivre « comme tout le monde » (personnellement j’ignore totalement le sens de cette expression), à retrouver son autonomie et à pratiquer de multiples sports, signe, s’il en est, de bonne santé (physique ? mentale ?…). 

En fauteuil roulant, ou bien avec différentes prothèses, souvent fabriquées à sa mesure, il est parvenu à faire du tennis, du basket, du ski, du parapente, du ski nautique, de l’escalade, de la course automobile (il me faudra penser à vérifier qu’il s’agit bien là d’un sport…), du cyclisme…et sûrement d’autres activités hors de ma portée que j’ai momentanément oubliées.      

     Que dire à part « Bravo ! » et se sentir petit, mais alors tout petit ? 

Ah oui ! Et puis aussi le cas exemplaire de cette femme ayant passé plus de dix années dans un coma tellement profond que personne (ni sa famille, ni les médecins, ni moi) n’aurait pu espérer qu’un jour elle parviendrait à remonter à la surface parmi les vivants et à reprendre le cours de sa vie interrompue, au prix d’un acharnement et d’une ténacité uniques.

Elle a pu réaliser l’un de ses rêves en devenant mère, reprendre son travail et sa place au sein de sa famille et de la société.    

     Que pourrais-je ajouter à cela ?… 

Et je me sens minable. 

Le cas aussi de ce dépressif chronique -depuis toujours- qui a fini avec le temps et à force de maîtrise par s’oublier, partir au bout du monde pour créer une organisation humanitaire destinée avant tout à venir en aide aux pays africains encore ravagés par des épidémies totalement éradiquées chez nous depuis des lustres.    

     Que puis-je faire d’autre que pleurer en vain de n’avoir pas été capable d’en faire autant ? 

Je repense aussi à ce condamné à mort, ayant « repris » des études jamais entamées et devenu au bout du compte chercheur en sociologie et professeur de faculté.    

     Chapeau bas !          

            Pour tenter d’être équitable à défaut d’être juste, je devrais également citer  « ce sans domicile fixe qui…» et « cette femme violée qui a pu…», cet « homme injustement accusé qui a réussi à… »,…, sans oublier cette personne devenue quelqu’un.     

     Cela m’écrase de savoir (mais je ne voudrais pas l’ignorer) ce qui peut désintégrer un Homme, ce qui peut l’empêcher d’être et de devenir, ce qui contribue à l’invalider au point qu’il ne puisse pas, malgré tous ses efforts,…vivre.           

     Je suis bien loin, en apparence, de Marat et de sa baignoire, de nos démangeaisons et de toutes les Charlotte, mais je ne peux me défendre de penser avec douleur à tous les suicidés, à tous les ratés (étrangement le mot tarés est son anagramme !…) qui n’ont pas pu ou pas su s’en sortir, reprendre le dessus, revenir dans la vie et montrer qu’eux aussi auraient pu exister         

     Je me sens à jamais solidaire de tous ceux qui n’ont simplement pas eu l’opportunité de renaître, de dépasser leur handicap (quel qu’il soit), parce qu’ils n’en avaient pas (ou plus) la force, ni les moyens, parce qu’ils étaient peut-être seuls pour mener leur combat et qu’ils étaient privés de l’élan nécessaire pour toucher au but.          

     Pour moi, ils ne sont pas moins estimables que tous ceux cités en exemple et qui ne me semblent pouvoir représenter qu’eux mêmes. 

(© 2002/droits réservés)

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Nos illustres méconnus !

Posté par BernartZé le 16 mai 2008

Nos illustres méconnus ! dans Nos illustres méconnus ! lanuittoile.vignette

   (Non, il ne s’agit pas des « Tournesols » !)

Vive la nouvelle chanson française !

         Si cela n’avait pas déjà été fait depuis plus d’une décennie, je lancerais volontiers cette franche exclamation. 

Au fil des ans, les découvertes musicales sont devenues légions. 

Il y en a pour tous les goûts, tous les langages, toutes les formes d’expression artistique.  C’est bien.

Pas toujours heureux (question d’opinion), mais c’est bien que vive tant de diversité. Les auteurs-compositeurs-interprètes sont de plus en plus souvent reconnus pour leurs multiples qualités et leur polyvalence est justement appréciée. 

J’en suis ravi pour…eux ! 

Sans les nommer, histoire de ne pas faire de jaloux, j’ai le loisir et le plaisir d’en apprécier réellement plusieurs.

    Et de me demander pourquoi la France et ses habitants, les Français et autres résidents de toutes origines, légalement –ou pas- installés sur notre bon vieux territoire, ont la mémoire qui flanche. Ils ne se souviennent plus très bien de ceux qu’ils ont aimés il y a à peine vingt ans, par exemple.

           Les modes passent. Les grands élans ont la vie courte, les petits émois prennent parfois de l’ampleur, et j’ai bien du mal à comprendre que…l’on puisse être infidèle ! 

    Comment font les gens ? 

Certains d’entre eux, en tous cas, ne semblent pas curieux au-delà d’une brève période : un single (autrefois…45T) et puis s’en va ! Et puis plus rien. 

Passé le printemps ou l’été (souvent), plus rarement l’hiver ou l’automne (mais ça arrive aussi !), les coups de cœur s’avèrent sans suite.

    Et presque plus personne ne se soucie d’autrui, au-delà d’une saison. On ne s’écrit plus, on ne s’envoie plus ni carte postale, ni nouvelles, et l’on se dépêche…d’aller faire tourner en boucle un tout nouveau « titre » sur sa platine CD. 

Et là, moi, je dis non !

                                       Pas d’accord !

                                                                Du tout !!       

     Non mais, c’est quoi ces manières de sauvage ?! 

N’êtes-vous pas seulement capable d’un minimum de suivi dans vos sentiments ?      

     Pas même titillé par une curiosité légitime qui vous ferait vous inquiéter de savoir (je n’ose écrire « découvrir » !) ce qu’il est advenu, ensuite, de l’artiste qui vous avait fait passer un véritable bon moment…sur la piste de danse, le temps d’un été, ou bien lors d’un charmant tête-à-tête…seul avec vous-même, aussi, peut-être ? 

Non ?! Pas plus que ça. 

Pas davantage intéressé par son travail et ses créations suivantes ?

Attention à vous !

Si vous venez de considérer ces deux derniers mots en italiques comme des termes barbares et obsolètes, vous allez sentir le vent de ma révolte vous souffler dans les voiles ! 

Ne vous étonnez pas alors de vous retrouver aux antipodes, coursé par ce diable de Hollandais Volant !!

Sûrement le résultat de ma méchante humeur…       

      Bon ! Revenons à plus de mesure.        

Retour en arrière.

Rembobinez votre mémoire et rajeunissez de vingt ans, au passage. 

Je suis sûr que vous vous souvenez tous (pour une fois, je laisserai volontiers en paix les amnésiques de tous poils) d’une chanson…d’un tube, d’un hit –pour parler intemporel- intitulé « Cœur de loup »… 

Une seconde, je vous aide : « Cœur de looouuuup »… ? 

Ah ! Vous voyez, ça commence à vous revenir. Je l’aurais parié !  

Et oui, comme beaucoup, vous aviez succombé à ce rythme aussi irrésistible qu’effréné !

Et telle la cigale, vous aviez chanté, puis dansé plus d’une saison ; vous vous étiez même enhardis au point de gigoter dans tous les sens, hurlant et hululant à la lune à pleins poumons ! 

Ensuite ? Quand l’hiver fut revenu, qu’avez-vous fait de ce beau souvenir ? 

Rien, pour la plupart. Vous êtes passés à autre chose d’extrêmement important ; c’était certainement primordial. 

De retour à la vie quotidienne, vous ne vous êtes (majoritairement ?) plus trop souciés de ce bon souvenir. 

Outre LA rentrée (…de septembre ! mais il y en a tant d’autres, chaque année, puisque tant de départs…), moult occupations vous ont vite de nouveau accaparés : la vie de famille, le travail, l’érosion journalière, son œuvre sur votre vie (…) 

Et sans vous en rendre compte (malheureux !), vous vous êtes dépêchés de reléguer, paroles et musique de cette chanson, à la cave ou au grenier, suivant vos possibilités immobilières.

           Si vous aviez réellement écouté les paroles de « ce morceau », vous vous seriez vite rendu compte du talent du bonhomme.

           Heu, pardon !…de Philippe Lafontaine, puisque c’est de lui qu’il est ici question. 

Affable, en apparence, il ne peut être, selon moi, absolument pas résumable à ce seul 45 tours (eh oui ! au siècle dernier… !). 

Ceux qui ont lu ses textes, dès son premier album (« FA MA NO NI MA ») sorti en France (mais dix ans et quelques précédents albums de retard pris sur sa Belgique natale !), n’ont pu qu’être frappés par son goût du verbe moqueur, ses jeux de mots, ses allitérations et autres jongleries de funambule avide de fendre l’air de sa plume, toujours en équilibre instable, avec l’envie d’aller haut, tout là-haut !

           Réduire Philippe Lafontaine à un seul titre, serait aussi injuste…révoltant… innommable que de parler seulement des « Tournesols » à propos de Van Gogh !

Pas moins !            

            Alors ne comptez pas sur moi pour vous établir une liste de ses morceaux les plus incontournables ! 

Non seulement, il y en aurait beaucoup…beaucoup trop, mais surtout je préfèrerais nettement que vous jugiez (et donc écoutiez !) par vous-mêmes.

            Ce qui me fait penser que j’ai failli oublier un autre « détail » d’aussi grande importance : son univers musical. 

C’est bien simple, la meilleure façon de le résumer (cette fois c’est envisageable, parce qu’il s’agit là d’une large invitation musicale !) serait d’emprunter le titre de son quatrième album (paru en France) : « Folklores imaginaires ». 

Ça me semble on ne peut plus juste et -incroyablement ?- précis.  C’est tout ; c’est ça. C’est tout à fait cela ! 

Ainsi, il est possible…d’imaginer toutes les influences musicales qui le nourrissent. De toutes les couleurs, de tous les pays, y compris celui qu’il s’est inventé et qu’il est presque seul à habiter ! Je ne pourrais pas mieux dire…

            Enfin, s’il y avait une justice immanente, ces « quelques » lignes ne resteraient pas sans effet, ni sans suite.  Elles déclencheraient dans l’heure, le jour ou la semaine suivante (restons raisonnable !), un élan de curiosité vers cet artiste, digne de ce qualificatif et/ou de cette dénomination !

              A suivre (ce qui ne m’étonnerait pas !)…  

« P.S. »                           

                      http://www.philippelafontaine.com/ 

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 9 mai 2008

Ça bouchonne dans mon lit 

        Roulements de tambour !

    L’heure est grave, l’instant à la fois magique, solennel et généralement festif. Remarquez, vous avez, avec légèreté, tout à fait le droit de ne pas spécialement célébrer un moment ordinaire et privé en tout petit comité, vous seul par exemple.

       Le prétexte importe peu. Que vous ayez décidé de baptiser la nouvelle niche du chien en grandes pompes et en présence de tous vos voisins réunis, sans doute un peu perplexes, mais si contents d’avoir un événement à fêter, même si le sens leur échappe légèrement, ou qu’habillé de noir, seul face à vous-même, à la lueur d’un candélabre, vous choisissiez de porter un toast à tous vos démons en enterrant votre passé, le résultat pourra sans problème être le même. Tout est question d’adresse et de doigté, avec une pointe de chance peut-être, mais sûrement beaucoup de travail, de répétitions et une dose évidente de professionnalisme.

           Il faut, je pense, être avant tout ferme et décidé. Il ne s’agit pas de manquer son coup.  Même sans aucun témoin, l’effet serait déplorable. 

En public, vous pourriez passer pour quelqu’un de stupidement maladroit ou carrément inexpérimenté, tout seul, vous trouveriez certainement une occasion de plus de broyer du noir et de persister à penser que vous n’avez définitivement pas le moindre talent, bref de vous déconsidérer. 

Ça n’est jamais très bon pour la santé mentale, et physiquement vous seriez capable de somatiser pour le restant de vos jours. 

A déconseiller donc.

       Pour mettre de son côté un maximum de « chances de succès » (mais oui, l’échec aussi peut-être désiré et se révéler un bienfait très formateur…), armez-vous d’une paire de mains agiles, ayant si possible subi un entraînement intensif assez récent. Les occasions en société ne manquent pas. Anniversaire, mariage, communion, baptême de paquebot, enterrement, bar-mitsva, première dent du petit dernier, glorieuse promotion au rang de sous-chef adjoint de district, P.a.c.s (essayons pour une fois de nous montrer contemporains !), inauguration du supermarché du coin rouvert après travaux et autres opportunités de s’exercer, en fonction, le plus souvent, des cercles et des clubs que vous avez l’habitude de fréquenter.

      L’essentiel étant d’avoir toute confiance en ses aptitudes manuelles, il ne faut cependant pas négliger l’importance des pieds.

Savoir camper sur une position stable n’est pas du tout négligeable, croyez-moi.

A vous de déterminer celle qui vous convient parfaitement, il n’y a pas de règle.

Profitez-en pour une fois et laissez-vous aller à trouver votre propre attitude, celle qui vous autorise à vous sentir le plus sûr de vous, peu importe s’il s’agit alors de vous retrouver accroupi, les mains entre les jambes. Si telle est votre position la plus confortable, c’est parfait ! Rien à redire ! 

      Si vous êtes ambidextres (je suis remonté aux mains, ), dotés de doigts plutôt musculeux mais affinés, c’est un plus, assurément ! Vous avez un avantage. Si vous n’avez pas la chance d’avoir celui-ci, munissez-vous d’un simple torchon, cela pourra compenser votre faiblesse naturelle.

             Sachez choisir l’endroit propice pour passer à l’acte. 

Une erreur topographique serait certes pardonnable, mais réellement préjudiciable. 

Le spectacle serait un peu manqué. Faites pour le mieux. 

Si vous craignez naturellement d’attenter à la vie d’autrui, tentez de faire un peu le vide autour de vous, c’est pour le bien du plus grand nombre. 

Ménagez votre effet, pas trop, on n’est pas au cirque quand même.

       Et puis décidez-vous enfin, lancez-vous, on n’a pas toute la soirée à consacrer à votre « happening » !

       Le geste sûr et sobre, enserrez des deux mains l’objet tant convoité, la fontaine mirifique ne dépend plus que de vous pour jaillir et satisfaire tous les convives assoiffés, impatientés par tant de préparatifs qui ne leur ont jamais paru aussi interminables. 

C’est (beaucoup) de ma faute, le temps de me lire, vous leur avez largement laissé l’opportunité de se jeter sur d’autres sources d’ivresse, de plaisir et d’abandon.

    Et comme vos amis sont ce qu’ils sont, que vous les aimez et les estimez, vous n’ignorez pas qu’ils ont pu, tout naturellement et sans la moindre hypocrisie, se laisser aller à les consommer sans modération, parce que leurs consciences individuelles se moquent du « politiquement correct » qui ne leur dit rien qui vaille, simplement parce qu’ils se refusent à jouer ce jeu social stupide qui prétend nous responsabiliser en nous culpabilisant et en supposant, avant tout, que personne n’est capable, dans ces moments d’égarement, de se souvenir qu’il n’est pas seul au monde, et devra donc rendre compte de ses (possibles) excès de boisson. 

Quiconque a le permis de se mal conduire se retienne de me jeter la dernière pierre de son champ de certitudes (!!).

      Bon ! C’est le moment de s’activer et de déboucher enfin cette bouteille de champagne (évitez le vulgaire mousseux, pas seulement parce qu’il est d’un commun !…mais surtout parce que la pression interne est nettement plus faible et remettrait totalement en cause tout mon propos). 

Prestement équipé de vos deux seules mains et accessoirement d’un torchon (propre), ouvrez cette bouteille avec un minimum d’élégance en évitant de laisser échapper le bouchon, qui pourrait alors non seulement éborgner accidentellement un de vos invités, mais aussi trouer la couche d’ozone, et pire encore, disparaître totalement de votre champ de vision et vous inquiéter tout le reste de la soirée en vous forçant à vous demander où ce satané bout de liège a bien pu passer.

             C’est souvent le meilleur moyen de gâcher son propre plaisir et de se donner, dès le lendemain, l’occasion de partir, non pas à la recherche des œufs de Pâques, mais du bouchon de champagne perdu.

       Ah ! Si vous aviez servi uniquement du scotch, whisky, tequila, Cointreau, cognac, gin, mezcal, ou jus de fruits, vous n’en seriez certainement pas là !

     Mais comme ce n’est pas le cas (beaucoup trop tard pour vous en vouloir !), il ne vous reste plus qu’à chausser vos lunettes ou vous munir d’une loupe et de découvrir où s’est réfugié, apeuré, l’objet de toutes vos préoccupations d’après bataille.

              La toute dernière fois que j’ai vécu cette triste défaite, j’étais tout seul comme un grand à essayer de retrouver celui qui avait tenté d’échapper à ce que je n’avais pas à fêter. 

Il m’a donné énormément de mal. J’ai même cru ne jamais pouvoir remettre l’une de mes mains dessus. 

En désespoir de cause, je me suis décidé à renoncer momentanément à cette quête et à aller dormir. C’est là que j’ai compris et trouvé la solution.

          Ben quoi !? Pour quelle raison pensiez-vous que j’avais choisi ce titre de chapitre ?…

(© 2002/droits réservés)

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 7 mai 2008

Le Verrou (Fragonard)

 

  La confiance règne (!)

                 Parmi (beaucoup) d’autres angoisses ou de phobies, je suis atteint d’un mal dont j’ignore la dénomination, mais qui doit certainement être répertorié dans quelque revue médicale. 

      Pour faire plus sérieux et professionnel il faudrait, à l’occasion, que j’entame une petite recherche qui me permettrait, pour une fois, de ne pas écrire n’importe quoi.  Mais là je suis pressé, je n’ai vraiment pas le temps ; ce sera pour plus tard, promis !

      Afin de paraître un peu plus clair et de simplifier la compréhension du plus grand nombre (!?), nous baptiserons cette maladie du nom de « cléistophobie ». 

Ce mot n’ayant pas (pour l’instant) l’honneur et l’avantage de figurer dans le grand dictionnaire de notre belle langue française [ je précise pour une fois que là je suis très sérieux : j’adore les dictionnaires…de papier, leur odeur et la vertigineuse ivresse que me procure la moindre plongée de nez et d’yeux au plus profond de ce puits de culture et de découvertes incessantes ; c’est tout simplement grisant ! ], je vais avoir le plaisir de vous en donner une brève et forcément personnelle définition. 

      Voilà : « la cléistophobie » est plus particulièrement assimilée à la crainte irraisonnée de se retrouver bloqué derrière une porte, du fait de la perte de la clef qui pourrait l’ouvrir et délivrer du même coup l’individu en question de son angoisse.

      Attention ! Ne surtout pas confondre « cléistophobie » et « claustrophobie », ce n’est pas du tout la même chose ! 

Au contraire, presque, puisqu’il ne s’agit pas de la peur de rester enfermé dedans, mais plutôt dehors

Je ne suis pas du tout angoissé par les espaces clos et réduits, genre l’ascenseur de mon immeuble ou la cage à poules dans laquelle je vis, mais par le simple fait de perdre mon trousseau de clés, enfin principalement LA clé de mon loft, et de me retrouver en arrêt, agenouillé sur mon récent paillasson (je hais habituellement tous les paillassons, mais celui-là m’a été imposé pour faire comme tout le monde), sans plus savoir quoi faire, bêtement paralysé par l’angoisse d’être contraint de rester là éternellement.  Rien que d’y penser j’ai des sueurs froides ! 

Est-ce grave docteur ?               

            Le pire, et peut-être le plus drôle, c’est que de ma vie je n’ai jamais perdu la moindre clef.  Mais j’ai plus d’une fois cru l’avoir fait, et le temps de me rendre compte en tâtonnant, en me faisant toutes les poches, que j’avais distraitement déposé l’objet précieux dans un revers inhabituel, je me suis souvent vu dans une situation extrêmement indélicate, par ma seule faute. Je sais : c’est idiot, ça se soigne peut-être, mais toujours est-il que c’est une de mes angoisses récurrentes et difficilement contrôlables. 

            Ah ! Si seulement les clés n’avaient jamais existé ! 

Mes problèmes existentiels seraient indubitablement moins nombreux. 

C’est mathématique.

      Le jour où j’ai réalisé le rôle de la clef dans notre société, j’ai entrevu tout un autre monde, sans doute utopique, à coup sûr très différent. 

Ça m’a tellement submergé sur le moment que j’en suis resté, je crois, ébahi.

      A quoi sert donc une clé ? 

Ben…à pas grand-chose d’autre que de rappeler à l’indiscret de service : « Non non ! Vous n’êtes pas autorisé à mettre le nez, les pieds, ou les mains derrière cette porte, ce portail, dans ce tiroir, ce coffre, cette armoire, ce journal intime, cette banque si près de chez vous, et plein d’autres exemples tout aussi importants que j’oublie sûrement ici ». 

C’est f u l g u r a n t, non ?!

      Si chaque être humain était génétiquement né avec le respect de ce qui ne lui appartient pas, ne le concerne pas et lui est interdit, la clé, la serrure et leurs « produits dérivés » n’auraient jamais vu le jour. Sincèrement, cette simple idée m’émeut. 

A quoi tient donc une création, une invention en l’occurrence (j’adore ce mot un peu obsolète – ah ! une occurrence ! – comme l’adjectif qui vient de me servir à le caractériser !) ?

      Une clé qui ne sert qu’à ouvrir une serrure précise n’a lieu d’être que pour réveiller les consciences endormies en leur rappelant à temps (?) qu’elles sont sur le point de s’oublier totalement et de commettre un fâcheux impair, voire plus si « pris sur le fait » ou « formellement reconnu par témoin passant inopinément par là ». 

Ça arrive régulièrement, tous les jours, depuis sans doute…la nuit des temps, à cause d’un simple manque d’éducation dont certains ont pu être (beaucoup) plus victimes que coupables.

      S’il avait juste suffit de dire « Non passendo ! », nous n’en serions pas là. 

La dynamite ne serait peut-être jamais sortie des montagnes, des carrières de pierre et des couloirs d’avalanches, et certains films et autres séries télévisées n’auraient pu voir le jour, faute de crédibilité.

      Du coup, Le Dernier Roi de France, si féru de ferronnerie, aurait été obligé de se trouver un autre passe-temps, ce qui l’aurait peut-être conduit malgré lui (manque de dispositions ?) à régner encore un peu et surtout à se préoccuper plus des problèmes de ses sujets que de ses bidouillages de serrures, enfermé (!) dans son atelier. 

Sa destinée entière en eut été peut-être modifiée et l’ironie du sort n’aurait pas fait qu’il passât ses derniers jours « sous clé », avant de perdre la tête par manque de réalisme historique. 

Et qui sait, de ce fait, si nous serions aujourd’hui en République, nous préoccupant d’élire un (autre ?) guignol pour nous tenir informé des affaires de l’Etat ?…

      Mais plus important encore, Fragonard n’aurait pu peindre « Le Verrou », et ç’eut été franchement dommage pour les générations suivantes. 

Surtout pour moi.

(© 2002/droits réservés)

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 5 mai 2008

saxophonistepontnotredame100607.jpg       saxophonistesculpture1.gif         

   Mort d’un saxophoniste sans bandoulière 

         Longtemps, le cœur porté en écharpe, il avait réussi à tromper la mort. 

Ses plus belles infidélités s’accomplissaient depuis toujours sous le même pont, à la nuit largement rétamée, au delà de toute notion d’heure, ou du mal qu’il se faisait pour un tout petit bien. 

Ces séances d’épanchement, ces zébrures nocturnes, il les maîtrisait du mieux qu’il pouvait.

Quand tout se déchirait et qu’il avait encore suffisamment de forces physiques pour l’aider à porter son instrument, il reprenait, au même endroit, le fil interrompu lors d’une veille précédente et le cours d’une vie sans partition, comme il disait. 

Et au lieu d’éructer vainement des mots dont il percevait mal le sens, adossé à même la pierre d’une voûte trop familière, il laissait monter son âme avant l’heure en lui faisant la courte échelle.

     Les chemins qu’elle trouvait !

   Seuls les sons s’échappant alors de son saxophone pouvaient dire combien il avait fait de recherches dans tous ses sens. Au cœur de ses extrêmes un pouls battait encore ! 

     Sa vraie nécessité était qu’il fît nuit. Peu lui importait, suivant les saisons, s’il faisait froid ou chaud, pluie ou purée de pois ; la neige, pourtant rare, n’avait pas réussi à l’arrêter. Même vacillante sa flamme ne trouvait de raison d’être que dans une profonde obscurité. Seul un réverbère situé près du pont, était autorisé à diffuser une vague lumière qui lui tombait généralement en biais devant les pieds, près de l’endroit où il déposait l’étui de son instrument. Au loin, d’autres éclairages n’existaient pas pour lui. Pour qu’il pût s’animer, s’allumer et reprendre un peu vie, il lui fallait, aussi, boire de cette eau, à même sa source. 

     Oui, en plus de la pénombre ambiante, il aimait assez les vapeurs alcoolisées, sans pour autant, comme les autres, se penser spécialement victime ou coupable de la moindre addiction.  Par contre, et précisément relatif à cette affinité élective, son choix, justement, s’était très tôt porté sur le Scotch, bien que n’ayant, à sa connaissance, pas la moindre ascendance écossaise. Non pas qu’il détestait boire du Whisky, voire du Bourbon, ou d’autres distillations cousines, mais suite à certains tests comparatifs, il s’était rapidement vu accorder un supplément de chaleur par le Porteur du Kilt, ainsi qu’il dénommait son fournisseur des grands soirs.  Malheureusement, de plus en plus souvent, il avait dû recourir, au nom de sa quête d’inspiration, à de lointains cousins non issus de germains, d’une deuxième ou troisième génération extrêmement métissée pour avoir largement fricoté avec le tord-boyaux.Autant -ou plus ?- de mal que de bien sans doute, et peu lui importait faute d’autres moyens ! 

      Une unique chose comptait alors encore : celle de parvenir à décoller du bitume pour accéder, enfin, à une tout autre stratosphère.  Tout là-haut, bien au-dessus de lui et ses semblables, se jouaient d’autres notes, tellement mieux accordées. Il n’avait jamais prétendu pouvoir légitimement tutoyer le Céleste, encore moins Le Divin, simplement il n’avait eu de cesse de rechercher La Grâce, malgré son état général.   Celui-ci avait beau très logiquement empirer de nuit en nuit, ses moments d’apesanteur justifiaient à eux seuls la lourdeur du reste du monde, excusant même, au passage, son propre lest, héritage aussi humain que fâcheux à ses yeux.      Entendre les cris nocturnes plus ou moins déchirants de son saxophone froisser, sans la moindre vergogne, la nuit, son manteau ou sa susceptibilité supposée, redonnait à sa présence terrestre un sens, une direction, exclusivement ascensionnelle. Et lors de leurs noirs éclats les plus vifs, son instrument et lui pouvaient donner l’illusion aux éventuels promeneurs égarés ou insomniaques d’un accord presque parfait.           

             Cela n’avait qu’un temps : trop d’alcool absorbé, imbibé d’idées noires, il finissait, de moins en moins rarement, par se taire lourdement, écrasé de fatigue.

       Une nuit, apparemment comme toutes les autres, il n’eut pas la patience de retrouver des forces suffisantes pour rentrer chez lui. Il ne lui resta même plus celles de retenir dans sa chute son saxophone qui, s’étant échappé, sautait prestement à l’eau, sans bouée ni bandoulière pour retarder sa noyade.   

Hautement fidèle, il n’hésita pas un instant à le suivre. 

(© 2004/droits réservés)

 

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Un peu de lecture inédite…

Posté par BernartZé le 4 mai 2008

               La fraîcheur a un prix                       

           J’ai froid.      

     Allez savoir pourquoi. 

Je sais bien, tout le monde s’en fout. 

Je serais dans le même cas si j’avais chaud. Mais voilà, j’ai froid ! 

Cela n’est pas que je tienne à tout prix à faire partager ma météo personnelle, mais ce détail me paraît tellement comique, que je n’ai pas le cœur à le garder pour moi seul. Il serait dommage de ne pas en faire profiter un plus grand nombre. D’autres personnes pourraient goûter toute la saveur d’une telle situation.

      Je m’explique. Mon corps (ça s’appelle paraît-il comme ça) se refroidit, mon réfrigérateur se réchauffe. 

Le contraire ne tiendrait peut-être pas davantage de la logique (aurait-elle véritablement sa place dans cette histoire ?), mais serait certainement plus utile. Cliniquement parlant on pourrait penser que nous sommes l’un comme l’autre plutôt moribonds, en tous cas assez mal en point.

 En fait, malheureusement, mon réfrigérateur se trouve dans un état de délabrement beaucoup plus avancé.

Je suis très inquiet.

Je veille à son chevet depuis près de deux jours et je ne perçois pas le moindre signe encourageant. Son petit cœur ne semble plus avoir la force de repartir.

J’ai eu beau essayer de l’encourager, de le soutenir, de l’aider de toutes mes forces et de toutes les manières que j’ai pu imaginer, rien n’y a fait. Je suis paraît-il d’une nature plutôt pessimiste mais là, que voulez-vous, j’ai de plus en plus de mal à croire en une possible résurrection.

Peut-être devrais-je aller mettre un ou deux cierge(s) à l’église du coin ? Encore me faudrait-il me renseigner sur le coin en question et réussir à trouver l’église (je m’égare si aisément !).

Ou bien ?

Ou bien envisager carrément un pèlerinage à Lourdes, hors saison car il me semble que cette pratique se déroule plus volontiers au printemps. Et je n’ai pas le temps d’attendre.

Surtout que personne n’y voit là un manque total de respect pour tous ceux qui, chaque année, pratiquent courageusement ce style d’exode et même pour tous ceux qui aimeraient en avoir encore la force, celle d’y croire mais aussi d’y aller.

Mon cas est tellement désespéré, veuillez me pardonner. 

Je me sens soudain si honteux à me trouver me lamentant sur le sort de mon pauvre réfrigérateur devenu avec le temps, et donc l’âge, un vulgaire placard à température de plus en plus ambiante.

      Du temps de ses jeunes années, comme nous autres humains, il était nettement plus triomphant, nettement plus empli d’espérances. Je m’en souviens encore.

Plein de vaillance, fournisseur de glaçons, il était largement apte à maintenir bien au frais mes crèmes glacées, à tel point qu’il me fallait les sortir avant de pouvoir les consommer.  C’était le bon temps, celui de l’insouciante jeunesse ! 

Nous ne faisions qu’un alors, nous comprenant sans mot dire. 

Il connaissait mes attentes, les prévenant bien souvent, je savais son plaisir à conserver dans toute la sécurité de sa chambre froidement secrète mes biens les plus onctueux et les plus sensibles à la chaleur agressive du monde extérieur. 

Il m’épaulait, simplement. Je pouvais toujours compter sur lui. 

C’est pourquoi à présent, en cette heure grave et ce moment délicat, je pense sincèrement qu’il est de mon devoir de l’aider. L’aider à survivre, et s’il le faut, à finir son parcours ici-bas. Et si réellement sa course touche à son terme, je tenterai de l’accompagner jusqu’au seuil de la mort. Je lui dois au moins ça.

      Mais je veux encore espérer, juste un tout petit peu. 

(© 2002/droits réservés)

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Avant-propos

Posté par BernartZé le 3 mai 2008

Un blog ? Moi ?…jamais !

C’est ce que j’ai longtemps pensé, n’estimant pas avoir quelque chose de particulièrement intéressant à faire savoir -de façon indispensable- au reste du monde.

Et…je n’ai d’ailleurs toujours pas changé d’avis sur ce point !

      Alors ? Nous verrons bien ce qu’il adviendra ici dans les prochains mois.

A suivre…B.

 

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